Les ragots
du cirque

UN CLIENT Naïa? C'est une âme noire! Une tentatrice! Elle veut notre argent... Et lorsque nous serons dépouillés, elle voudra notre mal! Je le sais... Elle se dit magicienne, mais c'est une sorcière! Un amoureuse de Satan! Et toutes les sorcières sont impures! Ne vous laissez pas séduire par ses yeux de braise, et méfiez-vous de son emprise! Il n'y a qu'une démente qui peut jouer avec l'eau ainsi!
UN DOMPTEUR On dit qu'elle est une sauvageonne! Abandonnée depuis la naissance qui se serait fait élevé par un meute de loup. Pas étonnant qu'elle semble autant dérangée...
THERESA DITE FLEISH Zhuang est très anormal. Il pense très différemment des humains si nous établissons une moyenne. Ce qui fait en sorte qu'il y a des chances qu'il ne soit pas humain. C'est logique. Mais il sait faire de la violence alors il est peut-être humain.
LE LIVREUR DE VIANDE Larry, mon collègue, a disparu récemment... Après avoir vu chacun des artistes en scène, je soupçonne celle qu'on appel la Dummy Puppet. Mais oui! Jouer à la stupide et stoïque est le meilleur moyen de ''prouver'' l'innocence! Mais ses yeux inspirent la mort... Je le vois!
UN CLIENT Non mais c'est quoi ces deux tarées?! Espèces de folles!! Je les ai vu, moi, s'évader de l'asile psychiatrique!! Avec du sang sur leurs vêtements... Comment elles ont pu?! Et avec un air de s'en foutre à la con! Je les reconnais!! Oui, une clown avec un parapluie et une autre avec une perruque rose! Si vous voulez mon avis, elles devraient retourner en psychiatrie! C'est là qu'elles appartiennent, pas au cirque!
UN FORAIN MAL INTENTIONNÉ Oui, oui! Un frère, et sa soeur, dans la même caravane! Puis sa soeur a disparue... Tu parles, ouais! C'est clair qu'il s'en ai débarrassée dès qu'il s'est aperçu que Maître Todd laissait sa soeur plus longtemps sur scène que lui, le salaud! Il se fait appeler Prométhéus! Tenez-vous loin de lui, surtout...
UN CUISINIER Cette petite garce aime bien se faire enculer, haha! En tout cas, apparemment qu'elle peut pas dire le contraire... Bin non, elle est muette! Elle traîne beaucoup avec une petite fille... Une vrai salope, je te dis!
CHARLOTTE WEISS Je ne lui fais pas du tout confiance à cette... Ravenna. Je l'ai vue, l'autre jour, et elle... Elle avait un poignard dissimulé sous sa jupe, à sa cuisse! Pourquoi traîner une telle arme en sachant que l'air du cirque est sécuritaire pour tous ses employés? Et aussi... Je l'ai vu, la nuit, rôder en présence d'une amuseur publique... Elle ne me dit rien qui vaille.
∎ Notre chouchou du mois !!
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 les épaves de quelques cervelles | bonnie

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MessageSujet: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2014-10-21, 20:18


les épaves de quelques cervelles


Concerto B Minor } Camille Saint-Saëns

L'asile était énorme et majestueux; deux grandes portes se dressaient devant nous, prête à s'ouvrir la gueule et nous avaler tout rond.

Le temps était gris, comme il était toujours gris à Londres de notre époque. Les corneilles s'étaient tues pour ne laisser que les battements d'ailes parler au dessus des tours de croix de la place. Tout ce qui séparait Bonnie, moi et l'entrée de ce festin de démence était un grillage à saveur de barbelées et quelques gardes qui nous ignoraient plus que je pouvais les ignorer même. L'odeur était charognard, et je me demandai si la fiente était parfum de coutume dans ces endroits du Diable. La mémoire olfactive est la plus importante des mémoires, la plus forte, surtout. En effet, des études [réf. souhaitée] ont mené au constat qu'une odeur, bien qu'on n'ait pas pris conscience de cette odeur, reste enregistrée pour toute ou presque toute sa vie. C'est ce que j'eus lu dans un livre de Marcel Proust.

Ma main tremblait si fortement que je craignais que mes nerfs eurent lâchés. Et quand les nerfs lâchent, il n'y a plus rien à espérer. C'est ce que j'eus appris, là-bas, dans cet endroit infesté des pires sensations, des pires horreurs. Et le simple haut-le-cœur que m'apporte la cheminée épuisée de la bâtisse me rappelle des sévices terribles; des tontes, des piques à glace, des camisoles de force, des rasoirs, des aiguilles, des aiguilles, des aiguilles, des aiguilles

- ...des aiguilles, des aiguilles, des aiguilles...

et tout ce qui pourrait leur donner la chance d'exister. Comme les psychiatres, par exemple. Les psychiatres sont des monstres sans pitié, nul doute n'est émis à ce propos. Les sœurs, par exemple, les nones sont bonnes. Elles ne touchent d'aucun physique et parlent de la bonne parole: celle de Dieu. Celle pour les abrutis ou les désemparés, ce que j'eux été pendant trop d'années derrière les murs en coussin de la chambre blanche. Mes rétines sont encore éraflées.

Et je pensai à ces souvenirs qui sont encore flous et qui crient encore dans mes tympans. C'est une angoisse pour moi d'avoir oublié tant d'années de ma vie, et d'en avoir que des bribes. Je préférais pouvoir répertorier le calendrier de ma vie par dates et heures plutôt que de l'estimer au décimal près. Je détestais les décimales en plus. Mes dents se serraient les unes contre les autres et je fixais l'endroit avec parcimonie de mes globes entièrement écarquillés. C'était absurde, complètement absurde, mais je regardais par dessus mon épaule et je ne voyais aucune trace. J'avais beau me concentrer, je ne me rappelais pas d'avoir quitté le cirque pour mettre les pieds devant cet endroit. Ou sinon je m'en souvenais à peine.

C'était absurde. Complètement absurde. Jamais je n'avais eut de perte de mémoire passagère depuis mon échappatoire de l'Enfer. Était-ce un rêve? Non, je ne rêvais jamais. Et Bonnie était bien présente, à ma droite. Je devenais folle? Peut-être. Je détestais les «peut-être», aussi. Peut-être Miss. Grumpy savait de quelle manière on avait atterrit ici? Je ne lui demandai pourtant pas. Comme si c'était d'évidence qu'elle répondrait négation. Je l'observai un moment, incertaine pour une rare fois de ma vie. Et il y eut ce grincement qui me retira toute notion de lucidité. Un grincement horrible, accompagné du brouillard qui bouffait nos talons. C'était le portail qui s'ouvrait tranquillement, comme si le vent l'aurait poussé. Le vent ne pouvait pousser un tel métal. Alors je conclus qu'on nous prenait pour des visiteurs et qu'on nous ouvrait poliment l'entrée. Nous n'avions aucune carte de visiteur, ou d'habit quelconque du typique visiteur. Je portais une perruque encombrante et rose telle la barbe à papa sur un habit de bouffon extravagant. Si on ne nous prenait pas pour des membres d'un cirque, on nous prendrait pour des fous. Ce qui me terrorisa; on voulait nous interner.

Je replaçai le chapeau à pointes et grelots sur le sommet de mon crâne dans un retentissement aiguë et agressant. Je devrais vraiment me débarrasser de cette horreur. Peut-être l'on me forçait à la porter comme châtiment. Si je le détruisais, il n'y aurait plus rien à porter et mon problème serait réglé.

- On devrait rentrer? je demandai d'un voix si infime que je me tâtai à la dicter une fois de plus pour être certaine que la clown entendrait.

Non, bien sûre que non. On ne devrait pas entrer. C'était un endroit horrible. Mais, nous étions devant la place et la porte s'était ouverte à nous. Alors, techniquement, nous devions y entrer.

C'était à cause des circonstances, nous n'avions trop le choix.




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Miss. Grumpy


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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2014-10-26, 11:46

« Nous ne savons plus quoi faire d’elle monsieur… »

La vieille nonne, désemparée, est devant un homme près d’un grillage noir. Il faisait froid, quelques flocons de neige tombaient calmement sur le sol dallé de l’entrée d’une des plus grandes maisons de fous de l’Allemagne. Celui-ci ne bronche pas devant la religieuse, la dominant en hauteur.

« Nous avons prié le Seigneur, on lui a fait prier le Seigneur mais elle n’arrête jamais. J’ai peine à croire que cette enfant est définitivement perdue à jamais… »

Un discret sourire se dessine sur le visage de monsieur.

« Vous êtes au bon endroit alors, ma soeur, notre institution est réputée pour être à la pointe de la technologie en matière de soin aux troubles mentaux et à la recherche. »

Soudainement, le visage de la vielle femme se renfrogne.

« La foi est le meilleur remède. Je vous avoue être sceptique quant aux nouvelles méthodes. »

« Vous n’avez rien à craindre, Dieu nous a seulement munis d’outils plus performants pour aider nos patients sous de mauvaises emprises. Vous voulez peut-être visiter pour en avoir le cœur net ? »

« Je suis impatiente de voir ça. »


***

L’asile est grand. Très grand même. Bonnie a de la difficulté à baisser la tête alors que celle-ci se lève pour observer tous les détails de cet édifice. Son cou lui fait presque mal à force de rester dans cette position. Le ciel est gris, nuageux et terriblement laid. On voit à peine le soleil et la demoiselle se demande bien comment la lumière a faite pour passer avec tout ce gaz, cette pollution. Puis, en ayant assez, elle détourne son regard du haut et le pose sur sa compagne. Elle tremble et n’a pas l’air d’aller bien. Perplexe, Miss. Grumpy se demande en quoi ce bâtiment, cette maison de fous, peut causer de telles réactions chez son amie. Celle-ci est si calme habituellement. Enfin, si on veut. Quant à elle, rien qui change de l’habitude l’envahie si ce n’est qu’un sentiment de nostalgie indescriptible autant qu’incompréhensible. Cela dit, les mouvements de Fleish ne la rendent pas indifférente. Si elle réagit ainsi, c’est qu’il doit y avoir une très bonne raison. Peut-être que ça lui rappelle de mauvais souvenirs, par conséquent elle aussi est prise d’une sorte de nostalgie, pense la femme clownesque. C’est une idée comme une autre.

Theresa marmonne. Aiguille... aiguille... Elle a la phobie des aiguilles ? C'est une peur, qui sur le moment, lui a paru tout à fait sensée. Après tout, il n'y a rien d'agréable à ce qu'un morceau pointu d'une matière quelconque érafle la peau ou la transperce. Encore les morsures donnent des chocs électriques que Bonnie qualifie d'agréables, il n'y a rien d'amusant aux aiguilles. Pourtant, elle a eu affaire à ce genre d'outils lorsqu'elle était infirmière. Enfin, elle suppose... De toute manière, ce n'est pas important. La femme se dit qu'elles auront juste à éviter ces bouts pointus, question d'éviter d'éventuelles paniques de la part de sa compagne.

Par ailleurs, pourquoi est-elle ici ? Par quelle magie noire s’était-elle retrouvée en dehors du cirque sans autorisation ? C’est mal. Très mal. Pourtant, lorsqu’elle observe l’environnement derrière elle, il n’y a qu’un brouillard épais et gris. Comment retrouver la maison dans de telles conditions ? Ne pas être au cirque l’agace, elle fronce les sourcils. En se retournant vers l’hôpital psychiatre, Miss. Grumpy constate qu’il vaut mieux demander aux gens qui sont à l’intérieur des informations supplémentaires sur la localisation de l’asile. Ainsi, elle pourrait retrouver le Dark Circus. En dépit du fait qu’elle est dans son ordinaire (extraordinaire) habit de clown et qu’on la prendrait probablement pour une folle. Si cela arrive, elle compte sur Maître Todd pour venir la chercher mais encore, est-ce une bonne idée qu’il vienne ? Le patron ne serait certainement guère heureux d’apprendre la nouvelle et il est possible qu’il les laisse pourrir là. Cependant, Bonnie ne ressent aucune indignation quant à cette réflexion. Si elle n’est guère productive et est un boulet, elle ne mérite pas de protection, un point c’est tout.

La voix de Theresa retendit clairement pour la première fois depuis les évènements mystérieux qu'elle vit. Devrions-nous entrer ? Pour les deux femmes, le choix est clair. Oui. Toutefois, un non vient également collectivement en tête des deux demoiselles. C'est une émotion irrationnelle. Fish ne ressent guère de peur, ceci dit, il y a tout de même un sentiment de désapprobation qui vit. Bon sang, où cette nostalgie ira-t-elle ?

« Non. »

Elle jette un oeil derrière son dos une dernière fois avant de regarder le portail ouvert, le chemin prêt à les accueillir. Une invitation se dévoile...

« Mais nous n'avons pas le choix, je suppose... »

Elle pose son premier pied à l'avant et l'Enfer la submerge déjà.

***

Elle avance à petit pas. Elle se sent presque nue sans les étouffants vêtements des religieuses. Pour l'occasion, on l'a vêtu de vieux vêtements ni chics ni paysans, ceux-ci venant de la plus pure charité chrétienne. Dans ses bras, elle possède un sac contenant le peu d'effets personnels qu'elle possède. Ses yeux louchent de gauche à droite d'un air absent. Beatrix Fisher ne semble guère être là. Bien sûr, physiquement elle l'est mais son âme divague d'un côté ou de l'autre. Malgré la puberté causée par l'adolescence où la jeune fille est plongée, elle garde une allure qu'on pourrait qualifier d'enfantine, comme si son âme lui n'avait jamais grandi. Une nonne, chargée de s'assurer qu'elle se rend à destination, l'accompagne. Les gendarmes n'ont pas été nécessaires car elle était particulièrement tranquille aujourd'hui. Presque trop. Elle est absorbée par quelque chose, on ne sait quoi. Elle fixe ses pieds qui forment des traces dans la neige.

« Nous y voilà... »

Beatrix ne réagit point.

« Lève dont la tête un peu. »

Elle ne daigne pas d'obéir non plus. On lui donne une petite tape derrière la tête, ce qui la fait enfin sortir de son état de léthargie mentale. Ses yeux observent désormais l'asile. Perplexe, la jeune fille pose son regard vers la religieuse.

« Qu’est-ce que c’est cet endroit ? »

« Ta nouvelle maison. »

« Ne devais-je pas suivre la voie de Dieu avec vous ? »

La sœur lui tend fermement le bras gauche.

« Tu t’es égaré de son chemin dans sa propre demeure. Tu devrais t’estimer chanceuse que le Seigneur ait encore pitié de ton sort  »

Beatrix grimace lorsqu’elle aperçoit un homme l’attendant devant le portail, souriant.  
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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2014-11-07, 11:58


les épaves de quelques cervelles


C'était à cause des circonstances, nous n'avions trop le choix.

Je le savais. C'est tout. Même à cela, lorsque Bonnie me répondit par la négation, j'eus une sorte de frisson qui m'apaisa la colonne vertébrale et chacune de ses vertèbres. Pour une brève seconde. Peut-être était-ce possible d'échapper au sort. Peut-être bien des choses qui m'angoissait de ne pas connaître du bout des doigts en entier. Que pouvait-il arrivé? L'irrationnel se produisait toujours dans les hôpitaux psychiatriques. Et c'est ce qui m'effrayait. C'est ce qui allait arriver aussi. Si on entre.

Pas le choix, renchérit Miss. Grumpy. Elle avait raison. Nous n'avions, dans nos décisions, aucunement l'opportunité de rebrousser chemin. Derrière nous, les brouillards perdaient même les labyrinthe les plus sombres. Je craignais bien trop me perdre à explorer ces territoires inconnus. Ou pire; revenir à la case départ. Je claquai des dents. Ce n'était pas mon genre de m'inquiéter, et je devenais paranoïaque juste à la vue des souvenirs qui ne me manquaient pas. Et si on entrait là et qu'ils nous donnaient une douche? Il eut un clappement vif et net dans ma cervelle. J'aurais pensé qu'il s'agissait de mon système nerveux qui prenait la route.

Bonnie fit un pas vers l'avant. Alors j'en fis un. Moi qui est toujours d'enclin à guider les parades, je craignais maintenant à ce qui pourrait surgir devant nous. Étant dernière de queue, je frissonnai à penser à ce qui pourrait me mordre les talons. Le portail devant nous semblait rapetisser plus vite que nos pas le gobaient. Illusion d'optique? Anormal phénomène, du moins. Ma gorge s'assécha violemment et mes jambes tremblèrent un coup. Elle ne défaillir pas de suite. J'étais toujours aussi lucide pour contrôler mon système nerveux à la base. Lorsque la lucidité partirait, là il serait trop tard. Pourquoi pensais-je qu'il en serait inexorablement de la sorte?

Il y avait des gens d'arme qui gardent la porte sans même se soucier de tourner un menton vers nous. Peut-être nous prenaient-ils pour des visiteurs de ce foutoir. Qui voudrait guider des visiteurs dans un foutoir? Ils nous ignoraient. C'était normal. Je pris de grandes inspirations et me tentai de me calmer sans résultat convainquant. L'ombre de la place nous submergea et derrière nous les portes se battirent lourdement dan le plus fracassant des échos. Et, là, je tombai.

Le carrelage était identique. Le comptoir à onze virgule trois mètres devant nous n'avait changé. Les poutres de chaque côté et la grande escalier à l'arrière étaient identique. La secrétaire et la none à l'avant n'étaient que seul défaut à ce portrait. Et moi j'avais cinq ans. Je me sentais rapetisser. Ou l'endroit était bien plus grande qu'on pouvait le croire. Aucune réponse. Juste des angoisses. Nous marchâmes dans le corridor vers ces deux femmes au métier bien ingrat. La none priait les yeux fermés. La secrétaire tapait sans répit sur sa machine à écrire. L'ascension fut interminable. Mais nous arrivâmes à leur hauteur.

Aucun regard, aucune parole. Je claquai des dents. Habituellement, les gens regardaient, souriaient, et disaient des mots de bienvenue. Pourquoi elles ne le faisaient pas? Qu'est-ce qui se passait? Ce n'était pas normal. Qu'est-ce qu'elles allaient faire à présent? Qu'est-ce que nous devions faire? C'était inhabituel. Sueur froide dans mon échine et chacun de ses pores. Je pris le pas vif et rapide vers la sœur. Elle aurait une réponse plus convaincante que la secrétaire, j'en était certaine.

- Qu'est-ce que'on fait ici, fut effectivement ma question du ton le plus délabré qui soit. Je sentais que j'allais asphyxier.

Puis elle m'ignora. Continua à prier. C'était exactement ce que les sœurs faisaient aux patients à l'époque; elles les ignoraient lors des prières. Parce qu'on ne valait rien. Dans mon champ de vision, à l'arrière de la sœur, passa une femme. Je la regardai pour enregistrer d'instinct ce qu'elle était. Et mon regard resta coincé sur elle. J'ajustai mes cornées pour la fixer intensément les yeux écarquillés. Hanchement nonchalant, menton levé, cheveux blonds en queue de cheval et lunettes immenses sur des yeux bleus vifs. Les traits trop ronds pour son corps anguleux... Je la connaissais. C'était l'infirmière Miss Strauss. Celle qui avait traité la patientes de la chambre à côté de la mienne des années plus tôt. Je n'avais eut le temps de la voir qu'une fraction de seconde le temps qu'elle disparaisse dans un couloir. Mais j'étais certaine l'avoir reconnue.

Et le vide se créa dans ma cage thoracique. Ce n'était pas le vide, en fait. Mais plutôt le manque total d'assurance. Et je n'avais ressentit de telles immondices depuis très très longtemps. Ce fut un réflexe. Je tournai les talons et courra jusqu'à la porte de sortie. C'était impossible que je reste davantage ici. Je préférais me perdre dans le brouillard. Au pire je me perdrais tellement que j'en mourrais de faim. Ça ne me dérageait pas. Les néons du plafond étaient des flashs qui me faisaient perdre vu par leur intensité à chaque fois que je passais sous l'un d'eux. Et ma vision devenait flou, l'acouphène venait à couvrir le bruit de mon souffle haletant, de mes pas, de tout tout tout. J'atterris en trombe sur la porte et la poussai de toute mes forces. Et le pire se produisit, c'est à dire rien.

Je jetai mon regard sur le haut de la porte, sur le bas, pour y trouver un serrure ou un loquet à déverrouiller. Et je fis quelques pas de recul pour contempler la grande porte en son entièreté. Et c'est à cet instant que je réalisai que la porte avait changé d'apparence. Les dimensions du hall aussi. Rotation de cent-quatre-vingt degrés. En fais, je n'étais pas dans le grand hall. J'étais dans un corridor munit de plusieurs portes ainsi qu'un silence horrible.

Que s'était-il passé? Avais-je perdu mémoire encore? Ou peut-être n'avais-je pas fuit vers le bon sens? Et pourtant, la porte de l'entrée principale n'avait rien de subtile. Et Bonnie? Bonnie où était-elle?! J'avais perdu Bonnie?! Non... Non!! Je m'effondrai en petit bonhomme en courbant le dos, assez que mon visage se cache entre mes genoux.

Et je hurlai ma panique intérieure en froissant les yeux.





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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2014-11-08, 17:39

Il y avait quelque chose d'étrange à mener, ne serait-ce que subtilement, le groupe qui n'est composé que de deux individus dont Theresa. Bonnie ne veut pas voler la place de son amie qui agit en chef la plupart du temps. Seulement, elle pensait qu'il serait judicieux de faire le premier pas pour que la blonde se décide d'avancer. Son stratagème a fonctionné. Ceci dit, l'état de sa compagne ne s'améliore guère et ça devient inquiétant. Pourtant, Miss. Grumpy ne ressent point la même anxiété qu'elle, celle-ci arrive donc difficilement à la comprendre. Ce n'est pas son genre d'être compatissante et ça tombe bien car ce ne l'est pas non plus pour Fleish. Ceci dit, elle ne nie pas ressentir une chose bizarre remuer en son estomac, un nouveau sentiment peut-être ? Elle avait pensé à la nostalgie au départ mais dès qu'elle a pénétré dans la zone de l'asile, une nouvelle sensation a pris de l'ampleur. Elle n'était plus spectatrice mais actrice, c'est un tout autre rôle. Ou est-elle qu'une visiteuse ? Elle n'en sait rien à bien y penser...

Deux gendarmes se tiennent devant la porte de l’asile. Ceux-ci n’osent même pas leur jeter un coup d’œil. C’était comme si elles n’existaient pas, qu’elles étaient des fantômes errants, totalement invisibles. D’une certaine façon, la clown s’en réjouit. Qu’aurait été leur réaction s’ils étaient attentifs ? Perplexe et encore, c’est un euphémisme. Ensuite, il y a de quoi s’inquiéter s’ils laissent n’importe qui entrer. Ce n’est qu’un maigre détail mais mademoiselle juge bon de le retenir.

Une fois à l'intérieur, la boule qui roulait dans son estomac prenait de l'expansion. En peu de temps, son corps tout entier ressentait de la petitesse. Cette situation était déjà des plus incongrue à la base, maintenant, il y a de quoi faire des choix sur un coup de tête. Dieu sait que Bonnie peut être particulièrement dangereuse lorsque l'impulsivité se manifeste en elle. De son côté, Theresa avait plusieurs membres de son corps qui tremblaient. Instinctivement, elle regarde ses mains, ses jambes et autres pour voir s'il en était de même pour sa personne. Rien, aucun mouvement involontaire. Puis, elle scrute la cannibale une fois de plus avec l'impression qu'elle avait rajeunie. Oh pas qu'elle était vieille mais une certaine fermeté juvénile venait d'apparaître sur sa peau. C'était tout un changement car normalement, il n'était pas difficile de comparer Fleish à un cadavre ou une malade sous-alimentée. En même temps, c'est ce qui arrive lorsqu'on ne mange que de la viande crue mais Fish s'est résolue depuis belle lurette que sa compagne avait sa façon de fonctionner et qu'il en serait toujours ainsi. C'est un être carnivore, un point c'est tout.

Une none et une secrétaire se trouvaient à l'accueil. Cela a pris étonnement de temps avant qu'elles se rendent au bout du couloir. Trop de temps. La perplexité gagne un paroxysme chez la clown tandis que son amie semblait être au bord de la crise de nerf. Pourtant, Bonnie ne dit rien. Ça pourrait sembler être un acte purement négligeant de la part de Fish, toutefois, ce n'est guère le cas : elle pense que sa camarade se sentira mieux seule avec ses pensées et pleinement concentrée à faire le point sur ce qui la tracasse. Lorsqu'on y pense, c'est une façon de pensée typiquement masculine selon les clichés. Aussi, elle n'avait jamais vu la cannibale dans un tel état. Qu'adviendrait-il d'elle si elle perdait les pédales à cause d'elle ? Vaut mieux envisager qu'elle se contrôlera. Celle-ci va vers la nonne pour des réponses. En ce qui concerne Bonnie, elle décide d'interpeller la secrétaire.

« Excusez-moi mais… »

Sur le coup, elle se sentait littéralement interrompue par le cliquetis de sa machine à écrire. L'ex-infirmière se sent presque offensée par l'ignorance dont elle est sujette. Elle se résigne à penser que c'est probablement de sa faute, elle perturbe son travail. Les gens sont plus antipathiques qu'à l'ordinaire, remarque Bonnie pour elle-même.

La cause était peine perdue, rien ne sortait de la bouche de la secrétaire. Elle respecte le silence d’autrui mais ne nie pas qu’elle aurait aimé entretenir un contact social pour avoir des réponses. De plus, un minimum de politesse aurait été la bienvenue. La demoiselle soupire en détournant son regard vers Theresa, puis une infirmière que son amie observe de même. Elle ne la connaît pas mais… quelque chose lui dit qu’elle l’a déjà vue quelque part. Manifestement, c’est une infirmière. Peut-être l’a-t-elle déjà rencontrée mais n’a pas jugé bon de garder en souvenir cela ? Bonnie pense cela probable sur le moment.

« Je reviens. » Marmonne-t-elle à l’endroit de Fleish sans se préoccuper si elle l’avait écoutée.

La clown a suffisamment confiance en sa compagne pour penser qu'elle s'en sortira correctement si elle part quelques minutes pour s'assurer d'un ou deux trucs. Elle suit l'infirmière en marchant avec un rythme semblable.

« Mademoiselle ? Je m'appelle Bonnie Fish, je pense qu'on s'est déjà rencontré antérieurement... J'étais une infirmière moi aussi donc je crois que c'est probable... Je ne voudrais pas vous déranger durant votre travail mais pourriez-vous me renseigner sur l'heure et la disposition de l'asile dans la ville ? Ce serait très gentil de votre part et Dieu sait que la charité est l'un des piliers des institutions de santé... »

Dans la noirceur du couloir qui mène on-ne-sait-où, l'infirmière muette s'arrête soudainement et se tourne vers son interlocutrice. Bonnie se réjouit qu'elle puisse enfin communiquer mais ce vain pressentiment vient s'estomper aussitôt. La dame en blouse blanche ne fait que dire non de la tête avant de reprendre sa marche... Quoi ? La clown fronce les sourcils avec un mépris rare. Vraiment ? Si elle était comme ça au passé, c'est une bonne chose qu'elle l'est oubliée celle-là ! Pourtant, pourquoi devrait-elle se préoccuper de sa personne alors, étant donné que ce n'est qu'une insignifiante impolie ?

Uniquement le silence sort des cordes vocales de l'infirmière, ce qui commence à agacer sérieusement la brunette. Non seulement ça fait la deuxième fois qu'on lui fait le coup mais en plus elle a l'impression que c'est quelqu'un qui la connaît qui la largue délibérément. Sa patience est mise à rude épreuve aujourd'hui.

***

« Je veux aller dehors » Disait-elle pour la millième fois aujourd'hui, dans sa petite chambre à l'écart de grandes chambres un peu trop peuplées à son goût. Elle l'a bien fait savoir qu'elle n'aimait pas dormir avec toutes ces autres filles qui ne lui inspiraient guère confiance. Par ailleurs, l'une d'entre elle (qui était forte inquiétante) lui avait donné une tape sur les fesses en complimentant celles-ci avec une voix lubrique. Évidemment, ça n'avait pas aidé la situation qui était déjà à un stade critique. Pour tout dire, elle avait fait avaler une peluche à une fille plus jeune qu'elle car elle criait trop à son goût. Résultat ; elle avait une chambre individuelle. Ce n'était pas plus mal lorsqu'elle était à l'intérieur mais un nouveau problème s'était vite imposé. Beatrix avait un caprice partagé par bien d'autres pensionnaires mais celle-ci était réputée pour être extrêmement tenace. Quand elle voulait faire un tour prolongé à l'extérieur, cette idée lui restait en tête durant des jours et elle ne se gênait guère à le faire savoir. Ceci dit, l'établissement préférait une politique punitive. Vous l'aurez compris, elle n'avait pas souvent le droit aux privilèges à cause de son attitude pour le moins... gênante.

Fisher était assise sur son lit de piètre qualité alors que Miss. Strauss la regardait d’un air indifférent. Il fallait bien que quelqu’un vienne écouter ses demandes sinon elle allait encore frapper quelqu’un ou pire, faire ses besoins quelque part non prévu à cet effet. À bien y penser, Miss. Strauss n’avait aucun mal à considérer sa patiente tel un chien domestique. Pour Beatrix, c’était un mur qui refusait d’écouter ses demandes qui sont, pour elle, des plus vitales. Ça la frustrait. Elle n’aimait pas cette infirmière, surtout qu’elle était blonde. Beatrix était jalouse des gens blonds qui pourtant étaient monnaie courante en Allemagne. Le hasard avait décidé qu’elle était née avec une apparence davantage semblable aux Français ou aux Britanniques qu’aux Scandinaves. C’était un complexe chez Beatrix depuis qu’elle était toute petite.

« Il faut attendre le Docteur Hill. »

Quinze minutes passèrent dans le silence le plus absolu.


***

Il y avait décidément quelque chose qui l'agaçait. Elle ne pense pas uniquement aux membres du personnel qui ne lui accordait qu'au minimum qu'une réponse négative non-verbale mais de l'ambiance. Les murs, les fenêtres, les sons, les portes qui claquent et les voix, il y a dans tout ça une nostalgie dont elle ne capte rien. Pourquoi ? Elle était une infirmière issue d'une honorable famille, elle n'est jamais restée assez longtemps dans un hôpital psychiatrique pour ressentir des ressentiments aussi forts et encore, il est d'une rareté exceptionnelle qu'elle ressente ce genre de choses avec autant de violence, de véracité. Dû moins, c'est ce qu'elle croit.

Soudainement, sa vision devient floue alors que Miss. Strauss (dont son prénom lui revient en tête pour d’obscures raisons) semble littéralement s’évaporer de son champ de vision. Elle commence à ressentir de l’anxiété. Était-ce cela qui avait mis en sale état Theresa tout à l’heure ? En tout cas, elle ne se sent pas bien et être seule à l’intérieur de ce couloir sombre n’est point un bon présage. Instinctivement, elle se retourne pour revenir voir sa compagne. Rien. C’était comme si le brouillard avait réussi à envahir l’intérieur de l’asile. C’est impossible, contraire à toute logique, pense Bonnie.

Miss. Grumpy tourne sa tête vivement vers l'avant et avance sans plus tard, sans prendre la peine de jeter un regard en arrière. Sur le moment, ne s'occuper que du présent et laisser tomber le passé était la meilleure des options. Néanmoins, c'est la plus mauvaise lorsqu'on connaît toutes les histoires qui se sont déroulées derrière ces murs. Telle une schizophrène, Bonnie paraissait être chassée par des esprits frappeurs et ses oreilles étaient pleines de sons qui paraissaient avoir ni queue ni tête mais étaient étrangement familiers à la demoiselle. Des cris, des portes qui se verrouillent, des conversations en allemand dont elle comprend le sens alors qu'elle pensait que parler l'anglais. Elle croit comprendre également des discours de Maître Todd, lorsqu'il s'amuse avec la foule sous le grand chapiteau. Un vacarme attire son attention plus qu'un autre. Une porte semi-ouverte qui a l'air déserte était près de sa personne et de là le brouhaha vient. L'ex-infirmière ouvre tranquillement la porte et en une seconde minimum, pensait trouver une petite Theresa en train de mâchouiller quelque chose dans son coin. Cette vision l'avait subjugué à un point où elle croyait que le temps avait ralenti. Au lieu d'avoir passé en réalité une seconde à contempler un flash hallucinatoire, elle a vécu cet événement comme s'il avait duré cinq secondes. Sa tête ne sait plus quoi penser et ce qui reste de raisonnable chez la clown lui affirme qu'elle est probablement victime d'une psychose, sans doute parce qu'on l'a drogué à son insu. C'était la seule explication. Tel un aveugle qui cherche la lumière de Dieu, elle continue son périple à travers la maison de fous...
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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2014-11-09, 14:51


les épaves de quelques cervelles


Et je hurlai ma panique intérieure en froissant les yeux.

Je m'arrêtai. J'entendis, sous mes hurlements, comme grattant mes tympans par dessous l'onde sonore de l'épopée triste de mes chants gutturaux, un aboiement. Juste, un aboiement. Je redressai le menton vite en provenance du cri. M'immobilisai ne concentrant mon ouïe sur la chose. Silence. Plus. Hallucination auditive de ce l'échos galeux de ma panique? Plus rien ne faisait de sens. Et je m'y perdais encore plus.

Car, non, il ne pouvait y avoir de chien dans cet hôpital. Il était interdit de faire entrer un animal de compagnie dans un tel endroit. Ou peut-être les lois avaient-elles changées? Ou peut-être n'étaient-elles point identique d'Allemagne à Angleterre? Mes lèvres tremblaient. Et quand on tremble, c'est signe qu'il est trop tard. Que le système nerveux a lâcher. Et quelles sont les lois concernant la régit des animaux de compagnie en lieu de soin de santé en Angleterre actuelle? J'étais si confuse... Pour une première fois depuis... Depuis... Quel âge avais-je?

Des coulis. Je portai une main au chatouillement du liquide tombant au dessus de mes lèvres. Du sang. Je saignais du nez. J'essuyai hâtivement en me demandant si on m'avait drogué. Je tirai les manche de mes bras; aucun trou à seringue dans le creux de mes coudes. Je ne savais plus quoi penser alors. Et si j'avais déjà été cinglée? Non. Impossible. Je n'étais demeurée. J'étais intelligente et supérieure. Comme Bonnie.

- Bonnie, je lançai alors d'instinct, pour l'appeler et savoir sa position, près ou loin de moi.

Je ne m'ennuyais pas d'elle. Je ne m'inquiétais pas pour elle. Le problème était que nous formions une corrélation ensemble. Deux produits pour former une synthèse. L'une sans l'autre, nous n'étions plus ce que nous étions à deux. Nous brisions la corrélation. Voilà. Au bout du corridor, il y eut une lumière qui s'alluma dans un bruit assourdissant de néon que l'on a pas activé depuis des lustres. J'écarquillai les yeux. Et concentrai mon attention sur le bout du corridor. Il y avait une assiette, sur un cabaret. Mais ce n'était un porc pomme en bouche qui était servit. Mais un parapluie multicolore. Il était fumant.

Je me levai, très lentement, et commençai à marcher avec toutes les prudences du monde vers le cabaret. Ma cervelle en compote n'attendait qu'une porte s'ouvre à ma gauche, ou à ma droite, pour faire surgir un cauchemar ou un souvenir des plus pires. Mais il n'en fut point. Et de toute façon, le parapluie avait magnétisée mes yeux. J,arrivai à sa hauteur. Il était complètement cramé. Avait perdu toutes ses couleurs. Comme s'il avait été au four pendant quelques heures, sale petit juif en cuisson.

- Bonnie, je criai à nouveau, cette fois plus comme triste évocation de ce qu'était le désespoir de sa mort. Car, en ma cervelle, c'était l'irrévocable preuve de sa mort. Et c'était très très dommage.

- Es ist Zeit, um zu duschen! Es ist Zeit, um zu duschen!

Ça venait de l'une des portes derrière moi. C'était la langue que j'avais entendu depuis tellement, tellement longtemps. Et qui annonçait l'heure de la douche. Je me retournai au rythme des gémissements, complaintes et acclamations. Ma peau devenait un marbre raide tant j'étais tendue. Je n'avais pas le choix d'y aller. C'était l'heure de la douche. On ne pouvait pas déroger à cela. C'était le règlement.

Je m'approchai de la dite porte. Et plus mes pas coupaient la distance entre nous, plus les bruits s'amplifiaient, plus le nombre de personne de l'autre côté de la poignée devenaient nombreux. Plus le chaos me rappelait la sensation des peau contre peau, sale et abjecte, qui me suffoquait et me donnait le malaise du vomit sous la langue. Des rires. Des acclamations. Des applaudissements.

- Lady and gentleman! Welcome to the most spectacular show on earth!

Foule.

- Weiches Schätzchenwiegenlied Song und deine Augen geschlossen ... La la la...

Berceuse.

J'ouvris la porte d'un coup et tout cessa. C'était une douche, immense et commune. Avec plusieurs réservoirs et jets point encore activer. J'avais si peur des éclaboussures, je frémis à l'idée que quelqu'un n'ouvre les robinets. Et tout était exactement comme dans ma mémoire. Les couleurs. Les carrelages. Les douche téléphone. L'angle des tuyau. La superficie de la pièce. Les valves. Tout sauf... Sauf que le mur du fond était composé d'immenses pièces à casse-tête. Ça, c'était différent. Il y avait une silhouette d'une jeune fille qui regardait les pièces de ce mur.

- Bonnie, dis-je sans émotion, mais j'étais soulagé que la corrélation fonctionne à nouveau.

Je m'approchai de grands pas et la silhouette se retourna. Ce n'était pas Bonnie. C'était moi. Mais j'étais bien plus grande. Non. En fait, j'étais plus petite. C'est donc pourquoi la grandeur de la pièce était restée exacte en ma mémoire. C'est qu'elle avait les mêmes proportions que lorsque j'étais enfant. Étais-je redevenues enfant?! Regard sur mon corps. Mes orteils maigrichons étaient insignifiants et je portais une jaquette d'hôpital trop grande. J'étais redevenue enfant. Et je me dressais devant moi, âge adulte, âge d'Angleterre. Avec un béret de jongleuse et un habit de bouffon.

- Où est Bonnie? je me demandai.

- De l'autre côté, répondis-je.

Je n'étais pas très clair. Il eut ce silence entre moi. Je devais divaguer. Être droguée. Je ne rêvais pas, du moins. Je ne rêvais jamais. Je me fixais inlassablement sans cligné des yeux. Mais je reconnu sur mon visage adulte que je ressentais la détresse.

- Tu sais qu'elle a été une traite, mon visage adulte me dit.

- Qui.

- Celle qui goûte rien.

Je n'ai jamais mangé personne qui goûte rien. À moins que je ne parlais d'une pomme de terre.

- D'accord ou est Bonnie.

- De l'autre côté.

Je me sentais agacée. Je détestais me répéter. Puis je me demandai si le fait que je sois redevenue enfant était plausible. Je me demandai si j'allais devoir revivre tout encore. Je n'avais jamais rien lu de tel dans un ouvrage scientifique.

- Je veux sortir!

Je tournai ma tête vers la provenance du bruit. Devant moi, l'enfant qui était moi n'était plus là. Je lui avais dit où était Bonnie. Je reconnus sa voix. Il ne me suffisait que d'aller de l'autre côté. Compléter la corrélation.

Dans le mur, il y avait un trou de casse-tête énorme. Assez gros que je puisse m'y faufiler. Ce que je fis. Et je me retrouvai dans un pièce avec Bonnie. Elle était dans un couloir et traversait les pièces qui faisaient des bruit horribles. Devant moi, sa démarche toujours calme et rassurante. Je commençai à la suivre comme si jamais nous n'avions été séparées. Et en moi, j'étais soulagée, vraiment. Sinon, l'histoire aurait fait encore moins de sens.

Et qu'avais-je dit? Traitre? Fille qui ne goûte rien? Qu'est-ce que j'essayais de me faire comprendre? La seule chose qui était certaine était que nous allions mourir bientôt puisqu'une situation pareille est trop illogique pour exister. Alors sans doute nous partirions avec elle. Et je lui demandai:

- Quelles sont les lois concernant la régit des animaux de compagnie en lieu de soin de santé en Angleterre actuelle.

Je grattai le sang séché sur ma truffe.




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just a beast can kill another beast. you statically might have the chance to kill it before it kills you. — made by boogylou


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Miss. Grumpy


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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2014-11-16, 13:40

La logique et la raison n'étaient plus maîtresses des lieux. Par conséquent, des sueurs froides commençaient à couler sur le front de Bonnie. Prise au piège, elle ne savait plus où aller ou quoi faire. Miss. Strauss a disparu, Theresa aussi et elle se demande si les gens qui vivent dans cet hôpital sont des êtres humains ou bien des fantômes. La demoiselle commence à compter pour se rassurer. Chaque seconde passée était une seconde de moins passer sous l'effet de cette mystérieuse drogue dont elle blâmait pour cette désastreuse situation. Elle s'était assise par terre de façon à ne plus laisser ses déplacements se faire dicter par cette terrifiante psychose. Elle était là, sans bouger, à marmonner des chiffres. Trois minutes plus tard, ses jambes se sont mises à trembler et avoir la chair de poule sans explication logique. Fish déteste perdre le contrôle de son corps.

Elle regarde une lumière au plafond qui semble être plus lumineuse qu'à l'habitude. Elle a l'impression qu'un soleil miniature était apparu au-dessus de sa tête pour lui brûler la rétine. Tout à coup, une douleur fulgurante vient lui transpercer un point précis près de son oeil gauche. Elle écarquille les yeux grandement alors que ses glandes lacrymales s'affolent. Oh pas qu'elle soit triste mais la douleur a de quoi faire agiter son corps, un peu. Puis, une ombre noire vient se poser par-dessus sa personne tel un vautour qui dévisagerait sa carcasse. Bonnie ne reconnait personne, ni un visage, toutefois elle serait prête à parier que c'est un homme.

« À ton réveil, tu seras un vrai petit ange… »

D’autres ombres viennent s’ajouter mais la clown retire son visage de vers le plafond avant que celles-ci viennent englober la totalité de sa vision. La douleur physique s’estompe avant de disparaître. Puis, le vide.

***

La porte s'ouvrait lentement. En fait, la vitesse était d'une telle lenteur que cela a attiré la curiosité de la petite Beatrix vers les visiteurs. Habituellement, c'était une ou deux infirmières ou nonnes dont elle n'en avait que faire donc elle les ignorait. Malheureusement, ce n'était pas ce qui l'attendait cette fois. Une infirmière et une petite tête blonde pénétraient entre les quatre murs qui formaient son chez-soi. Perplexe, la petite levait un sourcil.

« Par ordre du Docteur Hill durant un temps indéterminé. Il dit que cette collocation devrait affiner vos capacités à socialiser ... ou quelque chose dans ce genre. Bon, je dois vous laisser toutes les deux, faites plus amples connaissances. Allez Theresa, approche-toi ton amie... »


***

Avec du recul, Bonnie commençait à douter d’avoir réellement été assise par terre à compter, en regardant l’inquiétante lumière et les ombres lui faire du mal. En un battement de cils, elle se retrouvait debout, dans la même position que lorsqu’elle a perdu de vue Miss. Strauss. Heureusement, un docteur en blouse blanche approchait en sa direction, tenant des documents. La demoiselle s’empresse de l’interpeller.

« Monsieur, j’ai été drogué par un tiers et j’ai besoin d’aide. Vous êtes médecin non ? Aidez-moi s’il vous plait… »

Un étrange sourire se dessine sur son visage et celui-ci ouvre la bouche. Ça doit bien être le premier à le faire depuis cette incongrue aventure !

« J’ai quelque chose qui vous plaira mademoiselle. »

Bonnie, perplexe, fronce les sourcils.

« Ne cherchez pas à me faire du charme monsieur, j’ai besoin de l’avis d’un… »


« Prenez ce document, il va vous intéresser j’en suis sûr. »


« Vous ne comprenez… »

« Non, c’est vous qui ne comprenez pas. Si vous ne lisez pas ceci, je ne pourrais rien faire pour vous. »


Le docteur a haussé le ton et ne voulant pas avoir une gifle, mademoiselle baisse la tête et prend le document et le feuillète. Chaque page contenait un dessin mettant en scène la petite Beatrix et Theresa. Ça fait une sorte de film, où chaque page représentait une image. Les traits sont grossiers, il y a très peu de détails mais suffisamment pour qu'on puisse reconnaître les deux gamines. Bonnie n'a pas de mal à reconnaître la petite Fleish et voit pertinemment que l'autre enfant, c'est elle. Problème, la protagoniste qui lui ressemblait était nommé Beatrix.

« Ce n'est pas mon prénom. »


« Bien sûr que oui. »

« Bien sûr que non. »

« Regardez le document... »


Elle déroule les pages et une vision d'horreur se dessine littéralement devant ses yeux. Non...

***

Miss. Grumpy ferme le document brutalement.

« Ce n'est pas vrai, ce sont que des mensonges et... d'où vous nous connaissez, moi et Theresa ? »

L'homme sourit. Oh non pas un sourire rassurant, un sourire mauvais, moqueur et un brin pervers.

« Je ne me trompe jamais, Miss. Fisher et maintenant que vous êtes au courant, il est temps de faire la chasse aux monstres. N'oubliez pas qui est le monstre de foire... »


« Je ne ferai pas ce que vous me demandez. »

« En êtes-vous sûres ? »

Il pose sa main contre le front de la demoiselle et des souvenirs de celles-ci lui reviennent en mémoire avec la force d'un coup de marteau. De sombres souvenirs.

« Je vais vous aider. »

En une fraction de seconde, le parapluie de Bonnie se transforme en une mitraillette allemande, chargée. Miss. Grumpy contemple l'arme, le regard vide. Elle tient celle-ci d'une main, ne la trouvant pas lourde. C'est un détail qui la pousse à croire que c'est une hallucination. Non mais oh, depuis quand les fusils de ce genre sont aussi légers ? Depuis quand les parapluies se transforment en machine à tuer ? Depuis quand les docteurs donnent gratuitement ce genre d'objets ? C'est à ne rien comprendre. C'est clair qu'elle hallucine...

Elle tente de jeter un dernier regard à l'homme en blouse blanche mais il a disparu aussitôt, la laissant avec la mitraillette. Bonnie ne panique guère, elle est confiante en sa théorie qui stipule qu'elle tient encore son parapluie mais que la drogue lui fait de drôles d'effet. Puis, donner une arme militaire à une femme, quelle idée ! pense Miss. Grumpy en s'aventurant dans le couloir. Elle s'arrête de nouveau à une salle où elle croit voir Theresa de dos. Elle se sentait soulagée et angoissée tout à la fois. Elle entre.

« Theresa ! Je pense que quelqu’un a essayé de nous droguer et… Theresa ? »

Elle ne se retourne point.

« Theresa ? »

Cette fois-ci, elle se retourne, la bouche ensanglantée avec des morceaux de viandes qui pendouillent de sa bouche.

« Ce n’est pas le temps de manger, il faut… »


« Tais-toi. »

Bonnie se tait.

« Qu’est-ce que ça fait d’être en-dessous dans la chaîne alimentaire ? Pensais-tu une seule seconde pouvoir être à l’abri de ta condition de sac de viande, de proie ? Tu étais et tu sauras toujours le petit oiseau qui lave mes dents de crocodile au soleil et quand j’aurais une petite fringale, je te consommerais comme un vulgaire humai… »


Une pluie de balles vole contre le corps de Theresa. Froidement, Fish assassine l'image de Fleish sans éprouver la moindre parcelle de peine ou rage. Ça ne pouvait pas être elle et pourtant... une part d'elle y croit, à ce tour de magie. Elle voit là une vision qui s'est concrétisée, un souvenir cohérent avec le présent. Les images du document avaient raison. Une fois le cadavre de la cannibale par terre, elle arrête d'appuyer sur la détente. Elle observe le corps sans vie. Tant de confiance gâchée, bafouée. C'est dommage. Elle soupire, blasée. Ne sachant plus qui est réel ou non, son cerveau prend la voie facile en se convaincant que tout est réel. Le fusil, le sang et les balles. Bonnie ne sait pas combien de temps elle a passé dans cette salle sans utilités notables avant que deux personnes viennent la rejoindre. Elle s'attendait à retrouver des gendarmes. Au contraire, une réflexion d'elle-même adulte se présente devant sa porte avec une Theresa juvénile. La mitraillette pointe vers le bas.

« Les choses deviennent très compliquées... »


« C’est le moins qu’on puisse dire Beatrix »
, répond la Bonnie adulte.

« Nicht sprechen. »

À la simple appellation de ce prénom troublant, l’enfant tire sur l’adulte qui reçoit la balle en pleine tête. Le corps s’écroule par terre à une vitesse déconcertante.

« Hm, j’aimerais avoir des explications de ta part, si ça ne te dérange pas. »


Désormais, c’est Beatrix qui parle à la petite Theresa.

« Un docteur m’a montré des images de toi en train d’essayer de me dévorer comme si j’étais qu’une proie. Pourquoi ? Une image de toi, qui git par terre en ce moment, a voulu me transmettre un message qui j’espère n’est pas la vérité. Je ne l’ai pas pris. Il n’y a pas de fumée sans feu et je veux des réponses… »
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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2014-12-23, 16:35


les épaves de quelques cervelles


Je grattai le sang séché sur ma truffe.

Bonnie se retourna. Elle n'avait pas son visage. Ce n'était donc pas Bonnie. Ou peut-être que si? J'étudiai ses traits avec attention et en conclu qu'elle possédait 85% de sa physionomie connue. Ou physionomie actuelle... Je battis des paupières. Alors j'établis verdict: c'était Bonnie, mais avec un peu plus de poids et quelques années en moins. Ses joues étaient plus roses. C'était très étrange. J'avais envie de dire qu'il ne s'agissait pas d'elle, bien que ce l'était, visiblement. De toute façon, qui d'autre portait un costume de clown dans cet hôpital psychiatrique visiblement abandonné? Abandonné était peut-être une hypothèse trop précaire. Après tout, il y avait des réceptionnistes. Simplement aucune autre infirmière et aucun patient à témoigner de vue.

C'était le silence entre nos deux bouches. J'attendais sagement qu'elle réponde à ma question. Puis elle leva ses coudes pour montrer qu'elle tenait un parapluie entre les mains. Le sien. Il était tout brûlé et fumant. C'était le même que j'avais vu sur le chariot à plateau d'argent salit. C'était le même, j'en étais certaine. L'image que j'avais en tête était pareille à celle sous mes yeux. Celle qu'elle pointait en ma direction. Cela voulait dire qu'elle me suivait de très peu de minutes dans cette histoire. Surtout si l'objet sifflait toujours une boucane grisâtre.

- Tu as retrouvé ton parap-

Je reçus une farandole de coups de la pointe du parapluie dans l'estomac. La violence, la rapidité et la douleur me coupa la voix bien net, et je fus poussée vers l'arrière pour tomber sans équivoque sur le coccyx, puis sur le dos.

Ma tête fut fracassée sur la pierre du sol et pendant un moment je fus électrisé par ma cervelle qui voulut cesser de fonctionner un court instant. Puis je fis apnée du souffle le plus grand que mes poumons pouvaient accueillir. État de choc, de paralysie, et de grande surprise. Je voulus me redresser, j'avais trop mal. Je restai sur le sol froid à me demander de une et mille versions différentes pourquoi Bonnie m'avait frappée de la sorte. Peut-être tous mes calcules avaient été faux. Peut-être n'était-ce pas vraiment Bonnie au final. Alors qui? Une infirmière déguisée?

Je commençai à avoir mal au ventre, où son parapluie m'avait percuté plusieurs fois consécutives. Je relevai le menton et portai ma main à l'endroit douloureux en déboutonnant ma chemise d'un coup sec sans attention. Tâtement; j'avais des trous d'un diamètre d'environ trois centimètres dans la peau, je n'aurais pu dire de quelle profondeur. Et le tout commençait à me démanger, sérieusement. Comme si quelque chose grouillait dans mon ventre ou mon foie. Ce n'était pas normal. J'avais un organisme dans mon organisme. Mon cœur se serra et je me mis à trembler; je savais que c'était trop tard, que mes nerfs avaient lâché. Comme à n'importe quel moment quand on commence à trembler. Quelle était cette chose? Pouvait-elle me tuer? J'avais le pressentiment que si. Mais qu'est-ce que le parapluie à Bonnie m'avait mis dans le ventre? Je creusai ma peau de mes ongles et mes doigts de manière fervente, avec la fièvre de la panique. Des gémissements commencèrent à s'échapper de ma gorge sans que je ne puisse les contrôler... À dire vrai, je n'avais plus aucun contrôle sur moi. C'était catastrophique et très dommage. Ça voulait dire que je n'avais aucun contrôle sur ce qui allait m'arriver prochainement, et ça, c'était l'imprévisible. Donc l'horreur.

Je continuai à creuser dans mon estomac avec la vigueur en crescendo. Je sentais mes tripes, mes tissus d'organes, ma vessie, mon estomac, mon foie, mes côtes... Et encore cette choses qui grouillait en moi. Mes gémissements prenaient de l'ampleur et je tentais toujours plus de me redresser pour avoir vision sur ce que devenait mon abdomen... Rien que je puisse remarquer. Que du sang, beaucoup de sang et n'importe quoi que l'on pourrait qualifier d'organes. Non non non non...

- Mademoiselle Roderich, restez calme je vous prie. On vous amène en salle d'opération.

Je tournai d'un geste vif mon menton vers cette voix étrangement familière. Flash. C'était Bonnie. Je me frottai les yeux de mon poignets qui grelottait sans bon sens. Je regardai la personne à nouveau; c'était Miss Strauss.

- Non non non non, je criai.

- Ne vous en faites pas, Mademoiselle Roderich: le Docteur Hill sera là dans quelques instants.

Je gémis autant d'incompréhension que de frayeur. Que se passait-il? J'avais l'impression d'être à nouveau en psychiatrie. Avec les mêmes personnages monstrueux de mon enfance. Et les mêmes dialogues. Les mêmes angles de vu et les mêmes scènes. Était-ce un souvenir? Non, les souvenirs ne sont jamais comme ça. Pas aussi réel et douloureux. Autre plainte inintelligible quitta mes lèvres. Quelqu'un que je ne pu apercevoir me saisit par derrière, sous les aisselles, et une porte s'ouvrit dans le corridor non loin de nous. L'endroit était bien sombre et sale depuis notre arrivée dans l'hôpital. Mais cette porte menait à une pièce blanche et lumineuse, comme n'importe quelle autre salle d'opération que je pus voir dans ma vie. On m'y traînait, de force, sans l'ombre d'un doute. Je criais. Je ne voulais pas y aller. Je savais que c'était synonyme de souffrance. Je regardai Bonnie dans mon ascension... Elle ne se préoccupait pas de moi. Elle parlait à deux petites silhouette que je ne pourrais reconnaître. Je lui hurlai de m'aider dans les pleures... rien à faire. Elle ne se retourna même pas. Depuis quand Bonnie avait des problèmes d'audition?

On me plaqua sur une table de métal extrêmement propre. On me sangla de partout, si bien que je me débattis de toutes mes forces pour rien. En mon ventre, je sentais toujours la chose bouger. Strauss s'amena à ma droite avec un plateau sur roulette comprenant des fioles, des scalpels et des seringues. De l'écume couvrait mes lèvres tant je forçais et me débattais pour quitter ce cauchemar. Et pourtant, rien à faire. Comme dans le temps. On me foutu une lumière en plein visage qui m'aveugla. Maintenant, j'avais perdu un sens: la vue. C'était au dessus de mes capacités, je sentais que j'allais mourir. Et en gros contre-jour se dressa un homme au dessus de moi. J'aurais reconnu la voix du Docteur Hill parmi des millions.

- Alors, Theresa, qu'avons-nous aujourd'hui? Vous êtes anxieuse? Il n'y a rien à craindre, allons.

- Regardez, Docteur! s'exclama Strauss.

Quelque chose me déchira l'abdomen. La peur quitta ma bouche et je fus capable de redresser mon cou pour voir une forme quitter mon ventre que le Docteur extirpait avec toutes mes précautions du monde.

- Seigneur... C'est comme si elle l'avait... mangée vivante... Elle est toujours vivante!

Qui? Quoi? Quand? Non! Cela faisait treize heures que je n'avais pas mangé. Aucun mammifère ne serait toujours vivant après une telle durée dans l'acidité du ventre humain!

- Faites attention, Docteur!

- Elle bouge! Elle bouge! Donnez-moi le scalpel!

Je sentis, deux secondes après la commande, l'objet froid entailler je ne sais plus quelle partie de mon anatomie. Je hurlai, encore, et vomit sur le côté de la table. Toussai, beaucoup. Ma tête tournai. Peut-être avais-je trop perdu de sang, ou peut-être m'avaient-ils injecté quelque chose. On tira de la plus agressive des manière la chose de ma peau et je cognai plusieurs fois l'arrière de ma tête contre la table. Mes nerfs avaient foutu le camp. Et la silhouette revint au dessus de moi, d'un ton faussement enjoué, et ayant ce qui semblait être un bébé en main.

- Félicitations! Vous avez créé un petit monstre! C'est une petite Eleonore!

Et il me montra le bébé que je ne voulais regarder. Je n'avais jamais eut de relation sexuelle avec un mâle de ma vie, et jamais mon utérus n'avait gonflé. C'était donc tout à fait improbable. Et je ne connaissais rien qui porte la nomenclature d'une eleonore. Était-ce du latin? Je ne regardai pas la chose qui semblait inanimée, de toute façon, dans ses bras, et je le regardai sans savoir quoi dire ou quoi faire, complètement atterrée. Démunie. Dans la plus grande illogique qui soit, complètement perdue.

- Hum. Elle ne semble pas comprendre, Docteur Hill.

- Vous avez raison, Mademoiselle Strauss. Il faudra examiner tout ça. Préparation à l'incision craniêne numéro quatre. Heure de l'opération: quinze-heures pile. Numéro de la patiente: numéro vingt-sept, Theresa Curtis Riderich. Sexe: femelle. Âge... Hum, Mademoiselle Strauss, donnez-moi le pique à glace je vous pris.

- Non!!

Fut mon seul et dernier qui déchira mes cordes vocales.

Je regardai la porte de la salle d'opération se refermer lourdement. J'étais maintenant à l'extérieur de la pièce maudite. Et elle semblait plus grande. Non, j'avais rapetissé, encore. J'étais très jeune. Toute jeune. J'avais fixé la prote qui se refermait comme on conclut le chaos. Je ne voulais voir l'intérieur de ces abysses. Parce que je les savais déjà. Et qu'ils m'effrayaient.

Je retournai et levai mon menton vers Bonnie l'adulte. Elle venait tout juste de me poser une question. Je la fixe, grands yeux laiteux, elle qui semble bien grande vu d'en bas. Mon menton dégouline de sang frais à profusion. Et quand même que je l'essuie, à maintes reprises, il semble entêté à couler de ma bouche indéfiniment. Ça arrive avec la sauce à spaghetti et les jeunes de mon département psychiatrique. Ça ne m'était jamais arrivé avant. Et mon cas semble pire car il n'arrête vraiment pas.

Miss. Grumpy m'avait parlé d'un docteur. Aucun doute, c'était le Docteur Hill. Sale charogne qui avait toujours mérité la mort. Je ne savais pas pourquoi elle parlait de feu. Mais le reste je le compris plutôt bien. Même si j'avais l'impression que le sang dans ma gueule remontait à mes oreilles.

- Je sais pas mais il ne faut pas écouter le docteur Hill il est du côté des méchants comme la sorcière dans le compte de la Belle aux bois dormant.

J'avais postillonné quelques crachats de sang. C'était très embêtant. J'avais bien hâte que ma bouche cesse de baver ainsi. En plus que ce sang était sans doute le mien: il ne goûtait rien. Je ne voulais donc pas l'avaler.

- Viens ici... J'ai une surprise pour toi...

La voix venait de derrière nous. Je me retournai et vit une sœur de peau rosée et de cheveux blonds entrer dans une pièce. Sa voix était un baume, sa démarche, une grâce. C'était Soeur Rosenhart. Qui d'autre? Elle entrait dans une pièce d'un air gracile, plus loin, dans le couloir. Alors je pris marche vers elle en tirant l'avant-bras de Bonnie une simple seconde du bout des ongles. Pour lui dire de me suivre. Parce que ma bouche était pleine. Encore. Agaçant.

Nous arrivâmes à la porte en question. Elle était ouverte. Soeur Rosenhart n'y était pas... Toutefois, il y avait une enfant dans le coin. En boule. Qui semblait morte. Des tracés de sang suintaient autour d'elle. Elle bougea. D'accord, elle n'était pas morte. C'était une gamine. De mon âge environ. Qui ressemblait à l'enfant Bonnie. L'enfant Bonnie n'était pas avec nous? Je tournai les yeux autour de moi. Réponse: visiblement pas.

- Regarde-la, je dis à Bonnie adulte, comme si elle ne l'avait pas encore remarquée.

Je m'approchai d'elle à pas assurés et m'accroupis à ses côtés pour la retourner en la tirant par l'épaule. C'était effectivement Bonnie jeune. Sauf très très pâle. Et, on aurait put croire, mourante. Sauf que Bonnie Enfant n'était pas morte. Sinon Bonnie Adulte ne serait pas.

Et elle me regarda d'un drôle d'air. J'avais trop de difficulté à comprendre les émotions faciales pour savoir ce qu'elle pensait à l'instant. Puis je vis qu'elle avait porté une de ses mains à l'arrière de sa mâchoire. Juste sous l'oreille, où débute le cuir chevelu. Qu'elle y faisait forte pression. Curieuse, je retirai sa main et apparut une plaie pissant le rouge. Une morsure, sans l'ombre d'un doute.

Alors je compris. Et je me relevait en m'enfuyant, sans être capable de décoller mon regard d'elle. Comme si l'idée me faisait peur plus que m'étonnait. Et alors je réalisai qu'elle me dégoûtait hautement. Je me mis à vomir. Sans fin. À vomir, puis vomir... De la plus pénible des sensations. Je n'avais pas mal. Et mes gerbes n'avaient des goûts de pourriture, de fiente, de nourriture cuite, ou de terre...

Non, mon vomit n'avait aucun, aucun goût; c'était le plus horrible.






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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2014-12-30, 14:58


Et aucune réponse n'est venue, au grand malheur de la petite Theresa qui, heureusement, n'était qu'une hallucination de plus qui a subi une volée de balles. Celles-ci ont complètement déchirés la chair et les organes de ce délire, déjà suffisamment morbide, pour n'en laisser qu'une masse de viande informe rouge et jaune. Devant le dégoûtant tableau qu'elle a peint non avec la grâce d'un pinceau mais avec la violence pure, dure et froide déclenchée par le bout du canon de sa machine à mort, Bonnie est songeuse avant de sentir son estomac avoir du mal à contenir son dernier repas. Cela vient plus d'un réflexe purement humain que d'un véritable dégoût ou est-ce le sentiment d'avoir tué ce qui aurait très bien pu être la meilleure amie qu'elle ait eue qui lui fait cet effet ? Peu importe. Enfin si, ça change à peu près tout...


***


« Je pense qu'il y a un malentendu, madame. »

« Qu'est-ce qu'il y a, morveuse ? »

Beatrix se tenait devant une infirmière qui la dominait en taille. Celle-ci avait des bras massifs, des cheveux noirs et une allure qu'on peut qualifier de repoussante à moins d'aimer les femmes à... la forte stature, on va dire. Bien qu'adolescente, elle regardait madame avec le regard d'une enfant qui observe les adultes en train de travailler en se demandant : qu'est-ce que ça fait d'être une grande personne ? La question se pose très bien lorsqu'on observe la géante, probablement russe.- Je ne veux pas prendre les médicaments qu'on m'a prescrits. Vous disiez que ça allait me guérir et je ne sens toujours rien.

« C'est pour t'empêcher de tous nous buter qu'on te donne ça alors tu te tais et tu les prends... »

Brusquement, Beatrix jetait en pleine face une poignée de comprimées aux couleurs fades avant qu'elle-même saute sur la grosse avec la furie d'un animal. La guérison n'est pas pour demain, apparemment.


***


Où est donc passée la fameuse logique ? Theresa n'aurait pas dû l'insulter comme ça, ni l'attaqué d'ailleurs, ni l'avoir connu avant d'être engagé au cirque. La raison n'a plus lieu et les évènements chronologiques s'envolent dans un tourbillon d'incompréhension. Celui-ci est si énorme que même Bonnie s'avoue à soi-même que l'univers qui l'entoure ne fait plus de sens et c'est sans parler des hallucinations. Au lieu de se casser la tête à vouloir terminer cette énigme, elle pointe le bout de son arme contre sa tempe et appuie sur la détente.


***


- Réveille-toi Beatrix...

Ses paupières s’ouvrent puis elle cligne vivement des yeux. Bonnie est couchée dans un petit lit, avec une peluche de mouton serrée contre elle. Devant son visage se trouve un gamin qui lui est étrangement familier et qui possède un visage relativement semblable au sien.

« Qu’est-ce que je fais ici ? »

« Tu ne dormais pas ? »

Un courant d’air d’un froid glacial traverse la chambre puis ses couvertures.

« Non. »

« Tu sais que maman devrait te gronder pour ça ! »

Confuse, Bonnie se contente que d’essayer de suivre la situation. Ce qui est sûr, c’est qu’elle se fiche complètement de ce que pourra dire sa mère.

« Lève-toi, je dois te montrer quelque chose dehors ! »

« Je ne suis pas adéquatement habillée pour... »


La demoiselle regarde ses habits qui ne sont guère des pyjamas et tout à fait aptes pour une sortie.

« Arrête de dire des sornettes et suis-moi... »

Sans dire un mot, elle suit le garçon jusqu'à la porte qui s'ouvre vers l'extérieur. Bonnie lève un sourcil, emprise à une perplexité immense en dépit du fait que sa journée ne peut pas être plus étrange de toute façon. À l'extérieur, de petits flocons de neige légers flottent dans les airs pour inévitablement tomber. Le ciel, quant à lui, n'est que nuages épais, gris pâle ou totalement blancs. Le sol lui-même est d'une blancheur étonnante et aucune trace de pas n'est visible. Des arbres forment un sentier qui semble ne s'arrêter que là où se termine l'éternité, donc jamais. Elle marche en compagnie du petit garçon et entre dans une spirale folle qui tourne et tourne et tourne et tourne...



***


Elle reprend conscience, étalée par terre, alors que sa respiration haletante peine à se stabiliser. Son coeur s'agite comme si elle allait faire une crise cardiaque. Bonnie a eu l'impression d'échapper à la faucheuse pour par la suite observer son parapluie revenu à son état normal. Ce n'est plus une dangereuse arme à feu qui l'a aidé à tuer... deux Theresa ? Par ailleurs, où sont les corps ? Fish scrute la salle et n'y voit guère de témoignage de son odieux carnage. Pas même une goutte de sang ou une mèche des cheveux de cette satanée cannibale. Aurait-on débarrassé les cadavres pour elle ? Ce serait improbable, surtout qu'elle aurait dû en être un également.

Quand elle se décide d'enfin se lever, c'est comme si une partie de son délire, de cette insidieuse folie qui l'avait possédée, c'était évaporé tel l'eau qu'on bout. Depuis combien de temps était-elle entre ses quatre murs ? Quelques minutes ? Quelques mois ? Quelques années ? Ce serait mentir si elle disait qu'elle en savait quelque chose mais étant donné le fait qu'elle porte les mêmes vêtements et qu'elle ne sent aucune ride sur son visage lorsqu'elle touche celui-ci, elle suppose que ça ne doit pas faire si longtemps qu'elle était dans son au-delà. Un vent de fraicheur circule à l'intérieur de son cerveau.

La demoiselle ouvre la porte tranquillement, en essayant d'être la plus discrète que possible. Les couloirs ne sont pas autant obscurs que la dernière fois. Serait-ce un signe de la fin de son cauchemar ? Peut-être que cela n'est qu'un rêve ? Ou pas, après tout, si cela avait été un rêve, elle saurait revenu dans son lit une fois que la balle aurait traversé son cerveau. Ironiquement, c'est qu'une fois que la clown a perforé sa caboche de sa propre main qu'elle y voit un tantinet clair. Et en ce qui concerne le casse-tête de sa mémoire en compote, il commence à prendre forme (des formes étranges certes mais il se construit tout de même, en fin de compte, ceux qui connaissent le fin de mot de cette histoire peuvent affirmer que ce récit ne pourrait pas posséder un moule ordinaire).

Instinctivement, elle retrouve le hall d'entrée de l'hôpital avec la soeur et la secrétaire, toujours à leur poste. Ils n'ont pas changé d'un poil depuis ses mésaventures et c'est avec amertume qu'elle constate que Theresa n'est pas là également. Oh pas qu'elle désire la revoir : soit elle est morte, soit elle veut la tuer. En fait, si elle recroise cette blonde, Bonnie compte bien la cogner avec son parapluie et la tuer une deuxième fois, puis mettre ça sur le dos de la légitime défense sur le peu de conscience qu'elle a. Vous l'aurez deviné, la relation entre les deux autistes n'est pas à son meilleur. Les plus mauvais souvenirs, qui sont revenus, valises à la main, et pour rester, gouvernent encore le comportement de Bonnie (ou serait-ce Beatrix ?). Elle avance vers la porte de sortie alors qu'elle sent la présence... d'une bête.
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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2015-01-09, 10:52


les épaves de quelques cervelles


Non, mon vomit n'avait aucun, aucun goût; c'était le plus horrible.

Je me redressai et essuyai le bord de ma bouche et ces tracés de jaune et de vert qui enduisait mes lèvres. La tête me tournait. J'essuyai mes mains sur les plis de mon pantalon de bouffon et... et je réalisai à cet instant que je portais les vêtements du cirque. Et non ceux de l'hôpital. Plus de jaquette, maintenant en tournant la tête on pouvait entendre les grelots de mon capuchon. Pénible et et ostentatoire symbole de ma foi obligatoire en Maître Todd. Conclusion: j'étais redevenu grande.

La salle autour de moi n'était plus celle d'une patiente, mais bien celle de l'abandon. La crasse avait retrouvé le carrelage, les toiles d'araignées, les coin de murs. Et sous mes pieds, le cadavre de deux fillettes dont l'ossature commençait à devenir apparente, et la peau, noircie. Leurs yeux n'étaient plus; ce n'était que des trou béant, et leur gueule entrouverte laissaient croire qu'elle avait émis un dernier cri avant la fin. Décomposition de dix-sept année tout au plus. D'instinct, je touchai mon ventre qui était toujours lisse et froid. Je replaçai mon chapeau sur ma tête, au tintement des grelots agaçant, et fut rassurée.

Parce que tout prenait une logique, maintenant. Nous avions été droguées. Cela va de soi. Rien d'autre ne pourrait expliquer ces hallucinations bien crédibles. Parce que la sorcellerie n'existe pas et les démons non plus. Et que je ne tiens aucune cicatrice de tout ce qui s'est passé, pas sur mon abdomen, en tout cas. Ensuite, je venais de vomir. C'était sans doute la cause d'une solution chimique trop intense dans mon sang. Ou une des causes de la drogue. Impossible à dire quel type de drogue, simplement qu'elle ne contient pas de pénicilline car je suis hautement allergique. Donc, nous n'avions été rats de laboratoire à des expériences médicales. Donc, il n'y avait pas de docteur ici. Donc, c'était correct. D'autant plus que je venais de vomir la drogue que j'avais ingéré - j'aurais des cicatrices au bras, à la cuisse ou à la fesse si on nous l'avait injectée - alors les hallucinations étaient terminées.

Je me retournai pour quitter la pièce. Mais il n'y avait plus de porte. Non, c'était un œil immense, qui occupait presque tout le mur. Il était gigantesque, saignant et globuleux. Un œil de cerf, je devinai, par la forme de sa pupille, sa couleur jaune et brune, ainsi que ses cils épais et courts. Et voilà que ma théorie tombait de mille miettes. Je n'avais pas raison. Ma cage thoracique vécue une sensation étrange, et je poussai malgré moi un diable cri de détresse qui ne ressemblait à rien d'autre qu'un gémissement à l'aide. Mais qui bien pouvais-je appeler ainsi? J'arrêtai. C'était la panique. Et seulement de le savoir, mon pouls augmentait à la folie. Je détestais cet émotion, que je détestais bien des émotions, d'ailleurs. Selon les psychiatres, c'est normal. C'est futile, surtout.

Puis j'entendis une voix. Je me redressai et tendit l'oreille. Je regardai autour de moi, je regardai partout. Partout sauf l'œil immense qui me fixait comme pour me hurler à l'aide. Un regard de panique. Sûrement comme le mien à l'instant. Les voix devinrent de plus en plus présente, mais ne semblaient se mouvoir. Enfin, je regardai l'œil. Il me rendait mal, mais je vis quelque chose en lui.

C'était une scène. Comme si le liquide du globe reflétait quelque chose sous son nez. C'était une table, déformée par la perspective ronde de la cornée, avec un docteur assis en son centre. Il était de face à moi, mais ne regardait pas devant lui, bien trop occupé à rédiger ses ordonnances. Il ne me regardait pas, ne regardait pas non plus les deux femmes de l'autre côté de la table qui me faisaient dos, qui lui faisaient face; soit une none et une infirmière. Le Docteur Hill semblait dans son bureau, ce qu'il y a de plus normal.

- Comment réagit la patiente numéro vingt-sept au nouveau traitement?

C'est l'infirmière qui répondu d'abord:

- Très mal, Docteur Hill... Les expériences semblent lui avoir retiré ses émotions... Son cœur...

Le Docteur leva un regard arrogant sur elle, sourire tout aussi malpolie sur les lèvres. Comme s'il savait tout mieux que tout le monde.

- Comprenez, Soeur Rosenhart, elle a tenté de tuer sa sœur d'à peine cinq ans avant d'arriver ici. Elle n'a jamais eut le cœur.

- Appelez-moi Soeur Abigail, Docteur...

Elle murmura plutôt que de débattre son point de vue. Sa voix était tremblante, et elle semblait avoir baissé le menton. Peut-être avait-elle peur ou était triste, impossible que je puisse l'avoir deviné. Docteur Hill ne fit pas attention à ce dernier commentaire.

- Et la patiente numéro vingt-neuf?

Cette fois, ce fut à l'infirmière de dire:

- Elle devient agressive. Déjantée. Démente. Parfois, amnésique, comme la patiente numéro vingt-sept. D'après moi, il faudrait augmenter la dose du traitement.

- Hum.

Il n'avait même pas levé les yeux de son crayon qui gribouillait sans cesse. Voyant qu'il ne réagissait pas davantage, la none s'interposa.

- Vous n'y pensez pas, Docteur?! Elles ne sont que des enfants... Vous ne pouvez leur affligé un tel châtiment! Vous voyez bien que cette méthode ne fonctionne pas... Tentez quelque chose d'autre! Je vous en prie...

Docteur Hill releva sa tête vers elle et soupira.

- Oui. Prier. Vous êtes bien bonne pour cela, et non pour administrer des soins aux patients, Soeur Rosenhart.

Elle se tut et recula son visage. Une seconde, je crus qu'elle allait lui demander qu'il l'appelle Soeur Abigail, mais il ne fit pas. De toute façon il n'aurait pas écouté. Les docteurs, ça n'écoute jamais. Maintenant, il s'adressait aux deux femmes.

- C'est un hôpital psychiatrique ici, je vous le rappelle, et non un couvent ou un centre de création d'enfants légumes. Mademoiselle Strauss, nous n'augmenterons pas la dose. Ça serait complètement stupide et inutile. Nous allons essayer autre chose.

Il déposa son crayon et se redressa pleinement.

- Les patientes numéro vingt-sept et vingt-neuf ne sont pas capable d'interagir avec autres. Peut-être qu'avec de la compagnie elles réagiraient différemment au traitement. Souvenez-vous que le but de tout cela est de les réintégrer à la société, bien que je doute que ça ne fonctionne un jour.

- Mais nous ne pouvons pas les réintégrer au groupe de leur pallier, Docteur! Elles sont trop dangereuses!

- J'en suis parfaitement conscient, c'est pourquoi nous allons leur aménager une chambre ensemble.

La none s'objecta presque en panique. Ou en colère. Je ne sais trop. Sa voix tremblait encore, et elle gesticulait.

- Vous ne pouvez pas faire cela, Docteur Hill! C'est... C'est impossible... Ça va finir dans un m-massacre! Elles vont s'entretuer, il ne faut pas-

- Merci, Soeur Rosenhart, mais vous pouvez vous taire, maintenant. Je n'ai pas besoin de la sympathie du Bon Dieu dans mes recherches.

Il l,avait coupée si sec qu'elle avait cessé de bouger. Et elle tremblait. Peut-être se retenait-elle de pleurer. De dos, je ne savais aucunement. De face non plus, je n'aurais su dire, en fait.

- Elles seront évidemment sous surveillance par moi-même, et vous deux, Mademoiselle Strauss et Soeur Rosenhart. Si quoi que ce soit arrivait, avertissez-moi surtout avant d'intervenir. Si elles avaient vraiment à s'entretuer... et bien elles auront été un sacréfice honorable pour la science.

Termina-t-il en haussant les sourcils et reprenant son écriture, dans un soupir qui démontrait bien qu'il se fichait éperdument de la vie des deux patientes.

- Bien.

- Mais d'après moi, elles vont apprendre se connaître et vont... bien s'entendre...

Le Docteur Hill leva son regard. Sur moi. Il me regarda d'un air que je ne pourrais décrire, mais qui me terrorisa. Les drogues, peut-être? Impossible à savoir. Il n'y avait plus de logique. Je n'avais plus raison. C'était perdu. C'était la fin. La none tourna son menton vers moi et me regarda d'un air incompréhensible. Qui n'était pas rassurant, vraiment pas. Qui s'excusait, peut-être pour ce qui allait arriver. Quoi, alors? Quoi? Derrière eux, le mur du bureau commença à s'effondrer. À tomber sous forme de gigantesques morceaux de casse-tête. Tout s'effondrait dans une vision impeccable de la chose. Mais aucune des trois personne ne réagit. Comme s'ils n'entendaient pas le chaos dans le fond de la pièce, ni le voyaient.

L'œil de cerf se referma. Je restai abrutis par la fin drastique de cette vision. Puis je devais bien trouver une sortie, voilà. Je reculai de la biche, puis remarquai une partie de la porte sous sa chaire mi-velue. Ah! Elle était donc toujours là depuis le début! Je m'y approchai et commençai à décoller de la chaire pour dévoiler la porte. J'atteignis afin la poignée et ressortie. J'étais dans le corridor.

Patiente numéro vingt-sept et patiente numéro trente-deux. Non. Non patiente numéro vingt-sept et patience numéro vingt... Non. Patience numéro quarante-trois? Vingt-deux? Cinquante-six? Je ne me souvenais plus. Je ne me souvenais plus! Pour la première fois de ma vie, je ne me souvenais plus de quelque chose d'aussi léger à retenir! Je mis mes mains sur mon crâne et commençai à le gratter frénétiquement. Comme si je pouvais en extirper des choses. Patiente numéro cent-douze? Onze? Quatre-vingt-treize? Aucune idée. Aucune idée. Plus je tentais de savoir, plus ma mémoire se flouait. Que m'arrivait-il?!

Je commençai à courir dans le corridor, désespérée. Sur le haut des porte de chambre se trouvaient des numéros rouillés, je les regardais en y cherchant une réponse: un, trois, six, sept, dix, quinze, vingt-et-un, vingt-deux, vingt-quatre, vingt-six... Puis, plus de porte. Non, je remarquai que j'étais à l'entrée de l'hôpital. À la sortie, dans mon cas, plutôt. La secrétaire tapait toujours sur sa machine.

Puis je vis Bonnie. Elle marchait vers la sortie. Vingt-neuf. Patience vingt-neuf. Était-ce elle? Quelle idée loufoque, absurde et démente. Je n'aimais pas cette idée, puisqu'elle n'avait pas de logique. Et pourtant, c'était la mienne. Horreur. Je pris le pas vers elle pour l'approcher, puis l'ossature de mes jambes commença à me faire souffrir. Je les regardai; elles semblaient plus musclées qu'à l'habitude. Et plus difforme. Je lâchai un cri d'exclamation. C'était impossible, alors je n'aimais pas ça. Mes bras, je les regardai: ils prirent une teinte brunâtre. Non. Ils devenaient velus. Je tentai de crier à Bonnie de m'attendre, car c'était comme ça nous devions être ensemble, mais ce fut une plainte bestiale qui quitta ma gueule. Un hennissement désemparé. Mes dents faisaient mal, comme si elles poussaient à une vitesse incroyable de formes sordides. Je tombai à quatre pattes.

Pendant un moment je vis en noir et blanc, puis je ne vis plus rien du tout. Il y avait l'acouphène dans mes oreilles et tout mon corps qui me faisait souffrir. Je criais, ou beuglais je ne sais quoi, le plus fort que je pouvais, mais je ne percevais qu'un échos lointain, à peine audible. Je sentis alors une main sur mon épaule. Je m'en dégageai aussitôt, j'ai toujours détesté les contacts humains. Bonnie? J'essayai de demandé si c'était Bonnie, mais je n'arrivais plus à articuler des mots corrects. Et puis, après réflexion, Bonnie ne m'aurait jamais touché.

- Tu n'es pas une louve. Tu es une petite biche. Redeviens une petite biche.

Ma vision revint, en tons de gris. J'étais devenue daltonienne? Non, impossible. C'est une tare transmise par génétique. Je vis deux pieds sous mon nez, relevai le menton. C'était bien Bonnie.

Après, la suite, je ne sais plus.




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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2015-01-17, 16:25

« Les deux robots se remettent en marche. Tous s’écartent, Moïse en serait jaloux. »

- Patrick Senécal, Aliss


Elle se retourne mécaniquement, impulsivement sans même prendre le temps de réfléchir à ce que pourrait être la chose derrière son dos ni comment réagir. Ce qu'elle voit l'oblige à reculer d'un pas, par précaution et de brandir son parapluie par l'avant, comme si c'était une épée qui pointait vers le coeur d'un méchant dragon. D'un oeil perplexe, elle observe la chose en fronçant les sourcils. Une bête qui gueule, qui a mal et qui ne semble pas être en mesure de s'attaquer à sa personne mais par mesure de prévention, Bonnie conserve ses distances. En dépit de la difformité du corps qu'elle scrute, elle remarque une chevelure blonde qui ne lui est pas inconnue et un visage aux traits qui ne trompent pas sur l'identité de la créature. C'est Theresa dans sa forme la plus probablement pure et réaliste. L'instinct primaire de la clown aurait été de lever son parapluie en l'air avant de lui donner un solide coup sur la caboche grâce au manche. Pourtant, elle ne fait rien. La chose s'évanouit d'elle-même et s'endort comme un véritable bébé. Peu à peu, elle semble reprendre forme humaine et son silence, l'étrange attitude passive et l'air paisible qu'elle dégage lui donnent l'impression de trouver un gamin sans-abris qui avait pour mère le ciel nocturne et les étoiles en tant que berceuse éternelle.

Elle pourrait l'achever tout de suite, lui donner quelques bons coups sur sa tête et laisser le sang couler et la noyer sur place étant donné l'indifférence des deux autres femmes à l'accueil. Oh oui, elle pourrait très bien être l'auteur d'un nouveau meurtre, qu'est-ce que ça changerait ? Ce n'est certainement pas sa conscience qui lui en tiendra rigueur et des jongleurs, ça se remplace facilement... Comme les clowns pas drôles, pense-t-elle à l'instant où elle met en doute l'utilité du travail de la cannibale. Étrangement, elle se penche vers la meurtrière, inconsciente. Elle pose un genou au sol et ose toucher à une mèche de ses cheveux, puis à son front à la façon d'une infirmière qui vérifie la température. Les habitudes ont la vie dure... mais quelles habitudes, en fin de compte ? Bonnie se rend compte de la stupidité de cette pensée car elle n'a jamais fait partie du corps médical. Elle a été tout le contraire, elle a blessé et détruire tout ce qu'il y avait sur son passage. Elle est l'antithèse du sourire apaisant, de la pommade qui soulage et de ces choses qui rendent la vie plus supportable. Elle est un bloc de glace, un robot et pourtant... et pourtant...

Elle porte la jongleuse sur une épaule et malgré le fait que Theresa n'est pas très lourde, Bonnie trouve énormément de la difficulté à correctement la soulever et marcher par la suite. La demoiselle commande à son corps de faire preuve de plus de force. Que la souffrance physique s'écarte de mon chemin, pense la clown.

En ouvrant la porte, elle aperçoit de nouveau l'inquiétant brouillard qui camoufle le chemin. Sur les deux uniques fois où elle est sortie du cirque depuis la signature de son contrat, il y avait ce phénomène météorologique d'une intensité qui force l'admiration envers Mère Nature. La demoiselle reste, un instant, pensive. Ce n'est pas son genre de croire aux coïncidences, toutefois, la force du poids de la bête qu'elle transporte la sort de ses réflexions. Alors qu'elle quitte les grillages de l'asile, un vent frais vient lui frapper le visage. C'est là qu'elle se rend compte à quel point il était étouffant de respirer à l'intérieur de l'hôpital psychiatrique. Par chance, un taxi passe près des deux bizarres mais malheureusement, celui-ci les ignore complètement. Comme tous les êtres de cette ville, en fait, car plus Fish avance à l'intérieur de Londres, plus elle constate l'anormalité du peuple londonien. Qu'ils sont bizarres, ces Anglais...

Bonnie pensait avoir à faire un bon kilomètre de marche avec Theresa sur l'épaule mais il ne lui a suffi que de traverser un coin de rue pour se retrouver devant l'enseigne majestueuse du cirque. Impossible que l'hôpital soit aussi près, disent ses réflexions. Cependant, avec tout ce qu'elle vient de vivre, ça n'étonne guère mademoiselle qui fonce vers une entrée discrète pour ne pas se faire voir. C'est l'après-midi et le site grouille de gens. Si Dieu le veut, elles pourraient entrer sans que personne ne les capture...


***


« Six heures d'inconscience. »


Elle regarde, de ses grands yeux, Roderich en train d'ouvrir ses yeux dans son lit. Peu importe si elle n'est pas tout à fait apte à comprendre ce qu'elle dit : l'information est là. Cette scène aurait pu ne jamais se produire si Bonnie avait succombé à la tentation d'achever sa compagne durant son sommeil. Un bon coup d'oreiller et ça en aurait été fini, ni vu ni connu. Eh non, au lieu de ça, elle est partie être une bouffonne pour quelques heures, en gardant un oeil sur la caravane de la cannibale. Lorsqu'elle en avait fini de mutiler sa dignité, elle est revenue surveillée la jongleuse dans sa caravane, telle une gamine battue qui retourne à la maison suite à une mauvaise fugue. Pourquoi ? Ce n'est certainement pas la compassion, le pouvoir de l'amitié et encore moins l'amour qui l'a contraint à ne pas assouvir ses pulsions meurtrières du moment et de crier vengeance. C'est quelque chose de plus fort. Peut-être, au fond, Bonnie a accepté l'idée que Theresa était la chef d'une meute dont elle ne connaît pas tous les membres. Par conséquent, elle s'est instinctivement résignée à lui faire du mal. Il y a aussi autre chose.

« La drogue était forte. Trop même. On dirait qu'elle a eu un effet sédatif extrêmement puissant sur ton organisme. »

Quant à elle, la mystérieuse substance est partie toute seule à force de faire quelque chose. Durant ses numéros, des flashbacks lui venaient une fois ou deux et de brèves hallucinations faisaient surface et bien sûr, elles n'avaient rien de très joyeuse. Néanmoins, Fish a su rester stoïque et beaucoup de clients lui ont fait remarquer que ses pupilles atteignaient des extrêmes quant à leur dilatation. Maintenant, elle va mieux.

« Est-ce que ton cerveau a retrouvé des souvenirs ? »

L'ultime question et en partie, c'était pour la poser que Bonnie l'avait laissé en vie.
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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2015-01-19, 19:08


les épaves de quelques cervelles


Après, la suite, je ne sais plus.

Le souffle circula dans mon œsophage si fortement que j'ai l'impression de ne pas avoir respiré pendant des heures. Ce qui est impossible puisque je suis toujours vivante. Une fois que mes poumons eurent pris ce grande souffle, je réalisai que mon pouls était anormalement rapide. Trois battements la seconde. Ce qui était énorme. J'ouvris les paupières et découvrit un plafond de tente que je connaissais par cœur pour l'avoir scruté la nuit lorsque je ne sommeillais pas, c'est à dire lorsque j'étais couchée mais pas entre vingt-trois heures et six heures.

D'ailleurs j'entendis. Une voix qui me dit six heures. Je la reconnus très bien, sans même y réfléchir: c'était celle de Bonnie. Je tournai mes yeux dans sa direction. Je reconnus très bien que j'étais étendue dans ma couette et que la clown était au dessus de moi à affirmer que j'eus été inconsciente pendant six heures jusqu'à maintenant. Inconsciente? Je n'avais pas dormi, plutôt? Non. Parce que je ne rêvais jamais.  Et ce qui s'était passé devait être forcément vrai. D'autant plus que Bonnie ne mentais pas. Pourqoi aurait-elle menti? Était-elle capable de mentir d'autre couleur que blanc contrairement à moi? Cela m'aurais étonnée; nous avions un mode de fonction assez similaire. Jusqu'à quarante-quatre pour-cent, sinon plus.

Je la regardai intensivement. Elle avait pris parole première. C'est elle qui m'avait posé là, probablement. C'était donc à elle de continuer. Et elle parla de drogue. Mes hypothèses s'avéraient peut-être vraies, je ne savais comment, toutefois. Et c'était peut-être cette incompréhension qui me donnais autant d'angoisse au souffle. Ne pas comprendre ce qui nous entoure et ce qui nous arrive est effrayant, c'est certain. Je me trouvais maintenant à patauger dans l'inaptitude à trouver la logique. Bonnie était la plus intelligente de nous deux. Elle saurait sans doute expliquer. J'espérais, sinon je ne savais pas qu'est-ce que je deviendrais.

Je la regardais encore. Ne clignai pas d'une paupière. Je voulais regarder son regard aussi vide que le mien et fixer ses lèvres pour m'assurer que les paroles que j'entendais étaient bien celles qui sortaient de sa bouche. Qui nous avait empoisonné? Dans quel but? On empoisonne habituellement les jeunes femmes de notre âge pour les violer et/ou les assassiné. Pourtant, rien de tout cela ne nous avait arrivé. Sinon, j'aurais ressentis les cicatrices dès mon éveil. Alors, peut-être avons-nous tenté une expérience envers nous? C'était ma seule et dernière explication possible.

Souvenir. Le mot me frappa le crâne comme une claque derrière la tête aurait fait. Des corridors à plus finir. Des portes. Des numéros de porte. Un plateau, à découvert, un parapluie fumant. Un casse tête qui se forme, qui s'écroule. Des enfants. Nous en enfants. Bonnie qui me frappe. Accouchement impossible. Regard de psychiatre. Œil. Fourrure. Sabots. Nones. Infirmières. Enfer. Sang. Vomit. Souffrance. Je gémissais. Je commençai à gémir bruyamment. Ça sortait par soi-même de ma bouche, violemment, pour exprimer tout le malaise que je ressentais. Je commençai à frapper mon crâne et mes globes oculaires clos pour que mes souvenirs arrêtent. Ils arrêtèrent. Je me détendis d'un coup.

Je me redressai sur mon lit d'un coup sec pour m'asseoir. Je regardais maintenant Bonnie à perte de vue. Qu'avions-nous vécu? Un cauchemar commun? C'est totalement improbable. La drogue avait agit sur nous de quelle manière? Je levai alors mon chandail pour découvrir mon ventre haletant. Je regardai. Il n'y avait aucune cicatrice.

- Je t'ai mangé un peu et aussi je suis devenue une biche pourquoi je ne suis pas une biche.

J'avais cru pleinement à ma transformation pour un moment. Et je l'avais mangée. Un peu. Je continuais de la regarder. Je clignai des yeux. Et pourtant, c'était des choses qui n'arrivent pas en réalité. Je me demandais si elle avait eut ces hallucinations aussi.

- Est-ce que c'est toi qui m'a mise ici est-ce qu'il a des effets secondaires à la drogue est-ce que tu sais qui nous a droguées?

Trop de questions dans ma tête pour peu de souffle que j'avais. La lumière de la porte entrouverte m'éblouissait énormément. Je réalisai donc que mes pupilles étaient plus ouvertes qu'à l'habitude. Je tirai la langue et passai des doigts dessus. Je regardai ma bave: aucune mucosité ou couleur apparente. Puis je pris une de mes mèches et la reniflai; aucune odeur marquante pouvant témoigné d'un séjour long dans un endroit spécial.

- Qu'est-ce tu as fait pendant que je dormais.

Je la fixai, Toujours aussi intensément.

- Qu'est-ce que tu as fait.

Je soufflai comme question perdue, encore et encore.




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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2015-02-08, 11:12

Theresa pose de ces questions pour le moins extraordinaires et ce n'est pas nécessairement positif. Bonnie reste perplexe, fronce avant d'abandonner toutes démonstrations de perplexité sur son physique car inutile. Sa compagnonne n'était pas lucide tout à l'heure, tout comme elle parfois, et peut-être est-elle toujours aussi confuse. Quoiqu'il en soit, la cannibale n'a pas encore réellement répondue à sa question et tant qu'elle n'aura pas donné une réponse un tantinet satisfaisante, Fish se montrera tolérante mais exigera tôt ou tard qu'elle parle. Même si elle doit utiliser la force, néanmoins, elle n'espère ne pas devoir en venir à là car le combat serait rude et certainement sanglant. Puis, une part d'elle-même sait que sa compagne est plus forte. Il n'en tiendrait qu'à la chance que de décider de l'issue de l'affrontement et c'est une chose à laquelle non seulement Bonnie ne veut pas se reposer mais qui plus est, n'y croit guère.

« J'aimerais connaître les motifs de ton geste. Et les biches ne sont pas carnivores à ce que je sache. »

C’est logique. Pourquoi n’est-elle pas une biche ? Parce qu’elle est un être carnivore donc, par conséquent, elle ne peut pas être un cervidé puisque les cervidés ne mangent en aucun cas de la viande. C’est un raisonnement simple et rapide. La clown en est à se demander comment Roderich a fait pour ne pas arriver à une telle réponse avant elle. Bon, elle vient de se réveiller, certes. Cependant, la compréhension de la demoiselle est limitée (comme chaque être humain) alors l’idée qu’elle aille besoin de reprendre ses esprits pour mieux penser ne lui vient point en tête. Par la suite, trois questions viennent à l’assaut.

« Je n’ai pas d’organe sexuel masculin donc je ne peux pas te mettre. Quelqu’un l’a fait ? » dit-elle avec une touche d’indifférence.

Évidemment, Theresa n'est pas la seule à être embrouillé à l'occasion et le caractère un brin autistique de son mode de pensée ne l'aide pas à découvrir le véritable sens d'une phrase parfois. Bien sûr, si elle avait pris un peu plus de temps à réfléchir, elle se serait certainement dite que ça n'a pas beaucoup de sens de la part d'une personne plutôt respectable en ce qui concerne les moeurs sexuelles (selon Bonnie) qu'elle lui demande cela. Malheureusement, la blonde lui a exigé trop de choses à la fois et par conséquent, elle a cru bon de régler ça tout de suite avant de se mettre aux choses sérieuses. À moins qu'elle soit enceinte ou homosexuelle, au fond, ça ne préoccupe pas plus que ça de savoir avec qui elle couche dans l'immédiat.

« Je n'ai pas connaissance d'effets secondaires précis donc je ne peux rien affirmer. L'auteur de ce piège m'est toujours inconnu. Veux-tu faire une enquête ? »

Celui qui les a empoisonné est surement quelqu'un de très rusé, pense Bonnie en se penchant sur la question. Elle n'a pas de souvenirs qui pourraient l'aider à faire le tri entre les suspects et les autres. Peut-être que Theresa a des souvenirs. Ces souvenirs qu'elle convoite...

« J’avais compris la première fois… Mes oreilles fonctionnent bien. Je t’ai transporté jusqu’ici. Je suis allé travailler par la suite. J’ai fait rire quelques personnes. J’ai gagné ma vie pour aujourd’hui. Rien qui sort de l’ordinaire mis à part une dilatation des pupilles remarquable me concernant. »

Elle parle comme si elle faisait un rapport sommaire plus qu’autre chose. Elle ne voit pas l’importance d’une telle question, faudrait lui expliquer pour qu’elle y apporte plus de conviction et lorsqu’on prend compte de sa confiance ébranlée envers Theresa, il n’est pas étonnant de voir qu’elle remet intérieurement en question la pertinence de ses actions. Toujours chef de meute certes mais le besoin de réaffirmer son autorité est présent. Encore faut-il qu’elle le remarque.

« As-tu retrouvé des souvenirs ? Je veux savoir maintenant et c’est difficilement négociable. »

Bonnie veut dire par là qu’elle compte tenir son point fermement et si on veut la faire lâcher, il sera tout sauf aisé de le faire.
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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2015-03-03, 12:43


les épaves de quelques cervelles


Je soufflai comme question perdue, encore et encore.

Les motifs de mon geste? La demande me laissa perplexe un moment. Parce que je ne la compris pas, réellement. Je l'observai dans le plus grand des silences, redressée sur mes coudes, et les jambes bien trop molles pour que je ne pratique quelque redressement qui soit. Mon torse était en angle de quarante-cinq degrés afin que je ne m'en blesse et je pouvais donc, logiquement, rester ainsi des heures durant, bien que j'avais hâte de retrouver la motricité dans mes jambes engourdies. Je répondis seulement:

- Parce que j'avais faim.

Parce que un plus un font deux. Parce que, quand on mange, c'est parce qu'on a faim. Parce que c'est ainsi que le corps fonctionne, que l'instinct naturel est fait. Je ne voyais pas ce que Bonnie ne comprenait pas, ou peut-être comprenait-elle. Toujours était-il que je ne pouvais m'être transformée réellement en biche puisqu'il s'agit d'une tâche physiologiquement impossible, certes, et que les biches ne sont pas carnivores, bien sûre. Cette remarque de Bonnie me calma, et mes muscles se décontractèrent légèrement. Aussi fou que tout cela pouvait paraître, lorsque l'on entrait en psychiatrie, on ne pouvait être certain de rien. La logique et le raisonnement n'existait plus. C'est pourquoi c'était si horrible.

Donc, à ce stade, je me demandais si j'étais dans ma tête, encore, ou dans la vraie vie. Mais surtout, si j'étais encore à l'hôpital. Apparemment pas, puisqu'on était dans mon logement et que le bruits de la fête foraine grouillait au loin. Mais c'était impossible qu'on soit certain de tout cela; est-ce que j'étais encore sous l'influence d'une drogue quelconque?

Mais la suite des paroles de Bonnie me fit plutôt penser à l'événement précédent, sur la table d'opération. Si elle m'avait mise là? Elle me répondit d'un raisonnement anatomique, et je compris qu'il s'agissait d'une expression dégoûtante d'un anglais déshonoré alors je n'ajoutai rien. Bien que je n'eus comprit l'expression, pas tout à fait. Sinon que c'était à caractère sexuel, et que je n'avais jamais eut, de souvenance, de contact quelconque avec l'organe mâle. Je soulevai mon chandail et passai une main sur mon ventre. J'ai toutefois eut recours à une césarienne... Je palpai une boursoufflure très légère au niveau de mon nombril, quelque chose de trois pouces de long, parallèle à la largeur de mes hanches... Je regardai en vitesse pour voir une égratignure. Ou la cicatrice d'une coupure? Non, la cicatrice ne serait pas aussi guérie, sauf si j'avais dormi pendant dix ans ce qui est impossible parce que je verrais Bonnie vieillie et là elle était encore jeune. Je haussai simplement des épaules, ça voulait dire que je ne savais pas, et je dis:

- Je pensais que j'avais eu recours à une césarienne mais maintenant je ne pense plus que j'ai eu recours à une césarienne.

Cette expression que j'avais entendu d'infirmières trop de fois et que je copiais et collais dans ma bouche comme ça. Bref, le cas de l'accouplement était réglé. Je retournai ma cervelle vers les intentions de notre agresseur et l'enquête vers son identité. Si je voulais trouver qui avait fait cela? Pas vraiment. J'avais d'autres choses à faire, à dire vrai. Je le voulais mort, toutefois. Parce que c'était important de démontrer que nous ne nous laisserions pas faire et que c'était nous les dominantes dans l'histoire. Et pour cela, il fallait se mettre à sa recherche. Alors je dis, sans la moindre émotion et tournure de l'oeil:

- Oui.

C'était avec ce mot, de toute façon, qu'on commençait les meilleures enquêtes. Parce que si j'avais dit non, on aurait sans doute rien trouvé. Elle m'expliqua ce qu'elle avait fait. Elle m'avait bien déposée sur mon lit. Pourquoi? Quelle étrange manière de faire. J'étais donc tombé inconsciente. Peut-être, avant, je lui avais ordonnée de m'amener ici? Non. Pourquoi est-ce que j'aurais fait ça? Et pourquoi je ne m'en souviendrais plus? Mes pensées pèle-mêles me donnaient du fil à retordre, mais tout se replaçais. Bonnie me demanda si je me souvenais de quelque chose. Je fis une pause pour calculer si je me souvenais bien de tout, s'il n'y avait pas de trous dans ma mémoire, en prenant une large inspiration pour bien m'oxygéner le cerveau et en fixant la toile devant moi. Puis, je me lançai, de manière très concise et condensée:

- Là on est arrivé devant l'asile après on est entré après je me suis retrouvée dans un corridor seule après je saignais du nez après...

Je marquai une pause. Ce que j'allais dire ne faisais plus de sens. Je devais vraiment trouver le moyen de le dire, puisque c'était la vérité.

- ...il y avait ton parapluie dans un plateau de nourriture après il y avait des infirmières allemandes à Londres dans l'hôpital après je suis arrivée dans un pièce que le mur était un casse-tête après j'ai vu une autre moi mais qui était une enfant après elle disait que tu était une traître après j'ai traversé le mur après je t'ai trouvé après tu m'as donné un coup de parapluie après on m'a emmené en salle d'opération après après après...

Je pensais à l'aiguille et mon souffle s'était accéléré. Je grattai mon œil et sentis un nerf dans ma jambe s'agiter de lui-même. Je reprenais tout ce que mon cerveau avait à m'offrir, enfin.

- ...après il y avait le Docteur Hill avec une infirmière après ils m'ont piquée après ils m'ont fait une césarienne après il y a un bébé qui est sortit de mon ventre après j'étais avec toi mais j'étais petite après j'ai été avec toi dans une pièce après tu étais déjà dedans mais tu n'avait plus de peau sur l'épaule après j'ai vomit après j'ai vu le Docteur Hill et une sœur et une infirmière parler dans un œil de vache après je suis revenue dans le hall d'entrée après je t'ai vu après je me suis transformer en biche et là après je suppose que je me suis évanouie voilà.

C'était l'histoire très très peu détaillée, mais en son résumé. Pour moi, une chose était plus que clair:

- Docteur Hill et l'infirmière Strauss sont a Londres sinon on ne les aurait pas vus et/ou ils ne nous auraient pas touché sauf si on était déjà droguées.

Dans un quel cas, qui à part ces deux personnes auraient put nous droguer? Tel était la question, à en dire vrai. Et c'était difficile à répondre, sans raison, comme ça. Je battis des paupières et reposai mon attention sur Bonnie.

Tu te souviens de quand on est arrivée à l'asile moi je ne m'en souviens pas mais j'étais avec toi.





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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2015-03-03, 17:03

Elle avait faim. C'est un raisonnement logique qui se tient et peut-être pour d'autres cela pourrait paraître fou mais aux yeux de la clown, c'est une explication comme une autre. Cependant, ce qui lui pique est le fait d'avoir été considéré comme de la nourriture, ce qui entre en contradiction avec le lien de confiance qu'elles ont précédemment établi avant de mettre le feu à la maison hantée. Serait-ce une façon de l'amadouer pour mieux la dévorer ? C'est peu probable, Theresa ne chasse pas de cette façon, elle le sait. Finalement, au bout de sa réflexion, ce n'est plus tant une vexation quant à son sort qui la turlupine mais plutôt : que lui est-il arrivé ? Bonnie ne voit pas pourquoi sa compagne aurait opté pour une nouvelle façon de manger de la viande humaine puisqu'elle se nourrit correctement avec son ancienne méthode c'est idiot. Et encore : il y a suffisamment de viande crue au cirque sans qu'elle aille besoin de se nourrir ailleurs. Par la suite, le quiproquo se calme dans la tête de la demoiselle lorsqu'elle se rappelle que ça s'est passé il y a longtemps. Ça ne pouvait que se passer dans le passé parce que les marques de cette agression sont cicatrisées et qu'elle n'en avait plus souvenir. Pourquoi l'a-t-elle mordue de la sorte à une autre époque ? Ne pouvait-elle pas voir qu'elle pouvait instaurer un lien de prétendue confiance comme dans le manège ? Qu'est-ce qui ne va pas chez elle ?

Elle passe outre l'histoire de césarienne, qu'elle ne comprend pas de toute façon, puis écoute le simple « oui » annonçant qu'elle désire mener une enquête. Très bien. Elles en feront une. Avant, Fish veut élucider et mettre en lumière certaines choses qu'elle juge essentielle mais pour ça elle doit laisser la cannibale parler car des informations sont nécessaires. C'est toujours utile, les informations, que ça soit pour se renseigner sur le cycle carbonique ou planifier un attentat. La clown attend patiemment que sa compagne termine sa réflexion à propos de ses souvenirs.

Elle dit beaucoup trop de fois le mot après, ce qui rend le tout un peu cacophonique. Toutefois, Bonnie ne nie pas que cela a le mérite de situer les choses temporellement. La plupart du temps, elle faisait mine d'écouter alors que toutes les révélations impertinentes vont à une oreille pour sortir de l'autre à une vitesse déconcertante en prenant ce qu'elle juge utile. D'abord, il y avait les doubles d'elles-mêmes qui, on dirait, étaient une hallucination partagée. Mademoiselle Fish a aucune explication logique à cela si ce n'est qu'elles ont eu des illusions semblables surement parce qu'elles partagent des mémoires qui s'entrecroisent, qui sont indissociables les unes des autres. La clown lève un sourcil alors que son « amie » parle de l'apparition du Docteur Hill et de Strauss. Ainsi, elles ont partagé une expérience psychotique plus commune que Bonnie avait présagé au départ. Du coin de l'oeil, elle remarque un tabouret handicapé d'une patte, ce qui lui en fait trois. Ça l'énerve car les bancs doivent avoir quatre pattes d'ordinaire. Finalement, elle soupire.

« Je ne m'en souviens pas. Par contre... »

Beatrix déglutit tandis que sa langue vire à l'allemand. Et quand Bonnie utilise sa langue maternelle, prenant en compte qu'elle a l'impression de ne pas l'avoir utilisé depuis des siècles, une voix beaucoup plus dure, agressive et forte est mise au grand jour, à l'opposé de sa voix douce, un brin timide, en anglais.

« Je ne me souviens pas d'être venu à l'asile mais je sais que je suis née en Allemagne. J'avais un petit-frère perturbé mentalement qui n'arrêtait pas d'abattre les animaux. Je sais aussi que je suis arrivé au même asile que toi un jour et qu'on ne se connaissait pas. Puis, tu m'as mordu pensant que j'étais de la nourriture mais dis-moi d'où t'es-tu venue une idée saugrenue que je puisse te nourrir ? Je pensais que tu ne mangeais pas les gens que tu estimes supérieur et que tu avais confiance en eux et comme tu disais que j'en faisais partie je pensais que je n'étais pas de la nourriture mais tu m'as menti. Et je sais que tu ne mens jamais, certainement pas pour chasser car ce n'est pas de cette façon que tu t'en prends à tes proies, je le sais, je te fréquente. Alors, pourquoi as-tu fait une aussi terrible erreur ? Je pensais que tu ne faisais pas d'erreur du genre, que tu savais discerner tes proies des alliés mais tu as fait une faute de perception dans ta jeunesse... que t'est-il pris de te tromper aussi fortement ? Moi je pensais que tu n'avais aucune incohérence, que tu suivais ta ligne de conduite comme je suis la mienne et que c'est pour ça qu'on pouvait avoir confiance l'une en l'autre, parce que nous nous connaissons et que nous comprenons notre indiscutable logique et... »

Elle prend le tabouret à trois pattes. Bonnie ouvre la porte de la caravane avant de jeter le tabouret au loin. On peut entendre celui-ci qui se casse par terre. Elle referme la porte.

« Il était là à occuper un poste de tabouret mais ç'en était pas un puisqu'il avait trois pattes or tout le monde sait que les chaises, les tables et les tabourets ont quatre pattes, pas une de plus pas une de moins et voir une telle erreur m'énervait trop donc je l'ai jeté pour qu'elle ne soit que des morceaux de bois pourris qui doivent aller aux ordures ainsi ça ne peut plus prétendre indirectement d'être un tabouret. »

Bonnie reprend une grosse respiration.

« Je disais qu'on pouvait avoir confiance l'une en l'autre parce que nous nous connaissons et que nous comprenons notre indiscutable logique. Par conséquent, je ne vois pas dans l'immédiat comment je pourrais avoir une confiance en toi et ta logique maintenant que je sais que tu as fait une grave erreur de raisonnement en me considérant tel de la bouffe alors que je n'en étais pas. Ne me dis guère que tu devais me goûter pour t'assurer, par exemple, que je n'étais pas une proie car je ne connais pas de prédateur qui utilise ce procédé en plus d'être inutile car d'autres signes sont perceptibles donc ça amène le conflit inutilement. Ah si, je sais quel genre de prédateur goûte les mauvaises victimes : celui qui meurt pour montrer aux autres que s'attaquer à telle espèce n'est pas une bonne idée. Et c'est ça le problème, Theresa ! Tu t'es attaqué à la mauvaise espèce dans le passé et aujourd'hui, celle-ci cherche à rétablir l'équilibre puisque l'individu que tu étais devait être éliminé pour avoir commis cette erreur. Faute de quoi, nous avons vécu en presque symbiose dans notre petite cellule sous l'emprise du Docteur Hill mais au fond de moi-même je n'ai jamais oublié l'erreur que tu as faite de te tromper de cible et c'est pour ça alors que j'avais retrouvé ma mémoire, grâce à une illusion du Docteur Hill, je me disais que je devais mettre fin à tes jours car c'était dans l'ordre naturel des choses que de faire en sorte qu'un individu fautif ne transmette pas cette mauvaise habitude aux nouvelles générations mais je n'ai rien fait... Pourquoi ? Je ne sais pas exactement. Je pense que c'est parce que notre espèce, notre race autistique, est en danger en ce monde peuplé d'imbéciles qui s'emportent et disent des insanités sans s'arrêter et que tu as réussi à survivre depuis le temps. Ou bien as-tu su évoluer, rien n'est moins sûre suite à cette épisode psychotique et c'est un fait ! L'autre jour, un malotru niait la théorie de l'évolution de Darwin, te rends-tu comptes ? Tu le sais, je le sais, nous le savons que les idioties pleuvent et pourtant nous savons garder notre calme car nous savons que c'est inutile d'agiter nos nerfs pour ça. Par exemple, en ce moment, je parle d'un ton ferme et compréhensible même si ce que je dis sortirait par des cris pour un homme ordinaire et je n'ai pas lancé le tabouret sous le coup d'une pulsion colérique mais bien parce qu'il était imparfait et que tu n'avais pas à vivre ce type d'agacement plus longtemps. Moi non plus d'ailleurs, qui suit ici en ta compagnie. Et crois-moi, je sais ce que l'autisme est, Theresa. Peut-être avant, alors que l'amnésie causée par une lobotomie foireuse du Docteur Hill m'avait fait oublier ce que c'était, je ne savais plus mais là je sais. On m'a assez dit que mon cerveau était inhibé par le spectre autistique, je sais ce que c'est ! Et qu'en est-il de la lignée supérieure dont tu me faisais la promotion dont tu qualifiais le premier critère comme étant l'autisme et la conversation d'une réelle logique ? Elle doit être en piteuse état si notre leader, la chef de meute que tu es et oui tu l'es, fait une erreur de la sorte. Je... Je ne sais plus si je dois te croire, avoir confiance en ta cohérence, ta logique, ton fonctionnement, si je sais que tu as fait une erreur délibérée de cette importance. Cette erreur est importante car elle compromet ce que tu me disais. »

Silence.

« Je ne suis pas fâchée. Je cherche à comprendre. Theresa... J'espère que tu n'as pas fait cette erreur et ce que j'ai dit la concernant ne soit qu'une théorie établie à cause d'un manque d'information. Cependant, jusqu'à qu'une autre théorie vienne prouver qu'elle est fausse, car je viens d'expliquer en quoi elle pourrait être vraie, elle me semble véridique. Dis-moi ce que tu penses. Décris-moi les mécanismes de ta pensée. Nous avons besoin de monter au-dessus des autres nos lignes de conduite et nos réflexions pour ne plus faire d'erreurs, d'être des créatures plus fortes que ce que le Docteur Hill peut présumer vendre en parlant de ses sains d'esprit. Pour ça, il faut des explications. Il faut que les choses soient claires, que nous retrouvions la mémoire perdue et retrouver toutes les connaissances, toutes les informations, qu'il nous faut. Je me rappelle de nous deux dans la cellule mais pas encore de notre conversation et sache qu'elle est capitale car elle pourrait nous permettre de savoir comment deux individus autistes peuvent s'allier, entrer en contact, s'entraider, si bel et bien autiste nous sommes... Et si ce que tu me disais n'était que des mensonges, alors là... »

Et puis plus un mot allemand de la part de Bonnie.
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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2015-04-03, 16:31


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Tu te souviens de quand on est arrivée à l'asile moi je ne m'en souviens pas mais j'étais avec toi.

Et c'est alors que Bonnie répondit qu'elle ne se souvenait pas de leur arrivé, ce qui était pour le moins déconcertant car on a toujours le souvenir de s'être rendu quelque part sauf si l'on était pas éveillé pendant le trajet. Hors, nous n'avions put marcher en dormant jusqu'à l'asile. Nous n'étions pas somnambule, et surtout pas jusqu'à ce point, si oui. Très étrange. Autant que les mots suivants qui quittèrent la bouche de la clown: ils étaient allemands. Quelle surprise, je pensai. J'ignorais vraiment, jusqu'à ce jour, que Bonnie avait appris l'allemand. Pourquoi? Peut-être par plaisir. Certaines personnes apprennent des langues par plaisir, comme j'avais appris les cent-tois premières décimales de pi. Ce sont des activités enrichissantes qui peuvent nous être utiles un jour.

Puis, je prêtai plus attention à ce que Bonnie dit. À écouter chacun des mots et les assimilés bien plus parfaitement que n'importe quel anglais. C'était clair, net, et précis. Parce que, de toute façon, l'allemand était la langue la plus précise qui soit. C'était la meilleure. Et de ce langage, la clown parla d'un frère, de l'Allemagne. Ah! Elle était allemande. Elle avait appris la langue de là. Et elle me demanda encore pourquoi j'eus pensé me nourrir d'elle. Je lui avait déjà expliqué qu'il s'agissait de faim. Devrais-je lui expliquer qu'il s'agissait d'instinct de survie? Probablement pas. Je savais qu'elle était assez intelligente pour le comprendre. Peut-être voulait-elle savoir qu'il s'agissait de survie? Et mes pensées butèrent. S'agissait-il de survie? Euh. Euh. Euh. Soeur Mary eut parlé parfois de tentation du Diable. Et elle disait que j'étais tenté par le Diable. Mais il ne m'avait jamais parlé alors je ne comprenais pas pourquoi elle m'avait dit cela auparavant. Bonnie pensa que je mentais, ce que je trouvai plus absurde que choquant. Ensuite, je me demandai si elle était capable de mentir ou si elle n'y parvenait pas comme moi. Alors, je répondis à la question en me disant qu'elle n'avait pas besoin de mentir, jamais. C'était bien suffisant et satisfaisant comme réponse.

Alors je repensai au «dis-moi d'où t'es-tu venue une idée saugrenue que je puisse te nourrir ? » qui était clairement une question à laquelle je n'avais pas de réponse. J'avalai difficilement, ma gorge était sèche. C'était la nervosité. L'anxiété. Ce sentiment vraiment horrible qui rend les mains moitent et qui ne donne que le néant comme solution: l'ignorance. L'idée était venu de mon cerveau, comme n'importe quelle idée. Et de quels raisonnements avait abouti la corrélation concrète de ma faim et de sa chaire à manger? Je glapis, du fin fond de ma gorge, comme si mon corps voulait exprimer tout cet inconfort qu'il ressentait. Peut-être si j'avais été quelqu'un qui sait pleurer, il en aurait été d'un sanglot. Mais je ne savais pas ça non plus. Je commençais à douter. Quelle horreur. C'était très inconfortable.

Et pourquoi cherchait-elle autant? M'en voulait-elle? Ce serait étrange. Était-elle triste? Ça, ce serait encore plus étonnant que de l'entendre parler allemand. En colère? Hum. Rien de tout ça ne me satisfaisait les neurones. Alors pourquoi? Pourquoi autant d'emphase sur la morsure? Peut-être ne cherchait-elle qu'à comprendre, comme moi...

Bonnie interrompit mes pensées en jetant le tabouret de la porte de mon logement. Oh la la, c'était une autre chose surprenante. Puis, elle donna explication; certainement, les tabourets avaient trois pattes en angle de quatre-vingt-dix degrés alors que celui-ci n'en avait que trois en angle de quatre-vingt-quatorze degrés. C'était toujours symétrique, mais impair, donc embêtant. Son explication me rassura et ma respiration qui était devenue un peu moins rêche. Entendre les explications rationnelles et claires de Bonnie, surtout en allemand, me rassuraient grandement parce que j'avais l'impression que des fois on pensait pareil. Enfin, quelqu'un qui savait bien penser.

Elle revint au sujet initial et alors je compris. Mon tempérament venait de changer quand elle avait changé d'attitude. Ce n'était qu'un raisonnement de circonstances. Et toutes ces circonstances, autrefois à l'asile, étaient manigancés par les médecins. Alors... Alors étais-je tombée encore une fois dans le piège d'un savant? Oui. Oui, bien sûre que oui. Ce que je me souvenais de mon séjour à l'asile? Pratiquement rien; j'eus été trop médicamentée. Et les docteurs, eux, ils voulaient me changer. Comment? Par solutions chimiques. Oui. Oui. Oui.

- C'est à cause des seringues.

Voilà, tout était clair à présent. Si j'en avais peur maintenant, c'était simplement une réaction cognitif à ce que mon corps savait de néfaste pour moi. Non, pour ma race. Et je continuai mes réflexions: est-ce que j'étais toujours la même personne qu'à mes huit ans? Non. Parce que la personne à mes huit ans était sous procédé chimique évolutif. Mon sang était pollué par leur médicaments et affluait dans mon cerveau qui pensait croche et à l'envers. La biche. Docteur Hill. Madame Strauss. La sœur. Ils voulaient me changer en animal. Est-ce que j'avais été changée en animal? Bon. L'humain est un animal mammifère et le sera toujours. Mais il y a une différence entre l'animal et la bête. Une bête est être vivant, non végétal, dépourvu de ce qui caractérise l’être humain, par exemple, la fonction symbolique, le langage articulé. La fonction symbolique... Une fonction symolique est une utilité, rôle propre à un symbole qui, en l'occurrence, représente quelque chose. Notre supériorité par notre race, dans cette situation. En allemand, j'expliquai:

- Oui notre race est en danger et on tente de nous envenimer avec des seringues qui nous guérissent sois disant mais l'autisme n'est en rien une maladie donc les docteurs tournent dans le paroxysme de nous donner des médicaments pour changer le flux de nos pensées et de nos synapses les médecins ne comprennent pas qu'ils ne s'agit que d'une stupide logorrhée chirurgicale et ils n'aboutissent à rien sinon à notre déshumanisation oui nous déshumaniser on a essayé de me transformer en bête je le sais maintenant.

Je frissonnai. C'était quelque chose de très très effrayant. S'ils avaient réussit une fois, ils pouvaient le faire à n'importe quel des nôtres. N'importe quand. Et n'importe où. Je m'étais transformée en bête, tout à l'heure... Alors on nous avait donné quelque médicament qui soit, c'était un fait. C'était un complot. Quelle histoire! Je n'avais besoin de le répéter à haute voix, Bonnie comprendrait.

Elle avait toujours comprit.




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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2015-04-06, 11:25

Stress. Theresa est très anxieuse aujourd'hui ; ça en devient très perturbant. Toutefois, Bonnie se surprend à ne pas haïr cette réaction de la part de son amie : ça prouve qu'elle n'est pas entièrement indifférente à ce qui a pu la vexer auparavant et cela a pour effet de rendre la clown un tout petit peu plus calme encore. Ceci dit, elle ne souhaite que cette réaction soit prolongée très longtemps pour la simple et bonne raison que, maintenant armé d'une mémoire plus complète, Fish arrive à comprendre un tantinet la souffrance autistique que peut ressentir sa compagne. Oh, comprendre est une chose mais compatir en est une autre. Il faut dire que depuis l'opération qu'elle a subie, la demoiselle au parapluie n'est plus la même ; adieu les crises d'angoisse et une bonne partie de sa défunte personnalité.

À cause des seringues... À ce moment, certaines personnes (hypothétiquement) se mettraient en colère en sortant d'indémodables arguments tels que : « Tu rejettes toujours la faute sur les autres ! » ou « C'est les médecins qu'on blâme, une fois de plus ! ». Pourtant, ce n'est pas le cas de mademoiselle Fish (puis, déjà, il faut souligner que les montées de rage de notre protagoniste se comptent sur les doigts d'une main) ; celle-ci lève un sourcil, non pas qu'elle soit perplexe cette fois-ci mais bien parce qu'elle est intéressée. Peut-être si elle n'avait retrouvé que le souvenir de la morsure elle aurait réfuté cet argument, cependant, sa mémoire a su perdre une bonne part de ses nuages qui l'encombraient et désormais l'hypothèse que les substances contenues à l'intérieur des seringues aient malheureusement influencé Theresa est plausible, voir tout à fait révolutionnaire !

« Des seringues... balbutie la clown. Hm... »

Elle ouvre la bouche deux secondes pour la refermer par la suite, enfermant des mots qui n'étaient pas suffisamment justes, selon Bonnie, pour qu'ils puissent agiter ses cordes vocales. Avant même qu'on se donne la peine de s'en rendre compte, Miss. Grumpy est assise en indien devant le lit de sa prophétesse qui lui parle de race, terme si en vogue durant les années où se passe l'action, et d'ennemis, les médecins en l'occurrence. Se croyant infirmière autrefois, demoiselle Fish aurait dit non à tout cela ou dû moins elle aurait développé des arguments contre les idées de Theresa et là... Était-ce une bonne chose que de redonner à cette incendiaire ses souvenirs ? De toute manière, il est trop tard...

« Il faut donc arrêter les médecins avant qu'ils nous détruisent... Cela veut dire qu'il est plus qu'important de retrouver le coupable, la main perverse qui nous a droguées ! Il ne faut pas qu'il puisse frapper à nouveau, sinon, où serait notre race si on nous empoisonne un par un ? »

Bonnie se lève, prête à gravir des montagnes et nager d'une mer à l'autre. L'aventure commence, pour ainsi dire...

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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2015-04-06, 12:20


les épaves de quelques cervelles


Elle avait toujours comprit.

Un par un, que Bonnie dit. Et cette image de mots me fis arrêter tout mouvement, un instant précaire. C'était justement ce m'empêchait d'endurer tout cela; la fragilité de la situation et, surtout, de ce que j'en déduisais avait redonner à ma cervelle cette banale architecture de pensée que l'on retrouve chez les plus idiots de ce monde. Mais ce n'était qu'une illusion, à cause des hallucinations, des piqûre, de tout tout tout... On ne pouvait changer une race de la sorte. Bien sûre que nous étions toujours supérieur. Sans qu'ils ne le sachent, même, nous avions déjoué leurs plans grotesques. Pendant un très long moment, nous avions été des marionnettes. Voilà que le rôle allait s'inverser d'ici nos prochaines actions. Avant que l'on ne disparaisse. Un par un. J'aimais beaucoup cette expression parce qu'elle était facile à comprendre, claire, et logique. Tellement démonstrative de la catastrophe naturelle que l'humain était en train de faire...

Ce que la clown dit était une stratégie militaire tout à fait pertinente. Militaire, oui. Nous étions maintenant en guerre, comme n'importe quel soldat. Le plus sérieusement et justement du monde que je le déclare, très banal tournure de notre journée; c'était un fait. Et peut-être étions-nous en guerre depuis bien plus longtemps qu'on l'imaginait. En tout cas, je m'étais toujours battu. À ma manière, et ça avait toujours été efficace, sans l'ombre d'un doute. Bonnie aussi s'eut battu quelques fois, peut-être. L'important demeurait que nous étions toutes deux armées d'une connaissance puissante et que nous irions au front dès maintenant. Bon. D'accord. Je n'avais lu beaucoup sur les stratégies militaires, prétextaient les infirmières que c'était de la mauvaise lecture pour moi. Et personnellement, je ne voyais pas la différence entre le Cours de Tactique Générale d'après l'Expérience de la Grande Guerre du Colonel Culmann F. et Le Chat Botté de Charles Perrault. D'abord que le conte du chat était tout a fait absurde, illogique et effrayant. Quel chat dans le monde porterait des vêtement et parlerait? C'était bien plus pertinent que de savoir comment les grands de ce monde avaient sut évincer des millions d'êtres humains. Ensuite, pour n'en tuer qu'un, ce serait très facile, statistiquement. Bien, j'utilisai alors mes connaissances ultérieures:

- Il faut d'abord utiliser ce que eux ne savent pas contre eux et ilx ne savent pas qu'on sait qu'ils veulent exterminer notre race alors on prend du pouvoir.

Du pouvoir. De l'avance. Même chose.

- Alors il faut frapper avant qu'ils ne frappent alors ils n'auront pas le temps de frapper il faut les exterminer.

Je sentis en moi quelque chose de très fort, je battis des paupières. C'était comme si mon battement de cœur s'était accéléré: la même chaleur à la nuque, la même pression à la gorge... Mais il n'avait pourtant pas changé. Peut-être l'adrénaline de mon corps influait-elle déjà pour me donner l'affront du combat? Peu importe, c'était très plaisant. Je me dis que si je n'avais pas signé le contrat et que j'avais un organe mâle, peut-être aurais-je put devenir dictateur.

Mais je m'arrêtai subitement. Aussi logique tout cela était-il, un problème immense faisait surface: pour attaquer, il fallait aller sur leur terrain, puisque, évidemment, il fallait les surprendre, et ils ne viendraient pas à nous. Trouver un moyen de les abattre sans entrer dans leur édifice, ni dans leur bâtisse. Sans se faire prendre ou se faire démasquer.

- Le feu.

Il avait très bien démontré son efficacité, dans le manège de la maison monstre. Aucune trace. Aucun survivant. Aucun indice. Si nous ne voulions prendre de chance, nous pourrions mettre le feu à l'hôpital; détruire tous les médecins, les infirmières et, en plus, les seringues et leur soluté. C'était évident, facile et parfait. Mais non. On ne pouvait pas faire ça. Ça serait se prendre à leur jeu, encore une fois; si nous faisions cela pour le bien de notre cause, nous éliminerions aussi tous ceux de notre race résidents dans leur édifice. Je n'avais aucune sympathie pour eux, mais plus notre nombre était supérieur au leur, le plus imposant et puissant nous pourrions être. Impossible de gaspiller tant d'effectifs.

- Pas le feu.

Je ronchonnai en grognant dans le creux de ma gorge. C'était si pernicieux, un médecin, que ça pouvait jouer avec notre conscience sans même être là. Et maintenant, j'étais déranger parce que je ne trouvais pas facilement comment trouver un moyen aussi facilement qu'à l'habitude.

- Il faut sortir les autistes de l'hôpital et mettre le feu.

Voilà qui était bien mieux, toutefois toujours difficilement réalisable. Je repensai aux paroles de Bonnie: trouver la main de celui nous ayant empoisonné serait le mieux, d'abord. Avant de déclarer une guerre interraciale. Dans la subtilité et l'efficacité.

- Celui qui nous a drogué est au cirque c'est sûre parce que sinon on se serait souvenu d'avoir quitté le cirque avant d'avoir notre blanc de mémoire moi la dernière chose que je me souviens avant d'avoir été droguée c'est que je me promenais sur le site pour aller à un stand pour travailler et toi?

Je la regardai, enfin, avec le plus d'intérêt et de sérieux du monde.

C'était pourtant un enchaînement très clair jusqu'à notre fin ultime.




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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2015-04-25, 09:32

À l'époque, le concept même de race était quelque chose d'omniprésent en Europe (pareil pour l'Amérique) et Bonnie avait été élevée au sein de cette conception du monde selon laquelle tous les hommes ne sont pas égaux incluant les femmes qui ne le sont pas réellement auprès des hommes (bien qu'on lui ait dit que tout être humain est traité en égal devant Dieu, chose qu'elle n'a jamais su vérifier). Fish n'était pas une personne qui de nature observait les différences et cherchait à les fuir, à discriminer les porteurs de ces soi-disant anomalies. En fait, ça la laissait indifférente dans la mesure où elle voyait le tout comme des valeurs qui diffèrent dans l'immense code informatique qu'est l'être humain : cette comparaison, elle ne l'a pas fait exactement comme décrit car mademoiselle ne sait pas ce qu'est un ordinateur à dire vrai donc ses pensées sur les valeurs sont plutôt issues de ses propres réflexions que sur une analogie de l'homme et d'une machine en particulier. Pourtant, à la façon d'un être programmé, Bonnie a fini par assimiler les théories raciales et d'y être fortement influencé sans posséder un enthousiasme très marqué puisque femme et longtemps traité en indésirable. Avant de retrouver sa mémoire, sa minime fierté l'empêchait, de toute façon, à se positionner plus grande qu'elle est vraiment : c'est-à-dire en une petite humaine maigre sans talents. Toutefois, puisqu'elle a retrouvée ses souvenirs d'abus, se remémore son long exil de la vie au travers du couvent et de l'asile, l'orgueil croît rapidement (non pas sans l'aide d'une certaine Theresa Roderich qui lui a précédemment raconté toutes ces histoires de race autistique). Peut-être verrons-nous la naissance d'une arrogance chez Bonnie ? C'est possible mais ça ne veut pas nécessairement dire que cela arrivera.

Ce qui est si exaltant dans le cas présent, c'est qu'elle est désormais du côté des supérieurs, des ultimes gagnants qui devront se battre contre vent et marée pour prendre leur légitime place sur cette planète peuplée de dégénérés plus stupides les uns que les autres. Bonnie n'est pas imaginative : l'irréelle, les féeries, le fantastique et les fictions ne sont guère son domaine, à l'exception des mensonges où elle y trouve quelque chose d'utile. Néanmoins, ça ne l'empêche pas de voir des roues dentées s'aligner dans le but de créer une usine ferreuse à créer du pouvoir. Extermination ? Les yeux vitreux de Fish fixent sa bergère alors qu'elle dit des mots. Le feu ? Si cela avait été dans l'habitude du clown de le faire, elle aurait eu un sourire carnassier. La pyromanie serait une impulsion qui se manifeste par un désir pour le moins ardent de mettre le feu, de provoquer des incendies. Pouvons-nous dire que Beatrix est une pyromane ? Une criminelle, oui. Une meurtrière, c'est un fait. Une incendiaire ? À y penser, Theresa peut voir pour la première fois de leur relation ce qu'on pourrait appeler un sourire. Celui-ci n'a rien à voir avec ces rictus dits sadiques ou cruels : il est simple et bon enfant. Étant donné les circonstances, il n'est pas impertinent de se demander lequel de ces deux sourires est le plus inquiétant. Il aurait duré moins d'une seconde ; de nouveau le visage de marbre.

Malgré tout, Bonnie reste une femme de raison : elle ne laissera pas de nébuleuses pulsions la submerger, la contrôler. Ce serait non seulement illogique, un signe de faiblesse et contraire à ce qu’on pourrait nommer le bon comportement selon notre clown. Elle a laissé sa camarade transmettre son message. De la part de Fish, un silence suit ces paroles puisqu’elle ressent le besoin de cogiter sans faire de bruit. Immobile. Stoïque.  

« Il faut détruire pour reconstruire. Nous avons besoin de la médecine mais pas des médecins... » affirme Beatrix à voix basse.

Il faudrait hélas les exterminer mais après quoi ? Les médecins sont utiles car ils permettent de sauvegarder un corps sain quand ils ne sont pas occupés à empoisonner. Donc, contrairement à ce qu’elle disait, on a besoin du corps médical. Il est la clef de la survie d’une société ainsi que leur maladie. Tout ça devient d’une complexité hallucinante.

« Nous ne devons pas nous lancer dans les purges immédiatement. Il nous manque le pouvoir pour que ça soit efficace. Sinon, c'est juste un massacre incompris. »

De plus, elle a besoin de méditer à ce sujet or il faut d'abord s'occuper d'une problématique urgente : l'ennemi qui les a drogués.

« Avant la perte de mémoire, j'étais en train de me maquiller dans ma tente. Si c'est un médecin, il est possible qu'il soit à l'infirmerie. Il serait également possible que les substances y soient. »

Une fois la demeure de Theresa ouverte, Bonnie jette un regard dehors avant de lui dire viens sans mots ni expressions faciales ; uniquement par les yeux.
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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2015-05-22, 18:59


les épaves de quelques cervelles


C'était pourtant un enchaînement très clair jusqu'à notre fin ultime.

Je regardai Bonnie sans osciller. Sur ses traits, pendant une demi seconde je dirais, il y eut le rictus d'un sourire. On m'avait appris que le sourire, chez le comportement humain, était quelque chose de très significatif. D'abord, un retroussement des extrémité des lèvres. Plus le plissement des yeux était intense, plus le sourire l'était. Ensuite, il symbolisait le bonheur, la joie, toutes exceptions incompréhensibles à part. Ce fut donc très clair lorsque ma compagne fit sourire, net, petit et sec; très clairement, elle voulait communiquer ou simplement démontrer une joie par rapport à ce que je venais de dire. Avec quoi je conclue qu'elle était d'accord. De toute façon, elle aurait bien réalisé tôt ou tard qu'elle n'avait pas le choix: une race doit se battre pour éradiquer le danger et dominer sur l'oppresseur. Si l'animal en est capable, nous le serions capable, nous deux, et non pas pour la première fois.

Silence. Je frottai doucement mes paumes entre elles. Mes sensations au touché étaient redevenues comme avant; soit complètement pourries par les médicaments qu'on m'eut fait ingérer au cours de mon internement. C'était un bon signe, malgré tout, comme quoi mes reins, mon foie, mon estomac et/ou ma vésicule éliminaient rapidement le poison qu'on nous avait fait ingérer. Je sentis mon oreille se dresser et mon tympan se tendre vers la petite voix de Miss. Grumpy. Oui, de la médecine sans médecin. Je savais depuis le départ qu'elle comprendrait, puisque Bonnie est comme moi; elle comprend ce qu'il y a à comprendre, de la bonne manière et sans questionnement stupide.

Elle continua en parlant de pouvoir, ce qui me fit claquer des dents la bouche close. C'était un mot que j'aimais particulièrement. Leistung. Et un état de prestance qui allait nous être bien utile, effectivement. Je pensai à cette présence qui avait le plus de pouvoir dans le monde, et ma réponse fut: Dieu. Évidemment, Dieu n'est pas un être, mais une raison dogmatique de guider les gens vers ce qui est le mieux pour eux: une alimentation, une sexualité, une morale et une politique contrôlées par un sentiment viscérale et instinctif primaire qui est la peur. Si nous devenions aussi pragmatique dans notre façon d'être, il serait d'une simplicité enfantine de d'obtenir la notoriété de Dieu, et donc le pouvoir. Le temps serait nécessaire, et la violence aussi. Pour faire peur, bien sûre.

Je cogitai sur ce déroulement qui se manigançait de lui-même dans mon crâne. Si facile, et pourtant si imprévisible... Comment guider, de prime abord, la masse alors que celle-ci est écervelée et incohérente? Les Hommes qui ne sont pas de notre calibre sont trop stupides généralement pour comprendre quoi que ce soit. Voilà qui était enrageant. Je grattai par deux petits coups de giffes la cuisse de mon pantalon. Très enrageant.

Bonnie me fit penser à autre chose: à ce que nous discutions avant. Cette petite pensée qui avait continué à s'émanciper dans ma tête. Oui, bien sûre, l'infirmerie. C'est la seule place connue et contrôlée possédant médicaments et moyens de les ingérer. Je battis des paupières. Je détestais cet endroit maudit et souillé de méthodes stupide afin de «soigner» les malades. Je me souviendrai toujours de ce Docteur qui avait soigné la cheville cassée d'un vieil homme, très très vieux. Très ridé, avec des cheveux blancs. Il était resté pendant deux mois, pour complication, puis était ressortit avec troubles cognitifs dû, disaient les infirmières, à l'âge avancé du blessé. Je sais très bien que c'était à cause des antidouleurs expérimentales qu'on lui avait donné. Et cette histoire me met beaucoup en colère: dès son arrivée, on aurait dû l'euthanasier. Il n'était plus bon à la société d'aucune façon dès le départ. Quelle histoire imbécile qui existe et qui me met en colère parce que je sais qu'elle existe.

Quoi qu'il en soit, je me relevai et suivis Bonnie jusqu'à l'infirmerie. Sans un mot, avec un regard d'une seconde et c'est tout. C'était évident qu'on devait aller à l'infirmerie, très évident. Je réussis à marcher très bien, à petits pas rapides de souris, même si j'avais des fourmis dans les jambes. Le cycle mécanique de déplacement de l'humain ne change pas dans ses jambes. Que je les sente ou non, je pouvais les utiliser, qu'elle sottise.

Nous arrivâmes devant cet endroit répugnant, et je réfléchis à ma dernière mémoire avant notre enlèvement. Avec beaucoup de concentration. Et Ça me revint. J'étais au cirque, bien sûre, et j'étais à l'air de repos. Sur une table, dans l'herbe mouillée, prête à travailler, et attendant uniquement que la cuisinière ouvre la porte de sa caravane pour fumer, comme à chaque heure précise elle le faisait, afin que je jette un coup d'œil s'il n'y aurait pas une pièce à voler. Je me souviens ne pas avoir eut le temps de voir la cuisinière sortir que nous étions toutes deux devant l'asile.

J'entrai dans la place. C'était vide, et sale. Mal entretenu, si c'était entretenu. Je grattai mon œil du revers du poignet: preuve qu'il y avait substance chimique assez pour me faire piquer des yeux. Je balayais la pièce du regard; que chercher? Je me répondis systématiquement: un équipement récemment utilisé ou récemment utilisé et rangé. Une odeur forte de henné régnait dans l'air, mélangé à quelque chose de fermenté avec de l'amiante. Rien qui ne soit utile, enfin.

- Nous devons trouver des substances contenant du psilocibine alcaloïde peyotl phencyclidine ou peut-être d'autre chose.

C'était très peu précis, mais c'était un départ. Et l'atout de nos ennemis était qu'ils savaient nous prendre au dépourvu et nous manipuler via des méthodes et substances que nous ne connaissions pas. Aucune marque sur notre corps ne nous faisait croire que nous avions été piquées, ou injectées d'une quelconque manière... Sans doute était-ce quelque chose à ingérer par un orifice quelconque que nous avons pris contre notre grès.

Je pris avance. Je n'allai pas voir les médicaments, ou fouiller les pharmacies. Je rôdais afin de voir si nous étions bien les seules présentes. Mais cette fois, je ne perdis pas Bonnie de vue. La dernière fois que nous nous étions séparées, les hallucinations avaient commencées. La corrélation de la chose est complètement improbable et folle, mais s'il advenait que seulement une de nous deux en vienne à être en perte de ses moyens, l'autre se doit d'être là pour étudier ses symptômes et récolter le plus d'indices que possible sur son état, puisqu'ils nous ramèneraient directement à la source, soit le poison ou le médicament employé.

Je me demandai combien de personnes nous avaient fait cela, directement, si l'on ne compte pas tous les médecins du monde. Et ça serait trop long, en fait. Nous n'avons pas le temps pour cela. Et de toute façon, un seul aurait très bien pu nous maintenir; nous ne sommes pas de force physique spéciale ou différente de la norme, sinon inférieure. Donc le nombre de personnes nous ayant fait le coup pouvait varier entre un et cent, j'estimai. Peu importe combien ils étaient, il fallait à tout pris les dominer en savoir, ce qui ne serait pas tâche facile, contre des docteurs.

Je m'arrêtai, alors. Et je regardai Bonnie en tournant lentement ma tête vers elle: je réfléchissais. Ils étaient supérieurs en connaissances et en nombres. Les risques que nous deux ou l'une de nous rende l'âme était présent. Et je lui fis part de mon inquiétude:

- Si l'une de nous meurt il faut que l'autre étudie correctement la mort de sa coéquipière et continuer le travail seul ce qui n'est pas préférable puisque le travail d'équipe est plus efficace que le travail individuel dans ce genre de stratégies aussi nous devons constamment veiller l'une sur l'autre sans que cela n'obstrue notre but premier.

Ordre fait, je continuai ma quête d'une âme qui vive dans l'infirmerie: rien.




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Commentaires : « Si je n'ai pas d'émotions sincères envers eux, est-ce que j'entre dans leur manège ? Le vrai plaisir sadique vient lorsque les émotions sont toutes aussi vraies. Et puisqu'elles sont fausses, je punis leur barbarie par un divertissement qui ne leur donnera qu'un gloussement éphémère. Sinon, j'essaie d'autres alternatives humoristiques pour des raisons de santé. »


MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2015-06-05, 08:26

C'est la suite logique. Il faut partir à l'infirmerie car c'est là-bas qu'il y a le plus de chance de trouver des indices, drogues ou médecins à interroger pour continuer cette quête que les deux machines humaines viennent d'entamer avec une ardeur subtile et une confiance qu'on pourrait dire inébranlable tant et aussi longtemps qu'elles étaient unies. Bonnie n'a pas pris le temps de questionner Theresa, de s'assurer si tout va bien après son évanouissement. La clown était d'abord trop occupée à avoir ses réponses et maintenant à poursuivre une mission bizarre. De plus, la compassion n'est guère une émotion que ressent la femme et tant qu'on ne lui indique pas qu'on a mal, besoin d'assistance donc, il y a des probabilités fortes qu'elle ne fasse rien à moins que ça soit trop évident, par exemple, si on a le bras cassé. Et encore, ce n'est pas par pitié qu'elle aiderait un malade ou un blessé mais par une espèce de sens du devoir qu'on lui a inculpé depuis le tout début de sa vie. Bref, Fish ne fait pas attention à l'état de santé de sa camarade alors qu'elle mène la marche vers l'infirmerie, en pensant à ce qu'elle pourrait bien dénicher à l'intérieur.

Une fois entrée, Miss. Grumpy fronce les sourcils, un brin étonné par l'état dans lequel se trouve l'endroit. C'est sale, notre protagoniste observe un outil non stérilisé du coin de l'oeil, visiblement mal entretenu et on se demande si on vient là pour guérir ou pour être achevé. Le cirque étant un monde relativement violent, Bonnie se demande, avec raisons, pourquoi les services de santé ne sont pas mieux gérés que ça. Surtout que les spécimens du Dark Circus sont, malheureusement ou heureusement selon les cas, uniques alors il ne faudrait pas qu'ils meurent d'une banale infection parce que le personnel est incompétent. Même la clownesse pas drôle sous-payée se permet de critiquer les installations : il doit bien y avoir un problème quelque part. Alors, l'hypothèse ô que bien facile que les humains sont cons de toute façon, ce qui démêlerait tout ce bordel. Pourtant, en dépit de l'élan fanatique qui emporte Fish, ce raisonnement ne la satisfait point. Les médecins voudraient-ils la mort de leur patient ? Peut-être : ce serait presque normal qu'ils le fassent selon l'idéologie maîtresse du moment. Toutefois, la femme suppose que c'est plus dû à un manque de budget ou/et au capitalisme sauvage qui régit le monde.

Miss. Grumpy ne répond pas à l'objectif imposé par la cannibale se contentant de retenir des sons, des syllabes, pour lui permettre de rassembler le plus de doses pouvant être ce qu'elle cherche. Alors qu'elle rôde, à sa façon animalière, dans le but de s'assurer que personne ne les épie ou vienne les déranger durant leur fouille qui aurait surement pris l'air d'une inquisition si elles avaient eu l'autorité de commander une inquisition. Néanmoins, il ne vaut mieux pas qu'elles deviennent inquisitrices, surtout pour la brunette. Elle aimerait trop ça. Sans tenir compte de la moralité ou le moindre concept de permission, la clown ouvre les armoires en scrutant les noms bizarres écrits sur les multiples flacons qui encombrent tristement l'espace. Certains médicaments, qui semblent n'être jamais utilisés, ont une couche de poussière.

L'incendiaire se détourne brusquement de sa tâche alors que Roderich parle d'inquiétudes fondées. Elle l'écoute sans dire un mot. La blonde a raison. C'est bien cela qui trouble Bonnie : sa camarade a raison. Le travail d'équipe, selon les circonstances présentes, est tellement plus efficace. Et encore, Fish fait preuve d'encore moins de nuances en pensant franchement qu'il est indissociable de leur objectif. Que ferait-elle si elle n'était plus là, morte, en état de décomposition avancée, couché au sol, descendue ? Le visage de marbre, elle retourne à ses substances en farfouillant de nouveau en tentant de trouver des syllabes assez proches de celles entendues. Rien pour l'instant. Elle soupire et va capturer l'attention de la carnivore d'une œillade frigide.

« Tu as raison. Mais tu es la plus forte. Si je devais mourir, tu pourrais poursuivre la mission sans moi. Mais si tu meurs, que pourrais-je faire ? Je ne connais aucun allié ici qui puisse m'aider et pour survivre, je n'aurais plus d'autres choix que de continuer à faire rire les bêtes gens. »

Il y a du vrai dans ce qu'elle raconte : beaucoup même. Elle serre son parapluie entre ses petits doigts.

« Je dois donc veiller sur toi plus que tu dois le faire pour moi. J'ai constamment une arme en ma possession. J'ai, par conséquent, un devoir particulier envers ta protection je pense. Dans les limites que m'imposent chaque situation et notre objection, bien entendu. Je devrais donc faire le guet et toi exécuter la fouille. Tu connais les substances mieux que moi et nous serions plus efficaces. »
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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2015-06-14, 11:44


les épaves de quelques cervelles


Ordre fait, je continuai ma quête d'une âme qui vive dans l'infirmerie: rien.

Puis Miss. Grumpy rétorqua à mon élocution. Je tournai vivement mon menton vers elle et écarquillai les paupière encore plus qu'elles ne l'étaient déjà. J'arrêtai tous mes mouvements, en suspend, comme l'animal s'immobiliserait pour écouter l'échos d'un danger au loin. C'était presque ça, quand on y pensait. Bien sûre que l'optique que je meurs dans cette mission équivalait, pour l'instant, à celle que Bonnie décède aussi. Et pourtant, l'équation statistique me dérangeait brusquement. C'était bien trop égal, à ce stade, et je me demandais tout simplement qu'elles seraient les probabilités que l'une réussisse sans l'autre étaient presque nulles. Quelque chose entre le zéro et sept pour-cent. C'en était presque effrayant.

Alors qu'elle me faisait réfléchir à tout cela, je détendis mes muscles flasques et pauvres un à un. D'accord, elle veillerait sur moi. Mais je n'aurais que de très faibles chances sans elle. L'inverse était pareil. Je l'écoutai et méditai un bon moment. Elle me protégerait, ceci dit que je ferais pareil. Bonnie était irremplaçable dans notre formation. Elle portait une lucidité franche à tout ce qui se déroulait alors que j'étais en était de folie. J'avais tout oublié de mon passé, et presque tout de notre événement en psychiatrie toute récente. Elle, non.

C'était donc une évidence claire et nette qui se formait en mon crâne: il fallait ouvrir un dossier, un plan détaillé, et celui-ci devait être approprié. C'est à dire qu'il devait être constructif à faire en équipe, mais réalisable et sécuritaire individuellement. Il fallait que chacune d'elles récoltent les informations dans un endroit sûre et privé. Qu'elles aient une base, peut-être, et un moyen de communication efficace. S'inventer une langue écrite était sans doute la méthode la plus simple et efficace pour la chose.

J'arrêtai ma recherche et me plantai devant Bonnie. Il fallait agir. Il n'y avait pas d'autres solutions, pour l'instant, que de s'organiser. Et prévoir. Surtout prévoir. Et si les choses n'allaient pas comme prévus, ce serait la catastrophe. Nous deviendrions impuissantes, et inutiles. Alors un plan B était de mise.

- Il faut prévoir un plan très détaillé et stricte auquel nous ferons référence et qui sera efficace à produire en équipe ou individuellement.

Je passai la pièce dans laquelle nous étions en mémoire. Je regardai la photographie de la chose que j'avais en tête, et celle où toutes les fois où j'étais venue ici. Je me rappelai alors qu'il y avait un carnet de liège qui traînait à côté du lavabo de la pièce adjacente. J'allai le chercher: il était toujours là, avec la même prescription, comme si - et parce que - personne n'y avait touché depuis des mois en fait. Je le posai sur une civière et utilisai la plume qui y était accroché d'une chaînette pour écrire sur une nouvelle page taché par la vieillesse:

- Dossier PAAEM : le Plan d'Attaque Autistique pour l'Extermination des Médecins, je lus à haute voix à ma compagne.

J'écrivis ensuite «Étape 1: Découvrir et comprendre les techniques de l'adversaire» ainsi que, une ligne plus bas, «1.1 : L'empoisonnement (recherche de psilocibine, alcaloïde, peyotl, phencyclidine ou autre)» en toute évidence. Puis je montrai mon écriture maladroite et agressive à Bonnie qu'elle voit que j'avais bien écrit qu'est-ce que j'avais dit. Qu'elle comprenne aussi l'importance de la chose.

- Puisque nous sommes mortelles nous ne pouvons pas nous fier l'une à l'autre jusqu'au bout des opérations il faudra se fier à cela en tout temps et ériger un plan concis dont nous seules auront accès.

Quand c'était écrit, c'était pour toujours et très formel, ça, je le savais.




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Miss. Grumpy


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MessageSujet: Re: les épaves de quelques cervelles | bonnie   2015-07-30, 13:43

Un accord semble se former : Bonnie surveillera attentivement Theresa. Tout de suite, elle laisse tomber ses recherches pour se poser près de la porte d’entrée. Telle une habile caméra de surveillance, elle jette des coups d’œil à l’extérieur, prenant le soin de vérifier ne serait-ce que le moindre déplacement de petits insectes avant de revenir à l’intérieur. À ce moment, elle tente d’exécuter de mentales photographies des lieux pour conserver des souvenirs intacts. La clown conçoit l’importance stratégique de l’infirmerie dans leur guerre anti-médecin pro-autiste tout juste inventé suite à une mauvaise ingestion d’hallucinogènes. Puis, Theresa surgit en face de Fish. Elle intégrait si bien le paysage que l’autre s’étonne de la voir débarquer aussi soudainement.

Oui. La nécessité d'un plan d'action ne fait aucun doute. Pour le référencement, en cas de besoin, mais pas que. Pour mener à bien leur campagne, l'ordre doit chevaucher le chaos. Les lignes de conduite doivent dominer également. C'est d'autant plus important : après tout, qui déclencha une mini-crise à cause d'un écart descendant à l'enfance de sa compagne ? Bonnie sait que sa compagne penche vers la bestialité. Toutefois, le penchant s'oriente vers les qualités de celles-ci, toujours selon l'opinion inflexible de Fish. Alors, elle ne reproche rien. Les médecins créent de bons bouquets-émissaires lors de l'analyse des défauts de Fleish.

« D’accord. »

La demoiselle mémorise le nom du dossier. C'est clair et concis. Theresa l'apprécie surement. Quant à l'incendiaire, elle dénombre déjà un défaut au titre : il offre trop d'informations. Par exemple, si un ennemi déniche accidentellement le dossier, il verra immédiatement la nature de celui-ci. Son attention se décuplera. Un code secret performerait mieux en terme de discrétion. Beaucoup mieux, même. Malgré ça, Bonnie ne tiendra pas rigueur de ce problème à sa camarade pour plusieurs raisons. Tout d'abord, l'avantage d'un plan compréhensible ne se néglige pas. Ensuite, Fleish privilégie cette méthode et Miss. Grumpy se fie à son jugement (quoique tout à l'heure, sa confiance ait été ébranlée durant un bref instant d'incompréhension). Pour finir, si le document est camouflé décemment, le principal problème disparaît.

« Nous allons devoir cacher ce document pour que personne, mis à part les individus désignés pour le consulter donc nous deux, ne le découvre et connaisse nos plans et stratégies. Une bonne cachette est nécessaire. »


Bonnie scrute les écritures, pensive. L’empoisonnement fonctionne et la preuve de son utilisation par les médecins ne se discute plus. Fish attrape la plume et ajoute plus bas : « 1.2 : Le lavage de cerveau et le conditionnement ». À l’endos de la page vierge, une nouvelle étape s’ajoute : « 1.3 : L’internement et la justice préférentielle ». Les moyens du corps médical ne manquent point.

« L’empoisonnement semble être l’arme la plus dévastatrice pour nous à l’instant. Il faut donc bien les connaitre. Je propose même une façon plus poussée… »


Un léger silence s’installe, uniquement caché par le son de la plume traversant le papier. Bonnie décrit vite fait les conditions d’un asile psychiatre dans la section 1.3 question de mettre au clair ce qu’est ce lieu et ce qu’il n’est pas. Miss. Grumpy exécute deux tâches à la fois : réfléchir à l’empoisonnement et compléter le dossier PAAEM.

« S'injecter les doses menaçantes pour nous de façon responsable pourra créer une accoutumance en nos corps : nous serons alors, petit à petit, immunisés. Encore faut-il pouvoir isoler les poisons ou drogues qu'on utilisera très probablement contre nous et les autres. »

La clown tend la plume à sa camarade comme un signe. Son avis est demandé. Comme le papier qui attend l'histoire couler de la plume.

« Nous devrions partir bientôt : des espions peuvent échapper à notre vigilance sans compter les visites infortunes. Nous pourrons mieux compléter le document en lieu sûr. Aussi, il faudrait penser à prendre des échantillons ici avant de partir. »

La manie d'organisation de Bonnie ne dort jamais.

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