Les ragots
du cirque

UN CLIENT Naïa? C'est une âme noire! Une tentatrice! Elle veut notre argent... Et lorsque nous serons dépouillés, elle voudra notre mal! Je le sais... Elle se dit magicienne, mais c'est une sorcière! Un amoureuse de Satan! Et toutes les sorcières sont impures! Ne vous laissez pas séduire par ses yeux de braise, et méfiez-vous de son emprise! Il n'y a qu'une démente qui peut jouer avec l'eau ainsi!
UN DOMPTEUR On dit qu'elle est une sauvageonne! Abandonnée depuis la naissance qui se serait fait élevé par un meute de loup. Pas étonnant qu'elle semble autant dérangée...
THERESA DITE FLEISH Zhuang est très anormal. Il pense très différemment des humains si nous établissons une moyenne. Ce qui fait en sorte qu'il y a des chances qu'il ne soit pas humain. C'est logique. Mais il sait faire de la violence alors il est peut-être humain.
LE LIVREUR DE VIANDE Larry, mon collègue, a disparu récemment... Après avoir vu chacun des artistes en scène, je soupçonne celle qu'on appel la Dummy Puppet. Mais oui! Jouer à la stupide et stoïque est le meilleur moyen de ''prouver'' l'innocence! Mais ses yeux inspirent la mort... Je le vois!
UN CLIENT Non mais c'est quoi ces deux tarées?! Espèces de folles!! Je les ai vu, moi, s'évader de l'asile psychiatrique!! Avec du sang sur leurs vêtements... Comment elles ont pu?! Et avec un air de s'en foutre à la con! Je les reconnais!! Oui, une clown avec un parapluie et une autre avec une perruque rose! Si vous voulez mon avis, elles devraient retourner en psychiatrie! C'est là qu'elles appartiennent, pas au cirque!
UN FORAIN MAL INTENTIONNÉ Oui, oui! Un frère, et sa soeur, dans la même caravane! Puis sa soeur a disparue... Tu parles, ouais! C'est clair qu'il s'en ai débarrassée dès qu'il s'est aperçu que Maître Todd laissait sa soeur plus longtemps sur scène que lui, le salaud! Il se fait appeler Prométhéus! Tenez-vous loin de lui, surtout...
UN CUISINIER Cette petite garce aime bien se faire enculer, haha! En tout cas, apparemment qu'elle peut pas dire le contraire... Bin non, elle est muette! Elle traîne beaucoup avec une petite fille... Une vrai salope, je te dis!
CHARLOTTE WEISS Je ne lui fais pas du tout confiance à cette... Ravenna. Je l'ai vue, l'autre jour, et elle... Elle avait un poignard dissimulé sous sa jupe, à sa cuisse! Pourquoi traîner une telle arme en sachant que l'air du cirque est sécuritaire pour tous ses employés? Et aussi... Je l'ai vu, la nuit, rôder en présence d'une amuseur publique... Elle ne me dit rien qui vaille.
∎ Notre chouchou du mois !!
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 Le Bestiaire (Pv Theresa)

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Bonnie Fish

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MessageSujet: Le Bestiaire (Pv Theresa)   2014-06-18, 20:53


Le Bestiaire

Son regard est vide. On pourrait presque croire que son âme s'est envolé, enfuit au-delà des limites, dans un tourbillon incessant. Aucune expression, pas l'ombre d'un mouvement brusque, témoignant qu'elle est en vie. Telle une morte-vivante fraichement échappée de sa tombe de bois, elle semble perdue. Sa tête est droite, haute et ne bouge pas d'un minuscule centimètre. Ses yeux fixent l'obscurité. Ils recherchent le mouvement, l'agitation, la légère lueur qui viendrait compléter ce paysage. Pas que celui-ci soit dénué d'activité, il faut simplement trouver celle désirée. C'est comme les casse-têtes. Il faut la bonne pièce, au bon endroit et posé d'une manière délicate. Sa présence est une tache. Ce n'est pas son monde, ce n'est pas son environnement, ni son habitat. Elle en a parfaitement conscience. Ici, c'est les bêtes qui règnent. Les visiteurs sont d'une rareté extrême en cette soirée, en ces lieux particulièrement. Elle entend parfaitement leurs grognements, leurs odeurs désagréables que la demoiselle ignore en se disant que son nez s'adaptera. Pas de quoi fouetter un chat. Puis, ce ne sont que des lourds parfums au final. Non loin de là, des formes ressemblantes vaguement à des os traînent. Sont-ils humains ? Proviennent-ils d'animaux ? Ce sont de bonnes questions qu'elle ne se posera pas, puisqu'elle n'en voit pas l'utiliser. Ce qui est mort est mort, que ça soit l'un de ses semblables ou non, ça l'indiffère.

Ses yeux commencent à mieux s'adapter au peu de lumières présentes. Ses pupilles se dilatent à vue d'oeil. Bonnie ne se gênerait pas de faire un mauvais jeu de mots là-dessus s'il y avait quelqu'un pour l'entendre. Après avoir pleinement analysé son entourage, elle s'autorise quelque geste lent avant de marcher avec une rapidité tout aussi pathétique. On pourrait la qualifier de zombie nonchalant mais le terme automate lui est plus approprié. Chaque mouvement est calculé et réfléchi. Pourquoi prendre autant de précaution pour être d'une discrétion exemplaire ? Après tout, c'est un clown, le symbole ultime de l'allégresse, de la maladresse et des fanfaronnades. La réponse est pourtant simple. Elle ne fait aucunement partie de ce tableau, de ce bestiaire. Elle sait que les bêtes ont reniflé son odeur. On peut y sentir les arômes de son maquillage aisément et celle de quelques tartes aux fraises. Les clowns sont des habitués à ces pâtisseries, ils en font des usages divers et variés. Néanmoins, elle espérait pouvoir se fondre sans problème, déranger le moins possible les animaux. Son indifférence générale se crisperait-elle ? Absolument pas. Que les créatures de Dieu l'aiment ou non, Miss. Grumpy s'en fiche royalement. Seulement, on lui a enseigné les bonnes manières. Sur le coup, mademoiselle pense que les civilités peuvent aussi s'accorder aux animaux. À Rome, on fait comme les Romains. Elle entre dans la demeure des animaux, elle se doit d'être respectueuse puisque ceux-ci ne l'ont rien fait de mal. Toujours avec sa vitesse de croisière, Bonnie s'aventure dans les dédales des cages. Armée de son parapluie aux couleurs arc-en-ciel, la peur n'est pas au rendez-vous. Elle ne se sent pas invincible, il se pourrait très bien qu'un forain ait mal fermé l'une des cages. Dans ce cas, elle se fie à ses sens pour lui informer du danger. Pour l'heure, rien n'indique qu'il y a un quelconque risque. Soudainement, un grognement plus fort se fait entendre tout près d'elle. La bête enfermée dans la cage juste à côté d'elle semble très agitée. Elle recule doucement avant de sentir un brin infime d'impatience. Où est-elle ?

« Theeeereeesaaaaa... » Souffle Bonnie à voix basse, neutre.

Quelques animaux lèvent leurs paupières à moitié. Ils sont fatigués après cette journée, il y a eu un spécial animalier aujourd'hui. La chevelure bleue de Miss. Grumpy bouge lorsqu'une patte velue essaie d'agripper sa tête. Il en fallait de peu, bref. Au moins, il n'a pas attaqué sa robe grise, les déchirures ne sont pas la bienvenue sur son costume. C'est bien la demoiselle de se soucier de l'état de ses vêtements plus que de sa propre tête après un accident pareil. Ce n'est pas superficiel, quelqu'un a payé pour ses vêtements clownesques et ce n'est pas elle. Il faut donc en prendre soin. Elle s'estime chanceuse, s'éloigne de la cage et maintient une certaine distance avec les bêtes désormais pour la soirée. Mis à part une. La rencontrer ici engendra du dérangement pour les êtres poilus, elle en prend conscience. Du coup, elle lâche sa discrétion. L'invité oublie les bonnes manières. De toute façon, on vient de l'attaquer, si ce n'est pas une preuve d'un manque total de l'hospitalier... Elle n'a plus le choix d'être bruyante pour le reste. Si chuchoter perturbe, parler sera pire alors autant s'y habituer. Ses grandes chaussures foulent le sol d'un rythme normal. Quelques pas suffisent pour atteindre l'objectif. Elle est là, cachée dans un coin isolé des cages. Des restes traînent par terre et une odeur de charogne flotte dans l'air. Bonnie renifle le parfum de la Bête qui n'est pas entre les barrières de métal. Elle est emprisonnée à l'intérieur des limites du cirque, tout comme elle, mais pas dans du métal. Le cerveau connaît plutôt bien la fragrance morbide de sa compagne. On ne dévore pas de la chair crue de tout bord tout côté sans que ça se fasse sentir. Avec une douche et du bon savon, l'odeur cadavérique a tendance à partir plutôt bien. Étant habitué à côtoyer celle-ci, son cerveau reconnaît immédiatement et s'adapte en conséquence. Son regard n'est plus vide, il est vif.

« Salut. On m'a dit que les surprises, c'était amusant, en général. J'ai donc préparé une visite surprise pour toi. Je pensais te trouver ici. Et puisque tu es là, me voilà ! »

Un léger sourire qui dure à peine deux secondes se dessine sur son visage à moitié peinturé de maquillage blanc et vert.

« Surprise ! » Dit-elle sans aucune conviction.

Bonnie ne sait plus quoi dire d'autre. Elle était venue voir Theresa dans l'unique but de lui dire ceci, elle n'avait pas prévu la suite du tout. Cela viendra, éventuellement. Néanmoins, pour l'instant, la meilleure chose à faire est de lui montrer son dernier tour de clown. Enfin, selon Miss. Grumpy. Avec les gens ordinaires, elle ne serait pas aussi empressée de discuter. Avec Fleish, c'est différent. La demoiselle n'est point importuné par les raisons qui poussent sa compagne à se terrer ici, ni par ses curieux repas auquel elle se livre. C'est normal, aux yeux de Bonnie.

« Regarde, on m’a montré un nouveau tour, ça fait rire certains clients. » Dit-elle comme si elle s’apprêtait à lui donner un trésor enfoui sous une île déserte. Elle aime faire part de ses découvertes. Bien sûr, aimer pour elle est un mot extrêmement vague.

Bonnie lance son parapluie en l'air telle une vulgaire balle. Le parapluie tourne et retombe sur la tête du clown qui tombe immédiatement à la renverse. Elle a mal au crâne. La demoiselle se frotte la tête. Ça va peut-être lui valoir un bleu. Elle note mentalement de rarement faire ce numéro, pour des causes purement médicales. Elle lance un « aïe » qui n'avait rien de naturel. Il était sans émotion, comme si on l'avait littéralement programmé pour qu'elle dise cela automatiquement lorsqu'elle ressent de la douleur. Tout comme on l'a programme pour qu'elle exécute des blagues, comme celle du parapluie. Il y a des gens qui s'amuse à voir les autres souffrir...

« Le parapluie est très léger, sinon j'aurais eu une commotion, peut-être. J'éviterais de refaire ça trop souvent d'ailleurs. Un crâne, c'est plus utile lorsqu'il est en bon état... »

En effet. Le crâne sert à protéger le cerveau, s'il est cassé, il ne protège plus aussi bien. Logique. Bonnie ne sourit pas à Theresa, elle se contente plutôt de s'asseoir en indien en la regardant fixement telle une gamine devant son institutrice.


Dernière édition par Bonnie Fish le 2014-08-15, 15:59, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le Bestiaire (Pv Theresa)   2014-06-22, 12:06



le bestiaire.

Il y avait de l'agneau, cru et tendre, ses ligaments et ses veines.

Saillant. Au delà de la viande. Je n'arrivais pas à l'atteindre, au fond de la cage de ce lion malade, même du bout des pieds sur ce trapèze volé à un phoque ailleurs. Désespérément, je ne m'y rendais pas. Et ne m'y rendrais pas. J'aurais besoin d'un bâton, comme un primate aurait rit de mon allusion à son évolution et ma régression. Un bâton, une tige, un tuyau... Je me laisse retomber sans grâce dans la boue éternelle des cages de fauves et faut patauger mes globes immobiles et autour de moi. Mon visage est un cadavre qui défit n'importe quelle inexpression de ce monde. Qui s'ajuste à merveille à celle de Bonnie, vous en conviendrez.

Mes frêles jambes m'auront une fois de plus étonné - ou pas - d'avoir soutenu mon corps qui s'affaissait mollement sur elles, surprenant que je sus en rester debout. Il n'y avait pas grand chose autour de moi qui pourrait dissuadé le gigot d'agneau à venir à moi. Puis je vis une cravache mouillée de la dernière pluie. Mon œil vitré brilla le contentement mais le reste de mon anatomie resta dans sa tombe. Je m'armai de la chose de cuir, reprit position sur le trône du trapèze et m'alignai pour attraper le morceau suri. Et sans doute délicieux. Je n'en avais aucune idée, ma canine ne l'avait pas encore déchiré.

Le lion grogna, releva la tête, puis se fit bouffé de souffrance et de paresse par son hernie hiatale. Il ne pouvait rien contre moi. Je tirai le succulent de toute mes force; l'adhérence de la chaire contre la rouille du métal laissait des traînées cramoisi mais n'étais point lisse. Enfin, j'eux le morceau entre les mains. Et je dégustai après m'être assise sur mon parallélogramme. Non, mon trapèze. C'était une blague.

J'entendis une voix d'outre cage une fois que j'eux entamé la fin de mon repas. Je le laissai mollement tomber sur le sol. Mon estomac était rassasié pour les prochains huit heures, de toute façon. C'était Bonnie. Je la reconnaissais parce que son timbre et son accent donnait à ma cervelle une image précise et juste de son visage. Je restai droite et immobile sur mon siège et fouillai l'endroit de mes iris grouillantes. Je me remis du mes pieds. Tentai, du moins. J'avais trop mangé. Je m'affalai sur la terre de l'eau et relevai mon corps souillé de tout ce qu'il avait put récolté dans la boue en bon touriste. De toute façon, ce costume de bouffon jongleur avait connu pire. Mon chapeau à clochette que j'avais arrachées - j'avais horreur de ce tintamarre - me faisait deux longue cornes molle de chaque côté du visage et m'empêchait vision clair. Mais en regagnant équilibre sur mes talons, je parvins à voir arriver celle que j'attendais. La charmante petite jumelle de mes perfections.

Elle dit être en visite surprise. Je détestais les surprise. Mais je l'aimait, elle. Alors c'était correct. Je n'en répondis rien, restai immobile à la fixer de mes immense yeux globuleux et dévoreur de tout ce que la personne avait à me donner. Elle fit un sourire en plastique. Je fis de même. Aussi rapide que le sien. Enfin. J'étirai mes lèvres à montrer mes dents. C'était un sourire, ouais. Surtout, une interaction pour démontrer les enseignements théâtrales d'Evan. C'était la politique et la politesse, semblait-il. Surprise! me dit-elle avec la mort à la voix. Sa voix ressemblait à la mienne, était peut-être un peu plus grave. De deux trames. Non, trois. Je déviai mon regard sur son parapluie et la cage. Ensemble, d'ou mon point de vu, ils formaient un angle d'environ 30 degrés. Chiffre rond. Parfaitement. C'était très joli.

Et comme si elle eut deviné l'emplacement de mon intérêt égaré, elle me présenta ce numéro soit disant hilarant. Bonnie lança son parapluie en l'air et reçu choc sur son crâne avant d'émettre l'onomatopée de la douleur ordinaire une seconde plus tard que la moyenne aurait dicté. Les paroles qu'elle ajouta avaient tout de vrai. Et de consciencieux. Moi, je restai impassible et dis après un moment:

- Je la comprends pas, d'une voix sans émotion, de variation conative ou de penchant en ponctuation. Simplement l'accent allemand s'y trouvant lui donna un semblant de vie.

Les Hommes avaient cette manie complètement stupide à rire du mal des autres. C'était complètement taré. Quand un autre à mal, on l'ignore parce qu'il n'affecte en rien notre propre état. C'est tout naturel. On n'applaudit pas, on ne rit pas. Je n'avais jamais compris les Hommes de toute façon. Sauf Bonnie. Bonnie, je la comprenait parfaitement. Je me doutais même de son diagnostic, bien que je n'avais besoin de le dire pour qu'il en soit d'intérêt pour elle. De toute façon, je parlais très rarement. Mais avec elle, j'avais la parole facile. La preuve:

- Tu devrais pas faire ça car se faire du mal physique entame les symptômes de la dépendance à l'auto-divergence des souffrances d'autrui, phrase que je n'avais jamais vraiment comprit mais que j'avais mémorisée par cœur en ayant vu un psychiatre la dicter d'un livre à une patiente il y avait six ans de cela, et les autres sont stupides plus que toi alors tu ne devrais pas te soumettre à leur barbarie, autre bout de phrase que je connaissais par cœur. Qui venait de la bible, cette fois. J'avais parlé sans faire de pause dans ma phrase et en gardant toujours le même ton. Faire autrement m'épuisais royalement.

Et je me devais de protéger la pauvre qui ne comprenait toujours pas sa supériorité face aux autres. Face au commun des imbéciles. C'était triste à voir. Grâce à nos forces, nous pourrions mettre pouvoir sur ce cirque. Mais à quoi bon? C'était inutile comme pensée. Et stupide. Alors je n'y pensais pas.

- Tu es plus intelligente qu'eux tu as compris? c'était une question mais l'intonation dans ma voix ne le disait pas. Elle comprendrait que c'était une question. J'en était certaine.

Parce que j'avais du soucis pour cette Bonnie. Et de l'empathie? Peut-être. Je ne sais trop.




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MessageSujet: Re: Le Bestiaire (Pv Theresa)   2014-06-22, 15:19

Theresa ne comprend peut-être pas complètement ce qu'elle dit mais la clown capte très bien le message, dû moins elle croit comprendre. Les mots entrent dans sa tête et se font décortiquer à une vitesse fulgurante et d'une manière tout à fait pointilleuse. Se faire mal physiquement entraîne des symptômes qui vont rendre dépendant de l'écart des souffrances des autres. Être divergent implique souvent l'opposition, la différence. Peut-être que la dévoreuse voulait lui dire d'arrêter de se faire mal pour avoir plus de compassion ? Quelque chose d'incohérent à ses habitudes en tout cas. Elle lève un sourcil, un peu perplexe. Si ça se trouve, les deux demoiselles ici présentes ne sont aucunement en mesure de réellement comprendre la signification de ces mots alignés. Puis, elle parle de stupidité et de barbarie. Voilà qui est plus habituel pour Bonnie, ce sont des termes et des mots utilisés plus souvent par cette très chère Fleish. Miss. Grumpy ne s'en plaindra pas, elle adore entendre celle-ci parler même si elle n'est pas très bavarde, contrairement à elle parfois.

« Je ne me fais pas mal. C'est mon travail qui implique la douleur. S'il n'y avait pas de nécessité, il n'y aurait pas de souffrance. »

Évidemment, pour la femme, elle ne se fait pas souffrir par définition mais ses devoirs l'a contraignent à le faire. Si elle trébuche par terre, si elle accepte de recevoir une tarte à la figure et si elle lance volontairement un parapluie sur sa tête, c'est seulement pour faire ce pourquoi on la paie, la loge et la nourrit. Faire rire. Pourtant, elle ne rit pas. Pas réellement, dû moins. Et puisque Theresa en parle, un flash de penser imprévu s'empare d'elle. Est-il décent de vendre son bien-être physique pour faire rigoler des sadiques ? Non, ce ne l'est pas du tout. C'est dégradant. Cependant, ça ne lui fait rien. Rien du tout. Pourquoi ? Parce qu'au final, ce sont eux qui se mutilent. Sa souffrance physique est pour elle mais la souffrance psychique leur appartient. S'ils sont capables d'être joyeux un jour, ils peuvent pleurer à chaude larme le lendemain. Tant qu'ils pourront rire, ils pourront pleurer. Triste dénouement pour ces pauvres gens, n'est-ce pas ?

« Si je n'ai pas d'émotions sincères envers eux, est-ce que j'entre dans leur manège ? Le vrai plaisir sadique vient lorsque les émotions sont tout aussi vraies. Et puisqu'elles sont fausses, je punis leur barbarie par un divertissement qui ne leur donnera qu'un gloussement éphémère. Sinon, j'essaie d'autres alternatives humoristiques pour des raisons de santé. »

Bonnie essaie d'être vraiment drôle, pour être un bon clown pour le cirque. Le problème, c'est qu'elle n'est pas faite pour ça. Miss. Grumpy n'est pas drôle, le sens d'humour est probablement mort dira-t-on. Seulement, a-t-il déjà été en vie ? Il faut avoir été en vie pour être mort par la suite, après tout. Ses jambes sont couvertes d'ecchymoses et d'égratignures plus ou moins profondes. Ceux-ci sont cachés par des bas ultras longs qui lui couvrent ses membres inférieurs. Ceux qu'elle porte en ce moment sont roses. Beaucoup de gens détestent cette couleur mais c'était les seuls qui lui restaient. Les autres sont sales... Toutefois, la demoiselle ne nie pas le danger de chuter souvent. Elle pourrait se casser une jambe, le dos et même la tête à cause du parapluie. C'est pour ça qu'elle cherche à voir ailleurs, pour réduire ces risques. Son corps doit rester fonctionnel pour travailler, mine de rien. Ce n'est pas l'idée de se blesser qui la dérange, juste celle de se briser peu à peu tel un jouet à force de s'exposer à des dommages non prévus...

Est-elle réellement plus intelligente qu'eux ? Les autres humains sont certes un peu bêtes pour la plupart mais elle partage sang, chair et cerveau. En quoi son cerveau peut-il être différent ? Il est aussi gros que les autres et il lui permet de faire des tâches qu'un inconnu pourrait faire à sa place. La seule chose qui peut la rendre différente, c'est surement ces émotions parfaitement bien rasées du crâne de ses décisions. Est-ce suffisant pour se dire plus intelligente ? Bonnie est logique, oui, plus que la moyenne des gens, elle le conçoit. Mais il y a un doute. Theresa a ce don unique de créer des questionnements profonds chez la demoiselle. Le doute vient alors, autant pour l'idée d'être d'une intelligence supérieure que de ne point l'être. Elle possède une mémoire époustouflante. Par contre, elle est tout de même capable d'oublier. C'est un débat mental qui semble être sans fin. Pourrait-il se finir ce soir ?

« J'ai compris ton message. Ils sont eux et nous sommes nous. Je pèse le pour et le contre à chaque fois que tu poses ce questionnement et l'indécision à prendre cette déclaration pour acquis m'est toujours présente. Pourquoi ? »

Mécanique, c'est le moins qu'on puisse dire en réponse à cette question. Toutefois, elle s'est permise de lancer une autre question. Pourquoi était-elle toujours entre deux ? Ni blanc, ni noir, il n'existe que du gris aux yeux de Bonnie. Être supérieur ? Qu'est-ce que c'est au fond ? Et le plus important, qu'est-ce cela va lui apporter d'être au-dessus des Hommes ? Il faut des preuves. Quelque chose de concret. Les suppositions ne suffisent plus, il faut une solution radicale à ces questions qui ne finissent plus de tourmenter Miss. Grumpy. Elle serait assez stoïque pour vivre chaque instant du restant de sa vie avec le doute planant mais il faut aller de l'avant et évoluer. C'était l'une de ces motivations à rejoindre le Dark Circus... Malheureusement pour les deux demoiselles, une idée maléfique vient de germer dans l'esprit trop équilibré de Bonnie. Elle se lève et empoigne fermement son parapluie. Si le parapluie a fait mal, ce ne sera rien comparé à ce qui se trame...

« Faire exprès de tomber pour que les gens rient de moi ne me fait pas réellement mal puisque c'est une mise en scène. Pour mettre un terme à cette question une fois pour toute, il faut des preuves... » Murmure Bonnie à l'oreille de Theresa, d'un ton neutre et détaché de l'importance de l'acte qui suivra.

« Tu n'es pas obligé de me pardonner mais il serait bon que tu le fasses lorsqu'on aura terminé... »

Une gifle en plein sur le visage blême de la cannibale. Et une autre pour accompagner cela. Le son du claquement résonne à l'intérieur de la cage aux fauves, attirant le regard de quelques bêtes curieuses. Bonnie ne lui a pas donné de coups de poing ou de parapluie puisque c'est réservé aux ennemis. Theresa n'est pas une ennemie, enfin, c'est ironique. L'expression de pierre du clown ne change pas. Aucune fureur dans son regard.

« Voyons voir si les péchés de l'orgueil et de la colère viendront. Fais-moi mal. Mais je t'en prie, ne me tue pas, sinon tout ça n'aurait servi strictement à rien. »

Elle veut savoir si la colère viendra l'emporter en voyant ce qu'elle considère comme sa meilleure amie lui infliger des souffrances différentes de celles auxquelles elle est exposée au quotidien. Elle veut aussi voir si son orgueil (déjà bien démoli) va ressurgir en se voyant en position de faiblesse ultime et de soumission. Les péchés sont les vertus des humains, quoi de mieux pour s'y détacher que de défier ceux-ci aux moments où ils sont les plus utiles ? Besoin de colère pour se défendre et si on ne se défendait point ? Elle aurait très bien pu demander cela à Theresa sans la gifler, comme une amie qui demanderait une part de gâteau à sa copine durant un anniversaire. Toutefois, elle doute que cela aurait fonctionné. Elle espère que Fleish ait compris ce qu'elle disait tout à l'heure à propos des émotions sincères. Plus c'est vrai, mieux cela portera ces fruits. Paradoxale pour celle qui se souciait de sa santé tout à l'heure. C'est tout aussi paradoxal qu'elle émet une espèce d'avertissement avant les gifles et explique le concept à sa compagne. C'est seulement une sorte d'assurance-vie (il n’y a aucune garantie). Elle utilise une méthode radicale mais est la modération incarnée tout à la fois. Encore un paradoxe. Mourir n'apportera rien et elle sait au fond d'elle que Fleish peut très bien tuer. Tout autant qu'elle-même... Bonnie espère qu'au fond d'elle, Theresa comprendrait où elle veut en venir, elle est surement la seule à pouvoir comprendre sa personne alors... De plus... Le risque est une chose qui lui titille légèrement l'estomac. Cette dingue de Bonnie, toujours trop curieuse...

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MessageSujet: Re: Le Bestiaire (Pv Theresa)   2014-06-29, 17:03



le bestiaire.

Parce que j'avais du soucis pour cette Bonnie. Et de l'empathie? Peut-être. Je ne sais trop.

Un, deux, trois quatre. Quatre poteaux qui formaient une rangé derrière Bonnie, en arrière plan. Le troisième était un peu trop à gauche pour que l'ensemble de la chose soit symétrique parfaitement. Ça m'énervait. Mais je regardai l'angle de 30 degrés avec le parapluie et je trouvais la donne bien plus jolie.

Puis mon regard se porta sur les lèvres de Bonnie. Parce que c'est elles qui parlaient. Et elle me dit que se blesser soi-même n'était point mal parce qu'il en était de nécessité. Je clignai des paupières - comme il m'était si rare de le faire - et levai le menton pour approuver. La nécessité était la chose que les gens oubliaient. Les idiots, en tout cas. Et c'était tout ce qui devait faire rouler les humains. J'approuvai, de ces méticuleux gestes, alors que je n'avais bougé le petit doigt, ni même mon dos très droit.

Et la Miss. Grumpy parla des émotions des gens. Sa méthode - car, oui, il s'agissait d'un méthode purement logistique telle que je l'entendais - était un plan durable à suivre. Mais elle avait le talent de deviner l'état de ses clients. Je n'en avais la possibilité. Un peu, depuis que Evan m'avait enseigné le visage. Mais je savais que les gens mettaient tellement d'importance dans leur hypocrisie qu'il en était inutile d'essayer de déchiffrer le tempérament ou le sentiment d'un enfant te regardant et riant. Peut-être qu'il riait par amour. Par joie. Par gêne. Bonnie, elle, avait deviné qu'ils se goinfraient de tour éphémères par vide d'eux-même. Et qu'ils ne ressentaient pas vraiment pour la clown, tout comme elle ne ressentait rien pour eux. Cela faisait son sens. Je pensai à l'instant être heureuse de la connaître et de lui parler.

D'autant plus qu'elle comprenait. Elle comprenait ma manière de penser et de dire les choses. Je savais que nous étions différents. Parce que les spécialistes l'ont prouvé. J'avais essayé, pourtant, d'approfondir le raisonnement. Parce que j'aimais comprendre les choses, leur mettre des chiffres, des réponses, et des explications cohérentes. Alors je prenais bien pour acquis ses intrigues, comme les miennes, et pouvais y réfléchir des nuits durant à perdre le sommeil et le repousser à l'aube de la fatigue forte. Des crasses, que je découvrais. Des crasses qui grouillaient dans les cirques et les rues. Et qui ne comprenait pas que tout était que conjecture. Il y avait moyen de calculer l'intelligence, c'était certain. Il y avait moyen de calculé les synapses, neurones et liaisons d'un organe telle la cervelle. Je ne l'avais pas encore trouvé, c'est tout.

Tout ce que j'avais de différent avec cette Bonnie dans la manière d'interprété était sans doute daltonien. Elle voyait gris, je voyais noir ou blanc. Mais ça ne me dérangeait pas. Je me disais qu'elle avait les 256 tons et que j'avais les deux couleurs qui ne sont pas des couleurs et, qu'ainsi, on se complétait pour former une photographie parfaite. La photographie était toute notre mémoire, de toute façon. Et c'était toujours agréable. Il y avait alors les réflexions les meilleures qui nous enchaînaient. Il n'y avait personne pour nous donner raison, mis à part nous. Mais je savais que nous étions les meilleures, alors qu'il n'y avait de doute sur nos capacités à aboutir à nos réponses. Elles étaient différentes, mais il fallait des milliards et des milliards de possibilités pour aboutir à quelque chose de concret. Nous étions deux d'entre elles. Et nous expérimentions. J'adorais.

Justement, elle s'arma à me donner des preuves. Reflet temporaire dans mon regard vitreux. Des preuves. J'adorais les preuves. C'était mes bonbons. Elle s'approcha de moi. Leva la main. Je continuai à la fixer sans attendre rien. Sans perdre la confiance. J'avais confiance en Bonnie comme j'avais confiance en moi. Puisque j'avais déclaré la limite entre nos deux esprits très mince, je ne pouvais faire autrement.

Une baffe sur ma mâchoire supérieure gauche, et mes molaires que je sens claquer sur le coup. Il y a souffrance physique, bien sûre. Picotement et ses brûlures dans ma peau, mes muscles et mes os. J'avais peut-être la mollesse des sens depuis qu'on m'avait drogué jusqu'à en perdre la tête en psychiatrie, mais j'avais cette capacité à ressentir encore un peu la douleur. Tant mieux.

Ma tête était tournée vers le côté. Et mes yeux n'avaient cillé. Ils fixaient un lion qui s'était retourné avec l'intérêt du bruit. Je pris de plus grandes respirations, parce que c'est ce qu'il fallait faire quand la douleur frappait pour aérer les valve du myocarde et faire circuler le sang bien comme il le faut. J'ouvris la bouche pour faire craquer ma mâchoire et la refermai. Toujours très lentement. Ma joue était sans doute rouge. Peut-être avait-elle éclaté une veine. Aurai-je une ecchymose? Aucune idée.

Elle me parla d'orgueil et de colère. J'essayais d'éviter les pêché si ce n'était de la gourmandise. Je calculais souvent mes mots et mes gestes pour qu'il ne s'y empiète. Il y avait les exceptions, certes. Je les avais compté. 253. Dans une vie. Le compteur était sain et ne s'arrêterait pas. Mais aujourd'hui, l'échappatoire ne montera à 254. Je tournai mon menton vers elle et lui clignai mes paupières curieuses à la figure. C'était une expérience. Je n'avais la colère ou l'orgueil. Elle faisait bien, j'en étais persuadée.

Et c'est pour les mêmes raisons que je ne posai la question du pourquoi. Les réponses viendraient après les calculs pour s'y rendre. Je penchai mon bassin pour prendre sa main, délicatement. J'adorais les mains. Elle reflétait parfois un homme au grand complet. Et je portai sa menotte un peu sale à la bouche, et je croquai. Ce n'était bien méchant, bien long non plus. Simplement une idée à lui mettre des trous de canine dans les tissus épidermiques de plusieurs couches. Jusqu'à ses veines, facilement.

Je lâchai sa main et ouvris ma bouche pour laisser libre cours à ma langue d'aller essuyer mes crocs. Peut-être sa douleur était pire que la mienne. Je ne pourrais jamais savoir. Je haussai les épaules, parce que j'attendais toujours le verdict. Puis je dis enfin d'un voix qui ne porte aucun champ de ponctuation:

- Je ne suis pas en colère car la violence ici n'était pas inutile et elle avait un but et une signification et que je te fais confiance parce que tu es une amie.

J'avais décidé depuis belle lurette qu'elle était mon amie.

- Tu es en colère que je t'ai mordu alors que tu m'as seulement claqué c'est injuste peut-être ou peut-être pas mais je veux savoir si tu trouves cela injuste.

Puis je pensai aux animaux. Ils étaient ma source fiable et sûre lors d'expérimentations. Parce que l'humain était un animal, après tout. Et je me dis que les loups, par exemple, de même groupe se blessaient afin de montrer leur autorité. Peut-être est-ce que Bonnie en était arrivée à ce point. Malaise, dans le creux de mon foi. Je n'avais pas envie que cette suggestion soit véritable.

- Mais je n'aime pas ça que je te frappe et je n'aime pas ça que je te mords.

Cette conclusion était faite. Voilà.

- La nécessité en vient à la douleur physique parfois, mais je ne comprends pas encore vraiment les autres douleurs car on ne me les as jamais expliqué avec des preuves mais je sais les ressentir et toi aussi et en ce moment je ne suis pas contente que faisons-nous?

D'une traite. Sans une pincée de trait au visage ou à la voix.




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MessageSujet: Re: Le Bestiaire (Pv Theresa)   2014-07-02, 13:41


Bonnie n'en attendait pas moins de Theresa et elle est réconfortée d'une certaine manière dont elle ne pose ni questions ni protestations. Cela aurait été embêtant pour le peu que cela aurait mené et aurait contraint le clown à des manières encore plus draconiennes. Personne n'a envie de voir plus de violences qu'il en est maintenant, sauf peut-être quelques pervers sadiques ambulants. La cannibale prend sa main avec une douceur surement inédite comparée aux précédentes victimes de la faim insatiable de la blonde. Il n'y a pas de mouvement brusque, d'agitations frénétiques ou même de tremblement, il n'y a que le geste lent d'un membre laissé à lui-même. Ce n'est point sage dira-t-on de laisser son corps tel un repas à une dévoreuse de chair notoire mais Miss. Grumpy est étrangement sereine. Elle espère simplement que la blessure ne saura pas trop importante pour des raisons purement pratiques. Paradoxalement, une puissante mutilation engendre un test plus vrai...

C'était telle une décharge électrique. La chaleur bout en la mince couche de peau qu'elle possède alors qu'un liquide rouge et tiède s'en échappe. C'est un véritable gâteau à la vanille où on a versé du coulis de fraise. La comparaison faite l'équivalent d'un tonnerre qui déchire les tympans lors d'une nuit muette de bruits. Elle frémit un bref moment en ressentant la douleur provenant de cette exquise pâtisserie qu'est sa main. Inutile d'y goûter, Theresa le fait à sa place. Le vivre, par contre, c'est une expérience fascinante pour le clown qui n'était aucunement habitué à cette sorte de souffrance physique. La morsure a réussi à casser en mille morceaux sa glace qui lui servait de cœur. Néanmoins, il ne faut pas rêver. Rien ne dure et cette sensation, qu'elle juge comme étant ce que les hommes ordinaires doivent sentir lors d'un rapport sexuel ou lorsqu'ils sont vainqueurs d'une violente bataille, s'estompe peu à peu. Ce n'était peut-être qu'un rêve ? Qu'une illusion fantasque d'une émotion forte inhabituelle ? Peu importe, elle change son attention au plus vite. Ça ne sert à rien de contempler les dégâts faits sur sa main, l'intérêt principal est parti au même moment que Theresa lèche ses crocs. D'un geste autistique et qu'elle a répété des centaines de fois, elle fouille dans sa grande poche. Bonnie sort un grand mouchoir et l'enroule à sa blessure en faisant un noeud d'une vitesse presque fulgurante. Eh oui, elle ne l'a pas dit à Monsieur Todd mais elle était infirmière autrefois. Pour un hôpital accueillant des gens relativement bien aisés en plus. Elle n'avait aucune compassion pour la souffrance d'autrui, néanmoins, elle était plutôt douée. À force de porter l'uniforme blanc, l'idée d'avoir un costume de toutes les couleurs lui a paru comme la nouveauté du siècle en matière de carrière. Ironiquement, ses activités ne lui garantissent pas qu'une infection ne vienne pas se pointer. Heureusement, Miss. Grumpy est une femme forte habituée d'une certaine façon aux maladies et infections.

Inévitablement, Theresa se met à parler, chose qui était moyennement attendue de la part de la demoiselle mais tant pis. Elle reste impassible, pourtant, celle-ci ne peut pas s'empêcher d'ouvrir ses paupières plus largement qu'à l'habitude. On dit alors qu'elle a les gros yeux. Un détail certes toutefois il, s'avère être important...

« Tu... Tu me fais confiance ? Assez pour l'être encore suite à ce que j'ai fait... C'est pour le moins inusité. »

Surprise ? Plutôt oui. Il n'y a pas de drame, on lui a déjà dit qu'on avait confiance en elle, qu'on était son ami. Seulement, c'est si rare par les temps qui courent, elle pensait avoir presque oublié ces notions depuis un bon moment déjà. Dans son cas, fait-elle confiance à Fleish ? Difficile à dire, elle n'a jamais su si c'était une considération ou un sentiment à part entière... On peut être confiant après tout. Dans le doute, si elle devait dire son plus grand secret, à qui le ferait-elle ? À Theresa, évidemment. Donc, avec cette logique, elle peut affirmer que sa confiance est orientée vers celle-ci.

« Je te fais confiance aussi. »

Sa voix est ferme mais sa vision de confiance est un peu embrouillée dans l'immédiat. Ce qui est sûr, c'est que Fleish a toujours su être différente des autres et une compagnie plus appréciable que quiconque au cirque. Peut-elle donc mériter la confiance ? Surement, si elle lui fait autant confiance c'est qu'il doit y avoir une certaine réciprocité, même si Bonnie ne s'en rendait pas compte. Puis, elle parle de justice. Miss. Grumpy lève un sourcil. Quelle colère ? Quelle injustice ? Pense-t-elle que cette expérience a été entièrement désagréable ? En tout cas, c'est bien qu'elle pose cette question, pense Bonnie.- Tu as toujours tendance à adopter la loi du triple retour. On te fait mal, tu réponds à l'injure avec trois fois plus de puissances alors que moi je suis la loi du Talion. Œil pour oeil, dent pour dent. Deux systèmes de justice radicalement opposés et pourtant ont leur bon côté. Ma façon permet l'équité alors que la tienne promet au coupable d'y repenser à deux fois avant d'agir...
Elle regarde sa main bandée qui lui fait toujours mal. Aucune grimace, Bonnie est stoïque.

« Je ne t'en voudrais jamais d'être ce que tu es et cette morsure est tienne, donc je n'ai aucune raison d'être en colère à cause de celle-ci. C'est bien pour ça que notre relation est spéciale ? Parce que nous ne sommes pas ce qu'ils sont eux ? »

Puis, la cannibale affirme ne pas aimer frapper Bonnie. Celle-ci est d'autant plus surprise. Aurait-elle encore du mal à comprendre entièrement Theresa ? Probablement, l'humain est complexe et a toujours un sac à surprise même si on croit avoir fait le tour. Il faut croire que se mutiler entre amis n'est pas le passe-temps le plus joyeux. Miss. Grumpy affiche un air penseur, telle une gamine qui doit réfléchir sur son comportement au coin. Elle déglutit fortement sa salive lorsque la jongleuse manifeste ouvertement son mécontentement. Des regrets ? Absolument pas, recevoir cette charge d'influx nerveux valait la peine de ce risque, même si cela se fait sur le dos des humeurs de Theresa. De toute façon, c'est fini le jeu des morsures. Il faut passer à autre chose et on dirait que Fleish ne demande que ça.

« D'abord, j'aimerais dire que ce test est concluant en ce qui me concerne. Je ne me suis pas mise en colère et toi non plus quoique tu n'aies pas nécessairement aimé cela. Ce qui est un plus pour la différence, puisque la plupart des humains auraient été mal à l'aise, en colère ou encore aurait considéré l'expérience absurde. Bien sûr, elle ne l'est pas... En tout cas, il faudra y réfléchir et trouver la clé qui ouvrira la porte de notre petit mystère. En attendant... »

Bonnie détourne son regard de Theresa pour observer quelque chose d'autre un peu plus loin... Rien de définis.

« J'ai entendu dire qu'on avait fait quelques retouches à la maison hantée. Tu sais, dans les manèges. Paraît qu'il reste à faire des essais avant de l'ouvrir au public. Veux-tu visiter ? On pourra voir si les peurs humaines classiques sont fondées ou risibles. Il est tard mais c'est encore ouvert d'après moi. Au pire, on dira à Maître Todd qu'on désire s'investir un peu plus sur ce coup... Alors, ça te tente ? »

Il faut croire que Bonnie est d'humeur aventurière ce soir...
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MessageSujet: Re: Le Bestiaire (Pv Theresa)   2014-07-05, 14:18



le bestiaire.

D'une traite. Sans une pincée de trait au visage ou à la voix.

Inusité? Que je lui fasse confiance? Je ne comprenais pas. Je sentis les muscles de mes sourcils faire un froncement. C'est très, très léger. Mais l'œil de lynx l'eut vu. Oh. Non. Ce ne l'était pas. Nous avions tous pour nous comprendre et nous confier: la pratique était donc de la confiance. C'était une corrélation qui avait sa logique. C'était ainsi qu'on procédait pour se faire des amis, non? Par déduction d'entente. Mais oui.

Elle me faisait confiance aussi. Mes sourcils firent leur lâche et se détendirent aussitôt. Voilà. Preuve à mes réflexions. Tout allait bien. Tant que mes calcules s'opéraient, s'enchaînaient et se suivaient, tout allait bien. Parce que, oui, les relations humaines sont un calcul aussi. La personne pensant le contraire serait un idiot.

Et puis Bonnie aussi comprenait. Nous sommes nous et ils sont eux. C'était très simple à comprendre, et très juste à la fois. Hochement de tête, pour approuvé. Et je commençai à mordiller ma lèvre inférieur de mes dents de lapin. Ma bouche avait son contour gercé et j'avais quelques mortes épidermes à dévorer. Et le diagnostique s'amorça. La conclusion. Je cessai tous les mouvements et l'écoutai comme si elle me dictait le plan le plus précis et parfait qui soit. Juste, tout à fait. Comparaison aux autres qui n'était pas inutile. C'était preuve que nous savions mieux penser qu'eux. Et au travers de l'expérience, nous avions traduit notre confiance. Elle existait déjà. Mais il avait fallut la trouver. Comme n'importe quelle théorème scientifique.

Et puis en attendant... En attendant plus de réponse. Je claquai des dents. Je n'aimais pas reporter les recherches. Mais elles avaient été conclues. En partie, du moins. C'était moins d'anxiété que d'abandonné les pensées au milieu de la question. J'allais y réfléchir, cette nuit, mais ne m'empêcherai le sommeil pour autant. Je dormirais sans doute sept heures et vingt minutes, ce qui s'ajustait à ce quatre heures trente environ de la nuit dernière. D'accord. Tout s'emboîtait. Tout allait bien. Tout.

Elle parla de la maison hantée, donna les raisons et les excuses - très bonnes - pour s'y rendre. Visiter ces lieux. Je n'avais jamais fait. Car ils ne m'avaient jamais intéressées. Mais avec Bonnie, et avec nos recherches, il en sera d'un pays des merveilles. J'adhérai à l'idée immédiatement. C'était simple, nous n'avions à attendre plus longtemps: je tournai mes yeux globuleux vers la place public au loin et y mis le pas. Comme ça.

Je savais que Miss. Grumpy suivrait, je ne me retournai pas une fois alors que je déambulais d'une marche saccadée entre les tentes et les passants fantômes. C'était une route du point A au point B qui s'effectua en deux-cent-cinquante-six pas. J'aimais compter les pas. C'était rassurant. Et ça passait le temps.

J'étais devant l'endroit. Je m'arrêtai. Il n'y avait évidemment pas de forain pour nous quémander ticket ou nous interdire de pénétrer dans l'enceinte du train et de ses rail. Je retournai mon visage vers Bonnie en tassant mes cheveux de doigts écarquillés pour mieux la voir. Elle n'était pas loin derrière moi.

Et je vis le siège de l'habituel teneur du manège. Et je vis le panneau de contrôle. Je m'y approchai. Regardai les chiffres. Les mots. On y voyait plus grand chose tant la vieillesse et la rouille les avaient mangés. Mais j'ajustai les manivelles selon ce que je croyais. Mis en marche. Rien. Je soulevai le boîtier du panneau et regardai l'assemblage de circuits. Ça ne pouvait être bien compliqué. Mais je n'avais jamais vu de telle. Sinon dans le bras d'un humain découpé. Pas la même chose.

Mais il y avait ce fils décousu et griller. Qu'il fallait changer, de toute évidence. Je le replaçai en toute munition maladroite et fermai le boîtier. Deuxième tentative. Rien. Je battis des paupières sur le wagon immobile. J'ajustai les manivelles - tant de possibilité! Et enfin, une lumière grilla sur la porte d'entrée du manège. Il y eut grincement atroce et le wagon commença ascension d'escargot. Je le regardai. Comptai. Il accélérait. Se mettait en marche, alors. Je n'aurais sut dire jusqu'à quand, mais je demandai du regard à Bonnie si on montait dans ce train.

Et une musique grotesque et fondu de brisure s'échappa de l'intérieur de la maison hantée du manège.




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MessageSujet: Re: Le Bestiaire (Pv Theresa)   2014-07-11, 15:56


Fleish ne répondait pas aux paroles de Bonnie. Elle n'a même pas explicitement approuvé l'idée de la maison fantômique. Impolitesse diriez-vous ? Pas lorsque ce silence vient de Theresa, celui-ci peut avoir des significations multiples et la demoiselle est une habituée. Celui-ci équivaut à une approbation. Ensuite, on n'a pas besoin d'être un génie pour se rendre compte que la cannibale accourt à grands pas vers la destination. La clown part immédiatement à la même direction qu'elle, toujours en tenant son parapluie. Les cages, le monde des bêtes féroces, semblent n'être qu'une entité du passé. Cette jungle de fer l'a quitte, tout comme elle la fuit pour se diriger vers un antre qui lui est beaucoup plus propre. Une grotte de bois et de verre construite par les hommes peut être considérée comme l'un de ses habitats naturels. On peut nommer cela simplement une maison, aussi. Bref, elle suit la blonde qui se dirigeait, au grand plaisir de Bonnie, vers ledit manège. Il reste quelques clients qui promènent leur carcasse ici et là, rien qui mérite une attention particulière si ce n'est qu'un visiteur qui pensait avoir le droit à une mauvaise blague en la voyant. Grave erreur, la jeune fille est occupée à des tâches bien plus importantes que de divertir un autre être humain. On peut parler de manquement à son devoir, cependant, elle sait où sont ses priorités et ce n'est certainement pas à faire l'idiote. Elles ont dû passer par les tentes et tout près de la sienne en plus de ça. En moins de temps qu'il faut pour le dire, les deux femmes sont au pied du manège qui les plonge dans sa pénombre. Vieux, rouillé et bon marché, c'est les premiers mots qui viennent à l'esprit de Fish et celle-ci ne s'étonne même pas de l'état un peu médiocre de l'attraction. Peut-être que Monsieur Todd n'avait pas envie d'investir trop sur ce projet ou cela fait partie de la peur que peut inspirer ce manège. Quoi qu'il en soit, ces remarques ont l'importance de petits détails selon l'une et ça ne décourage aucunement l'autre. Comme si ce n'était pas déjà assez facile d'entrer à l'intérieur, il n'y a aucun forain ce soir pour s'occuper de ce tas de mécanismes grossièrement décoré. Parfait, une personne de moins équivaut à un possible dérangement supprimé. Theresa s'engouffre à l'intérieur, suivi de près par sa compagne. Si la blonde fonce vers le ramassis de boutons et de leviers, celle aux cheveux bleus préfère attendre tout près du wagon inactif. Elle regardait le chemin noir qui l'attendait de pied ferme autant que la visiteuse s'attarde à ce que son amie s'occupe des derniers détails. Tout à coup, une musique joue et le wagon commence à avancer à une vitesse comparable à celle d'une tortue. S'il y a quelque chose de plus rapide que cela, c'est l'arrivée de la cannibale vers elle. Son regard voulait tout dire. On monte ou pas ? Une solution prudente proposerait que non. Néanmoins, Bonnie n'est pas contre un peu d'action. Étrange de sa part, il faut croire que l'énergie de tout à l'heure lui a vraiment plu et qu'elle veut retenter l'expérience. Sinon, il y a un autre détail qui entre en ligne de compte. Comment dire à Maître Todd qu'on essaie une attraction si on ne la teste pas réellement ? Bref, Miss. Grumpy monte et s'assoit sur un siège en invitant Fleish d'un mouvement rapide de la main. Elle tourne sa tête vers l'avant, persuadée que la blondinette l'accompagnera sans protester. C'est peut-être cela la confiance, pense Fish. Puis, des cliquetis mécaniques se font entendre, accompagnant la musique d'ambiance. Le wagon avance de plus en plus vite jusqu'à être plongé dans l'obscurité totale. Malheureusement pour les concepteurs du manège, la peur n'est pas au rendez-vous.

« Ça déraille ! Hihihi... »

Voilà un rire de sorcière accompagné d'une blague en lien avec les rails qui maintiennent leur moyen de transport. Les habitudes ont la vie dure. D'un coup sec, la machine s'arrête brutalement. En une fraction de seconde, un squelette en plastique accroché à un mécanisme s'avance à une vitesse impressionnante vers les deux demoiselles. Un gloussement malsain résonne dans la caverne robotique et le squelette revient à sa place lentement.

« Quel manque de détails chez cette copie... » Lance-t-elle calmement, avec un petit ton hautain. Il faut croire que les escapades avec Theresa lui donnent une plus grande force de caractère. Ce n'est pas son genre de parler de la sorte. La machine se remet en marche et des cris se font entendre un peu partout, des lumières vertes représentant des yeux maléfiques s'allument et s'éteingnent frénétiquement. Finalement, le noir total mêlé à un silence étrange. Un deuxième squelette en plastique apparaît devant le transport. Aucune réaction chez Bonnie...

« D'autres modifications sont à prévoir je crois... Enfin, peut-être que la suite sera plus évocatrice de frissons. Je l'espère en tout cas, sinon cette balade sera bien ennuyeuse comparée à l'image que Maître Todd essaie de vendre aux clients. Cependant, l'économie n'est pas à son meilleur non plus... Venez voir le tout nouveau royaume de la terreur ! » Finit-elle avec une imitation de la voix du directeur du cirque. Fish n'a pas l'intention de se moquer de lui, elle voulait seulement qu'on comprenne qu'elle reprend les paroles de l'homme.

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MessageSujet: Re: Le Bestiaire (Pv Theresa)   2014-07-14, 21:37



le bestiaire.

Et une musique grotesque et fondu de brisure s'échappa de l'intérieur de la maison hantée du manège.

Elle m’invita alors et je sautai dans le wagon. Qu’avait-il d’autre à faire, de toute façon? Nous prenions risque des railles. Risque? Je ne savais trop. Je n’avais inspecté l’état du manège, mais je me doutais que les chances de se blesser étaient très faibles. Un pourcentage probablement inférieur à dix. Et nous commencions l’aventure!

Il eut rire de sorcière et commentaire de déraille. Je tournai mes grands yeux vers Bonnie, intriguée. Elle semblait comprendre. Et sa voix exprimait qu’il s’agissait d’une blague. Je n’avais comprit qu’il s’agissait d’un jeu de mot. Je n’avais encore moins compris l’issue de la blague. Alors je retournai mon menton vers l’avant pour fixer le noir total devant le nez du wagon. Celui même dans lequel nous nous engouffrions. Le dos droit, le corps chambranlant au rythme des roues secouées et rouillées, et les mains à plat sur les cuisses. J’étais à l’affût, globes grand ouverts sur mon entourage, et les iris qui feuilletaient détails par-ci et par là…

Un squelette sortie de nul par. Je me tournai vers lui simplement comme s’il m’eut lancé «Hey, toi.» d’un ton banal. Bonnie dit qu’il manquait de détail. J’accrochai mon œil sur lui pour le contempler, me retournant alors que le mécanisme le remettait à sa place et que notre train avançait toujours. C’est vrai qu’il manquait le détail. Comment pouvait-on croire deux secondes qu’il s’agissait d’un réel cadavre desséché? Et même s’il eut été d’un vrai mort, en quoi fallait-il craindre? Un mort était mort. Pourquoi avoir peur d’un corps se décomposant à petit feu? Je ne comprenais pas ces craintes irrationnelles. Vraiment. Bonnie avait raison.

Je repris ma position originel, bien droite et regardant tout devant. Je continuai mon inspection des lieux. Des chauve-souris étaient accrochées au dessus de nous. On pouvait voir leur corde. Bonnie se dit déçue. Et imita Maître Todd acclamer faussement la parade de ce manège. Elle parlait vraiment bien. Miss. Grumpy avait ce talent pour imiter les voix en tout point. Je n’avais encore ce talent. Je l’admirais beaucoup. Au loin, des échos de rires se manifestèrent. À ses paroles, je haussai les épaules et dit de ma voix neutre :

- Je sais pas je comprends pas pourquoi les gens trouvent des faux monstres effrayants.

J’espérais qu’elle m’explique, en fait. Elle semblait vraiment comprendre les émotions des autres. Des minables. Plus que moi, en tout cas. Pour l’avoir entendu parlé de ses clients, et pour savoir les faire rire. Jamais je ne saurais faire rire quelqu’un. Je n’avais essayé, et puisqu’il ne s’agissait de mon métier, je ne voyais pas l’utilité à le faire. Miss. Grumpy, la meilleure, elle rirait de mes humours. Tiens, comme celle blague, par exemple :

- On pourrait écrire «manège alogique» sur la pancarte à l’entrée.

Que j’avais mémorisé, bien photographié en ma cervelle. Je poussai un rire qui ressemblait sans doute plutôt à l’étouffement d’un mulot. Et mes lèvres firent quelque chose de familier à un sourire pour montrer mes crocs. Je riais de bon cœur. Pas spontanément, mais de bon cœur.

Nous eûmes soudainement grande bourrasque. Je du plissé des yeux et sentis mes cheveux se fouetter dans le vent. Le cliquetis des railles s’accentua, comme un crescendo présageant le pire, puis je sentis le wagon se dérobé. Nous descendions une légère pente. Pas très à pic, mais plutôt rapide. Facilement six kilomètre à l’heure au dessus de notre rythme de croisade. Devant nous, un monstre électronique assez gros gigotait ses mains et poussait un hurlement. À mainte reprise. Je reconnaissais à son temps, sa fréquence et son timbre qu’il s’agissait du même cri répété trois fois. Le monstre en question avait une oreille cassée, on voyait son plâtre sous la peinture. Et juste comme nous allions pour foncer dans cette bête, nous fîmes virage sec à gauche. Nous rencontrâmes un autre wagon vide, évidemment en marche lui aussi, passer sur une raille non loin de nous.

Les bruits étaient assourdissants. Et les odeurs malsaines. Mais je m’étais habituée depuis mon arrivée au cirque à ces stimulis agressant pour tous les sens. Habituée? Enfin. J’avais appris à gérer mon anxiété. Nous passâmes un rideau de languettes de caoutchouc. La texture me mit très mal à l’aise et je frissonnai. Se dévoila une pièce avec effets stroboscopes pétrissant les yeux. Je les gardai grand ouvert et contemplai le décor. C’était une fausse scène de cimetière. De la boucane – qui adoucissait les éclats de lumières, Dieux merci - sortait de certains conduit que j’examinai : ils étaient tous placés à des endroits stratégiques. Les pierres tombales affichaient des noms impossibles et semblaient faites de carton.

C’est à cet instant qu’il eut un grincement assourdissant. Un cri de la machine. Puis le manège gronda, vibra, et s’arrêta. Je me demandai à quelle énergie elle générait, alors. Sans doute à l’électricité. Un manque? Un bris au moteur? Je ne sus trop. Et même si la wagon ne repartait jamais, je savais que suivre ses railles nous mènerait à notre pointe de départ; il n’y avait raison de devenir nerveux.

Mais pour le moment, nous étions prises dans ce cimetière de carton.





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MessageSujet: Re: Le Bestiaire (Pv Theresa)   2014-07-22, 13:50

Beaucoup plus captivé par les mots de Theresa que par le mauvais spectacle, qui se présente plus pour Miss. Grumpy comme étant une comédie, Bonnie affiche un air songeur. Pourquoi les humains sont effrayés par de faux monstres ? Une autre question pertinente qui mérite une réponse pertinente, cette soirée en a tout un lot. Instantanément, une seule réponse lui vient à l'esprit.

« Je crois que l'anxiété supposée être produite chez les autres dans ce manège les rend susceptibles à être effrayés par n'importe quoi qui a vaguement une apparence jugée terrifiante. »

Si simple pour la demoiselle, si complexe pour certaines personnes. Elle sait que Fleish comprendra vite ce concept, elle est suffisamment logique pour parvenir à saisir. Puis, quelque chose de tout à fait inattendu survient. Une blague ?! Theresa Roderich vient de dire une plaisanterie ? Les yeux de la clown s'élargissent en entendant le rire de son amie qui est, qu'on se le dise, pas mieux que celui de celle-ci. Elle est un peu surprise. Pas trop, quand même. On parle là de Miss. Grumpy, la voir bouche bée d'étonnement est aussi probable que de se faire attaquer par un éléphant rose carnivore doté d'ailes aussi colorées que son parapluie. Bref, il y a de quoi être perplexe. Toutefois, elle ne l'est pas. Qu'elle glousse de bon coeur, c'est quelque chose de rare et de précieux. Un instant privilégié, témoignant du lien spécial qui les unit. Ça vaut tous les mauvais jeux de mots au monde.

« En effet hihihi... haha... »

L'avantage lorsqu'on s'exclame en bonne compagnie, le rire paraît intensément plus vrai qu'à l'habitude. Cela tombe très bien d'ailleurs, puisque ce n'est pas une soirée ordinaire. Loin de là cette idée. Les deux camarades, qui semblent se connaître depuis qu'elles savent marcher, s'aventurent à travers la douleur et la peur humaine sans fléchir et en ressortir à peine affecté par des séquelles qui auraient affecté les gens dits normaux. C'est ça qui rend ce moment... Spécial... Unique... Différent. Des mots qui sonnent étrangement dans les pensées de Bonnie. Est-ce cela d'être supérieur aux Hommes ? Vivre des moments spéciaux d'un point de vue qu'ils ne verront jamais ? En tout cas, ça ne laisse pas la demoiselle indifférente. Il faut croire que Theresa lui apprend plus qu'elle le pense et il ne serait pas impertinent de penser que c'est réciproque.

Un vent cinglant frappe la figure de la femme clownesque. Son maquillage était déjà léger aujourd'hui et à moitié effacé par le temps qui a bien joué son rôle de concierge. Maintenant que les dernières parcelles de ses substances, qui de toute façon allaient bientôt partir, se sont envolées comme de la poudre qu'on souffle un peu trop fort. Automatiquement, Miss. Grumpy se touche le visage pour s'assurer que tout est parti. Ça ne lui sert plus à rien désormais, et même si elle doit faire un numéro avant d'aller au lit, il lui reste sa robe et son parapluie colorés en plus de ses cheveux teints en bleu. Bref, pas de quoi paniquer. De toute manière, elle ne panique jamais. Puis, une pente d'un minimum abrupt se présente aux deux jeunes filles. Ni la cannibale ni l'autre humaine au caractère robotique ne dit quoique ce soit. Pas un cri de stupeur, même pas une touche d'allégresse. La clown est impassible mais n'en pense pas moins. Surprenant, oui. Apeurant, non. Et ce manège est supposé faire peur. Puisqu'elle n'a pas peur, cette attraction ne remplie pas vraiment son engagement envers elle, il est donc médiocre. L'équation est simple, voyez-vous. Toutefois, elle ne nie pas le désagrément de voir ses cheveux un peu ébouriffés par le vent et la descente. Pas qu'elle soit maniaque de sa coiffure, seulement, c'est un peu dérangeant. Par contre, l'apparition d'un monstre difforme fait de plâtre bon marché n'a rien d'impressionnant. Bonnie ne prend même pas la peine de bâiller, ni de hausser un sourcil. Elle regarde, sans rien dire, en pensant aux différents mécanismes et à l'électricité qui font vivre artificiellement cette créature. Les mouvements du robot sont limités. Avant de foncer directement sur lui, le wagon tourne rapidement, sans douceur. C'est mieux ainsi, il aurait été dommage d'entrer en collision avec l'autre bestiole. Un autre wagon est proche.

Des bruits et odeurs désagréables viennent agresser les sens de Miss. Grumpy. La demoiselle est capable de supporter bien des choses et ce n'est pas une odeur nauséabonde qui va l'intimider, encore moins les sons agaçants. Une fois que le rideau de caoutchouc a été passé, un médiocre cimetière apparaît. Les pierres tombales sont faites de carton. Pathétique. Bonnie lance un soupir légèrement exaspéré en pensant à la minuscule déception qui l'envahit. Elle est minime, mais présente. Les lumières éclatent de partout mais se cache derrière la fumée, ce qui est utile. Sans plus attendre, Bonnie saute du wagon pour remettre les pieds sur terre. Les lumières commencent à s'éteindre peu à peu.

« On dirait que l'énergie manque pour ce manège. Il va falloir le terminer à pied. »

Elle se retourne vers Fleish, mais personne ne répond. Pas le moindre petit bruit venant des cordes vocales de sa compagne. Étrangement, c'est lorsqu'elle sent que rien ne complètera ses pensées que sa voix lui manque le plus. Si les lumières se sont assombries, les bruits ne se sont pas tait. Peut-être qu'elle lui parle sans qu'elle le sache ? Elle tourne sa tête en la direction du wagon pour apercevoir que sa chère cannibale n'est plus là. C'est inhabituel. Que se passe-t-il ? Elle ne serait jamais partie sans elle... Et puis le noir total...

***

Elle se réveille avec un terrible mal de crâne. Ce n'est pas un simple mal de tête, c'est plus puissant encore. Était-elle endormie durant tout ce temps ? Cette aventure avec Fleish était-elle un rêve ? Ou est-ce que la simple existence de Theresa Roderich était qu'une illusion créer par son cerveau ? Bonnie ne sait plus où donner de la tête. D'abord, sa vision est embrouillée. Ses yeux lui sont d'une utilité peu fiable mais reprennent du service lentement. Durant un bref instant d'irrationalité (très rare) chez Bonnie, elle essaie de toucher son visage. Elle veut s'assurer qu'elle n'est pas morte, qu'elle n'est pas été aspirée à l'intérieur d'un mystérieux trou noir en une fraction de seconde. Affirmer sans contestation qu'elle possède toujours un corps, un physique, de la chair. Il n'en est rien, elle n'arrive pas à toucher sa figure. Quelque chose de solide retient ses bras. Serait-ce les chaînes de l'enfer qui la retient pour sa première éternité de souffrances éternelles ? Sa vue revient à son état normal. Son cou a de la difficulté à se mouvoir mais elle réussit à observer la salle. C'est le même cimetière où elle s'est évanouie, sauf qu'il n'y a plus de brouillard artificiel ou de stroboscopes. Il n'y a que de petites lumières allumées ici et là mais rien qui assure une luminosité parfaite de la salle. Miss. Grumpy prend de plus en plus conscience de son corps et constate qu'elle est assise. Non seulement elle l'est mais sur un wagon du manège. Elle y est attachée aussi, par de multiples cordes. Décidément, elle ne brûle pas dans les flammes de l'enfer. Elle est de retour à la réalité, toutefois la demoiselle s'avère être encore un peu sonnée. Elle louche vers sa droite pour apercevoir une blonde qu'elle connaît que trop bien. Fleish est là aussi, dans la même situation qu'elle. Miss. Grumpy suppose qu'elle est réveillée. Ce qui est sûr, c'est qu'elle n'est pas totalement en alerte. Enfin, peut-être qu'elle se trompe, elle a l'esprit embrouillé et le crâne souffrant.

« Theresaaa... Es-tu ici ? »

Question idiote ? Pas pour la clown. Des pas résonnent plus loin tels des échos caverneux. Il est possible de les entendre, les insupportables bruits ne se sont pas remis en marche depuis son réveil. Il avance vers le wagon jusqu'à qu'il tombe nez-à-nez avec Fleish. C'est un forain, Bonnie le sait. Toutefois, elle ne se rappelle plus de son prénom ni même de son nom.

« Vous êtes enfin réveillé vous deux... Il aurait été dommage que je vous assomme pour toujours. Ça aurait été trop facile. »

La demoiselle observe le jeune homme. Ses vêtements sont tâchés, il porte une salopette. Bref, le cliché du parfait mécanicien. C'est surement son métier et peut-être même le technicien de l'attraction.

« Alors, les deux garces, on trouve ça moins drôle ? »

Bonnie n'aime pas beaucoup son ton de voix. Elle se souvient de son parapluie coloré mais il est absent. Le misérable, il l'a volé. Il ne faut jamais voler le parapluie de Miss. Grumpy. Jamais ô grand jamais. La jeune femme est capable de jeter de l'argent par les fenêtres s'il le faut mais on ne touche pas à son parapluie. On ne la dépossède pas, elle peut encaisser mille et une insultes différentes les plus blessantes qui soit mais on ne s'en prend pas à ce qui l'appartient. De plus, on ne traite pas Theresa de la sorte. Qu'on l'appelle garce, elle n'en a rien à foutre. Qu'on appelle son amie garce, elle n'apprécie guère.

« En tout cas, ce ne l'est pas autant que ta face. » Réplique Miss. Grumpy avec un certain mépris. Suicidaire ? Rien qu'un peu. Bonnie n'a pas l'habitude de sentir de la frustration, comme maintenant. Elle s'exprime donc comme elle peut. Le mécréant lance un regard noir à Bonnie.

« Eh bien, tu auras toute l'occasion d'en rire clown à deux balles car vous allez passer une nuit que vous n'allez pas oublier. Particulièrement l'autre dégénéré. Par ailleurs... »

Le forain crache au visage du clown. Il porte de nouveau son attention vers la cannibale. Par contre, il s'éloigne d'elle un peu. Peu de gens oseraient provoquer Fleish en étant aussi près de sa destructrice mâchoire.

« Tu penses qu'on ne t'a jamais vu peut-être espèce de monstre ? Toi en train de massacrer des animaux, t'en prendre à des gens qui ne t'ont rien demandés ?! Eh non, il est temps que tu paies pour tous tes crimes la tarée de service et je ne suis pas le seul à le penser, croyez-moi. Vous allez apprendre une bonne leçon ce soir, on va voir si vous trouverez ce manège aussi amusant que la première fois, surtout avec ce qui va venir très bientôt. »

Le garçon part, joyeux. Il est surement tout excité de s'envoler vers la salle des commandes pour préparer son plan machiavélique. Il est en colère, le monsieur. Peut-être est-il une sorte de justicier du cirque qui s'en prend aux employés qu'il catégorise comme étant fautif. Ou il est seulement fou. Peu importe. Il s'en est pris aux mauvaises personnes, il ne tardera pas à le comprendre. Ou pas. Ça va dépendre de ce qui adviendra dans le futur. Bonnie n'a rien dit ce coup-ci, préférant réfléchir au lit d'écouter ces sottises sans queue ni tête. Fleish ne fait que se nourrir et la demoiselle aux cheveux bleus a toujours respecté ça. Elle jette un regard à Theresa.

« Il est audacieux de dire qu'il ne nous aura pas, puisqu'on est en situation de faiblesse. Toutefois, je le dirais quand même. Il ne nous aura pas. Pas lui en tout cas. Il nous a ligotées comme de vulgaires saucissons, nous a grossièrement insultés puis... Il m'a volé. »

La salive dégoutante de l'homme coule sur sa joue pour venir se terrer sur son cou. Une sensation qui dérange grandement mademoiselle. Eh oui, Bonnie Fish est plutôt en colère en ce moment. Une sans âme qui finalement ressent de la haine, cela ne présage rien de bon. Elle plonge son regard dans le sien. Il y a un message derrière tout ça. Il n'est pas difficile à déchiffrer, encore moins pour une personne aussi... Vive d'esprit que Theresa. Miss. Grumpy se débat dans les cordes sans succès apparent.

« Penses-tu qu'avec tes dents tu pourrais découper les cordes avant que le garçon ait actionn... »

Avant même qu'elle puisse terminer sa phrase, les lumières et les bruits refont surface. Le wagon fonce à une vitesse extrême vers un autre rideau de caoutchouc. La descente aux enfers ne fait que commencer...
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MessageSujet: Re: Le Bestiaire (Pv Theresa)   2014-07-31, 23:15



le bestiaire.

Mais pour le moment, nous étions prises dans ce cimetière de carton.

Les esclaffements fous partagés entre copine et les questions aux réponses d'or étaient maintenant loin derrière nous. Je n'avais pas pour autant cessé d'y penser; j'emmagasinais les mots et les informations, toujours. Calculs précis des mots émis et des idées; réconfortant de voir que je pouvais suivre plusieurs fils de pensées sans rien omettre. Omettre ou oublier les informations que ma cervelle avait caresser m'était inconnu. J'étais persuadée qu'une jour je saurai tout. Enfin. Tout ce que j'avais à savoir.

Ce que j'avais à savoir pour le moment était ce que nous allions faire. Il y avait trois options qui me venaient en tête: nous pouvions continuer à marcher jusqu'à la sortie qui devait sans doute se décimer quelque part au bout des railles. Nous pouvions nous arrêter et tenter de réparer l'engin, mais je me doutais fortement que la cause du court-circuit provenait de la boîte électrique de l'entrée, et non du wagon. Nous pouvions aussi faire campement à cet endroit même, dormir huit heures et repartir le lendemain matin avec toute l'énergie renouvelée. C'était peut-être la meilleure chose à faire; combien de pas avions-nous à tracer avant d'arrivée à la sortie? Entre dix et deux mille j'estimai. Ne pouvant prévoir le coup, sans doute était-ce mieux de se reposer avant. Le seul truc qui n'allait pas avec cette hypothèse était que ce n'était pas du tout l'heure de se coucher. On ne pouvait donc pas faire couette maintenant.

Je pensai que c'était bien dommage qu'il ne s'agisse de vraies tombes. Avec de vraies tombeaux seraient venus les vrais cadavres. Et nous aurions pu manger. Pourquoi ne pas avoir mis de réels cercueils? La chose aurait été beaucoup plus réaliste que ce défaut en carton. La chose resta mystère. Peut-être pourra-t-elle le conseiller aux forains qu'ils puissent faire quelque chose. Ces imbéciles n'y avaient peut-être même pas songé. Je fais deux pas vers un de ces pathétiques objets alors que Bonnie, elle, fait face à la route en soupirant. Je sais qu'elle soupire parce qu'elle croit aussi qu'il aurait dû s'agir d'un vrai cimeterre. J'aurais soupiré moi aussi, si j'avais pensé faire exprès d'exhaler fortement et bruyamment. J'avais compris depuis peu que les sons sortant de notre bouche qui ne sont pas des mots peuvent être des communications aussi.

La route allait devoir se terminer à pieds ou les

Une main inconnue sur ma bouche et un bras autour de mon corps. Mon premier réflexe fut de tenter d'ouvrir la gueule pour mordre; incapable. Le bras me maintenait trop fortement. Alors ma deuxième idée fut de me débattre comme une cinglée pour lui faire lâcher sa prise. Je me sentis entraîner vers je-ne-sais-trop-où par quelqu'un de visiblement plus fort et lourd que moi. Il me serrait. Contre un torse. Je n'aimais vraiment pas. Contact humain trop proche, trop étouffante, trop rude et surprenant. L'odeur de la peau et de la sueur m'enduisit les narines si agressivement que mes yeux se remplissaient d'eau. Ils fixaient Bonnie qui était cible d'un homme portant un masque blanc. Je lui aurais crié de courir si ma gueule avait été libérée. Je cessai de me débattre à cet instant. Je voyais bien que c'est inutile. Et je ne devais gaspiller mon énergie inutilement; il valait mieux la récupérer pour un moment plus opportun, quand j'aurais la chance de m'enfuir par exemple. Je calculai qu'il me restait environ soixante deux pour-cent d'énergie dans mon corps, selon l'heure de la journée, ce que j'avais mangé et combien d'heure j'avais dormi la nuit

Mes paupières étaient fâcheusement soudées ensemble par une écume collante – celle d'un réveil difficile. Je les remuai et les ouvris drastiquement, très grand. Je fixai le vide noir devant moi. Que venait-il de se produire? Je ne savais pas. Et l'absence d'information m'angoissa sur le coup, bien plus que la situation dans laquelle je me trouvais. D'ailleurs dans laquelle étais-je? J'avais mal au crâne, un peu. Ma cervelle était tout engourdi, mes sens se purifiaient de données par-ci et par-là pour l'aider à reprendre contrôle: odeur d'huile brûlée, faible éclairage dans mon dos, voix floues en fond, pâte sur la langue, mes jambes étaient affaissées et... Mes mains. Mes bras de mille fourmis me firent réaliser à cet instant qu'ils ne pouvaient bouger. Que mes mains étaient coincées derrière mon dos. Tiens. Étrange. Je tentai doucement de les retirer de leur état en cherchant comment les faufiler... Impossible. Elles ne voulaient bouger. Je baisser mon regard sur mon ventre où je pus remarquer une corde grasse enroulée autour de moi. Je battis des paupières pour être certaine de bien voir. Bien sûre, je voyais bien.

Je tournai mon menton vers la gauche, mes globes dans mes paupières exorbitées aussi. Je vis alors une peau blanche sur des cheveux colorés. Le parfum du parapluie me vint au palais. Bonnie était attachée aussi et son corps était accoté contre le mien. Par contre, elle était endormie. Évanouit, plutôt. Je la savais toujours vivante parce que je pouvais sentir son souffle en me concentrant. Je détestais. Frisson odieux. Les contacts humains me rendaient d'insécurité et anxieuse plus que autre chose. Mais elle n'était pas consciente alors je ne paniquais pas. Je me dépêchai plutôt de glisser mes fesses sur mon sièges pour m'éloigner le plus possible d'elle en haletant. Je maîtrisai ma respiration pour me calmer et mes pupilles se dilatèrent.

Nous étions dans un wagon. La barre de sécurité était bien mise, mais nos petites cuisses avaient de quoi respirer. Je remarquai un reflet bleuté sur le devant du transport et compris qu'il s'agissait du même train qu'avant que nous ne sombrions dans le sommeil. Les voix revinrent, avec des rires cette fois. Je ne fis un son; je prêtais l'oreille avant qu'ils ne découvrent que j'étais là à les écouter.

- Les petites garces me font marrer. T'as vu comment elles se doutaient de rien?

Je ne compris pas de qui il parlait. Y avait-il d'autres femmes avec nous? Je n'en voyais aucune. Une voix plus grave et plus vieille répondit avec un rire:

- Ouais! Quand même plus facile qu'avec les deux acrobates de la semaine dernière. Elles étaient des sacré chiennes elles! Mais on s'était bien marrés...

- Benny, tu fous quoi, là? Allume pas de cigarette, le taré! On a foutu de l'essence partout...

De l'essence? De l'essence de quoi? Parlait-il de carburant liquide? Autre rire rauque.

- Ce qu'il est con! Haha!

- Theresaaa... Es-tu ici?

Je retournai mon regard vers cette voix, celle de Bonnie. Je l'avais reconnue aussitôt par son timbre et sa distance. Aussitôt leur conversation se tue et un homme avance. Après avoir fixé mon amie sans réaction, je me tourne vers cet étranger. Sans doute celui qui nous a mis dans cette situation. C'était Benny. Je le devinais parce qu'il avait une cigarette éteinte à la lèvre. Il la rangea pour nous parler, justement. Et il nous traita de garce. Je ne sourcillai pas, ne bougeai d'un cil, mais je me promis d'écorcher ce crétin. Les idiots qui se prennent supérieur à Bonnie ou à moi méritent la mort. C'est comme ça. J'aime appeler la mort des idiots de la sélection dénaturelle. Je me souviendrai de cette blague pour la compter à Bonnie quand ça sera à mon tour de parler.

Mais mon amie répond qu'il a une drôle de figure. J'ouvris la bouche en une grimace odieuse et projetai cinq brutal «ah» dans l'air: je riais. Puis je fermai la bouche. C'était bien de rire en cette situation. Bien sûre que nous allions nous en sortir, de toute façon. Ils étaient cons. Nous étions les plus brillantes de ce cirque. Lui, il ne rit pas, toutefois. Même qu'il parla de colère et cracha au visage de Miss. Grumpy. Le salaud d'enfoiré. La merde de rats. J'allais le tuer. Le saigner. Cracher ainsi sur la supériorité de tous, faire gober des germes d'une langue sale à mon amie parfaite. Il avait le droit. Ce n'était pas écrit dans les règlements qu'il était interdit de le faire. Mais dans mes règlements, je me devais de le tuer. Il n'oserait plus cracher sur mon amie après, croyez-moi. Je le fixai dans la moindre émotion, les yeux grand et immense, globuleux et coulant incessamment dans son iris. Il me regarda et s'en alla. Peut-être avait-il comprit que j'allais lui arracher la main avec mes dents s'il me touchait. Mais je ne savais trop; il était si stupide...

Puis c'est à moi qu'il parle. Qu'il me dit que je massacre mes animaux. Bien sûre. C'est une étape de la chasse. Les être carnivore le font depuis qu'ils ont les gênes pour évoluer. Il dit aussi que je suis un monstre. Là, je ne comprends pas. Mais à voir son air fou, heureux et pestant, tout ce que je comprends est qu'il tente de m'insulter. Les monstres, ça n'existe pas. Bien sûre que je n'en suis pas un. Quel idiot..

Bonnie se tourna vers moi pour expliquer que notre situation est moindre. Je vois la salive couler sur sa peau et frissonne. Il faudra qu'elle se désinfecte. Mais je porte attention sur son regard, sa voix. Elle est en colère. Tout comme moi. Rage noire et bestiale. Je réponds à sa parole tout simplement:

- Non n'oublie pas que nous sommes beaucoup plus intelligentes qu'eux alors c'est nous qui avons le dessus.

Et je resterais formelle sur ce point. Puis elle proposa que je coupe les cordes avec mes dents. Bonne idée! Le wagon se mit en marche d'un seul coup; bruit qui m'arracha les tympans des lumière s'ouvrant et du mécanisme s'actionnant. Alors que nous gagnons de la vitesse, je plongea ma tête sans me soucier du reste sur le cordage sur le corps de Bonnie. Mes canines étaient les plus tranchantes, les molaires, les plus fortes. Alors j'effilochais des premières pour arracher des secondes. En quarante quatre secondes j'avais libéré Miss. Grumpy de ses filages.

Puis je tendis mes mains qu'elle puisse me défaire à son tour. Ma mâchoire ne se rendait pas à mes flancs, aussi contorsionniste je pouvais être. Je profitai pour regarder le paysage défiler: nous allions vingt kilomètre plus rapidement que tout à l'heure. Et à cet instant, le wagons fit un vrombissement horrible. Une secousse nous cogna dans tous les sens à en perdre notion de l'espace, que je repris rapidement en clignant des yeux. Sans la barre de sécurité fermette barré sur nos genoux, nous serions tombées par dessus bord sans mal. Je regardai le sol se défiler et compris que nous venions de changer de voie. De rails, plus précisément. Calcul et photographie de notre aventure en tête. Nous avions vu un wagon défiler en sens inverse à côté de nous un temps indéterminé plus tôt. Et d'après les chauve-souris au mur, un autre ressurgirait à un certain moment impossible à prédire. Encore à sens inverse. Mais cette fois, dans la même voie que nous. L'impact enfoncerait la barre de sécurité dans nos estomac assez pour que nous soyons intérieurement endommagée ou que nous mourrions. Avec une hémorragie interne nous nous en sortirions peut-être si nous n'agissions pas aussitôt.

Mais avant, je devais lui demander ce qui me tracassait depuis de longues minutes déjà. Il avait parlé d'essence. Je ne savais toujours pas de quelle essence il parlait. À voir ses sombres desseins, je devinais qu'il s'agissait de quelque chose afin de nous tuer. Comptait-il mettre le feu à l'endroit?

- Bonnie est-ce que ce manège est abandonné à détruire ou à réparer?

Parce que sur l,enseigne à l'avant, il y avait d'écrit «fermer pour réparation» mais parfois les gens disaient «réparation» pour «destruction» car les autres ne savent pas utiliser les bons mots des fois. Mais si je me fiais à ma logique, sans doute que l'endroit était à réparer. Et que lui qu'on appelait Benny, le fumeur, aux habits de mécanicien, le très sale, ne voulait plus le réparer et plutôt y mettre le feu. Ensuite il pourrait facilement dire qu'il s'agissait d'un accident ou d'un bris mécanique et ne laisserait aucune trace de nos cadavres derrière lui. Sauf que nous n'allions devenir des cadavres ce soir. Je le savais. Nous étions trop brillante pour ne pas nous en sortir.

- Parce que Benny s'est fait dire de ne pas allumer sa cigarette, le taré, parce qu'ils avaient foutu de l'essence partout!

En tentant de mimer l'intonation de l'inconnu qui avait parlé. Et je la regardai avec le plus sérieux et stoïque du monde. Il avait fallut que je hurle pour parler parce que le vend devenait assourdissant vu notre vitesse que je compris bien vite exponentielle.

Des rires et des cris retentir. Nous fîmes virage abrupte dans un corridor de faux décors de caverne et nous attendirent la bande d'hommes avec des bâtons de toutes formes; avec des clous, crochetés, en métal, en bois... Je comptai trois hommes et une femme. Un nombre paire. Sauf pour les sexes. Dommage. Tous portaient des habits sales et éloquents de machinerie comme Benny. Celui-ci portait un masque mais je reconnaissais ses mains. Ils portaient tous des masques, d'ailleurs. Blancs. Sur lesquels ils avaient dessiné sans talent des visages ensanglantés qu'ils avaient voulu effrayants peut-être. Ils étaient postés de chaque côté de la voie ferrée. Comment étaient-ils arrivés là en si peu de temps? Sans doute y avait-il des raccourci. Des chemins cachés dans ce labyrinthe de manège.

Ils crièrent d'excitation comme des tarés quand nous passâmes entre eux à une vitesse folle. Ils en profitèrent pour abattre des coups de leur arme sur la carrosserie et sur mon épaule. J'aurais une ecchymose, mais je ne ressentis pas beaucoup de douleur. Puis nous disparûmes dans un autre corridor derrière un rideau de caoutchouc. Là, je m'adressai encore à Bonnie:

- Nous allons les tuer après.

Mais terminons notre escapade avant, bien sûre.





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Bonnie Fish

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Miss. Grumpy


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Commentaires : « Si je n'ai pas d'émotions sincères envers eux, est-ce que j'entre dans leur manège ? Le vrai plaisir sadique vient lorsque les émotions sont toutes aussi vraies. Et puisqu'elles sont fausses, je punis leur barbarie par un divertissement qui ne leur donnera qu'un gloussement éphémère. Sinon, j'essaie d'autres alternatives humoristiques pour des raisons de santé. »


MessageSujet: Re: Le Bestiaire (Pv Theresa)   2014-08-06, 10:48


Beaucoup plus intelligente ? Elle n'est pas sûre. Après tout, elles se sont faites capturés telles de vulgaires mouches emprisonnées dans une toile d'araignée. Si elle avait été sérieusement plus brillante, elle aurait pu éviter cette situation désastreuse. Ou pas. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas le moment de rentrer à nouveau en plein coeur de ce dilemme outrageant concernant la supériorité à autrui. Toujours est-il que de se sentir plus puissant que son adversaire en l'écrasant ne devrait pas être une sensation entièrement désagréable.

Le petit train avance à une vitesse folle. Dû moins, il s'est transformé en véritable voiture si on la compare à la rapidité d'avant. Les cheveux de Bonnie volent au vent alors que le reste de son corps est totalement attaché par des tentacules artificiels. Des barreaux souples, voilà ce que sont les cordes qui la gardent. Heureusement, il y a Theresa qui mordille sa prison avec succès, la rendant moins étouffante à chaque seconde qui défile. Miss. Grumpy sent les dents pointues de sa camarade qui gruge, ainsi que le souffle chaud qu'elle dégage contre ses vêtements. Si elle n'était pas en grand danger en ce moment, elle aurait apprécié une petite morsure vite faite. Eh oui, elle est comme ça, mademoiselle Fish. Bref, en attendant de se faire délivrer, Bonnie tente d'observer l'environnement qui l'entoure à la recherche d'une échappatoire. Le wagon passe près d'un monstre difforme violet, éclairé par une faible lumière. Rien de bien nouveau. Ce qui change, c'est la vitesse impressionnante du manège qui semble être à risque de dérailler à tout moment. Les garçons n'y sont pas allés avec le dos de la cuillère. Bonne chance pour la facture d'électricité, enfin, ça ne doit pas être donné pouvoir faire fonctionner une telle machine infernale. Au moins, cette dangereuse escapade a l'avantage d'être plus intéressante que cette visite au pays des gentils petits monstres. C'est plus risqué, mais bon... Les crocs de la cannibale ont eu raison des cordes qui semblent désormais si faibles et vieilles qu'elle s'étonne d'avoir été à la merci de ceux-ci.

« Merci. »

On ne doit pas oublier les bonnes manières. Ce n'est pas parce qu'elles sont dans un wagon hors de contrôle, en proie à des justiciers au paroxysme de ce que la testostérone peut leur offrir, que les règles de politesse ne s'appliquent plus. Elle jette les filages, devenus inutiles, par-dessus bord avant de s'attaquer au bourreau de son amie. Les noeuds sont plus serrés que ceux qui la maintenaient. Les hommes ont pris certaines précautions, après tout, ce n'était pas elle qu'on surnomme joyeusement Fleish et qui se nourrit de viande crue. Ce n'est qu'une question de réputation, ces gens vont bientôt voir de quel poids Bonnie Fish se chauffe lorsqu'on la vole...

Une violente secousse frappe leur wagon. S'il y avait eu du feu, Miss. Grumpy aurait certainement cru à une explosion. La barre de fer frappe le ventre de Fish sans douceur. Cela fait même très mal. C'était toujours mieux que de se faire expulser du wagon et avoir le crâne complètement défoncé. Comme elle l'a dit plus tôt, les crânes sont utiles. La voie a changé mais ce n'est pas les deux demoiselles qui ont changé de voie. Bonnie se remet au travail, ces liens ne vont pas se défaire tous seuls et un autre coup au ventre pourrait être plus que dérangeant. Il faut faire vite. Habile, elle défait les cordes assez rapidement mais pas sans difficulté. Pendant qu'elle sauvait sa camarade de sa prison, elle avait remarqué brièvement des chauves-souris au plafond... C'est une bonne chose de fait, sinon leurs chances de survie auraient été très faibles. Puis, Theresa pose une drôle de question. Enfin, étant donner les circonstances, elle est plutôt étrange.

« Le manège doit être réparé en but d'être amélioré, c'est ce qu'on m'a dit. Pourquoi ? »


De l'essence, des cigarettes, une destruction qui n'attend que de venir ? En voilà des nouvelles captivantes. Ces nouvelles informations sont traitées dans le cerveau de la clown. Il n'a pas fallu beaucoup de temps pour qu'une idée brillante lui vienne à l'esprit. Elle pense avoir trouvé la clé qui la sortira, ainsi que Theresa, hors de ce trou à rat. Elle hausse le ton de sa voix, une pratique qui n'est pas très courante chez elle mais qui s'avère nécessaire alors que les mécanismes deviennent de plus en plus bruyants.

« Leur plan se retournera contre eux, j'ai une idée. »

Elles arrivent à un corridor où les hommes les attendaient, armés de bâtons. Voilà une sous-culture bien barbare, pense Fish avec l'air d'un colonisateur en territoire indigène. Sauf que cette fois-ci, elle n'est pas armée de fusils et les barbares eux sont équipés d'instruments certes rudimentaires mais toujours d'une redoutable efficacité. Les garçons sont excités, leurs nerfs sont à vifs. Ils ont peut-être bu, pense la clown. Un homme qui voulait la frapper manque son coup tel un pachyderme maladroit. Oui, décidément, ils étaient saouls. Peut-être pas tous les membres de cette espèce de secte, mais certains probablement. Ce ne sont pas tous les hommes qui ont assez de cran pour commettre de telles infamies sans avoir la tête ailleurs et une boisson qui laisse libre cours à leurs pulsions. Une fois ce lynchage terminé, elles entrent dans un nouveau couloir. Theresa annonce que la chasse est ouverte. Bonnie reste neutre.

« Attends. »

Il ne faut pas précipiter les choses, pense la demoiselle. En tout cas, le meurtre pur et simple n'est pas compatible avec son idée. Ce couloir n'a aucune décoration, ni peinture ou lumières. C'est le dernier passage avant le retour à la case départ. Là-bas, il y aura peut-être d'autres wagons et là, ce sera une catastrophe. L'avantage d'essayer un manège qui n'est pas terminé est qu'il y a des choses qui traînent un peu partout. Une pile de déguisement assez épaisse qui traîne, par exemple.

« Il y a des déguisements, c'est un endroit sûr pour atterrir. Vite, il faut sauter ! »

Sans hésiter, Bonnie se lance vers la pile. N'étant pas une acrobate née, elle n'est pas atterrie au centre de la cible mais elle l'a quand même touchée, assez pour ne pas subir trop de dommages. Une éraflure sur la jambe, rien de bien sorcier. Elle se tourne vers son angle mort et est rassurée de voir que Fleish a aussi fait le grand saut. Il fallait partir de cet engin infernal. Heureusement, elle a été plus habile qu'elle pour atteindre la pile. Toutefois, Miss. Grumpy n'a pas le temps de faire de commentaires.

« Suis-moi, je t'expliquerais en chemin. »

Elle part dans la même direction que le wagon qu'elles avaient pris au préalable. Bonnie ne court pas, elle marche très rapidement, là est toute la nuance.

« Je pense que ces hommes voulaient mettre le feu au manège en nous mettant ça sur le dos. De plus, cela leur coûtera un peu moins cher pour les rénovations, je suppose. Peut-être qu'ils en ont assez de travailler là-dessus. Bref, cela correspond. Ce groupe semble chercher un semblant de justice en ce cirque. Nous avons donc le motif. »

Elle accélère le pas alors qu'un wagon survolté passe tout près. Le grincement des mécanismes en feu l'arrête quelques instants, puisque sa voix était devenue carrément inaudible dans cet océan de sons. Une fois la machine éclipsée, elle reprend ses explications.

« Si la maison hantée prend feu avec nos cadavres dedans, ils auront juste à dire qu'on a nous-mêmes commencés le feu mais qu'on a perdu le contrôle, ce qui les arrangerait très bien. En tout cas, ils vont nous faire porter le chapeau. Le hic est qu'ils nous ont attachés au wagon au lieu de nous laisser brûler alors qu'ils avaient l'occasion. Pourquoi ? Pour s'amuser peut-être et nous mettre dans une position qui les avantage mieux ensuite, quelques-uns d'entre eux doivent être ivres. En tout cas, ils ne doivent pas être à leur coup d’essai et on dirait qu'ils sont un peu trop confiants en eux. Maintenant qu'on est délivré, il nous reste une seule solution. Détraquer la machine et brûler l'attraction. »

Silence.

« Si on le fait avant eux bien sûr. Ceux-ci devront s'assurer que nous sommes toujours dans la maison hantée avant de le faire, ce qui nous donne un avantage. En effet, qu'ils soient à l'intérieur ou à l'extérieur, il est probable que ça soit eux qui sont responsables du projet. Par conséquent, sans bouc-émissaire, ils seront coupables. Puis... Maître Todd ne sera pas content de ce dénouement et se chargera de s'occuper de ceux qui seront encore en vie pour nous. Avec de la chance, tu pourrais même dévorer leurs restes tandis que nous serons innocentés. L'idéal serait d'aller peut-être chez quelqu'un, suite à l'explosion, qui pourra mentir et valider notre alibi. Cependant, il y a un risque que cette personne nous dénonce. »

C'est le crime parfait. Pour Bonnie, il n'y avait aucune faille à son plan, si celui-ci se déroulait comme elle l'entendait.
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MessageSujet: Re: Le Bestiaire (Pv Theresa)   2014-08-13, 00:15



le bestiaire.

Mais terminons notre escapade avant, bien sûre.

Attendre. Que dit Bonnie. Alors j'attendais. Si elle m'ordonnait, maintenant, c'était qu'elle avait une idée derrière la tête. La mienne était de tuer ces porcs. La sienne devait être d'avancer mon idée. Nous étions compatible, j'avais remarqué avec le fil du temps. Nous savions enchaîner et emboîter nos idées, les agencer et s'en faire complices. Si elle trouvait quelque chose à penser, je le calculerais et trouverais la solution pour compléter ses idées. Tout simplement. En quoi avait-ce à être plus compliquer que cela? Elle m'avertis que nous devrions sauter dans les costumes. Elle reconnaît l'endroit où nous avions passé précédemment, moi de même. Je la regarde. Mes grandes paupières inlassables lui disent que je suis d'accord, et elle se sèchent. Tellement. Le vent le démantibule pas que mes couettes – mes liquides en yeux aussi. Je devrais penser à les cligner manuellement, et non par réflexe.

Mais de toute façon je n'ai plus le temps de penser à ces méthodes. J'aperçois les muscles de Bonnie se raidir, puis elle bondit dans une pile de costume. J'attends précisément une seconde et demi après qu'elle n'ait fait le grand saut avant de cramponner mes muscles de cuisses à mes nerfs et de pousser le chariot de mes pieds le plus loin possible. Je vois le paysage dévier autour de moi comme il ne l'a jamais fait et je m'écrase dans une fourrure synthétique à m'en crever les pores de peau. Je remarque que son touché est plastique et agressant avant même de comprendre que je me suis cogné la rotule. Surgis ma colonne vertébrale de mon squelette pour redresser mon dos et activé d'un sec coup mes pieds. En une fraction de seconde, je me retrouve debout, le souffle court.

Bon. Et voilà une bonne chose de faite. J'étais contente de ce progrès. Nous étions peut-être, par estimation sans preuve, à vingt-huit pour-cent de notre tâche. Je regardai mon genou et ne vit qu'une veine éclatée. L'ecchymose ne serait pas bien grave, mais nous étions en dehors de ce wagon. Au loin, son échos résonnait dans un tunnel disparaissant dans les décors noirs. Silence. Nous étions confortable. Très confortable, maintenant, sans ce vent et ces bruits concassés dans les ouïes. Je marchai quelques pas vers Bonnie, la fixant toujours. Cette fois je clignai des yeux. Exprès.

Miss. Grumpy ne s'expliqua pas à l'instant. Même qu'elle s'expliqua plutôt qu'elle expliquerait plus tard. Parfait. En autant qu'elle n'oublie pas. Mais de toute façon, Bonnie n'oubliait jamais. Ou je n'aurais qu'à le lui rappeler. Je suivis ses traces avec des pas de souris muets, rapides et efficaces. Nous nous engagions sur un chemin que nous connaissions par cœur pour l'avoir déjà traversé. Un chemin, aussi rapide fut-il, en deux fois, en plus, m'avait donné suffisamment de jeu pour tout capter en image. Je savais que nous arriverions dans quelques secondes à l'orée d'un tunnel avec de fausses pierres dissimulant des mains humains coupées. Et voilà. Nous y étions. Je savais qu'à la droite il y avait une main dont l'annulaire avait tombé et dont la colle qu'on avait prit pour maintenir le défaut en place avait abîmé la peinture couleur peau. Aucunement ragoûtant, tout ça.

Elle m'expliqua alors que les porcs avaient fait ce coup monté afin de mettre à terre la bâtisse et nous faire passer le crime sur le dos. Pourquoi mettre la bâtisse à terre? C'était si simple de la réparer? Quelle drôle de chose à penser. Ils allaient changer tout un immeuble pour un engrenage rouillé et quelques boulons mal vieillis. Ces idiots ne comprenaient pas comment faire leur travail, apparemment. Le fait est que, comme je l'avais pensé et comme elle avait raison, ils avaient un motif, et nous avions en avions un. Pour les tuer. Bien certainement. Cela va de soit que des crétins de ce genre ne méritent plus la vie.

Un wagon passa à nos flancs et nous arracha les ouïes comme l'impossible. Je ne grimaçait mais je n'aimais point. J'espérais qu'il n'y en ai beaucoup d'autre qui nous frôle de la sorte. Elle continua ses explication alors que le calme revenait dans nos tympans. Elle avait deviné leur plan, auquel j'adhérais sans la moindre hésitation. Cela faisait son sens. Et puis, s'ils étaient ivres – d'où je ne savais trop où elle sortait cette déduction – leur comportement devenait imprévisible, exagéré, violent et/ou dépressif. Je sais, un docteur nous avait parlé de l'alcool une fois. La seule chose qui me déragea dans son discours fut le fait que l'on devrait brûler l'attraction sans choix. Détruire jusqu'à la dernière cendre quelque chose qui avait pourtant un bon état après courte réparation. Bon. Et elle avait raison, sans l'ombre d'un doute. Il faudrait détruire la maison hantée. Tant pis. C'était mieux ainsi alors je n,avais pas à être triste, en colère ou déçue. Alors je n'étais pas triste, en colère ou déçue.

Il eut un silence. Très mât, léger, et profond dans le creux de l'air si humide et dense. Il y avait une odeur de transpiration et de boule à mite. Bonnie continua son discours, alors je redressai mon attention encore une fois. Son plan était efficace, simple et concordait très bien à la situation. Mes prunelles lui dire «d'accord» une fois de plus. Je connaissais quelqu'un qui nous hébergerait et garderait notre secret jusque dans sa tombe: Ravenna. Nous n'avions qu'à se pointer chez elle afin de se former un faux alibi sans peine. Le malheur était que les soupçons étaient déjà éveillés sur moi et elle à propos des crimes que nous commettions. Les gens pourraient ne pas croire à nos paroles. Elle serait donc notre plan B si nous avions à chercher un faux alibi. Cela semblait bien. Je ne partageai l'idée avec Bonnie, puisqu'elle n'était peut-être pas à utiliser encore. S'il fallait que je lui parle d'elle, je le ferai. Je savais cette voyante digne de confiance et prête à manigancer le mensonge pour nous. J'étais incapable de mentir. Aurora, elle, savait le faire à merveille. Ça nous aiderait.

Nous sortîmes du corridor en tunnel et continuâmes sur le sentier de rail qui nous menait en éternelle boucle. J'étudiai la structure de la nouvelle salle dans laquelle nous étions; le plafond était haut et une lueur orangée émergeait de derrière un rideau de caoutchouc. Bien. Je pouvais nous situer. Une salle plus loin et nous étions dans la salle des stroboscopes. Le cimetière, notre point de départ, était à environ une vingtaine minutes de marche, une dizaine si nous pressions le pas. Mais je ne continuai point. Je m'arrêtai. Des voix. Il y avait des voix, en échos, provenant du tunnel que nous venions de franchir.

Je stoppai net. Comment avaient-ils put se rendre aussi vite jusqu'à notre emplacement? Ils étaient à des rails à la ronde quelques minutes plus tôt! En cheval? En autre rail? Non. Non, nous aurions entendu des bruits différents de leurs rires et de leurs pas grossiers. Ils s'approchaient. Je me retournai et vis leurs ombres gigantesques et difformes commencer à lécher les murs. Nous devions trouver une cachette, vite. Nous ne pouvions les affronter. Il en serait de suicide ou de retour à la case départ. Se sauver? Nous ferions trop de tapage; ils nous retrouveraient.

Mon regard suivit mille et un détail dans la pièce à une vitesse folle. Je photographiais chacune des informations, les emmagasinais à une vitesse folle. Et enfin, mon attention se porta à quelque chose de concave dans le mus à notre droite. J'y marchai rapidement et examinai le mur de mon œil, de ma main. Je pressai une latte de bois différente du mur de faux rocs en papier mâché et une porte se dévoila dans un grincement minime. Regard 'a l'intérieur, brise légère m'éraflant la joue; c'était un conduit obscur qui menait au néant. Assez grand pour que l'on puisse le traverser en se penchant légèrement. Un mètre quatre-vingt de haut et un mètre vingt-trois de large.

Je tournai rapidement mon menton vers Bonnie et lui dit de me suivre de mon visage impassible et silencieux. Je m'infiltrai dans le minuscule corridor et commençai ma marche de petits pas pressés, comme à l'habitude. Il faisait noir, noir total. Mais je savais que la sortie était derrière nous alors je n'avais aucune crainte. Mes yeux restais grand ouverts dans le vide absolu, essayant de s'accoutumer; mais aucune miette de lumière ne vint nourrir ma pupille. Aucune. Mains devant moi qui tâtaient le vide. Parfois nous faisions ascension légère, parfois nous avions à traverser des pentes de quelques degrés. Nous marchâmes ainsi pendant une minute tout au plus et arrivâmes à une fin. Je grattai ce buttoir sous ma truffe et découvrir une poignée. J'ouvris.

La lueur. D'abord. Puis une odeur de gaz putride. Puis de la brume. Un brouillard dense. Une odeur de carton mouillé et des éclairages bleutés. Et en sortant complètement du conduit, je compris que nous étions au cimetière. Je redressai le dos en laissant la place à Bonnie de quitter le corridor noir à ma suite et je compris. Des conduits. Des labyrinthes. Dans les pièces. Entre les rails. C'était probablement des chemins qu'empruntaient les forains déguisés en monstre pour effrayer les clients dans les wagon quand la maison hantée était toujours en état de marche. Ou bien des passages secrets pour les mécaniciens. Justement, nos agresseurs avaient dû les emprunter pour nous avoir rattrapé aussi vite. Ils devaient bien connaître l'endroit, comme le creux de leur poche.

Et puis je pensai, si simple que ça, les rats devaient se faire prendre au piège. Mais il s'avérait que les rats connaissaient beaucoup plus l'endroit que nous. Néanmoins, il n'y avait qu'une sortie et une entrée au manège. Ils devaient être en trappe, et pour ce, il fallait bloquer ces issus qui les sauveraient des flammes. Je m'arrêtai net et tournai mon menton sur Miss. Grumpy.

- Il faudra mettre le feu mais avant trouver un moyen d'embarrer les idiots dans la maison hantée pendant que l'on va sortir sinon il ne vont pas mourir il faut barrer l'entrée et la sortie mais comment.

Exactement. Comment bloquer les passages? Peut-être pourrions-nous trouver un moyen de condamner un tunnel. Nous pourrions aussi tenter de les traquer et les perdre dans cet endroit jusqu'à ce qu'ils s'égarent assez pour ne plus ressortir. Ou nous pourrions les attaquer afin qu'ils perdent énergie et se boucanent avant de s'immoler. Non. Le mieux était de mettre le feu aux possibles sortie d'abord après avoir sorti de la place. Le seul problème à ce stratagème était que l'attention serait poussée sur la maison en feu et qu'on nous verrai sortir.

Je fis quelques pas pour d'émerger de la brume artificielle et tendre l'oreille. Je regardai à gauche, à droite; tout semblait silencieux et hors de danger. Mon talon glissa. Je baissai mon visage et levai le pied. Du liquide. Sans couleur. Mais à l'odeur forte. Une bougie sur cette essence et nous serions cramées en quelques secondes. J'étalai mon regard sur la pièce; si ce n'était que tu brouillard, nous pourrions sans doute voir le tracé de ce jus de feu conduire vers quelque part en particulier. Et comme si mon dernier dialogue datait de une ou deux secondes avant, je continuai ma pensée:

- Et il faudra allumer le feu à des endroits stratégiques aux entrées et sorties par exemple et ensuite il faudra trouver un moyen de sortir et aussi nous devrions leur faire un piège pour ne pas qu'ils s'en aillent mais comment.

J'avais entendu les gens dire ''mais comment?'' quelques fois, mais l'intonation ne me venais pas encore. Et puis, me vint cette idée:

- Combien sont-ils si on le sait on pourra tous les barricader dans un de ces passages secrets et mettre le feu ensuite on pourrait bloquer les sorties des conduits avec des bâtons de métal elles s'ouvrent de l'extérieur.

Bonnie avait son plan génial et je pouvais l'y aider de peu.




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MessageSujet: Re: Le Bestiaire (Pv Theresa)   2014-08-15, 12:42

S'il y a bien quelque chose qui ne finit jamais en ce monde, ce sont les cercles et les boucles, aussi biscornus qu'ils peuvent l'être. On ne verra jamais la fin d'un cercle, toutefois, il est possible d'imposer un point de départ. Ce manège n'a pas de fin également, les rails ont leurs chemins mais celles-ci mènent toujours au même point de départ. C'est cyclique.

Ça n'a pas pris beaucoup de temps avant que les choses se remettent à se gâter. À peine elles ont atteint un nouveau couloir, des voix devenues familières résonnent plus loin. Bonnie lève un sourcil, légèrement sceptique, avant de se tourner vers Theresa. Visiblement, elles se posent la même question. Comment ont-ils pu les rattraper avec autant de rapidité et facilité ? La première idée qui vient à l'esprit de la clown est celle des passages. Il ne serait pas étonnant que les employés les utilisent pour travailler et en cas de problème. La présence des hommes est de plus en plus près, il faut trouver une échappatoire. Cette situation fait naître deux idées. La première étant de se reposer sur Fleish pour qu'elle trouve une solution digne de ce nom. La deuxième était de tendre un piège improvisé aux hommes et les tuer. La dernière option est d'une stupidité sans bornes. Par conséquent, Fish regarde la cannibale en train de chercher, patiente. Heureusement, sa confiance vient d'être justifiée à l'instant même. Un mouvement de tête suffit, elle comprend ce qui se passe et où aller. Le silence est un langage et parfois les deux demoiselles n'ont pas besoin d'utiliser leurs cordes vocales pour se comprendre. C'est un avantage, surtout lorsqu'il faut être discret puis disparaître. Le bruit attirerait l'ennemi.

Elle s’engouffre dans le tunnel obscur sans se poser de questions, en prenant le soin de refermer la porte derrière elle. Puisqu’une telle porte s’avère extrêmement utile, elle prend le soin de bien retenir l’apparence de ces portes et leurs emplacements possibles dans le manège selon ce premier échantillon. Par exemple, celui-ci était dans un coin isolé pour ne pas que les clients voient cette zone réservée au personnel, sinon le manège serait un peu moins terrifiant. Quoiqu’au Dark Circus, on ne sait jamais. Bref, Bonnie émet des suppositions. Les autres passages doivent surement être, au moins un peu, camouflés pour des raisons pratiques. Elle garde en mémoire la texture de l’ouverture, la froideur de la poignée et la noirceur des conduits.

Si elle avait été une gamine, Miss. Grumpy aurait peut-être paniqué face à ce vide absolu où rien ne laisse présager sécurité ou danger. Étant petite, elle aurait été capable d'imaginer des objets dangereux un peu partout, d'où la peur de faire un petit pas sous peine de se faire découper. Seulement, elle n'est plus une enfant. Par ailleurs, pourquoi pense-t-elle à son enfance maintenant ? C'est inutile, selon mademoiselle. Cependant, elle ne nie pas son léger manque d'assurance. Aucune des deux n'a la moindre idée de ce qui pourrait se trouver là-dedans. S'il y avait une arme à feu ? Enfin, on peut toujours espérer. Ce serait plus utile que de se remémorer les souvenirs brumeux de sa vie de gamine. Puis, dans le vide, un cliquetis résonne. Theresa a trouvé la poignée.

La lumière fait mal. Pourquoi plus qu'une autre, demanderez-vous ? Le contraste entre le noir dans toute sa pureté et la grossière luminosité de la même couleur que ses cheveux. Ses yeux en prennent beaucoup ce soir, si cela continue, ils perdront de leur efficacité. Elles sont de retour dans le cimetière. La simple vue de ce lieu stupide par sa conception dérisoire et les évènements qui s'y sont déroulé sont suffisants pour provoquer une mince frustration en Bonnie. Elle n'aime pas cet endroit, un point c'est tout. Elle sort définitivement du vide. Finalement, elle préfère ne rien voir plutôt que faire endurer à ses yeux la vision de ce cimetière. Theresa parle en fond mais Bonnie n'est pas sûre d'approuver. Fleish est une prédatrice dans l'âme, ce que Fish respecte bien sûr. Cependant, c'est là où les deux femmes sont différentes. Là où Theresa est une créature bestiale, sanguinaire et incroyablement efficace, Bonnie est au contraire un robot qui pense par mécanismes qui s'emboîtent. Les deux sont logiques, froides, pratiquement sans cœur selon les gens mais différentes sur ce point. La clown propose un crime organisé, méthodique, avec une stratégie et peu importe si l'un survie ou non. Theresa veut leur mort, purement et simplement (en utilisant aussi des stratagèmes mais différents). Elle a raison de le vouloir, Fish ne le niera guère. Les plus forts doivent survivre... Bon sang, à quoi pense-t-elle ? Est-ce cela, le sentiment de supériorité ? L'esprit de Miss. Grumpy est un brin embrouillé. C'est rare mais vous conviendrez que la situation est plutôt extrême et que peu de gens auraient été en mesure de garder leur sang-froid. Bonnie avait écouté son amie tout en essayant de retrouver ses repères. Certains diront que c'est grâce à la faculté des femmes à penser à plusieurs choses à la fois, la clown vous dira humblement qu'elle est seulement polyvalente.

« Pas de barres en métal. Sinon, ils vont croire à un incendie criminel et ce n’est pas ce qu’on veut. Il faut un accident, un accident meurtrier qu’on aura causé donc ce ne sera plus un accident mais un meurtre qu’on camouflera en accident. Si survivant il y a, Maître Todd les punira... »

Tu te répètes, pense Miss. Grumpy. Frustrée, la demoiselle donne un violent coup de pied à l’une des fausses pierres tombales et celle-ci vole en l’air jusqu’à tomber sur les rails.

« Je n’aime pas cet endroit ! Je veux que tout brûle et qu’on puisse retourner à la maison... »


Sa plainte résonne plutôt comme un caprice autistique. Peut-être que le couvre-feu est en vigueur sans qu’elle le sache. À cette heure, elle est supposée être chez elle, c’est comme ça, c’est tout ! Enfin, elle n’est pas inflexible non plus mais voyez-vous, les habitudes ont parfois la vie dure et elle n’est pas de très bonne humeur. De plus, on lui a volé son parapluie ici. Ce qui est sûr, c’est qu’elle n’est pas en colère contre Fleish et ça se fait sentir. Le contraire serait digne d’un abruti, selon la clown.

« Ce pseudo-cimetière est idiot. Je... je ne sais plus quoi dire. »

Elle donne un autre coup de pied à une pierre tombale en carton qui vole en l'air par la suite. Suite à cela, un wagon passe à une vitesse effrénée. Le manège est toujours en marche, après tout. Contrairement aux autres wagons qui passent, celui-ci a été plus intéressant que les autres. Une lumière est sortie de ces roues... comme... des étincelles ! Oui, elle a vu des étincelles sortirent des roues ! Elle se calme immédiatement en observant le phénomène, reprenant sa froideur habituelle. Le wagon s'arrête, comme si on avait mis en marche les freins. Puis, le wagon repart à toute vitesse.

« As-tu vu ça ? La friction entre les rails et les roues lors du freinage a provoqué des étincelles. Si les étincelles avaient été propulsées quelques centimètres plus loin, elles auraient touché la flaque d'essence et elle aurait pris feu. Je pense qu'il y a d'autres flaques et qu'elles sont plus ou moins reliées. Si on se rend à la salle des machines, qu'on fait bouger les wagons à toute vitesse avant de les freiner, les petites étincelles seront assez nourries pour faire le travail. Et... La salle des machines se trouve juste à l'entrée, là où on a démarrer le manège. On va donc pouvoir s'enfuir aisément. »

On dirait bien que Bonnie a déjà été une pyromane dans une vie antérieure...
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MessageSujet: Re: Le Bestiaire (Pv Theresa)   2014-09-04, 19:54



le bestiaire.

Bonnie avait son plan génial et je pouvais l'y aider de peu.

Je me tournai vers Bonnie. Incendie criminel. C'était bien la première fois que je prenais conscience de ce terme. Et je dois dire que j'avais du mal à le comprendre en entier. Bien certainement, je savais ce qu'un incendie était ainsi que l'adjectif d'un crime. Mon anglais et ma déduction de celui-ci m'apportait un bon déchiffrage grammatical de sa phrase. C'était son côté technique qui m'empêchait bonne corrélation de son suivi. Pourquoi s'en soucier? Nous n'avions qu'à tous les tuer. Ceux ayant des doutes sur nos artifices y comprit. Je clignai des paupières en la fixant. Bon. D'accord. Je la suivrai dans son plan quoi qu'il en soit. Ce qui était bien avec Bonnie était que je n'avais à comprendre le fond de sa pensée afin de lui faire confiance. Je savais qu'elle était digne de son nom.

Puis mon œil descend à son pied qui, du même moment, tabasse une pierre tombale de carton un seul coup. La décoration se défait en sept morceaux qui vont s'étendre sur le sol. Et je retournai mon attention à son visage. Je crois qu'elle était en colère. J'étudiai ses traits, ses sourcils, sa bouche et son nez retroussée. Elle était en colère. Sa voix aussi avait un petit quelque chose de différent à l'habitude. Oui. Ça devait être ça. De la colère. Dont je ne comprenais pas les origines. Elle voulait cet endroit brûlé à terre? Et pourquoi? C'était étrange cette volonté de vouloir détruire ce qui était encore fonctionnel. Je haussai les épaules pour lui répondre. Evan m'avait appris cela. Elle ne savait plus quoi dire. Je ne savais que répondre. Alors je répondais un haussement d'épaule. Tout simplement.

Un cri strident. C'était les rails du manège. Je mis les mains sur les oreilles, inconfortable bruit qui me fit grincher de la mâchoire, mais qui ne dura pas, par chance. J'observai le spectacle d'étincelles broyant le sol et ses rouilles. Et le wagon mis cap vers l'Est une fois de plus. Disparut ensuite derrière le rideaux noir en caoutchouc. Je le fixai à sa démarche, gueule grande ouverte, comme mes yeux, afin de venir lécher avec aise entre ma canine et sa dent voisine. C'était sans faute un mécanisme à levier qui mettait les freins à l'entrée de la pièce. Pour que les clients soient effrayé par le manège faussement défectueux en plein cimetière. Sûrement pas pour qu'ils prennent la peine d'observer la scène. C'était si mal fait.

Mais Bonnie en tira une toute autre conclusion. Les étincelles. Du feu. L'essence. Actionner le tout. Je refermai ma bouche en l'écoutant attentivement. Elle expliqua la démarche approximative à faire. Je hochai de la tête; autre signe appris par l'autre clown afin de dire que j'avais compris et que j'étais d'accord. C'était un plan parfait. Sans maille. Encore une fois, digne de Miss. Grumpy. Une fois à l'extérieur, nous pourrions mettre des barres de métal afin de bloquer les portes principales du manège depuis l'extérieur pour empêcher les rats de sortir. Ensuite, nous pourrions les retirer et s'en aller pour ne pas que tout cela paraisse comme un incendie criminel. Je tournai mon menton sur les rails pour voir quelques restant d'étincelles mourir. Il faudrait attendre le prochain train. Approximativement, il ferait cet exact même arrêt dans six minutes. Et s'il gagnait simplement 2 kilomètres à l'heure de plus, la friction des freins serait suffisante pour projeter les tisons sur la flaque d'essence reluisante juste à côté.

Je revus en tête l'image du mécanisme que j'avais éviscéré avant que l'on entre. Je me souvenais d'un régulateur de vitesse. Nous avions le temps de nous rendre là rapidement, avant que les idiots ne se rendent compte que nous ne étions plus dans leur piège. Je claquai mes dents pour les serrées fortement l'une contre l'autre et pris course en sens contraire des wagons. Cette fois, je donnai un regard par dessus mon épaule à Bonnie pour lui indiquer qu'elle devait me suivre. Mes pas étaient rapides et grand. Pour un meilleur balancement de mon corps, je bougeais même mes bras comme les coureurs de tous les jours font. Le vent dans mes cheveux m'indiquais ma vitesse, et les petites lumières positionnées sur les côtés du chemin de fer m'indiquait où aller, sans cesse. Il n'y avait signe des porcs dans les entourage. Sans doute étaient-ils encore plus creux dans le manège que nous. Mes pas martelaient les planches de bois vissées au sol. Un wagon apparut alors, fonçant droit sur nous. Je l'évitai par la droite rapidement et repris mon chemin sur les rails. Je fis un autre regard par dessus mon épaule afin de regarder si Bonnie allait bien. Elle allait bien. Je la voyais difficilement. Mais je croyais qu'elle allait bien.

Retour de mon regard droit devant moi. Mon souffle était devenu rêche et lourd. Mais point bruyant. Je faisait tout pour ne faire aucun son; je tamisais le son de mes pas en courant sur la pointe des pieds et ne soufflais pas de force. Tout ce que j'entendais de moi était le vent sifflant dans mes tympans. Autour de nous, des éclairages défilaient si nous n'étions pas plongé dans la noirceur totale. Je m'acharnai longtemps à conserver la cadence – difficilement, aussi. Et une nous traversâmes un grand rideau, et la lumière du jour brûla mes rétines déjà asséchées par le vent. Je clignai plusieurs fois des yeux pour les humidifier de peu mais gardai cadence jusqu'à la boîte ayant mécanisme de la machine. Le temps était gris, toujours, et la maison hantée semblait seule au monde dans ce brouillard épais. On entendait la foire œuvrer ses clients criards au loin. C'était tout.

J'ouvris la boîte de la machine. J'avais le souffle court et ma vision était flou, douloureuse. Je parvins tout de même à manipuler la machine. Ses commandes étaient simples. Il suffit que je tourne un cadran et actionne une pompe de plus afin de donner l'énergie au moteur afin que le train accélère. On entendit des grincements sinistres, et des engrenages cogneurs et immenses sous les décorations futiles de la maison hantée. Je me redresser et vis sous mes yeux un wagon décoller à toute vitesse. Il n'en faudrait pas de bien longtemps pour que l'un d'un fasse étincelles sur l'essence du cimetière. Ou que les idiots ne se rendent compte que quelqu'un jouait dans les commandes de la maison hantée. Alors il fallait faire vite, vite et subtilement.

J'adressai un regard à Bonnie; avions-nous le droit de bloquer les portes maintenant?

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Bonnie Fish

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Miss. Grumpy


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MessageSujet: Re: Le Bestiaire (Pv Theresa)   2014-09-18, 18:25

La prochaine destination était plus claire que l'eau de roche et encore. Il fallait atteindre les commandes au plus vite. Une fois là-bas, elles pourraient mettre leur plan à exécution et brûler ces porcs voleurs alcooliques. Malheureusement, la liste des péjoratifs les concernant est trop longue et Bonnie a d'autres choses à faire que les énumérer. Elle avance dans le tunnel du manège en courant derrière la blonde. Cela devient familier de suivre cette Theresa, une habitude qui ne la dérange guère. Après tout, elle a un bon sens de l'orientation et celle-ci sait toujours où aller. À une certaine mesure, Miss. Grumpy est réconforté de pouvoir se fier à une personne logique, un peu comme un croyant qui se sert de Dieu comme lanterne dans les abysses du monde. Bien sûr, la clown ne voue pas une admiration religieuse ou fanatique à son amie, toutefois, la comparaison lui va bien. La demoiselle ressent certaines douleurs à des parties du corps mais elle choisit de les ignorer. Elle s'en occupera plus tard et son corps a besoin de puiser toutes ses forces. Si Bonnie n'a aucune compassion pour la souffrance physique des humains, elle y est certainement concernée. Oh non, elle ne prend pas de pauses pour reprendre son souffle et ne se ménage point. Fish a un objectif, elle l'atteindra. Elle ne veut surtout pas mourir et entrer dans la catégorie des êtres trop faibles pour survivre. La sélection naturelle est si cruelle, cette soirée le démontre bien. Par ailleurs, l'idée qu'elle puisse mourir en cette nuit lui vient à l'esprit pour la titiller. La brunette chasse cette pensée rapidement, celle-ci ne désire pas être déconcentrée de sa mission.

Le labyrinthe que formait la maison hantée commençait également à être un terrain connu pour Miss. Grumpy. Elle n’avait aucunement peur au départ et maintenant elle se remémore certains passages à la manière d’un vieillard  qui a travaillé ici toute sa vie. La demoiselle a toujours eu une excellente mémoire, cette qualité lui est une fois de plus bien utile. Elle ne se sent pas prise au piège, ni perdue. Elle a son cerveau, ses sens et sa compagne pour l’aider, que demander de mieux ?

Une fois qu'elles obtiennent l'accès aux machines, Fleish se met au travail. Quant à la clown, elle ne se repose pas en laissant l'autre faire tout le sale boulot. Des couleurs criardes viennent provoquer un contraste frappant dans le gris, le jaune noircit par les couches de saletés et les cadrans. Un objet rouge, vert, bleu, mauve, rose, orange et jaune... Son parapluie ! Les mécréants avaient laissé leur trophée dans cette salle, lorsqu'ils ont mis les wagons en route pour qu'elles dérapent. D'un geste vif, comme si le parapluie était entre les mains d'un malpropre, elle empoigne son bien. Au lieu de crier victoire, elle caresse délicatement son accessoire et se permet même de renifler son odeur (qu'elle trouve si distinctive). Eh oui, cette dame aime légèrement trop son propre parapluie. Ironiquement, elle tient plus à la matière sans émotions et âmes qu'un homme. Cependant, ironique n'est aucunement surprenant.

« C'est bien. Une odeur de fumée ne tardera pas à se faire sentir. Il faudra partir rapidement si on ne veut pas finir asphyxié. »

Du coin de l'oeil, un éclat lumineux vient titiller Bonnie. Une fraction de seconde est nécessaire pour que son attention soit attirée vers un petit objet métallique. En fait, ce sont plutôt de petits objets métalliques. Des clés. On n'a pas besoin d'être un génie pour savoir à quoi servent ces outils. Elle attrape le trousseau de clés.

« Décidément, ces individus de sexe masculin sont... comment dire... Tu le dis tellement mieux que moi, je te laisse finir ma phrase. »

C'est vrai, Theresa sait mille fois mieux que Mis. Grumpy comment dire le mot abruti d'une manière brutale et cinglante. Cela tombe bien, car c'est exactement sur ce ton qu'elle s'imagine dire ça. Après tout, il faut être réellement stupide pour laisser les clés du manège-là. Les demoiselles pourront fermer les portes facilement. Oh les garçons pourront toujours essayer de les défoncer, néanmoins, il y a aussi de bonnes chances qu'ils meurent avant de pouvoir y parvenir.

La brunette sort du manège en reniflant une légère odeur d'essence en combustion venant de l'intérieur. Elle est heureuse que son plan ait fonctionné, ou que les hommes aient enflammé une allumette par accident. Si la deuxième option est vraie alors c'est le comble ! Cela dit, qu'elle soit heureuse, c'est une chose bien relative. Bonnie est un glaçon, la joie n'est pas ressentie de la même façon et cette émotion est moindrement puissante. Rapidement, elle barre la porte. Clic. La nuit a envahi le cirque depuis le temps. La brise frappe le visage de la jeune fille. C'est si calme. Certes, ce n'est pas la tranquillité absolue, toutefois, ce n'est pas non plus le chaos de l'attraction. Guère rêveuse, Bonnie se dépêche et court discrètement vers l'arrière de la maison hantée. Avec Theresa, elle fait son possible pour ne pas se faire remarquer. Miss. Grumpy ne cherche pas l'attention aujourd'hui, le contraire serait suicidaire. Puis, qui se préoccupe d'elle outre la blonde, au bout du compte ? Bref, une fois à l'arrière de l'attraction, une autre porte de sortie est disponible. Clic. Les idiots sont désormais enfermés à l'intérieur de leur fournaise. La clown réussie à entendre des poings qu'on cogne contre la porte.

« La porte de secours ne leur porte pas secours on dirait hihihihi... Donc... que faisons-nous maintenant ? »
Dit-elle à voix basse et froidement, comme si cette aventure n’avait été qu’un simple contretemps malencontreux. Fleish sera trouvé de bonnes idées, elle en est sûre.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Le Bestiaire (Pv Theresa)   2014-09-30, 21:11



le bestiaire.

J'adressai un regard à Bonnie; avions-nous le droit de bloquer les portes maintenant?

Et je la vois si finement récupérer son parapluie. Mon visage ne laisse paraître que ses yeux et sa tignasse d'une perruque échevelée derrière le panneau des commandes. J'écarquillai mes yeux, toujours et encore, à m'en retirer n'importe quel ride possible des paupières. Que faisait-elle? Elle semblait caresser de manière affectueuse un objet. Non pas un objet, plutôt son parapluie. Je remarquai les mouvements de ses doigts, ses mains graciles et gracieuses frôlant le manche de l'objet. Il eut souvenir de ce genre d'attention physique reliée à l'émotion de moments passés avec Lily-Rose. Éprouvait-elle les mêmes sentiments envers son parapluie que Lily-Rose éprouvait envers moi? Impossible à déchiffrer ou à deviner. J'en conclus que oui, tout bonnement. Sinon, son attitude envers l'objet me semblait illogique. Enfin, elle avait ses raisons, je me dis, comme n'importe qui aurait les leurs. Et je les savais bonne puisqu'il s'agissait de Bonnie. Je pouvais donc lui faire confiance et poser mes questions plus tard.

La clown nota qu'une odeur de fumée se ferait sentir bientôt, probablement, surement, et possiblement. Si le tout fonctionnait. Il eut grincement de gonds que l'on ne voyait pas, ossature sous la chaire de débris qu'était ce mécanisme, des tapotement et des claquements de tout et n'importe quoi. C'était malheureusement nécessaire de brûler ce bâtiment jusqu'à la dernière miette. Dommage. En espérant qu'ils puisse récupérer les plans architecturaux et en faire une autre identique en tout point. Sinon tout cela serait du gâchis. Je portai attention sur le titre au haut de la bâtisse où avait rayonné des phares d'ampoules formant les mots « Haunted House » grotesquement. Et du coin de l'œil, Bonnie accourut à quelque chose. Bruits de métal que j'identifiai avant d'y prêter la prunelle; des clefs. Le bruit cristallin était
bien trop facile à reconnaître.

Mon amie fit phrase qu'elle me demanda de compléter. Ce que je ne compris pas sur le coup, en vu de la tournure de sa phrase que je me faisais lancer pour la toute première fois. Après évaluation, je compris que je devais terminé ses paroles en dictant adjectif pour ces hommes.

- Des porcs dégénérés, je conclus sa phrase sans vile émotion mais toute franchise dans la dent.

J'aimais quand les mots étaient justes. Ils l'étaient. Plus ou moins aurait été inexact. Porcs dégénérés leur allait à la perfection. Abrutis aurait été bien, imbéciles aussi. Mais souligner qu'ils étaient et des porcs et des dégénérés complétait bien leur existence de vie. Bonnie barra la porte. Je m'approchai d'elle et lui souris à ma manière pour lui faire comprendre que je trouvais qu'elle avait fait un bon travail.

- Je trouve que tu as fait un bon travail.

Voilà. Personne ne pouvait se tromper de la sorte. Même si Bonnie ne se serait jamais trompé, évidemment. C'était purement formel et rhétorique, comme les humains son si bons de le faire. Tentais-je de retrouver un peu d'humanité en moi? Alors que nous assassinons un groupe de porcs dégénérés, je ne crois pas. Ce n'était qu'une politique de communication que je remplissais. Miss. Grumpy alla barrer la seconde porte et je la suivis au pieds près. Point pour m'assurer qu'elle fasse bien les choses. Simplement par mesure de précaution. Et un martèlement de boucan se fit entendre de l'autre côté des murs fermés. Ma compagne fit blague. Je ne la saisis pas de premier abord. Et je compris qu'il y avait deux fois le même terme employé pour la même signification mais point à l'avantage de l'idiot de l'autre côté de la porte barrée. Oui, c'était hilarant.

- Haaaaaa ha ha.

À voir Bonnie faire, elle m'apprenait à rire. Alors je mettais mes expériences à la pratique. Et puis je me penchai rapidement sur le second point. Celui important. J'arrêtai de rire drastiquement, comme j'arrêtai de trouver la blague drôle. Il n'y avait qu'à penser à autre chose, non? Alors j'énumérai en tête tous les endroits possibles où nous pourrions fuir. Car, sans nul doute, nous devions fuir. Malgré le brouillard, la fumée de l'incendie deviendrait rapidement visible. De ce fait, des secours arriveraient. Rester à la foire était trop risqué. Nous serions toujours trop proches du lieu du crime, donc possiblement criminelles. Le chapiteau me vint en tête; nous venions des cages. Hors, c'était un lieu où nous n'avions pas le droit de traîner, tout comme les coulisses. De plus, il n'y avait de pratique de spectacle sur scène à l'instant. Nous voir toute deux là, seule, sans but précis, alors que les forains étaient à la recherche de pyromane serait alibis mauvais et déroutant. Restait nos tentes où nous ne pouvions aller puisque nous étions sensé travailler à l'instant, techniquement. Alors, la réponse la plus sensée me vint en gueule:

- Nous devrions évidemment aller à l'infirmerie car si les abrutis sortent c'est là qu'ils iront en premier pour soigner leurs brûlures et/ou problèmes respiratoires liés à la boucane donc nous serons les premières à savoir s'ils sont toujours vivants et les tuer au besoin si possible comme s'il n'y a personne d'autre avec eux et si quelqu'un nous surprend là sans raison nous n'aurons à se mutiler ou mutiler l'une de nous en faisant semblant que nous nous sommes blessées ou qu'elle s'est blessée en travaillant et que nous sommes accourut à l'infirmerie ainsi nous avons un alibi qui semble probable et aussi ce n'est pas trop loin donc nous serons là-bas dans sept minutes et demie et aussi l'infirmerie est déserte quatre-vingt-six pour-cent du temps.

Sept minutes et demie nous pressions le pas et que nous partions maintenant et quatre-vingt-six pour-cent selon mes propres statistiques et non celles du cirque - y en avait-il de toute façon? Bon. Voilà. Penser à tout. Et agir, surtout. Alors je tournai les talons et pris fuite vers l'infirmerie où tout semblait pour le mieux. Mes pas étaient presque de course, sans l'être pour ne pas que les passants, clients ou, pires, employés ne nous croient en fuite comme nous l'étions. Et nous traversâmes les tentes et caravanes pour atterrir à l'infirmerie où j'entrai en coup de cent. Elle était, par chance, déserte. J'allai me poster dans un coin. Tant qu'il n'y avais pas de seringue dans les environs, j'étais correcte. Sans crise, plutôt était le terme exact. J'allai dans un coin de la pièce principal et me plaçai systématiquement en petit bonhomme pour détendre mes jambes et prendre mon souffle.

Je fixais les carreaux du sol et attendais la suite du plan qui viendrait sous peu, dans longtemps, ou pas du tout.

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MessageSujet: Re: Le Bestiaire (Pv Theresa)   2014-10-04, 11:01


Bonnie était fière, dans la mesure où elle est capable de l'être. En premier lieu, son plan a fonctionné, prouvant qu'elle était mieux adaptée à la survie que ces autres semblables. Était-ce pour ça que Theresa se sent supérieure ? Parce qu'elle est au sommet de la chaîne alimentaire ? Il y a matière à réflexion. En deuxième lieu, elle a fait rire quelqu'un et pas n'importe qui. Pour Miss. Grumpy, de telles réussites sont comparables à un homme d'affaires qui roule sur l'or. Enfin, l'effet est semblable mais il n'y a pas d'argent en jeu. Puisque tout est relatif, le bonheur chez la demoiselle se manifeste par à peine un sourire ou un hourra victorieux. Ce n'est pas son genre de faire preuve d'allégresse et encore il faudrait qu'elle en soit capable sans que ça sonne faux.

Les meilleures blagues sont les plus courtes, une logique imparable. Il n'est plus temps de rire, aussi laid que ça puisse être, ou d'avoir un semblant de plaisir. Il faut être sérieux, pense Bonnie en effaçant toute trace de distraction dans ses pensées. Elle vient de commettre un incendie criminel, doublé d'un triple homicide si ça se trouve. Des regrets ? Aucun. De la peine ? La bonne blague. Non, la femme ne ressent rien d' « humain » en ce moment. C'est vide. Alors qu'elle devrait se sentir coupable, elle sent au contraire qu'elle a pris la bonne solution. Est-ce pour ça, une fois de plus, que Theresa se croit si différente ? Bonnie devra-t-elle subir une période d'introspection et revoir ce qui fait d'elle un être humain ? En tout cas, elle est pratiquement sûre que sa composition biologique est normale. Bref.

Le raisonnement de Fleish tient la route, si bien que la meurtrière se contente de hocher la tête en signe d'approbation. Une morsure qui a besoin d'être nettoyée est présente sur sa main, de son côté, elle a une très bonne excuse. Cependant, ce n'est pas le cas de son amie la blonde. Elle hésite à la mutiler tout de suite, peut-être la mordre à son tour. Il est vrai qu'elles pourraient rencontrer aucune âme qui vive à l'infirmerie mais ironiquement, il serait plus prudent de le faire maintenant. Une peau si cadavérique doit avoir un goût intéressant, dû moins c'est ce que pense Miss. Grumpy. Par ailleurs, il faudrait un jour qu'elle lui demande quel goût à la viande humaine. Cela une saveur de poulet ou de porc ? Voilà une autre question qui ne tardera pas à provoquer sa curiosité.

Certains seraient angoissés de devoir partir de la scène de crime non pas en courant mais en marchant à un rythme précis, ni trop rapide ni trop lentement, en sentant une épée de Damoclès, au-dessus de leur tête, prête à leur tomber dessus au moindre faux pas ou signe suspect. Bonnie n'est pas angoissée. En fait, ce n'est pas le mot approprié à la situation. Elle craint de faire une erreur idiote, de casser son allure quasi-irréprochable et la vitesse de marche qu'elle s'est imposée. On peut parler d'une légère anxiété à ce niveau mais rien qui ressemble à une peur bleue. Son sang n'est pas plus glacé qu'à l'habitude et sa respiration est contrôlée. Elle ne nie pas que cette aventure ait quelque chose d'enivrant, comme la fois où elle a abandonnée son prétendant pour travailler au Dark Circus. Ce n'est pas tant le fait de tuer qui lui fait moindrement plaisir, c'est ce sentiment de puissance qui découle d'un fait qu'elle juge indéniable : elle a été la plus forte. Avec Theresa, bien entendu. Soudainement, quelque chose de plus physique vient s'insérer dans ses entrailles... De la supériorité. Étrange, murmure la femme. Ce n'est pas ordinaire, ni une preuve de tempérance, de vivre cela.

Elles arrivent à l'infirmerie. Une nostalgie sans états d'âme vient cogner à la porte des petites émotions à Bonnie. Elle reste une machine de logique et aucun souvenir ne lui vient en tête. Pourtant, elle est légèrement nostalgique. C'est illogique, donc idiot. Miss. Grumpy fronce les sourcils en réfléchissant aux causes d'une telle réaction de son cerveau. Heureusement, il y a personne entre ses quatre murs pour venir perturber ses réflexions, outre la cannibale mais celle-ci ne trouble guère les problèmes logiques. Au contraire, elle aide à les résoudre... Et serait-elle au final, l'un des sujets principaux de ce casse-tête malsain qu'est le passé de deux autistes qu'on traite de dégénérer ? Elle regarde fixement Fleish, ses yeux récitant un discours sans dire un mot.

« Est-ce cela être autiste ? Est-ce cela être supérieur ? »


À suivre...
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