Les ragots
du cirque

UN CLIENT Naïa? C'est une âme noire! Une tentatrice! Elle veut notre argent... Et lorsque nous serons dépouillés, elle voudra notre mal! Je le sais... Elle se dit magicienne, mais c'est une sorcière! Un amoureuse de Satan! Et toutes les sorcières sont impures! Ne vous laissez pas séduire par ses yeux de braise, et méfiez-vous de son emprise! Il n'y a qu'une démente qui peut jouer avec l'eau ainsi!
UN DOMPTEUR On dit qu'elle est une sauvageonne! Abandonnée depuis la naissance qui se serait fait élevé par un meute de loup. Pas étonnant qu'elle semble autant dérangée...
THERESA DITE FLEISH Zhuang est très anormal. Il pense très différemment des humains si nous établissons une moyenne. Ce qui fait en sorte qu'il y a des chances qu'il ne soit pas humain. C'est logique. Mais il sait faire de la violence alors il est peut-être humain.
LE LIVREUR DE VIANDE Larry, mon collègue, a disparu récemment... Après avoir vu chacun des artistes en scène, je soupçonne celle qu'on appel la Dummy Puppet. Mais oui! Jouer à la stupide et stoïque est le meilleur moyen de ''prouver'' l'innocence! Mais ses yeux inspirent la mort... Je le vois!
UN CLIENT Non mais c'est quoi ces deux tarées?! Espèces de folles!! Je les ai vu, moi, s'évader de l'asile psychiatrique!! Avec du sang sur leurs vêtements... Comment elles ont pu?! Et avec un air de s'en foutre à la con! Je les reconnais!! Oui, une clown avec un parapluie et une autre avec une perruque rose! Si vous voulez mon avis, elles devraient retourner en psychiatrie! C'est là qu'elles appartiennent, pas au cirque!
UN FORAIN MAL INTENTIONNÉ Oui, oui! Un frère, et sa soeur, dans la même caravane! Puis sa soeur a disparue... Tu parles, ouais! C'est clair qu'il s'en ai débarrassée dès qu'il s'est aperçu que Maître Todd laissait sa soeur plus longtemps sur scène que lui, le salaud! Il se fait appeler Prométhéus! Tenez-vous loin de lui, surtout...
UN CUISINIER Cette petite garce aime bien se faire enculer, haha! En tout cas, apparemment qu'elle peut pas dire le contraire... Bin non, elle est muette! Elle traîne beaucoup avec une petite fille... Une vrai salope, je te dis!
CHARLOTTE WEISS Je ne lui fais pas du tout confiance à cette... Ravenna. Je l'ai vue, l'autre jour, et elle... Elle avait un poignard dissimulé sous sa jupe, à sa cuisse! Pourquoi traîner une telle arme en sachant que l'air du cirque est sécuritaire pour tous ses employés? Et aussi... Je l'ai vu, la nuit, rôder en présence d'une amuseur publique... Elle ne me dit rien qui vaille.
∎ Notre chouchou du mois !!
Le membre du mois est NOM DU MEMBRE pour RAISON RAISON RAISON. Le membre a été choisis par LES MEMBRES DU FORUM/LE STAFF. Merci pour votre participation!



 

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 spark in the dark. △ the doggie & the crow

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MessageSujet: spark in the dark. △ the doggie & the crow   2014-06-25, 17:29


    Le ciel est d'un noir absolu. Aucune étoile n'a osé pointé ses rayons lumineux. Il fait sombre. Atrocement. Cela rend le cirque encore plus mélancolique. Ce soir est n'est pas un soir comme les autres et quittant ma caravane, je pousse un long soupire pour me délester d'un poids énorme. Écrasant quelques feuilles mortes sous le poids de mes chaussures à semelles épaisses, je me dirige d'un pas rapide vers les tentes pour voir mon petit protégé ; l'enfant sauvage. C'est devenu un rituel que d'aller à sa rencontre une fois par semaine mais ce soir, j'ai envie de tenter le diable. Je sais que si son dompteur s'en plaint à notre patron, je pourrais avoir une sanction grave. Une mise à pied certainement mais j'ai envie de tenter le tout pour le tout. Pour Mowgli rien ne serait trop beau et même si le danger est immense, j'accepte d'en prendre le risque.

Approchant des tentes, je glisse ma main contre ma cuisse pour détacher la lampe de poche et allumer celle-ci qui éclaire les toiles d'un faible halo lumineux. En temps normal, il m'est facile de me repérer mais toute cette obscurité me laisse aveugle et je n'ose pas avancer trop rapidement maintenant que je suis étranger parmi les forains et monstres de foire. Mes pas sont moins confiants alors que je m'engouffre dans l'inconnu à la recherche de la demeure de mon protégé. Le ronflement bruyant d'un clown me fait même sursauter et lâcher la lampe de poche qui roule un peu plus loin, éclairant l'endroit recherché. Un sourire étire mes lèvres légèrement maquillées d'un rouge pâle qui donne un peu de couleur à ma peau blafarde.

Je m'accroupis pour ne pas effrayer l'enfant sauvage qui doit dormir profondément à l'heure tardive qu'il est. Enfouissant lentement mon visage sous la toile de tente, je laisse mon sac en cuir posé au sol et glisse mes doigts autour de la chaîne pour approcher et glisser ma main sur le crâne de Mowgli tout en lui murmurant quelques mots d'une voix grave mais douce. « Mowgli... » J'imagine qu'il me reconnaîtra. Il use des sens animal et je pense que mon odeur est personnel, qu'il la reconnaîtrait entre mille. Mes doigts courent dans ses mèches blondes bouclées et malgré la douceur de mes actes, je reste sur le qui vive à l'idée que quelqu'un sache que je suis ici. Je ne veux causer aucun mal à l'enfant sauvage. J'ai même choisi de lui offrir une des plus belles soirées de sa vie. Je veux qu'il soit heureux...


 


Dernière édition par Hyacinthe O'Kowski le 2014-08-13, 04:09, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: spark in the dark. △ the doggie & the crow   2014-06-29, 12:49

Journée fatigante pour Mowgli. Emmitouflé dans la couverture que lui avait laissé Hyacinthe, son Rubik's Cub mordillé serré contre lui comme il pourrait le faire d'une peluche, l'enfant sauvage dormait d'un sommeil tranquille, son souffle régulier se perturbant de temps à autre pour laisser échapper un petit ronflement ou un gémissement quelconque.
Les gens n'avaient pas été très gentils avec lui aujourd'hui et Mowgli n'avait pas pu s'empêcher de grogner et de se montrer agressif lorsqu'un projectile avait douloureusement heurté son oeil. Agacé, il avait voulu donner un coup de dents à la méchante personne qui lui avait fait cela, mais le dresseur avait réagi immédiatement : après quelques coups de fouet, Mowgli s'était montré beaucoup plus docile et avait oublié la colère pour laisser place à la souffrance et à la contrition, poursuivant ses tours et ses jeux sans plus chercher à exprimer sa frustration. Il avait été plus que soulagé de retrouver sa tente, le soir venu, et de se rassurer grâce aux odeurs douces de Hyacinthe et de sa maman. Grâce à cela, Mowgli pouvait oublier toutes les contrariétés de la journée, laisser de côté la souffrance, la peur... Il ne pensait plus qu'aux personnes qui lui tenaient réellement à coeur et ça, ça le rendait vraiment heureux. Même la dureté du collier qui enserrait son cou et la froideur de sa chaîne n'avaient su altérer sa bonne humeur retrouvée...
Il aurait voulu jouer avec son Rubik's Cub, mais la fatigue l'avait assailli, une langueur irrésistible. Il avait juste eu le temps de serrer le jouet contre lui et de se recroqueviller sous la couette de Hyacinthe avant d'être emporté par le sommeil. S'il avait rêvé de quelque chose ? Oui, un peu... Ses rêves avaient été peuplés de tout ce qui était familier à sa petite existence étroite : sa maman, le cirque, Hyacinthe, ses jouets... Rien de très extravagant ou original. L'imagination de Mowgli n'avait jamais eu le temps de réellement se développer, ce qui se ressentait plus particulièrement dans ce genre de moments, où son imaginaire devrait être sollicité et ne pouvait pourtant représenter que ce que l'enfant sauvage connaissait ou côtoyait...
Mowgli laissa échapper un faible grognement en sentant une main s'égarer dans ses cheveux, émergeant lentement de son sommeil pour revenir à la réalité. L'odeur qui parvint à ses narines lui permit de reconnaître l'homme qui caressait sa chevelure avant même que sa vision ne se soit adaptée à la noirceur de la nuit : Hyacinthe.
Mowgli étira une grimace heureuse sur ses lèvres, se blottit tout contre lui avant de laisser échapper un bâillement sonore. Il n'était pas encore totalement extirpé de ses rêves et il lui fallait un peu de temps pour que son esprit s'éveille suffisamment afin d'être en mesure de réfléchir un minimum...
L'enfant sauvage donna un coup de langue affectueux à la joue de Hyacinthe, lui offrant un câlin plein d'affection, avant de se décider finalement à articuler son prénom ou, tout du moins, le surnom qu'il lui avait attribué :


"H...Hya !"

La grimace qui lui tenait de sourire s'étira un peu plus. Grattant d'une main son dos, sur lequel il sentait encore la douleur lancinante des coups de fouet, Mowgli finit par demander, tout intrigué :

"J...Jouer ?"

Hyacinthe ne venait pas le voir aussi tard, d'habitude. C'était étrange... Mais Mowgli ne s'en plaignait pas. Il aimait beaucoup la compagnie de son ami et n'y renoncerait pour rien au monde. Qu'il vienne le voir en pleine journée, dans la soirée, durant la nuit... Qu'importe, tant qu'il était là pour recueillir son amour, ses câlins, son affection...
Mowgli frotta doucement sa tête contre le torse de Hyacinthe, manifestant comme il le pouvait son bonheur de le voir.

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MessageSujet: Re: spark in the dark. △ the doggie & the crow   2014-06-29, 14:22


    L'éveil de l'enfant sauvage se fait petit à petit et malgré que le temps presse, je me contente de caresser ses mèches blondes en posant mon regard vairon sur sa frimousse. Quelques fois j'ai l'impression d'avoir cette relation quasiment paternelle avec lui. La relation que je n'ai pas eu avec mon propre père qui se moquait pas mal de mon éducation et de mon bien-être ; préférant me faire passer pour un menteur lorsque je me suis confié à lui suite du viol. C'est comme si offrir tant de bonheur et d'amour à l'enfant sauvage me permet de cicatriser mes propres plaies et réparer les erreurs passées. Mes doigts courent lentement le long de sa nuque pour revenir sur son visage et pincer son menton pour déposer un baiser sur son front au dessus de son œil. Quelques minutes je reste silencieux pour qu'il puisse s'éveiller et dans une voix douce, je me permets de m'exprimer à nouveau tout en lui offrant de douces caresses au niveau de ses joues fines. « Je veux t'emmener dehors avec moi. Tu es d'accord ? » articulant suffisamment chaque mot pour qu'il les comprenne, je caresse ses cheveux pour les repousser de son visage de poupon.

Il va falloir que je brise la chaîne qui le tient à sa tente ou que je réussisse à ouvrir le cadenas, évitant ainsi que le dompteur ne s'acharne sur l'enfant sauvage en pensant que celui-ci est parti de son plein gré. Je glisse ma main contre ma chemise blanche et ôte une petite épingle à cheveux que je serre maladroitement entre mes doigts pour la diriger vers le cadenas. Le bout de métal bouge dans les crans cherchant à repousser ses derniers et pouvoir ainsi libérer mon protégé. Pinçant instinctivement mes lèvres entre elles, concentré sur la tâche. Les cliquetis sont nombreux et après quelques longues minutes de lutte, mes doigts tirent sur une branche du cadenas et l'ouvre, laissant la chaîne au sol. Seule. Un long soupire m'échappe et je pose mes doigts sur la main de Mowgli. « Suis moi » déclarais-je en entremêlant nos doigts, d'une main libre attrapant le petit bout de tissu qu'il traîne partout que je mets dans mon sac. Celui-ci passé autour de mon poignet, je repousse la toile de la tente et inspire profondément l'air frais.

Le ciel auparavant noir de jais est devenu étoilé de milliers de petites lucioles. Un sourire étire doucement mes lèvres alors que je pose mon attention sur l'enfant sauvage, tenant fermement ses doigts aux miens. Réajustant la couverture sur son corps chétif, je me perds un instant à admirer les traits de son visage. Ému de le voir heureux et le regard rempli des étoiles qui nous surplombe. Délicatement je tire sur son bras et nos mains jointes pour le tirer du ciel et lui demander de me suivre. Les jours précédent il a beaucoup plut et je me souviens avoir vu des sceaux entiers rempli d'eau dans lesquels nous pourrions gaiement nous amuser et nous laver. Cela m'étonnerait que le dompteur prenne le temps nécessaire à la toilette de l'enfant sauvage et à la guérison de ses plaies aussi nombreuses que les miennes. Et comme ce soir je veux que Mowgli soit heureux, je ferais tout pour lui.

Quelques minutes de marche suffisent pour quitter les tentes et l'espace dortoir du cirque, approchant de la place publique et de ses nombreux petits coins. Durant le trajet, j'ai pris le temps nécessaire d'attendre l'enfant et de ne pas le faire passer sur des chemins boueux ou jonchés de caillou, observant ses pieds nus sali par la suie ressentir chaque sensation. Le lieu n'est pas beaucoup éclairé et je décide de poser la lampe de poche au sol, sur une petite dalle de façon à pouvoir illuminer la place ; du moins ce qui nous fait fasse. Et relâchant les doigts de l'enfant, j'observe les différents sceau et repose mon attention sur son visage. « Est-ce que ce soir tu me laisses prendre les rennes et m'occuper de toi ? » J'imagine que la réponse sera positive mais Mowgli est un homme et non pas un animal ou un objet et je prends toujours la peine de l'interroger. Pour lui prouver qu'il est une personne comme un autre, pour le forcer à parler un peu et pour qu'il s'humanise. Posant le sac au sol, je retire ma veste en cuir noire pour la laisser tomber sur le gravier à son tour, relevant les manches de ma chemise sur mes avant bras tatoués.


 


Dernière édition par Hyacinthe O'Kowski le 2014-08-13, 04:10, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: spark in the dark. △ the doggie & the crow   2014-07-08, 23:43

Mowgli se frotta maladroitement les yeux, terminant définitivement de se réveiller alors que Hyacinthe s'adressait à lui d'une voix douce, lui posant une question qui le laissa perplexe. Le jeune homme murmura un "D...Deh...ors ?" hésitant, pas sûr de la signification de ce terme à cet instant précis. Par "dehors", Hyacinthe voulait-il vraiment dire qu'il comptait le faire sortir hors de sa tente ?
Tandis que son ami lui caressait les cheveux, Mowgli prit sa chaîne entre ses doigts pour la lui montrer, comme si Hya avait pu oublier son existence en lui faisant cette proposition. Le soir, Mowgli ne sortait pas. Mowgli restait sagement dans sa tente, à manger, boire, jouer gentiment, en évitant de faire trop de bruit, pour ne pas agacer ses voisins ou alerter son dresseur. C'était normal, il était un "Chien" et les "Chiens" devaient être tenus en laisse. Le monde de la nuit ne lui appartenait pas, contrairement à Hyacinthe ou aux autres.
Alerté par les bruits métalliques, Mowgli sortit de ses pensées et regarda faire Hyacinthe, indécis sur la conduite à tenir. Si une toute autre personne que son ami avait effectué les mêmes gestes, l'enfant sauvage se serait probablement montré agressif, grognant, mordant, réagissant comme on le lui avait appris à le faire. Il s'était d'ailleurs tendu, commençant à montrer les dents, mais il s'était très vite calmé, portant un regard aussi curieux qu'ignorant vers Hyacinthe. Qu'était-il en train de faire ?
Puis, soudainement, la pression de la laisse ne se fit plus sentir. Mowgli couina et porta une main à son cou, perdu, un peu effrayé. Il n'était plus attaché ? Alors qu'il faisait encore nuit ? Pourquoi ? Comment ?
Il n'eut pas vraiment le temps de réfléchir ou de réagir à cette situation pour le moins inhabituelle. Déjà, Hyacinthe lui prenait la main et l'invitait à le suivre. Peu en mesure de le faire à quatre pattes, Mowgli comprit qu'il devait se lever, marcher sur ses deux jambes et uniquement sur elles. La nervosité prit le pas sur le reste et l'enfant sauvage s'agrippa fermement au torse de Hyacinthe, les jambes tremblantes et peu assurées, effectuant des enjambées dignes d'un enfant en pleine apprentissage de la marche.
Mowgli n'aimait pas être sur ses jambes. Il n'avait pas l'habitude. C'était dur et le monde semblait tellement différent vu sur deux pattes ou sur quatre pattes. Moins grand, plus... Il ne saurait pas dire comment, mais le monde n'était pas le même dans cette position typiquement humaine.
Mowgli oublia néanmoins ses soucis lorsque son attention toute entière fut tournée vers le ciel brillant de la nuit. Il n'avait plus regardé les étoiles depuis des années... Autrefois, il pouvait les voir de sa petite fenêtre, dans la pièce qui était sienne, son seul contact extérieur. Aujourd'hui, sa laisse, trop courte, l'empêchait de savourer ce spectacle comme il l'aurait souhaité et son ciel était donc devenu la tente, une étendue de tissus colorés. Voir le "vrai" ciel, c'était tout de même autre chose. Bouche bée, les yeux brillants, Mowgli, toujours fermement accroché à Hyacinthe, se laissait avaler par la vision qui s'offrit à lui.
Le retour à la réalité fut difficile et ce fut un Mowgli un peu hagard qui suivit tant bien que mal Hyacinthe sur ses jambes trop longues et maladroites. Le jeune homme dut se mordre les lèvres pour ne pas laisser échapper une plaine douloureuse ou presque effrayée. Cette posture qu'il était obligé d'adopter n'était pas sienne, il n'était pas du tout à l'aise. C'était une position réservée aux êtres humains et lui, il était...il était "Chien", tout simplement. Et Chien était à quatre pattes, toujours. En chemin, le jeune homme trébucha plusieurs fois, s'agrippant d'autant plus fort à son ami, terrifié à l'idée de tomber et, peut-être, d'être laissé en arrière, d'être abandonné...
Quand leur marche fut finie et que Hyacinthe relâcha ses doigts, Mowgli se retrouva presque immédiatement assis au sol, ses jambes cessant de supporter son poids après ce qui avait été pour lui un effort dantesque. Il reprit son souffle tant bien que mal, frottant ses membres endoloris, hochant la tête après la question de Hyacinthe. Il avait parfaitement compris la deuxième partie de sa phrase et il était tout à fait prêt à laisser son ami s'occuper de lui. En vérité, il avait entièrement confiance en Hyacinthe, ce pourquoi il ne l'avait pas mordu alors qu'il s'en prenait à sa laisse. C'était aussi pour cette raison que Mowgli avait accepté de faire un effort et de marcher aussi longtemps, presque plus longtemps que dans sa vie toute entière. Parce que Hyacinthe était son ami. Parce qu'il était gentil. Et parce que Mowgli ne voulait pas le décevoir.
Le jeune homme eut un léger sursaut en voyant Hyacinthe relever ses manches et chercha instinctivement à se protéger d'un coup à venir, se recroquevillant tant bien que mal sur lui-même. Mowgli n'aimait pas ce geste. En général, le dresseur faisait de même avant d'en venir aux mains, lorsqu'il n'était pas d'humeur pour le fouet ou lorsqu'il sentait que Mowgli serait plus réceptif à ce traitement.
Mais les coups ne vinrent pas. L'enfant sauvage quitta sa position foetale, perplexe, intimidé, levant un regard empli d'incompréhension vers Hyacinthe. Ce fut d'une voix faible qu'il articula grossièrement, avant de mordiller ses doigts :


"Q...Quoi f...fai...re ?"

Pourquoi Hyacinthe l'avait-il conduit ici ? Que cherchait-il de lui ? Mowgli gratta les plaies qui s'étalaient dans son dos, incertain. Son ami voulait-il qu'il lui fasse un tour ? C'était peut-être ce qu'il cherchait... Peut-être pas...
Mowgli pencha la tête sur le côté, affichant une expression d'ignorance et de confusion pures. Pendant ce temps, il continuait à griffer ses plaies, se soulageant de la sensation urticante, sans pour autant réaliser qu'il aggravait probablement son cas en faisant cela. Songeant que cela serait une meilleure solution, Mowgli s'allongea sur le dos et frotta ce dernier contre la dalle, comme pourrait le faire un animal, haletant sous l'effort. Ses plaies et ses cicatrices commençaient à le brûler et il n'arrivait pas à se soulager correctement...
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MessageSujet: Re: spark in the dark. △ the doggie & the crow   2014-07-09, 06:20


    Chacun de ses efforts est considérable et je prends la peine de lui faire comprendre, lui offrant quelques sourires et glissant ma main sur ses reins pour le soutenir lorsqu'il vacille. Demain, nous avons tous congés. J'ai choisi ce jour-ci exprès pour que s'il est exténué, il puisse dormir profondément toute la nuit s'il en ressent le besoin. Et je me doute qu'il sera exténué mais cela en vaut la peine. Ses doigts appuient sur ma peau blanche et la marque de rouge, sous la pression de ses ongles et la force qu'il met à se retenir mais je ne dis pas le moindre mot. Je suis même plutôt heureux qu'il se batte autant et même si cela fait mal, je veux qu'il soit fier de lui. Il est bien trop facile qu'il se fonde à sa condition d'« animal ». Bien sûr je ne lui en veux pas du tout. Pas à lui. J'en veux à ceux qui ont croisés sa route et ce sont amusés de sa soumission. Mes doigts le soutiennent et à l'instant même où je pose mon regard vairon sur sa frimousse, quelque chose me fait frémir.

Il est un peu plus petit que moi et nous sommes tellement différents. Il est de ses personnes blondes à qui l'on attribut l'innocence alors que de part la noirceur de mes cheveux, on me dit comme mauvais. Il est fragile, frêle et on a l'impression que toute cette maltraitante à couper sa croissance. Sa façon de se comporter et de s'agripper me laisse un instant perplexe. On pourrait nous confondre et nous prendre pour des parents. Un père et son fils. La comparaison me fait sourire et frémir. Qui voudrait d'un père dépravé, prostitué et blessé au plus profond de son âme ? Personne. Voyons Hyacinthe!

Arrivant à destination, je relâche les doigts de Mowgli et m’accroupis en le voyant tomber sur ses fesses. L'effort est considérable. Du bout de mes ongles, je caresse l'un de ses bras en déclarant d'une voix toujours douce. « C'était un peu loin. Excuses moi. » Et toujours je luis souris pour lui prouver mon bonheur et ma fierté. Je suis fier de lui. Un peu plus chaque jour. Tournant mon visage légèrement maquillé vers le sac, j'en sors quelques bouts de tissus différents que je dispose sur une dalle. En prenant un au hasard pour le tremper dans l'un des sceau, l'eau froide me fait frémir à nouveau mais elle pourra au moins nettoyer le visage sale de l'enfant sauvage. Et pour ne pas l'effrayer, je restais accroupis tout en m'approchant. Abandonnant mon un mètre quatre vingt cinq pour être à sa hauteur et pouvoir poser doucement le tissu sur le bout de ses doigts. Pour lui prouver que ce n'est que de l'eau, rien qui pique ou qui brûle. Qui pourrait lui causer du tord. « Fermes les yeux. » et comme à chaque fois, j'accompagnais mes mots d'un sourire.

Approchant le tissu de son visage, je le passe doucement sur ses joues puis sur son front. Ôtant la poussière et nettoyant les quelques plaies qu'il doit certainement avoir et qui sont dissimulées sous la saleté. J'observe silencieusement son manège pour se gratter le dos, imaginant qu'il est peut-être même infesté de puces ou autres bêtises de ce genre. Jamais son dresseur ne doit le laver ou prendre soin de lui. De ses vêtements, de ses cheveux. Et pour quelqu'un d'aussi maniaque que moi au niveau de la tenue vestimentaire et du maquillage, c'est une horreur sans nom. Après avoir fait retrouver à son visage sa couleur pâle de poupon, je relâche le tissu mouillé au sol et entremêle mes doigts aux siens pour attirer son attention. « Retires ton haut. Je vais soigner ton dos. » car bien-même si je n'ai prévu aucun pansement ou pommade, je pense que le simple fait de nettoyer son dos à l'eau fraîche pourra lui faire du bien.

Je me permets de me reculer, lui laissant la place d'étirer ses bras pour retirer son vêtement alors que je choisi un bout de tissu plus grand que je laisse imbiber dans l'eau. Détournant mon regard de son corps pour lui laisser le peu d'intimité qu'il lui reste, mes doigts courant sur la serviette humide. J'aimerais qu'il comprenne le plaisir de se sentir propre. Frais. Humain. Et s'il s'aime ainsi, ce sera déjà une étape de franchie.


 


Dernière édition par Hyacinthe O'Kowski le 2014-08-13, 04:11, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: spark in the dark. △ the doggie & the crow   2014-07-09, 16:28

Mowgli pressa le tissu humide entre ses doigts, curieux et pour le moins perplexe. Qu'est-ce que Hyacinthe voulait qu'il fasse avec cela ? Qu'il le mordille ? Qu'il joue avec ? Le jeune homme leva les yeux vers son ami, indécis, laissant échapper un petit gémissement interrogatif.
Mais Hyacinthe lui demanda de fermer les yeux et, obéissant docilement, Mowgli ne se posa pas plus de questions, laissant celui en qui il avait le plus confiance disposer de lui comme il le lui convenait de le faire.
Il aimait voir le sourire de Hya et il ne voulait pas le voir disparaître en se montrant rebelle ou inutilement agressif. Le contact froid contre sa peau le fit frémir et Mowgli fronça le nez, ayant un mouvement de recul instinctif avant d'accepter la sensation étrange que lui procurait le tissu sur son épiderme frissonnant.
Pendant ce temps, le jeune homme continuait à se gratter furieusement le dos de toutes les manières possibles, laissant échapper de manière irrégulière de petits couinements douloureux ou des grognements contrariés. Mowgli en oublierait presque tout le reste : le tissu humide, le fait qu'il se trouvait dehors en pleine nuit, le ciel étoilé...
Il aurait pu occulter la présence de Hyacinthe tant ses démangeaisons le contrariaient, si ce dernier ne s'était pas manifesté à lui en glissant sa main dans la sienne, lui murmurant une douce suggestion. Suggestion qui laissa l'enfant sauvage pantois... Retirer son haut ?
Il lui fallut quelques instants pour comprendre la demande de Hya et plus encore pour réaliser qu'il ne savait pas comment faire. Durant tout ce temps, le jeune homme était resté immobile, le regard lointain, lèvres entrouvertes, mobilisant tant bien que mal sa cervelle maltraitée pour tenter de traiter ce problème. Mowgli tira sur son tee-shirt d'un geste incertain, ne sachant pas par quel côté il était supposé l'ôter. Une question sans réponse qui, alliée à ces douloureuses démangeaisons qui s'étendaient dans son dos, ne manquèrent pas de le contrarier. A bout de nerfs, l'enfant sauvage finit par déchirer son haut d'un geste violent, avant d'en éparpiller maladroitement les morceaux autour de lui, en colère contre lui-même, sa souffrance et ce vêtement dont il ne comprenait pas l'utilité.
Ne parvenant pas à se calmer, le souffle court, les dents serrées, il grogna et, saisissant le tissu humide de Hyacinthe, il le porta à ses lèvres et le mordilla furieusement, se recroquevillant sur le sol dans une position foetale.
Mowgli aurait voulu hurler à la lune, se faire les dents sur un objet plus solide ou, honteuse et punissable pensée, sur quelqu'un... Il était en colère sans comprendre pourquoi, envers qui, et ne parvenait pas à réfléchir suffisamment et correctement pour identifier la nature de sa frustration, cette infériorité qui ne cessait de le mettre mal à l'aise lorsqu'il était supposé accomplir quelque chose de simple pour les êtres humains et finissait pourtant par échouer, comme le "Chien" qu'il était.
La souffrance reprit cependant le dessus sur la colère et Mowgli commença à se contorsionner maladroitement pour tenter de se soulager, levant un regard larmoyant vers Hya. Les coups de fouet, les plaies infectées, la saleté, les parasites... Mowgli souffrait de ces mauvais traitements, qu'il croyait mérités, et il ne savait pas comment l'exprimer. Comment arranger cela...
L'enfant sauvage recracha à terre le tissu qui lui avait tant bien que mal servi de défouloir, parvenant difficilement à extirper de sa gorge quelques mots :


"Mal... Hya... Chien... pas gentil..."

D'un côté, Mowgli savait qu'il méritait toute cette souffrance, ces punitions qui le frappaient pour une bonne raison. Mais, de l'autre, le jeune homme n'en pouvait plus. Il avait besoin de l'aide de son ami, le seul qui ne le blessait pas, le seul qui ne le détruisait pas minutieusement, jour après jour...
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MessageSujet: Re: spark in the dark. △ the doggie & the crow   2014-07-09, 17:06


    Apaisé par le vent frais qui balaye mes cheveux noirs et ma fine veste qui cache tant bien que mal mon corps maigre, je fus profondément surpris par la violence dont fit preuve Mowgli. Un instant la peur m'envahit et me noue la gorge. Jamais je n'ai douté que cet enfant sauvage n'était qu'un objet mais c'est presque incroyable la force qu'il a et la rage qui le torture. Attendant qu'il se calme seul, incapable de réagir face à une telle prise de risque. Je dois bien avouer ne pas être invincible et ne pas pouvoir tout contrôler. Silencieux, je patiente et lorsque l'enfant sauvage quémande mon attention, je la lui octroie. Sans une once de peur dans le regard bien que ma gorge soit toujours douloureuse. Sans une once de méchanceté ou de honte. Bien même si quelqu'un me voit avec Mowgli, je ne serais aucunement dérangé de le côtoyer. Je tiens à lui. Autant qu'il tient à moi. Tandis que le calme revient, je glisse mes doigts sur son crâne pour en repousser ses mèches blondes.

A ses pieds, le tissu humide en main, je veille à le serrer pour en retirer l'excès. J'ai un peu peur de voir son dos, ce serait comme lui montrer l'état de mes poignets ou de mon torse. Cicatrices, plaies volontaires ou non. Elles sont cachées par mes habits et mes nombreux tatouages et j'en suis fier. Comprenant que la peur le bloque, je continue de caresser ses bouclettes claires en murmurant. « Viens là. » et du bout des doigts, je lui propose de poser sa joue contre mon épaule ou mon torse s'il se sent plus à son aise. Mes doigts glissent sur sa nuque et un instant, cette sensation me revient. Son souffle chaud dans mon cou, son cœur battant contre le mien. J'ai l'impression de sentir ma vie en lui. Comme si quelque chose nous liait. Mes doigts glissent sur sa nuque et je me permets de déposer un baiser sur son front. Mes lèvres appuyant sur sa peau avec douceur pour le calmer encore un peu. Et inconsciemment cela m'apaise tout autant. La peur disparaît et la boule nouée dans ma gorge se dissipe et me laisse apaisé. Presque assoupi. Oubliant chaque soucis pour me concentrer sur Mowgli.

« C'est un peu froid. Je vais essayer de ne pas te faire trop mal. » mais je ne connais pas l'état de ses plaies. Leurs raisons, d'où elles viennent, qui les a faîtes et je ne peux pas dire que je ne vais pas lui faire du mal. Bien sûr je vais y aller avec douceur mais étant donné qu'il s'est mit à vif, il aura certainement quelques picotements. Levant le tissu au dessus de sa nuque, je le presse pour que l'eau glisse sur sa peau que je caresse avec toute la délicatesse possible. Veillant à ne pas trop appuyer mes ongles longs et noirs sur sa peau. Je sens quelques aléas sur son épiderme mais je ne lui fais aucune réflexion à ce sujet, reprenant néanmoins la parole. « Je ne te fais pas mal ? Tu vas voir, tu vas te sentir mieux. » avouais-je en lui offrant un sourire, embrassant son crâne du bout des lèvres. Mon souffle se perdant dans ses mèches blondes un instant bien que je reste concentré sur son dos, observant celui-ci par dessus l'épaule frêle de Mowgli.

C'est une œuvre d'art sanglante et je remercie dieu de ne pas m'avoir ouvert l'appétit avant de venir où je crois que j'aurais rejeté tout mon repas. Silencieux mais Ô combien choqué, je relâche un instant le gant chauffé par la pression du sang pour le plonger dans le seau et le rincer tout en gardant un regard doux sur Mowgli comme pour avoir son ressenti. Qu'est-ce que cela lui rappelle ? Aime-t-il où l'eau est-elle trop froide ? J'aurais peut-être dû la chauffer. Je ne sais pas et je le questionne du regard.


 


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MessageSujet: Re: spark in the dark. △ the doggie & the crow   2014-07-10, 19:08

Mowgli se redressa difficilement lorsque Hyacinthe lui proposa de venir auprès de lui. Rampant jusqu'à son ami, il se blottit tout contre lui en gémissant faiblement, les larmes aux yeux. Il souffrait toujours, oui, mais il n'était pas seul. Hya ne lui voulait pas de mal. Pour le moment, personne ne lui voulait de mal.
Les gestes affectueux de son ami faisaient un bien fou à l'enfant sauvage, qui parvenait peu à peu à se détendre grâce à ses bons soins. Timidement et maladroitement, Mowgli imita Hyacinthe et lui offrit un baiser sur la joue, cherchant à lui montrer qu'il l'appréciait et qu'il voulait, lui aussi, lui apporter du réconfort, de l'amour. Malgré la souffrance, malgré la peur, le jeune homme se sentait bien aux côtés de son ami.
Mowgli laissa échapper un petit grognement de souffrance quand l'eau glissa le long de son épiderme maltraité, se collant d'autant plus contre Hyacinthe, comme pour quémander son soutien, son support. L'enfant sauvage frémissait sous cette étrange sensation, incapable de déterminer si cela le soulageait ou si cela ne faisait qu'accroître sa souffrance lancinante. Mais Mowgli faisait confiance à son ami, il le croyait lorsqu'il lui affirmait que cela allait lui faire du bien. Ses paroles, ses gestes, ses attentions... Tout cela l'aidait déjà énormément, ce pourquoi il accordait autant de foi aux affirmations de Hyacinthe.
Cela lui ferait du bien... Oui...
Le tissu était imbibé de sang et Hyacinthe n'avait pas d'autre choix que de le rincer. L'odeur montait aux narines de l'enfant sauvage, une senteur enivrante, lui rappelant les steaks crus qui lui servaient de repas. Inconsciemment, Mowgli se lécha les lèvres, comme affamé par ce parfum familier.
Se grattant le cuir chevelu, probablement infesté de poux ou de puces, l'enfant sauvage offrit un regard empli de reconnaissance et d'amour à Hyacinthe. Personne ne prenait soin de lui de la sorte, habituellement. Personne ne s'embêtait à lui parler avec cette voix douce et tranquille, ces mots simples, ces paroles gentilles... Non, personne. Sauf lui. Sauf Hyacinthe.
Difficilement, Mowgli parvint à articuler un "M'ci" pour témoigner de sa gratitude, mais il se révéla incapable d'exprimer tout ce qu'il ressentait pour son ami, tout ce que ce dernier lui inspirait. Il n'avait pas les mots, pas l'esprit pour cela.
Lèvres entrouvertes, il restait immobile, silencieux, laissant Hyacinthe prendre soin de lui et le soulager, peu à peu, de cette douleur persistante qui lui cisaillait le dos. Elle ne disparaissait pas, bien sûr, mais elle était supportable. L'eau froide, qui l'avait tant remué au premier abord, s'était révélé anesthésiante, guérisseuse. Son dos ne le démangeait plus autant, c'était une véritable délivrance.
Mowgli enlaça maladroitement Hyacinthe dans une étreinte remplie d'affection, soufflant un "T'aime, Hya !" aussi sincère qu'enthousiaste.
Ne sachant pas si cette manifestation était suffisante, désirant réellement lui montrer qu'il appréciait ce qu'il faisait pour lui, Mowgli tira sa langue hors de ses lèvres et, dans toute sa bestialité primaire, entreprit de lui lécher le cou et le visage, tel le "Chien" qu'il pensait être.
C'était ainsi qu'il montrait son amour à sa mère, ainsi que celle-ci lui avait parfois demandé de la remercier, aventurant sa langue sur ses chaussures ou son pied tendu, dans un geste de soumission dont il ne comprenait ni la portée ni la signification profonde. Pour lui, cette expression était semblable à un bisou, tout à fait appropriée. Il n'avait jamais saisi que cela puisse en être autrement...
S'écartant brièvement de Hyacinthe pour lui permettre d'apprécier un sourire grimaçant, Mowgli articula aussi soigneusement que possible :


"Hya g...gentil ! A...Aime Hya ! B...Beau...coup !"

Une fois qu'il eut articulé ceci, le souffle court, Mowgli revint tout contre Hyacinthe, langue tirée, prêt à lui manifester à nouveau son affection "canine".
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MessageSujet: Re: spark in the dark. △ the doggie & the crow   2014-07-11, 08:15


    La pression des lèvres de l'enfant sauvage sur ma joue me fit doucement sourire. Faiblement mais affectueusement. L'amour est une chose bien étrange dont j'ai fais les frais une fois et qui m'a blessé au plus haut point. Néanmoins cet amour qui me lie à Mowgli semble différent. C'est une filiation familial. Il est le fils que j'aimerais avoir. Celui que j’élèverais en lui apprenant les valeurs que je souhaite lui inculquer. Qu'il soit une personne belle et pleine de douceur. Et plus je passe de temps avec l'enfant sauvage plus je me rends compte que ce mot qui nous unit est bien celui-ci : famille. Il se comporte comme un enfant et malgré que je n'ai aucune expérience, je prends la position de père. Mowgli utilise le mimétisme. Comme les enfants les plus jeunes, il reproduit ce qu'il voit et ce qu'on lui enseigne. Tout en faisant tout de même la part des choses entre le bien et le mal de ce que je vois. Cela me plaît et me fait chaud au cœur. Faisant même apparaître sur mes joues une légère rougeur.

D'une main je nettoie ses plaies à l'eau clair, de l'autre je le garde contre moi en ayant enroulé mon bras autour de ses reins. Je me doute que d'ici quelques jours à devoir jouer le chien, il sera à nouveau blessé et aura le dos couvert de suie et de boue. A ce moment là, je recommencerais le nettoyage. Et ainsi de suite. J'ai même pensé à lui offrir un shampoing avec le savon que j'ai dans ma caravane mais je me suis dis que son dresseur sentirait l'odeur de frais. L'odeur de propre. Et pourrait faire du mal à l'enfant en pensant qu'il est à l'origine de cet acte alors que non. Je préfère y aller par étape. Pour le bien-être de Mowgli. Pour que lui-même assimile les gestes et puisse un jour les restituer face à moi. C'est comme reprendre l'enseignement primaire d'un enfant handicapé. Et bien que j'y mette tout mon cœur, il est clair que cela me coûte beaucoup d'énergie. Pour rien au monde je n'arrêterais car il me le rend doublement. Voir plus. Il me rend heureux.

Une fois que j'eus parcouru deux, trois fois le dos complet de l'enfant sauvage, je relâchais le tissu dans le seau. L'eau prenant des sous tons rougeâtre voir marron. Surement dû à toutes les cochonneries ôtées de l'épiderme de Mowgli. Mes doigts nus glissent sur sa peau et ressentent chaque aléa. Chaque bleus, chaque cicatrice ou plaies mal soignées. La prochaine fois, je prendrais une pince à épiler ainsi que des crèmes faîtes par l'herboriste du cirque de façon à soulager ses maux et peut-être pour faire partir les plus fraîches incisions. Levant mes pupilles bicolores sur le visage de l'enfant, qu'elle ne fut pas ma surprise quand il m’enlaça maladroitement. Son poids me fit doucement vaciller et mon dos heurta l'herbe alors que je nouais à mon tour mes bras autour de ses reins. D'ailleurs je me demande si je devrais lui remettre son haut arraché ou plutôt lui en procurer un nouveau. Le dompteur verrait surement la supercherie et il serait plus calme à l'idée que Mowgli ait arraché son t-shirt plutôt qu'il n'en est un nouveau.

Oubliant un instant toutes ses questions matérielles pour me concentrer sur Mowgli. Son bonheur. Son sourire. Sa langue qui parcoure mon visage et me fait fermer les paupières un instant. Je ne peux pas lui faire la leçon maintenant car inconsciemment j'agis moi même comme un enfant en étirant un sincère et heureux sourire lorsqu'il effectue ses gestes. Peut-être dois-je aussi le laisser apprendre par lui-même. Je ne peux pas toujours tout contrôler. Les derniers mots de l'enfant me laissa silencieux, pinçant mes lèvres en caressant sa joue du bout des doigts comme je l'ai fais pour le réveiller toute à l'heure. Je me rassois lentement en le gardant installé sur mes cuisses, une main me soutenant en étant posée sur le sol. « Je t'aime beaucoup, Mowgli. » articulais-je pour qu'il puisse le répéter convenablement même si ses efforts sont surhumains. Mes bras se nouent autour de son cou et je le blottis à nouveau contre moi. Nichant mon visage dans son cou alors que l'étreinte me fait plaisir.

Quelques minutes je le garde contre moi avant de nous éloigner de quelques centimètres, passant ma main dans ses cheveux blonds. « Je m'occupe de tes cheveux la prochaine fois, d'accord ? » lui demandais-je en lui offrant un énième sourire. Le cœur emplit de joie et de bonheur. Mon petit garçon.


 


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MessageSujet: Re: spark in the dark. △ the doggie & the crow   2014-07-21, 17:28

Mowgli se recroquevilla tout contre Hyacinthe à l'instant même où ce dernier l'installa sur ses cuisses, calant son oreille contre le coeur battant de son ami. C'était un son reposant et relaxant, mais pas autant que la voix de Hya alors que ce dernier lui soufflait qu'il l'aimait beaucoup, articulant avec soin chacun de ses mots... Précautionneusement, Mowgli imita son ami, comme il avait pris l'habitude de le faire, murmurant d'une voix hésitante :

"Je... Je t'ai... me beau... coup... Hya..."

Mowgli répéta une nouvelle fois le "beaucoup", étirant un sourire sur ses lèvres. Il laissa docilement Hyacinthe rajuster sa position, frissonnant en sentant sa respiration effleurer son épiderme. En fait, il aimait bien cette sensation... Comme ça, même les yeux fermés, il savait que son ami était avec lui, qu'il était à ses côtés. Mowgli était certain qu'il n'était pas seul, ce qui était pourtant son lot quotidien, la nuit tombée. Cela lui faisait énormément de bien...
C'était probablement ce qui lui manquait le plus de son ancienne vie : passer la nuit dans les bras de quelqu'un. Dans la petite pièce, c'était avec sa mère, même s'il lui arrivait également de s'endormir à ses pieds. Ici, c'était avec Hyacinthe et, d'une certaine façon, Mowgli se sentait bien mieux ainsi qu'il ne l'avait jamais été avec sa maman.
Il serait bien incapable d'expliquer pourquoi, mais c'était un fait : les câlins avec Hyacinthe étaient bien meilleurs que n'importe quel câlin de sa mère... Un jour, Mowgli trouverait les mots pour le dire à son ami, pour le lui faire comprendre...
Mais avant cela, le jeune homme devait saisir ce que Hya voulait dire en affirmant qu'il allait "s'occuper de ses cheveux", la prochaine fois. Mowgli passa une main maladroite dans sa tignasse blonde, arrachant quelques mèches dans le processus, avant de lever un regard confus vers son ami :


"C... Cheveux... Pas bien ? P... Pourquoi ?"

Mowgli passa une nouvelle fois sa main dans sa chevelure blonde, avant qu'une sensation urticante ne vienne à parcourir son crâne. Il commença à se gratter frénétiquement en grimaçant, cherchant à chasser cette impression désagréable. Parfois, cela le prenait et Mowgli ne pouvait que se gratter jusqu'à ce que cela passe, jusqu'à ce que cela soit supportable... Il ne comprenait pas pourquoi.
La sensation se dissipa partiellement et l'enfant sauvage fut en mesure de réfléchir un peu plus correctement, posant un regard aussi observateur que curieux sur son ami. Ses yeux se levèrent vers la chevelure noire de Hyacinthe et, timidement, il la parcourut des doigts. Mowgli commençait à prendre conscience du fait qu'il pouvait être brutal et il ne voulait surtout pas faire de mal à son ami. L'idée de se faire souffrir lui-même ne semblait pas le déranger, en revanche...
C'était étrange... Hyacinthe avait les cheveux tout doux et tout lisses, c'était agréable au toucher. Sa propre chevelure était parfois collante ou rêche, certainement pas aussi délicate que celle de Hya. Pourquoi ? Parce qu'il était un Chien ? Les poils des humains étaient plus doux ?
Mowgli cessa de caresser les cheveux de Hyacinthe pour repasser à nouveau la main sur son crâne, confus. Il chercha ses mots, peina à les trouver et demanda finalement maladroitement à son ami :


"Chien... pas beaux... che... cheveux... comme Hya ? Parce que... pas gentil ?"

Mowgli avait une vision du monde un peu limitée : si quelque chose n'allait pas chez lui, s'il était différent, c'était presque forcément parce qu'il avait fait quelque chose de mal, parce qu'il n'agissait pas en "Bon Chien". C'était la seule manière dont il pouvait envisager les choses...
Grattant à nouveau son cuir chevelu, Mowgli retourna se blottir contre Hyacinthe et murmura qu'il était désolé, sans trop savoir de quoi il s'excusait... Par automatisme, probablement. Parce qu'il était habitué à s'excuser pour tout et n'importe quoi... Parce que sa mère tendait à l'accabler de tous les maux qui venaient la tourmenter et que Mowgli s'en excusait inlassablement avant d'en être puni... Probablement pour cela, oui...
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MessageSujet: Re: spark in the dark. △ the doggie & the crow   2014-07-22, 12:55


    La sensation d'être important pour quelqu'un me fait chaud au cœur et j'appuie mon nez dans les cheveux de l'enfant pour humer son parfum. Il ne sent rien. Peut-être la suit et la sueur mais si on oublie l'odeur superficielle, on ressent de l'amour et de l'affection. Mowgli est le seul avec qui je suis aussi tendre. A lui offrir des baisers, des câlins et de l'attention à outrance. Lorsque l'enfant sauvage murmura à nouveau combien il m'aimait, je pris son visage entre mes mains fines et plongeait mon regard dans le sien avant d'embrasser son front avec douceur. « Tu fais beaucoup d'efforts, c'est bien Mowgli. » déclarais-je non sans émotion alors que l'impression d'aider l'enfant à s'humaniser me remplit le cœur de joie. Si je pouvais, je voudrais qu'il dorme dans ma caravane. Sur mon lit de fortune. Je dormirais au sol mais j'aurais mon protégé avec moi. Mon petit garçon. Je me demande si je ne pourrais pas négocier avec le dresseur de Mowgli pour qu'il me laisse l'emmener un soir, ailleurs. Loin de sa cage, de la boue et du sang. J'aimerais tellement.

Je quitte mes rêves et mes songes lorsque l'enfant sauvage se gratte nerveusement le crâne. Surement qu'il y vit de petites bestioles, qu'il doit avoir des plaques rouges plein la peau. J'ai envie de le couvrir d'amour, de caresser ses cheveux toute la nuit, de l'observer dormir. Il est un amour de petit bonhomme. J'en suis fou. Comme s'il était mien, que je pouvais l'appeler mon fils et lui me dire papa. J'en suis fou. Lorsqu'il caresse ses cheveux, je fais de même et commence à lui expliquer. « Ils sont bien mais ils sont un peu sales. Je voudrais les laver et les brosser. » lui expliquais-je toujours avec douceur tout en pensant qu'il serait intéressant qu'il puisse lui-même s'occuper des miens pour comprendre le bien être que cela offre. Lorsqu'il frotte son crâne frénétiquement, je reste silencieux tout en observant ses gestes. Oui, il doit être infesté de poux et autres bestioles.

Lorsqu'il passe sa main dans ma crinière brune, je reste silencieux et l'observe. Je ne peux pas l'empêcher de découvrir le monde et la vie a sa façon. Puis c'est agréable que l'on s'occupe un peu de moi pour une fois. C'est un retournement de situation. Prenant ses mains dans les miennes en caressant ses doigts, je me penche sur lui pour embrasser son front de nouveau. « Tes cheveux sont sale mais ca n'a rien a voir avec le fait que tu sois gentil ou pas. Ce n'est pas de ta faute. » serrant ses mains dans les miennes avant de l'attirer encore dans mes bras. Ma main glissant le long de son dos pour le blottir contre moi. Fermant mes paupières en laissant mon souffle secouer ses cheveux. Je sais que bientôt je vais devoir le ramener mais je murmure quelques mots de nouveau. « Tu a envie que l'on parle de quelque chose en particulier ou tu es trop fatigué ? » espérant répondre à l'une de ses questions s'il en a une spécifique alors que je pense qu'il serait tant de le ramener à sa tente. De parler avec lui jusqu'à ce qu'il s'endorme puis de le laisser se reposer.

Et bientôt je reviendrais le voir parce que c'est un besoin viscérale. Mowgli je l'aime beaucoup.




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MessageSujet: Re: spark in the dark. △ the doggie & the crow   2014-08-01, 15:06

Mowgli étira une grimace souriante quand Hyacinthe le rassura sur sa supposée méchanceté. Ce n'était pas à cause de lui que ses cheveux étaient différents de ceux de son ami, il n'avait pas à être puni pour ça. L'enfant sauvage en était réellement soulagé et il offrit un câlin des plus chaleureux à l'artiste pour le remercier de sa gentillesse et de sa présence.
Il se sentait bien aux côtés de Hyacinthe, bien plus encore qu'auprès de sa mère, qui avait pourtant été le seul repère de sa morne existence des années durant. Il était incapable de se l'expliquer, mais les faits étaient là : il souriait largement, quoique maladroitement, quand il était avec son ami, ce qu'il ne faisait que très rarement avec sa maman.
Il avait même appris à étirer ses lèvres de cette manière lorsqu'il avait rencontré l'artiste, exprimant des sentiments auxquels il n'avait jamais été confronté jusqu'alors. Hyacinthe, c'était... c'était Hya. Mowgli n'avait pas les mots pour le qualifier autrement, manquant cruellement d'un vocabulaire qu'il aimerait tant avoir à sa disposition à cet instant pour lui dire tout ce que son petit coeur fragile tentait tant bien que mal de contenir sans déborder.
D'une voix hésitante, mais emplie d'affection, Mowgli répéta qu'il aimait Hyacinthe, les seuls termes qu'il connaissait qui étaient à peu près en mesure de refléter toute la complexité des sentiments qu'il éprouvait pour son ami. Il le répéta jusqu'à manquer de souffle, le reprenant tant bien que mal, toujours blotti contre Hyacinthe. Mowgli venait de le comprendre : il ne pouvait pas se sentir aussi bien ailleurs que dans les bras de Hya.
Lorsque ce dernier s'adressa à lui, lui proposant deux options dont il mit un peu de temps à saisir la nature, l'enfant sauvage parvint à deviner ce qui se cachait derrière ses propos : la perspective de la solitude. Être tout seul, dans sa tente, attaché, s'il venait à se montrer épuisé...
D'un ton précipité, Mowgli articula tant bien que mal un "Pas 'tigué !", s'agrippant fortement au haut de Hyacinthe, craignant qu'il ne l'éloigne de lui, effrayé à l'idée de se retrouver à la merci des ténèbres. Comme dans la petite pièce... Seul, seul dans le noir... Et Mowgli ne voulait surtout pas être seul. Mais il devait trouver quelque chose à dire pour cela, parler d'un sujet, n'importe quoi...
Sinon, Hyacinthe le rejetterait ! Sinon, il le délaisserait ! Ayant acquis la certitude de cette douloureuse et terrible perspective, l'enfant sauvage leva les yeux vers son ami, les lèvres entrouvertes, cherchant vainement dans son esprit apeuré les mots qui lui permettraient d'entretenir une conversation. Vide, tout lui semblait si vide dans son crâne...
Après avoir articulé une nouvelle fois un "Pas 'tigué !" suppliant, renforçant sa prise sur Hyacinthe, Mowgli parvint tant bien que mal à extirper quelques propos de sa gorge serrée, élaborant un discours aussi décousu que confus :


"A...Aime Hya... c...comme M'man... Aime beaucoup Hya ! Pas 'tigué !"

Mowgli se sentait profondément désespéré. Il voulait tant lui dire, tant lui signifier, mais il n'avait qu'une poignée de mots sans réel sens pour ce faire. Comment discuter de quelque chose dans cette situation ? Comment réussir à rester à ses côtés ? Ne sachant plus que dire ou que faire, l'enfant sauvage se rabattit sur ce qu'il connaissait, répétant les paroles que sa mère pouvait parfois lui adresser :

"Gentil chien... Sou... Soumis... Obéir... Droit à câlin..."

Dans sa crainte soudaine, Mowgli se montrait plus primaire que jamais et ses mots se muèrent bientôt en gémissements sauvages, alors qu'il tentait de se contorsionner pour demeurer dans les bras de Hyacinthe tout en aventurant sa langue à l'extérieur de ses lèvres pour lécher ses bottes et signifier sa soumission. De cette façon, Hyacinthe ne le laisserait pas partir, n'est-ce pas ? Même s'il n'arrivait pas à bavarder...
Tout contre Hya, Mowgli gesticulait, langue tirée, haletant furieusement. Ne pas le quitter... Ne pas retrouver la solitude de la nuit...
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MessageSujet: Re: spark in the dark. △ the doggie & the crow   2014-08-01, 16:34


   Je sens qu'il commence et doucement mes doigts courent sur ses joues pour soutenir sa frimousse entre eux et pouvoir l'empêcher de se mordre ou de grogner davantage. J'ai peur que l'on nous entende où qu'il se fasse le moindre mal alors je me permets de siffler du bout des lèvres. Un son presque inaudible mais qui semble le canaliser, le faire retrouver son calme. Quelques fois j'oublie de peser mes mots et je ne me rends compte que trop tard qu'il les comprend mal. En exemple le simple fait de lui proposer d'aller se reposer qui lui fait croire que je vais l'abandonner. Bien que j'en sois complètement incapable et qu'il doit le savoir, je comprends ses craintes et mes doigts caressent ses tempes avec douceur.

   Comment pourrais-je laisser une personne aussi belle que Mowgli dans un tel enfer ? Tout en lui offrant toujours quelques délicates attentions, je cogite énormément à ce que je vais pouvoir mettre en place pour continuer la soirée. Je songe à l'emmener à ma caravane. Néanmoins si son stupide dresseur vient à le voir, je ne supporterais pas qu'il lui fasse le moindre mal. J'en deviendrais moi-même violent et l'idée ne me plaît guère. Mes doigts parcourent ses cheveux et j'attire son visage dans mon cou. Déposant des baisés sur son front plusieurs fois pour lui prouver tout l'amour que j'éprouve à son égard. Ma main glissant sur sa nuque pour caresser ses cheveux du bout des doigts alors que je me permets de murmurer quelques mots. Une voix toujours douce et agréable bien que masculine. « Je vais t'emmener dans mon nid. » avouais-je en étirant un timide mais réel sourire. Espérant ainsi qu'il puisse apprécier cette soirée à sa juste valeur.

   Délicatement, je me redresse en glissant mes bras sous les fesses du chiot. Je le porte du bout des doigts, espérant que mon corps ne craque pas sous le faible poids de l'enfant sauvage. Exténué par un manque de nourriture, l'autodestruction et la fatigue. Peut-être que ce soir en compagnie de celui que je considère comme un fils, je saurais dormir pleinement. Réparer mes maux. Observant les sceaux d'eaux, je décide de les laisser ainsi et de quitter la place publique, prenant soin d'éteindre la lampe poche. Passant le cordon autour de mon poignet pour ne pas la perdre. Le chemin devient donc complètement sombre mais je continue d'avancer, sentant l'herbe s'écraser sous la hauteur de mes semelles. Tournant le visage vers Mowgli pour embrasser sa joue, quelques mots m'échappent dans un murmure. « Nous allons nous arrêter à ta caravane récupérer quelque chose. Restons silencieux. » et je sais très bien qu'il me comprend.

   A l'entrée de la demeure - ou plutôt de la niche - de l'enfant sauvage, je le descend de mes bras et le laisse y pénétrer. Pensant qu'il va surement me ramener son doudou ou la couverture que je lui ai offerte précédemment. Deux petites choses auxquelles il doit tenir et sans lesquelles ses nuits ne sont pas les mêmes. Silencieux pour épier le moindre bruit, je reprends l'enfant sauvage dans mes bras à peine celui-ci est-il sorti de sa prison. Mes mains glissant sur son dos pour le soutenir contre moi et lui offrir quelques caresses. Lui prouvant ainsi que j'ai toujours envie de le convier chez moi. Que je n'ai pas changé d'idées comme il pourrait l'imaginer. Lorsque je le sens convenablement installé dans l'étreinte, je reprends la route jusqu'aux caravanes.

   Parmi toutes celles alignées, je pense que la mienne est reconnaissable. De part son esthétisme et son mystère ainsi que ses plumes noires accrochées à la porte. Glissant une main sur ma hanche pour en sortir la clé, je l'insère dans la serrure et ouvre lentement la caravane pour ne pas que le grincement du bois n'alerte les artistes alentours. Je repose Mowgli sur le devant de mon nid, le laissant entrer en premier. « Installes toi. » proposais-je en fermant la porte à clé une fois que nous sommes entrés. Évitant ainsi que qui que ce soit n'entre ou ne vienne nous déranger.

   Dans un coin éclairé par la lampe de poche que j'ai allumé à nouveau, un petit lit double habillé de drapeaux et bouts de tissus en tout genre qui servent de couvertures où nous pourrons surement nous détendre. Reposant la clé dans un petit coin secret, je m'avance jusqu'à m'asseoir sur le matelas en tendant mes bras à Mowgli. Fatigué mais heureux et ne réalisant pas encore que je vais passer la soirée au chaud et dans un lieu confortable avec mon fils. Celui pour qui je donnerais la vie.




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MessageSujet: Re: spark in the dark. △ the doggie & the crow   2014-08-01, 17:02

Hyacinthe avait un certain don pour le calmer. Son dresseur avait l'habitude d'user du fouet et des remontrances, mais lui, c'était autre chose, un talent tout à fait particulier. Le sifflement unique commença à se faire entendre, une sonorité qu'il n'entendait jamais de la part de qui que ce soit d'autre. Progressivement, Mowgli cessa de s'agiter, ses couinements plaintifs laissant peu à peu place au silence, entrecoupé de quelques petits halètements. Il laissa Hyacinthe prendre soin de lui, l'esprit confus, un peu ailleurs. Cette peur, si soudaine et si intense, l'avait privé de ses forces et il ne pouvait que s'agripper à son ami alors que ce dernier lui délivrait mille attentions, lui assurant qu'il l'emmènerait dans son nid. Mowgli répondit aussitôt au sourire de Hya par cette grimace dont il avait le secret, cette ébauche d'expression humaine pour signifier maladroitement la joie qui le transportait actuellement. Il ne serait pas tout seul dans la nuit, non. Hyacinthe serait là... Il pourrait dormir avec son ami !
Son imaginaire un peu limité, Mowgli crut naïvement qu'il aurait le privilège de somnoler aux pieds du lit de Hya, là où il supposait être sa place. Après tout, les lits, c'était pour les humains, les chiens n'y avaient pas le droit. C'était là le plus beau cadeau qui pouvait lui être offert...
L'enfant sauvage hocha doucement la tête après les paroles de son ami, lui signifiant clairement qu'il l'avait compris. Prendre quelque chose dans sa tente, d'accord. Ne pas faire de bruit. Pas de problèmes, Mowgli avait l'intention d'être un gentil chien, très obéissant, et il n'émettrait pas le moindre son. Il prit même la peine de ralentir sa respiration, cessant son halètement un peu trop audible, rentrant à nouveau sa langue dans sa bouche qu'il tint close.
Retrouvant le sol, Mowgli reprit sa position habituelle, à quatre pattes, et alla vite chercher ce qui lui était indispensable. Son doudou, bien sûr, éternel compagnon de ses nuits... Sa couverture, qu'il refusait de quitter depuis que Hyacinthe lui en avait fait cadeau... et le Rubik's Cub. C'était le jouet préféré de Mowgli et, même s'il n'en comprenait pas vraiment les subtilités, se contentant de le mâchouiller bêtement, il signifiait beaucoup pour lui. Ceci fait, il se hâta de revenir à Hyacinthe, trop désireux de quitter ce lieu sombre et solitaire qu'était sa tente, sa "niche".
Il reprit avec plaisir sa place dans les bras de son ami, sans réaliser qu'il s'épuisait probablement à la tâche. Tout ce que Mowgli voyait, c'était qu'il restait tout contre Hyacinthe et pouvait le câliner, lui donner des bisous, des coups de langue affectueux... Il pouvait l'aimer sans le quitter, n'était-ce pas tout ce qui comptait ?
Lorsqu'ils furent arrivés, l'enfant sauvage se montra pour le moins intimidé. Il n'avait pas l'habitude d'entrer dans les caravanes des autres artistes du Cirque, se contentant, la plupart du temps, de sa niche minimaliste. Ce fut donc avec une certaine appréhension qu'il entra, ne faisant que quelques pas avant de s'immobiliser, s'agenouillant sagement sur le sol, attendant des ordres, des instructions..."Installe-toi" ne signifiait pas grand-chose pour le "Chien", qui porta un regard empli d'ignorance à Hyacinthe, l'épiant, suivant des yeux le moindre de ses gestes. Quand il le vit s'asseoir sur son lit et lui tendre les bras, Mowgli s'y précipita, un grand sourire aux lèvres. Il n'osa cependant pas monter sur le lit, se contentant de poser sa tête sur les genoux de Hyacinthe, laissant échapper un gémissement empli d'affection et de tendresse. Il se sentait tout à fait bien, de cette manière. A sa place, auprès de son ami, loin des ténèbres, loin du froid, loin de la solitude... Après avoir frotté timidement sa tête contre les jambes de Hyacinthe, Mowgli murmura précautionneusement :


"J... Jolie niche... comme... Hya ! Hya joli ! Hya gentil !"

L'enfant sauvage laissa échapper un bâillement. Il se blottit aux pieds de l'artiste, se recroquevillant sur lui-même. Il eut à peine le temps de glisser le doudou à ses lèvres et de s'enrouler dans la couverture que, déjà, il s'endormait, laissant échapper un faible ronflement, affichant une expression sereine et un sourire sincère. Dormir aux pieds de Hya, c'était le plus beau cadeau du monde...
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MessageSujet: Re: spark in the dark. △ the doggie & the crow   2014-08-02, 03:59


   Braver l'interdit pour son bonheur ne m'effraie guère et lorsque je sens l'appuie de sa petite tête blonde contre mon cœur, je ne peux pas me résoudre à abandonner l'idée de le cajoler. Jamais je n'ai apprécier quelqu'un autant que l'enfant sauvage et même si quelques fois cette relation me laisse perplexe et me rend nerveux, je ne peux pas le laisser vivre tant d'horreurs. Je ne sais pas ce qu'il a vécu avant de venir ici, dans ce cirque miteux mais en aucun cas je ne laisserais qui que ce soit lui faire de nouveau subir brimades, douleurs et coups. Je ne dormirais plus de la nuit s'il souhaite que je veille devant sa niche, évitant que les cauchemars et les ombres ne viennent à l'effrayer. Je me battrais corps et âme avec le dresseur pour que celui-ci le laisse enfin libre. Qu'importe ce que cela me coûtera physiquement ou moralement. Mes doigts courent dans ses cheveux blonds et je dépose un baisé sur son front. Une promesse doit être tenue. Je tiendrais les miennes.

   Bien sûr je pourrais avoir peur de l'emmener dans mon nid, peur qu'il s'approprie le lieu où qu'il en fasse un dépotoir en voulant jouer avec la décoration mais tout cela ne me traversa l'esprit qu'une demi seconde. J'ai confiance en Mowgli. Je sais aussi qu'il faut qu'il fasse des bêtises pour que je lui apprenne ce qui est bien, mal, ce qui se fait ou non. Ce qui est humain et animal. Pour qu'un jour, il devienne un homme digne de ce nom. Un de nous tous. Prenant la couverture pour la poser sur le haut de son crâne - de manière à le réchauffer et à le dissimuler des artistes qui par le bruit de nos pas nous épieront à la fenêtre - oubliant la niche de l'enfant et tout ce qu'elle représente, je m'empresse de nous mener à mon nid.

   Assis sur le matelas, ôtant mes chaussures pour les faire passer sous le lit et ainsi libérer un peu d'espace, j'accueille fièrement Mowgli dans mes bras. Caressant tendrement son dos en laissant son visage se poser sur mes cuisses maigres. Mes mains courant sur sa peau jusqu'à ce qu'il trouve le sol plus confortable que le matelas. Profitant de son demi sommeil, je m'empresse de retirer un maximum de mes vêtements. Ne supportant pas de dormir trop vêtu, ne gardant qu'un sous-vêtement sombre avant de m'accroupir face à l'enfant sauvage. Caressant son dos à nouveau alors que je murmure son prénom. « Mowgli. » Espérant qu'il soit dans un semi sommeil, que je puisse le faire monter sur le matelas. Néanmoins rapidement je comprends que la fatigue de sa journée et de notre soirée l'a anéanti, qu'il souhaite simplement reprendre des forces. Mes mains glissent sous ses bras et sous ses jambes pour le blottir dans mes bras. Enjambant le bois du lit pour pouvoir le poser sur le matelas.

   Sa frimousse apaisé et son léger sourire aux coins des lèvres me réchauffe le cœur alors que je le couvre d'un drapeau irlandais. Surement que je ne vais pas dormir, préoccupé par le fait qu'il prenne des forces, qu'il apprécie d'être ici. Silencieux, je pose ma joue sur un oreiller et ma main sur une des siennes, avide d'avoir un contact avec lui. Observant ses mèches blondes bouclées et son torse qui se gonfle et se dégonfle prouvant sa respiration calme et profonde. Ce soir je pense l'avoir rendu heureux et le cœur en joie, je clos mes paupières pour profiter à mon tour de tout ce bonheur.





 

   
THE END


 
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