Les ragots
du cirque

UN CLIENT Naïa? C'est une âme noire! Une tentatrice! Elle veut notre argent... Et lorsque nous serons dépouillés, elle voudra notre mal! Je le sais... Elle se dit magicienne, mais c'est une sorcière! Un amoureuse de Satan! Et toutes les sorcières sont impures! Ne vous laissez pas séduire par ses yeux de braise, et méfiez-vous de son emprise! Il n'y a qu'une démente qui peut jouer avec l'eau ainsi!
UN DOMPTEUR On dit qu'elle est une sauvageonne! Abandonnée depuis la naissance qui se serait fait élevé par un meute de loup. Pas étonnant qu'elle semble autant dérangée...
THERESA DITE FLEISH Zhuang est très anormal. Il pense très différemment des humains si nous établissons une moyenne. Ce qui fait en sorte qu'il y a des chances qu'il ne soit pas humain. C'est logique. Mais il sait faire de la violence alors il est peut-être humain.
LE LIVREUR DE VIANDE Larry, mon collègue, a disparu récemment... Après avoir vu chacun des artistes en scène, je soupçonne celle qu'on appel la Dummy Puppet. Mais oui! Jouer à la stupide et stoïque est le meilleur moyen de ''prouver'' l'innocence! Mais ses yeux inspirent la mort... Je le vois!
UN CLIENT Non mais c'est quoi ces deux tarées?! Espèces de folles!! Je les ai vu, moi, s'évader de l'asile psychiatrique!! Avec du sang sur leurs vêtements... Comment elles ont pu?! Et avec un air de s'en foutre à la con! Je les reconnais!! Oui, une clown avec un parapluie et une autre avec une perruque rose! Si vous voulez mon avis, elles devraient retourner en psychiatrie! C'est là qu'elles appartiennent, pas au cirque!
UN FORAIN MAL INTENTIONNÉ Oui, oui! Un frère, et sa soeur, dans la même caravane! Puis sa soeur a disparue... Tu parles, ouais! C'est clair qu'il s'en ai débarrassée dès qu'il s'est aperçu que Maître Todd laissait sa soeur plus longtemps sur scène que lui, le salaud! Il se fait appeler Prométhéus! Tenez-vous loin de lui, surtout...
UN CUISINIER Cette petite garce aime bien se faire enculer, haha! En tout cas, apparemment qu'elle peut pas dire le contraire... Bin non, elle est muette! Elle traîne beaucoup avec une petite fille... Une vrai salope, je te dis!
CHARLOTTE WEISS Je ne lui fais pas du tout confiance à cette... Ravenna. Je l'ai vue, l'autre jour, et elle... Elle avait un poignard dissimulé sous sa jupe, à sa cuisse! Pourquoi traîner une telle arme en sachant que l'air du cirque est sécuritaire pour tous ses employés? Et aussi... Je l'ai vu, la nuit, rôder en présence d'une amuseur publique... Elle ne me dit rien qui vaille.
∎ Notre chouchou du mois !!
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 Hell is living with you. ∆ Curtis.

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MessageSujet: Hell is living with you. ∆ Curtis.   2014-10-02, 03:38


La pluie londonienne dégouline à flot sur le chapiteau, faisant rouler quelques vagues humides jusqu'au sol boueux bientôt malmenés par les pas pressés des forains. Certains s'empressent de démonter les stands de friandises pour les mettre à l'abri, sans penser que la nourriture qu'elle contient est déjà gorgée de boue et donc bonne à jeter. D'autres ramènent les bêtes féroces des dompteurs qui ont préférés se mettre à l'abri que ramener leurs précieux compagnons à leurs cages dégueulasses. Les artistes ont préférés s'emmitoufler dans leurs tentes ou caravanes, espérant que le temps se calme pour pouvoir répéter leurs numéros et être bons pour ce soir. Mais le spectacle n'aura pas lieu. Jamais les clients ne se déplaceront s'ils doivent marcher dans le crottin humide et sous les effluves de nourriture avariée. Ce soir le cirque serait vide.

D'un pas nonchalant, je parcoure les cages n'ayant jamais prit le temps d'observer les quelques spécimens que nous avons ici. Quelques fauves, des oiseaux et une espèce de singe aigri. Pressant mes doigts contre des barreaux, le contact froid du métal me fait frémir et un instant mon regard se perd dans celui d'un loup amorphe. Et le temps m'échappe, même le son de la pluie qui tambourine sur les cages ne me parvient plus. Pourtant dans mon dos, les forains s'activent encore et même si l'un d'eux lance une injure à mon égard, rien ne transperce mon cerveau. Tout est bien trop calme.

Relâchant les barreaux pour tirer négligemment sur le collant noir troué que je porte et qui cache tant bien que mal mes jambes maigres, je reprends mes cents pas entre les cages. Regardant plus ou moins face à moi. Pensant que de toute manière personne ne viendrait ici en ce temps mélancolique. Quittant les cages pour revenir sous la pluie, pensant qu'il serait peut être temps de changer de lieu pour divaguer et revenir sur mes pensées, un violent frisson me parcoure alors qu'en plus de mes pas s'ajoutent ceux d'un inconnu. Cette démarche, cet air frais lorsqu'il approche... je n'ose donner le nom qui me vient en tête à cette personne, croisant mes bras contre mon corset en abaissant le regard sur mes news rocks boueuses. Presque comme un enfant conscient d'avoir fait une bêtise.
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MessageSujet: Re: Hell is living with you. ∆ Curtis.   2014-10-02, 08:41

Avec cette pluie dégueulasse, toute la population présente est rapidement mobilisée pour plier, ranger. La pluie, soudaine, intense et froide comme en automne était l'origine d'une cacophonie, d'un bordel. De gens qui glissent dans la boue. De chemises transparentes.
Curtis s'était joint à un groupes d'hommes qui embarquaient à plusieurs les charges les plus volumineuses et les plus lourdes. Sur un retour, apercevant the Crow lascif près des cages plutôt que travailler avec nous autres, ils s'étaient grassement foutus de lui. Ailleurs, la chaîne s'organisait. Le temps d'un bon quart d'heure, tout avait été dégagé comme une rave party au retentissement de la sirène de police.
Seuls les kioskes fermés et tristes demeuraient, comme émergeant de la boue. Les gens qui repartaient vers les loges s'y enfonçaient à chaque pas. Tout le monde était sale et trempé. Le bruit tambourinant de la pluie sur le chapiteau couvrait celui des conversations éparses. Tout était calme. Si un cliché avait été pris à ce moment là, on aurait dit, c'est mort.

Quand l'Ecorcheur quitta le chapiteau après y avoir réglé une affaire personnelle, quelle ne fût pas la belle occasion. Seul, traversant le terrain, the Crow. La dégaine habituelle ... Sans accélérer, Curtis commença à le suivre. Bien sûr ils allaient dans la même direction, mais il le suivait à la trace, marchant dans ses pas.

Sentant qu'il l'a senti, il l'interpelle : "Weirdo !"

Il le rattrape. Lui même est couvert de boue et ses vêtements lui collent à la peau. Les cheveux en arrière, ruisselant. Il le pousse d'une main dans le dos en arrivant derrière lui, comme pour le faire avancer.

"Tu te tapais encore le singe ? Sale garce, va ..."

Le dépassant, il croise son regard.

"Tu me débectes."
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MessageSujet: Re: Hell is living with you. ∆ Curtis.   2014-10-02, 09:17


Cette voix grave qui fait durcir le sang comme le venin d'un serpent sauvage. C'est à la fois comme si un air frais venait cristalliser mes cordes vocales. Je sens la peur et le plaisir se mêlait. Étrange sensation. Un sourire étire mes lèvres peintes de rouge sombre alors que sa main pousse mon omoplate. Un léger courant électrique me traverse. Bientôt un mois qu'il n'était pas venu m'embêter de ses taquineries, de ses mots désagréables et de ses tapes qui me donnent l'impression que mon corps entier peut être brisé sous sa force germaine. Avancant d'un pas obligé, je relève mon regard vairon sur son vidage dur et carré. Un sourire aux lèvres, relâchant mon torse pour laisser mes bras pendre le long de mon corps. « Tu m'a beaucoup manqué. » répondis-je simplement suite à sa nouvelle provocation.

Avançant encore de quelque pas, sentant la boue s'enfoncer sous le poids des chaussures. Les bulles d'eau éclater et remonter grignoter le collant troué qui était au départ immaculé. Contournant la ligne droite pré-établie au préalable par mes pas, j'accepte de repartir sous la pluie et d'être à la même hauteur que L’Écorcheur. Face à lui. En défi. « Puisque je ne peux pas te toucher, je dois bien faire passer mes pulsions ailleurs. » et cela signifiait donc que oui, le singe a dû être mon jouet sexuel du soir.

Passant une main dans mes mèches noires, mon regard ne quitte plus celui de l'amuseur public. Par défi comme pour voir jusqu'où il peut continuer ses méchancetés qui m'ont manqués. Comme une victime de gourou, j'ai presque besoin de cette dose. Comme un drogué en manque de came.
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MessageSujet: Re: Hell is living with you. ∆ Curtis.   2014-10-02, 10:17

Le temps est donc à profiter du temps. Des retrouvailles. Sous la pluie. Ca a quelque chose de très poétique, et Curtis n'a jamais été insensible à l'art.

Tu m'as beaucoup manqué.

Confiant the Crow se positionne même face à lui. La bonne place pour le genre de conversation qu'ils ont habituellement. Hyacinthe réclame sa nourriture. Ce comportement, cette soumission à l'humiliation et à la douleur laisse depuis toujours l'Ecorcheur perplexe. Lui qui a - toujours - torturé et tué, des milliers de personnes passées par ses interrogatoires, sous ses nombreux instruments de torture, est particulièrement conscient que les êtres vivants normalement constitués fuient ces situations. La peur de la souffrance et de la mort dépasse leur raisonnement et leur instinct prend le dessus. Ils n'ont plus besoin d'écouter leur réflexion, leur corps les emmène de lui même loin du danger.

The Crow est un jouet cassé. On y a trop joué.

"Te voilà bien avisé car si tu osais, je te couperais la bite à raz."

Curtis fixe le fond de ses iris dépareillés. Avec un sourire narquois.  Pour lui ce n'est qu'un cinglé de plus dans la marée de moisissure qui règne ici. Quant au plaisir qu'il a pu prendre à le malmener, celui du Crow à en redemander a tari l'Ecorcheur. Remontant son pantalon qui tombe avec le poids de l'eau et de la boue, il extirpe ses pieds dans un bruit de succion et se remet en marche, contournant tranquillement the Crow. Quelques mètres plus loin, sans se retourner, il l'appelle de nouveau.

"Tu viens ? Reste pas planté là."

Quelques mètres plus loin, ils marchaient côte à côté ou presque. En silence. Situation inédite entre ces deux vieux camarade de vice.

"Cela dit, je vois ce que tu veux dire ...", sur le ton de la conversation. Trop normal, et ça ne présage jamais rien de sain chez l'Ecorcheur.  Il laisse planer un certain temps. Le temps de marcher dans la boue. "J'ai moi même l'ambition de me soulager avec l'enfant sauvage, comme c'est encore lui le plus propre ici ..."
Bien sûr une telle intrusion sexuelle, sur un être comme ce garçon, serait contraire à l'éthique de Curtis. Il est évident qu'il n'en est rien. Pas de cette façon là, en tout cas.
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MessageSujet: Re: Hell is living with you. ∆ Curtis.   2014-10-02, 11:09


Tous les mots prononcés par l’Écorcheur sont à prendre avec des pincettes et le silence qui règne entre chacune de nos répliques prouve cela. Rapidement je tente d'analyser tout cela pour ne pas sombrer dans des émotions qui n'ont pas lieu d'être. Bien sûr tout comme lui je ne suis pas quelqu'un de très souriant ou qui pleure pour un rien, je crois même que depuis ma défenestration, aucune larme n'a coulé le long de mes joues car tout cela ne sert à rien. Cependant il doit me connaître suffisamment pour savoir quoi attaquer, quels gestes, quelle posture prendre pour me mettre dans des états lamentables perdu entre la peur et la mélancolie. Car avec Curtis cette relation n'est pas nouvelle. Et bien qu'elle soit aussi douloureuse que fructueuse, elle est nécessaire. La soumission à son charisme. Quelques fois j'ai voulu prendre le dessus mais me suis résigné. Parce que dans toute sa violence et sa démesure, je tente d'en savoir davantage sur moi même, mes émotions et ma vie en générale. C'est comme une thérapie. Par la haine. Après tout, je dois représenter tout ce qu'il déteste ; l'androgynie, l'homosexualité et peut être autre chose. Je dois être un gros point noir dans sa vie mais lui aussi doit y trouver quelque chose de positif puisqu'il ne semble pas pouvoir se résigner à m'abandonner à mon sort. Parce qu'au fond, peut être que l'on a besoin l'un de l'autre plus qu'on ne le croit.

Le vent se lève et s'engouffre contre ma peau à moitié nue et alors qu'il avance à grands pas, remuant la boue qui vient salir son pantalon trempé, je reviens à sa suite après avoir eu un instant d’égarement. Après quelques pas, je reviens à sa hauteur mais laisse deux pas d'écarts entre nous. Presque par habitude de ne pas toujours être à sa hauteur. L'esclave n'est pas au même rang que le maître. Quittant le cœur du cirque, les forains et autres artistes, nous ne tarderons pas à nous retrouver seul dans un coin perdu. Boueux. Un endroit où personne ne pourra nous entendre parler. Ou crier. Et c'est là que la peur commence à apparaître mais je tente de la tasser au fond de mon estomac. Ses mots heurtent mon oreille et posant un regard vitreux sur son allure filiforme mais musclée, je laisse ma voix se faire entendre. Grave mais bien moins que la sienne. « Jamais tu n'auras l'audace d'y aller. » et remettre son courage en doute n'est peut être pas la meilleure chose à faire. Pourtant jamais il n'ira demander pareil horreur à ce pauvre enfant. Parce que son dresseur ne le laissera pas s'approcher, parce qu'il n'a pas la clé pour le faire sortir des barreaux et l'emmener dans un coin plus intime. « Trouves un autre argument pour m'atteindre. » concluais-je simplement en passant devant lui.

Observant cet endroit presque inconnu mais aussi sale que plus bas, posant une main sur un rocher pour sentir qu'ici même il fait bien plus frais. Nous ne sommes pas bien loin mais d'ici le cirque semble si loin. Le chapiteau un peu plus petit. Tourné vers celui-ci, dos à l’Écorcheur, je frotte longuement mes bras nus tatoués. Ici tout peut se dérouler sans que personne ne soit au courant ...
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MessageSujet: Re: Hell is living with you. ∆ Curtis.   2014-10-02, 11:37

Curtis était calme. Marchant toujours sans se presser tandis que devant eux les forains disparaissaient au compte goutte à l'angle des caravanes. Il était calme et il observait, dans l'attente de récolter un peu la verve de cette grande tante.

Jamais tu n'auras l'audace d'y aller. Son sourire carnassier le défigure, tandis qu'il s'arrête et se tourne pour voir Hyacinthe. "...Ah bon ?"
Le ton est amusé et ses bras croisés contiennent son torse gonflé.

Trouve un autre argument pour m'atteindre.

Cette lueur dans ses yeux est plus visible encore, maintenant qu'il sent qu'il va enfin pouvoir obtenir autre chose. Il ne saurait pas prédire les réactions du Crow lorsqu'il l'aura vraiment poussé dans ses retranchements, et ces nouveaux paramètres, cette capacité de conviction déployée à autre chose que l'autodestruction lui redonnent un intérêt nouveau, et plus profond peut être, pour cet individu qu'il méprise.
Sans un mot, il s'approche de lui. Il s'arrête lorsqu'ils sont côte à côté et comme lui, son regard est tourné vers le cirque.

"C'est vrai. Tu as raison ... Hyacinthe." Il prononce son nom avec un certain sacre, comme celui d'un vieil ami.
"Tu me connais si bien. Jamais je ne pourrai m'abaisser à m'enjailler avec un animal."
Il ne bouge pas, toujours droit, toujours à côté de l'acrobate et un faux air rêveur, le regard perdu sur la toile du chapiteau au loin.
"Cela dit je n'éprouverai aucune difficulté à tirer une balle entre les deux yeux de cette pauvre bête. Abréger cette vie pathétique, de souffrance ... Les gens rient de lui. Ou pire encore, ils en ont pitié ... Il est temps de lui rendre sa liberté, tu ne crois pas, Hyacinthe ... ?"
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MessageSujet: Re: Hell is living with you. ∆ Curtis.   2014-10-02, 11:57


    Curtis est comme un animal, il faut lui donner de la nourriture pour qu'il vive pleinement et certains de mes mots doivent agir comme de la viande pour lui. Je le nourris pour qu'il me détruise. Pour qu'il réfléchisse et trouve la faille. A moi ensuite de prendre le dessus. Notre bataille n'est pour le moment que verbale mais c'est comme un échauffement. Bien sûr que nous risquons d'en venir un peu aux mains. Sentir ses doigts puissants serrer ma peau et laisser une trace bleuâtre qui mettra des mois à partir, qui sera douloureuse chaque soir et me rappellera combien je le hais. J'en ai presque hâte. Et lorsqu'il se place à mes côtés, je n'ai aucun mouvement de recul car les coups en traitre sont interdits. Nous sommes des hommes, des vrais et nous nous faisons mal en face à face. Ces mots ne me laissent pas de marbre et contenant toute l’animosité qui grandit, je reste impeccablement neutre. Le regard vitreux. Néanmoins dans la provocation, j'ose tourner un regard vers lui et approcher mes lèvres maquillées de son oreille. « Allons Curtis. Toi qui a torturé des milliers de personnes sans intérêt, ne t'abaisses pas à tuer de sang froid. » car la torture est plus belle que la mort.

    Glissant une main contre son bras jusqu'à son coude tout en avançant à nouveau dans la boue, mes doigts détectent non sans crainte la force herculéenne de son corps. Un bloc de marbre germain. Un homme taillé pour la violence. Et bien que je tente d'oublier un instant ces mots précédents, il est sûr que ce soir j'irais dormir aux côtés de l'enfant sauvage. Car avec L’Écorcheur rien n'est jamais sûr. Ses mots qui semblent si faux peuvent sonner si vrai et ne pas le paraître. Prenant place sur un de ses nombreux rochers aussi froid que le cœur de Curtis, mes yeux vairons parcoure sa silhouette alors que je pince mes lèvres. « Ne t'abandonne pas à des choses qui ne sont pas toi. Tu es né pour torturer, malmener et non tuer de sang froid. Tu sais très bien que le sang me fera d'autant plus peur qu'il m'excitera alors si tu veux faire du mal à ceux qui m'entourent, fais jaillir le sang. » et bien sûr ce serait lui donner une piste. Curtis est bien plus intelligent que cela et jamais il ne suivra mes conseils à la lettre.

    Néanmoins ces mots ne me laissent pas de marbre et même si je ne souhaite pas lui prouver par des mimiques faciales ou une voix tremblante, quelque chose à le don de me trahir. Du bout des ongles, je gratte nerveusement mon avant bras. Sans m'en rendre compte. Comme un tique. Faisant sauter la couverture de certaines cicatrices pour que ma peau devienne rouge rubis et que l'hémoglobine suive. Décidément, il aura le don de me rendre fou.
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MessageSujet: Re: Hell is living with you. ∆ Curtis.   2014-10-02, 16:27

Curtis était disponible, à cet instant là. Dans cette sorte de conversation, aussi malsaine soit elle, il se passait quelque chose de plus que d'habitude. Curtis avait laissé de la place à Hyacinthe, et il le pensait libre de pouvoir s'exprimer. Il put sentir le souffle de chaque consonne dans le creux de son oreille, cette sensation rare dans sa vie lui procura du plaisir, du plaisir dans sa haine. The Crow savait que Curtis ne le prendrait pas en traître. Ce n'était pas son style. Il ne virerait pas d'un coup. C'était quand même quelqu'un de constant. Et il n'aimait pas, ne laisser aucune chance à sa proie.

L'enfant sauvage n'était pas une proie. Ce n'était qu'un outil.

"Tu crois pouvoir me persuader ... ?"

Il chercha son regard, l'espace de trois secondes. Jusqu'à ce qu'il sente le frôlement sur son bras. Epiderme surpris. Interprétation de sa moelle épinière. Son trouble fugace, le temps d'un battement de cil, la sensation présente au simple fait de s'en souvenir, le dérangeront longtemps.
Alors que Hyacinthe s'éloigne, Curtis continue de le voir et lui rappelle :

"Tu crois que je n'ai fait que ça ... ? Torturer ?"

Le regard tourné vers l'intérieur, il soupire. Nostalgique.

"La torture n'est que ma spécialisation, mon cher ami. Et tu ne sauras jamais jusqu'où je suis capable d'aller, car tu me supplierais de te finir bien avant que je frôle mes limites."


La pluie ne cesse ni ne faiblit, et en disant ces mots Curtis s'est approché lentement de Hyacinthe. Désormais en face de lui, qui est sur son rocher, il plante ses yeux d'acier dans les siens et s'incline jusqu'à présenter son visage devant le sien, si proche qu'il peut sentir le souffle de sa respiration.

"Tu ne parviendrais même pas à torturer ton pire ennemi si auparavant, tu n'avais jamais pris de nombreuses vies humaines, de sang froid.". Il le saisit par la mâchoire, serrée entre ses doigts, et le force à regarder en direction du chapiteau. Il lui susurre dans l'oreille : "Je n'aurai aucun remord lorsque je tuerai ton protégé, quand tu ne t'y attendras plus. Même chose pour chaque nouvel ami pervers de ton espèce que tu pourras te faire ici."
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MessageSujet: Re: Hell is living with you. ∆ Curtis.   2014-10-02, 16:49


Aujourd'hui étrangement aucun de nous deux ne domine la situation et j'en profite pour creuser ma place, espérant peut être déstabiliser l'homme qui me fait face. L’Écorcheur qui me plaît autant qu'il m'effraie. L'homme pour qui j'accepterais de tout faire sans pour autant tout subir. Ce qui est le plus difficile avec Curtis c'est que ses réactions sont lentes, méthodiques et donc tout ce que l'on imagine comme possibilité n'a jamais lieu. Il est bien plus difficile à comprendre qu'il n'en a l'apparence. L'idée qu'il m'a énoncée de s'en prendre à l'enfant sauvage s’avérera surement fausse mais il fera bien plus. Bien plus douloureux. Sa voix grave me fait toujours frémir et malgré qu'il soit d'un calme plat, quelque chose change. Dos à lui un instant, la tension semble monter et un pincement de lèvres me laisse un brin angoissé.

Et s'il n'en était qu'à un pourcentage de sa violence, quelles seraient les conséquences si je venais à le faire passer à une dizaine de pourcentage. Tout simplement en le poussant un peu à bout, en jouant bien trop la provocation. La peur et le plaisir se mêle encore. Mourir sous les coups. Ce serait un cauchemar revisité. La pluie redouble d'efforts et le visage trempé, les cheveux collant à ma nuque maigre, la scène prend des airs dramatiques. Les doigts d'acier de l'homme appuient sur mes mâchoires, entre ouvrant mes lèvres desquelles s'échappe un léger soupire. Semblable à un gémissement étouffé. Mon regard vairon observe longuement le chapiteau bariolé qui reste visible malgré la brume. Plissant les paupières, je glisse une main sur celle de l'homme, parcourant ses doigts jusqu'à atteindre son pouce disposé sur ma joue droite, glissant ma langue le long de sa peau froide. Relâchant son épiderme, je repose mon œil blanc sur son visage dur, murmurant. « Et si je te considère comme un ami, tu serais obligé de te débarrasser de moi... ou de toi. » car c'est bien ce qu'il vient de dire. Il tuerait mon protégé et chaque nouvel ami que je me ferais.

Bien sûr que l'angoisse est toujours présente et un instant, je retiens difficilement un violent frisson alors que mes doigts continuent de caresser les siens. « Si tu me portes tant d'attentions, c'est que tu a quelque chose à tirer de notre relation. » concluais-je plus pour moi que pour lui. Après avoir analysé ces mots. Mes doigts glissent contre la manche de son pull, jouant longuement avec les mailles en observant inlassablement le chapiteau. L'impression étrange de me sentir seul avec lui devenant aussi oppressante que bénéfique.

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MessageSujet: Re: Hell is living with you. ∆ Curtis.   2014-10-02, 22:41

Il observe calmement son visage et l'eau qui s'écoule jusqu'à lui perler au menton, sans le lâcher.
Le contact de sa main sur la sienne le surprend d'abord, comme la légère pression sur son bras que cette nouvelle caresse lui évoque. Mais il n'y réagit pas. Si je te considère comme un ami. On pourrait presque dire qu'il apprécie sans se le cacher, dans une dimension parallèle de son hémisphère droit, mais lorsque Hyacinthe ose la caresse bucale, l'emprise de ses doigts se resserre progressivement, s'enfonçant dans ses joues au point qu'il pourrait lui compter les dents au travers de la peau.

"Ne te méprends pas, Corbeau ... Je ne suis pas ton ami."

Il le relâche dans un geste brutal et se redresse, ramenant son bras vers lui et arrachant sa manche des mains de Hyacinte. L'atmosphère autour d'eux s'alourdit minute par minute tandis que la luminosité diminue, donnant à la réalité un air opaque accentué par la pluie et la brume. A plusieurs kilomètres, le premier grondement d'un orage déchire le silence.

"Ce qui m'intéresse chez toi ... ", il a froid. "C'est de savoir que tu souffres."

Sur ces mots il se détourne, ne le quittant des yeux qu'au moment de lui tourner le dos. Sans une parole de plus, il s'en va. L'abandonnant à son sort.



[demain je poste Curtis dans sa tente. je commence à sécher ici - tu voudras me faire une visite de courtoisie ?]
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MessageSujet: Re: Hell is living with you. ∆ Curtis.   2014-10-03, 02:30



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