Les ragots
du cirque

UN CLIENT Naïa? C'est une âme noire! Une tentatrice! Elle veut notre argent... Et lorsque nous serons dépouillés, elle voudra notre mal! Je le sais... Elle se dit magicienne, mais c'est une sorcière! Un amoureuse de Satan! Et toutes les sorcières sont impures! Ne vous laissez pas séduire par ses yeux de braise, et méfiez-vous de son emprise! Il n'y a qu'une démente qui peut jouer avec l'eau ainsi!
UN DOMPTEUR On dit qu'elle est une sauvageonne! Abandonnée depuis la naissance qui se serait fait élevé par un meute de loup. Pas étonnant qu'elle semble autant dérangée...
THERESA DITE FLEISH Zhuang est très anormal. Il pense très différemment des humains si nous établissons une moyenne. Ce qui fait en sorte qu'il y a des chances qu'il ne soit pas humain. C'est logique. Mais il sait faire de la violence alors il est peut-être humain.
LE LIVREUR DE VIANDE Larry, mon collègue, a disparu récemment... Après avoir vu chacun des artistes en scène, je soupçonne celle qu'on appel la Dummy Puppet. Mais oui! Jouer à la stupide et stoïque est le meilleur moyen de ''prouver'' l'innocence! Mais ses yeux inspirent la mort... Je le vois!
UN CLIENT Non mais c'est quoi ces deux tarées?! Espèces de folles!! Je les ai vu, moi, s'évader de l'asile psychiatrique!! Avec du sang sur leurs vêtements... Comment elles ont pu?! Et avec un air de s'en foutre à la con! Je les reconnais!! Oui, une clown avec un parapluie et une autre avec une perruque rose! Si vous voulez mon avis, elles devraient retourner en psychiatrie! C'est là qu'elles appartiennent, pas au cirque!
UN FORAIN MAL INTENTIONNÉ Oui, oui! Un frère, et sa soeur, dans la même caravane! Puis sa soeur a disparue... Tu parles, ouais! C'est clair qu'il s'en ai débarrassée dès qu'il s'est aperçu que Maître Todd laissait sa soeur plus longtemps sur scène que lui, le salaud! Il se fait appeler Prométhéus! Tenez-vous loin de lui, surtout...
UN CUISINIER Cette petite garce aime bien se faire enculer, haha! En tout cas, apparemment qu'elle peut pas dire le contraire... Bin non, elle est muette! Elle traîne beaucoup avec une petite fille... Une vrai salope, je te dis!
CHARLOTTE WEISS Je ne lui fais pas du tout confiance à cette... Ravenna. Je l'ai vue, l'autre jour, et elle... Elle avait un poignard dissimulé sous sa jupe, à sa cuisse! Pourquoi traîner une telle arme en sachant que l'air du cirque est sécuritaire pour tous ses employés? Et aussi... Je l'ai vu, la nuit, rôder en présence d'une amuseur publique... Elle ne me dit rien qui vaille.
∎ Notre chouchou du mois !!
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 holwing like the human being | nastya

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MessageSujet: holwing like the human being | nastya   2015-01-01, 16:24


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Tu me touches, sale porc, et je d'éventre; tu m'adresses la parole, débris, je t'éviscère.

Il y a les chats de gouttière et les cervelles d'oiseau, les rats, les souris. Dénombre de race, peut-être. De classe humaine, pour le mieux. Ils ne comptent que sur la lame et son argent, n'ont de vie que pour l'impertinence de leur pensée : clients, forains, bourgeois, prostituées, médecins, avocats... Ils sont partout. Vermine coulante et lascive dans les époques et les rues. Qu'ont-ils pour qu'on leur tutoie la plaie et que je vous conseille de leur porter dédain? L'incompréhension. J'énumère ici ceux qui ne comprennent pas, ceux qui foulent l'impertinence et patauge comme les imbéciles dans leur vision étanche d'un monde putride. Ils violentent, impliquent les barèmes, forgent les lois puis les déchirent. Ils sont coincés, et surtout, ne veulent pas ouvrir les yeux.

Puis il y a les porcs. Ce sont les pires. Ils sont énormes, gros puants. Ils nous monte le cœur jusqu'à la lèvre et nous apporte l'abrutissement à l'apogée du séisme moral. Moral et logique, cela va de soi.

Je me trouvais devant les postillons d'un porc qui donnait coup de paroles dans mon ouïe. Il m'engueulait. Parce que j'avais embrassé une femme. Et parce que le dogme de son cervelet lui disait l'instinct pur et net qu'il devait étaler sa crasse sur moi pour ce qu'il considérait l'affront. Je sortais tout juste du chapiteau où avait eut lieu pratique d'une renarde à ma passion. Et évidemment que ce forain n'avait put s'empêcher de me coincer le bras d'entre bourrues doigts de merde pour me châtier je ne sais lequel de ses excréments. À la sortie du chapiteau. Me maintenant fermement. M'engueulant. Je restais droite et immobile. À le fixer de deux grands yeux qui avalèrent ses prunelles et leur âme. Mon visage ne disait rien, mon corps était raide comme le mort, mais j'avais le meurtre au bout des crocs.

J'en eus assez. Je baissai le menton et laissai couler un filet de bave sur sa main. Dans le plus grand des silences. Car jamais je ne m'abaisserais à porter la parole ou l'ambition d'un geste à un porc. Il dégagea sa menotte de brute avec grand dédain, évidemment. Laissant souillure sur mon bras et mal aise outré sur son visage. Je tournai les talons. Pris la fuite la plus calme qui soit. Vers les cages. J'avais faim, faim carnivore.

Il y a les chats de gouttière et les cervelles d'oiseau, les rats, les souris puis les porcs. Et il y a les loups. Ceux qui comprennent. Ceux qui ont raison. Ceux qui savent et peuvent se promener la tête haute. Ceux qui se reconnaissent entre eux. Les aveugles ne peuvent les dénombrer. Les loups, entre eux, savent les clin-d'œil à se faire. Je dénombre quelques loups, parmi les fous, et ils sont de bonne manière de pensée. Cela va de soi.

Faim carnivore, faim de loup. Je dressai mes pas jusqu'aux cages de fauves non loin. Il est midi moins le quart. Les forains ont posé les viandes crues entre les barreaux il y a deux minutes tout au plus. Ma diète. Je me régalerais. Comme toujours. Empruntes d'entre les bouts, puis je trouvai, justement, gamelle de fer baignée de sang de bœuf. Elle était aux pattes d'un tigre qui bouffait et ne prenait pas conscience de ma présence. Je vins glisser mes filaments de doigt sur l'une de ses bouchées et lui la volai sans qu'il ne ronchonne. Je me retournais dans l'idée de me déplacer à ma tente me faire repas copieux. Puis regagner la répétition.

Un loup. Sous mes yeux. Il était hors de cage, hors de laisse. Il était couché sur le sol et semblait solitaire. Je souris. Pas de ma bouche, j'en étais incapable. De mes yeux sourient. Je m'approchai à m'en battre le myocarde de la bête au muscle vélin et à la fourrure des cendres. Il me renifla, de loin, leva ses tympans vers moi. Il était dompté, bien sûre. Presque tout les animaux l'étaient ici. Je m'assis à ses côtés sans me soucier que mon costume bouffon ne soit taché par la boue et ses rocailles. Et tranchai mon gigot en deux égales part.

J'en donnai une au merveilleux, l'autre je le croquai.




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Nastya Tsvetkov

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MessageSujet: Re: holwing like the human being | nastya   2015-01-01, 17:58



holwing like the human being.

« Eh, Volchista ! » Je relève la tête. Cela fait peu de temps que j'ai intégré le Cirque, mais certains me connaissent déjà. Comme le type qui est normalement chargé de nourrir les animaux. Celui qui m'adresse la parole. J'esquisse l'ombre d'un sourire, sachant pertinemment ce qu'il va me dire. « Tes foutus loups ont encore faillit me bouffer le bras ! Dresse-les un peu ! » Je hausse les épaules. A mon avis, c'est plutôt lui qu'on devrait dresser. Pire qu'un gamin auquel on a interdit de toucher aux bonbons posés bien en évidence sur la table de la cuisine. « Combien de fois je devrais te dire qu'il n'y a que moi qui puisse les approcher ? » Il marmonne quelque chose puis s'éloigne, et je roule des yeux. Certaines personnes ne changent jamais.

Je me lève de la chaise sur laquelle j'étais, occupée à arranger un peu ma robe pour ma prochaine représentation. Je range aiguilles et fil, prends le tout et le ramène à ma caravane. J'en profite pour préparer un biberon de lait, avant de prendre la direction des cages, sans avoir aucun doute sur ce que je vais y trouver. Car, en plus d'être un incompétent, ce type est aussi un inconscient. Combien à parier qu'en ouvrant la cage, il s'est fait grogner dessus, et qu'il s'est enfuit en courant sans même penser à refermer derrière lui ? Heureusement, ils ne sont pas méchants. Ils se contentent d'impressionner pour faire fuir, mais ils ne sont pas vraiment agressifs. Sauf peut-être Yesfir, étant donné qu'elle a un petit à protéger... Il est sûrement tombé sur Arkhip. Le seul mâle, et le plus teigneux, évidemment. Je ris doucement en l'imaginant, ce gringalet stupide, face au loup blanc, imposant, babines retroussées. Il devait être ridicule.

Lorsque je m'engage dans l'allée des cages, je me stoppe net en tombant nez à nez avec une scène que je n'aurais jamais pensé voir un jour. Une jeune fille, inconnue, bout de viande encore sanglant à la main. Jusque là, tout est normal, ou presque. Sauf qu'à côté d'elle, se trouve l'un de mes loups, allongé, tranquille, oreilles dressées, en confiance. Il mange paisiblement, un bout de viande semblable à celui de la demoiselle. Un mélange de surprise, de fascination, et de jalousie s'empare de moi. Les deux premières parce que c'est inattendu de voir une scène pareille, surtout après que l'autre ai fuit face à mes trésors. La troisième parce que, jusqu'à présent, j'étais l'exception qui confirmait la règle.

Je m'approche doucement, mon visage recouvrant son masque impénétrable. J'ignore la fille, m'accroupit face à ma louve, et lui caresse la tête. « Anya, tu sais que ce n'est pas bien d'effrayer le monsieur qui vient vous nourrir ? Bientôt vous n'aurez plus rien à vous mettre sous la dent ! Vous pourrez toujours lui croquer un bout ou deux, mais je doute que ça plaise à tout le monde, hm ? » Un sourire aux lèvres, je lui parle comme j'aurais parlé à un être humain. Ou, plutôt, je lui parle bien plus que je n'aurais parlé à un être humain. Je lui embrasse le museau, puis me redresse.

Un coup d’œil à la jeune femme, et puis je m'éloigne jusqu'à la cage de mes amours, bien évidemment ouverte. « Putain, quel inconscient ! » Je fulmine, puis je me calme en voyant Zhonya trottiner vers moi, du haut de ses petites pattes. Ce louveteau plein d'avenir me fait craquer à chaque fois. Je le prends dans mes bras, et le gratte entre les oreilles. J'hésite un instant, puis, biberon à la main, je m'engage dans l'allée pour rejoindre Anya et la fille, suivie de près par les loups, Arkhip et Yesfir.

Je m'assieds en face d'Anya, le louveteau sur mes genoux, et lui donne le biberon en souriant. Et, pendant qu'il s'acharne sur la tétine, je m'adresse enfin à l'inconnue, d'un ton plus doux que je ne l'aurais cru. Plus admiratif qu'autre chose. « Jamais personne à part moi n'est parvenu à approcher d'un de mes loups. Tu es la première. » Je plante alors mon regard dans le sien, curieuse de sa réaction suite à tout ce qu'elle venait de voir.

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MessageSujet: Re: holwing like the human being | nastya   2015-01-07, 22:58


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J'en donnai une au merveilleux, l'autre je le croquai.

Je redressai le menton. Le loup à mes côtés redressa le museau. Il eut un soubresaut en queue et je sentis son pouls s'accéléré d'environ 3 battements secondes, juste sur sa nuque que je touchais très pudiquement. Je retirai ma main. Il n'avait plus d'attention sur moi, et je n'avais plus d'attention sur lui. Nous regardions tous deux une jeune femme à la robe de princesse déchue s'approcher d'un pas de bergère. Nous étions agneaux, maintenant. Parce que le loup lui reniflait toute confiance, et parce que je lui adressais toute curiosité.

J'arrêtai de manger mon morceau de viande et fixa la jeune fille d'extravagante peignures parler au loup. Mes globes étaient immenses et globuleux, immobiles, surtout, à regarder sans un battement de paupière la Reine des Rois. C'était une jeune fille. Ce qu'il y a de plus normal en apparence; elle n'avait pas une ossature particulière, ni une musculature différente des autres femmes de son âge. Mais plutôt qu'elle avait ce don de communiquer avec l'animal des Dieux que je ne pourrai jamais comprendre et qui me fascinait toujours autant. Je suis louve, car je suis prédateur et supérieur aux autres, naturellement. Puis apparaissait sous ma truffe une bergère qui savait les dompter. Caresser les loups. Nous apprivoiser.

C'était comme si on m'avait coupé le souffle, un moment. Je me sentis légère, épanouie et formidablement bien. Avoir un maître est le rêve de n'importe qui ayant un brin d'intelligence et de savoir en vie commune. Écouter les ordres est un acte totalement apaisant. Manger dans la main d'un autre est le signe humble et garantie de la plus perfectionniste des suiveuse de règles. Et je savais bien que j'étais très bonne pour suivre les règles à la lettre. J'adorais cela, de plus. C'était les déroger ou ne pas les connaître qui m'angoissait.

Je continuai à regarder la bergère de loups et la vis se mettre de colère. Je ne compris pas pourquoi. Elle avait employé les mots «putain» et «inconscient» en regardant la cage. Était-le la structure de barreaux qu'elle traitait de la sorte? Impossible à dire. Probablement, je devinai, puisqu'elle regardait en sa direction. Puis je me dis qu'elle était brillante si elle comprenait que les cages n'allaient pas aux loups. Les loups parmi les animaux comme les loups parmi les humains.

La belle fut rejoint par un louveteau. Je tournai mon attention vers lui. Combien de loups y avait-il?! Était-ce une meute? Selon le dictionnaire que je sais réciter par cœur en sa presque entièreté, une meute est une groupe de chiens ou de loups courants dressés pour la chasse. Puis je contemplai de la manière qu'elle nourrissait le petit, j'écoutai de la manière qu'elle lui parlait. Je fis parcourir mon iris sur les environs pour tenter de trouver autre mammifères dans les lieux... Je trouvai un autre loup blanc, plus loin, à nous regarder. Puis regagnai la bergère des yeux.

Je commençai à ne plus aimer cette situation. Je le sus parce que mon rythme cardiaque avait légèrement accéléré, mes pupilles s'étaient dilatées et ma respiration était devenue plus rauque. Mes muscles s'étaient crispés aussi, un peu. Je ne touchais plus au loup à côté de moi, et il me regarda. Il ressentait mon stress, c'était évident. C'est que je m'étais fait à l'idée que cette jeune fille était la Reine des loups. La si fine et si galante Reine des Rois de tous. Mais comment lui faire comprendre que, en tant qu'humaine, j'étais fondamentalement louve? C'est le genre de chose que les autres ne comprennent pas parce qu'ils sont stupides. Mais, elle, elle ne semblait pas stupide.

Elle me parla. Je ne bougeai pas. Je bougeais à peine, de toute façon. Je clignai des yeux, simplement, pour une première fois depuis son arrivée. J'étais la première à pouvoir m'approcher des loups, si on excluait la bergère. Évidemment. Ce n'est pas n'importe qui qui peut approcher un loup. Mais c'était inutile que je dise cela parce que je savais qu'elle était déjà au courant de la chose.

Je donnai un bouchée de veau cru au loup à côté de moi, et en pris une seconde. Ça ne semblait la déranger que je donne de la gamelle au loup. Bien sûre, c'était un signe de soumission et de sympathie entre races. Et bien que j'agissais de la sorte, je ne savais aucunement quoi répondre à la Reine des Rois. Je craignais qu'elle ne me rejette. Parce que je devais faire partie de la meute. Moi aussi, j'étais louve. Et cette place était mienne, pour sûre, sous la tutelle de la bergère.

Alors je compris que je devais l'apprivoiser comme elle devais m'apprivoiser.

- Jamais je n'ai vu quelqu'un qui est parvenu des loups. Tu es la première.

J'avais imiter exactement le même ton qu'elle. La même tonalité de syllabes et la même longueur d'onde. Non que je me moquais d'elle ou que je tentais de l'imiter. Simplement que j'avais enregistrer au son près sa voix afin de l'utiliser par la suite. C'est que j'étais incapable de mettre de l'émotion dans ma voix, jamais je n'avais été capable. Et mon air presque robotique était toujours prononcé par mon énorme accent allemand. C'est quelque chose, un clown m'avait appris, qui effrayait les gens. Alors je tâchais de ne pas effrayer la Reine des Rois, au grand jamais.

Je voulais qu'elle m'aime, comme elle aime les loups.




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Nastya Tsvetkov

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MessageSujet: Re: holwing like the human being | nastya   2015-01-26, 13:00



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Elle pourrait tout aussi bien être une statue, ou une poupée abandonnée en plein milieu de l'allée, tant elle est immobile. Elle ne cligne même pas des yeux. C'est à se demander si elle respire.

Je ne la regarde plus, toute concentrée à ma tâche. Zhenya s'acharne sur la tétine du biberon, avalant goulûment le lait qui en sort. Je ris doucement. « Tu vas finir par t'étouffer... » Il jappe, de sa petite voix aiguë de bébé, et ses pattes martèlent ma jambe. Il lâche la tétine et vient me lécher le visage, ce qui provoque mon hilarité, sans que je n'y puisse rien. Qu'un être humain m'approche de trop, et j'aurais souvent tendance à fuir. Qu'un loup m'approche, et je serais la plus chaleureuse qui soit. Je me sens plus louve qu'humaine, parfois. Bien différente de cette espèce ratée et soi-disant évoluée qui ne fait que mener le monde à sa perte. Cette espèce qui blesse et tue sans vergogne, ampute les familles, pour de futiles histoires de vengeance ou de politique. Politique foireuse, bien entendu. J'avoue sans peine avoir des tendances anarchistes, quoiqu'une vie simple, dans une meute, soumise à l'alpha, ne me gênerait pas.

Bien qu'actuellement, on peut penser que je suis l'alpha, à mes yeux il n'en est rien. Mes loups ont leur propre hiérarchie, et je ne suis que leur compagne de route. Si un jour ils voulaient partir, ils en auraient tout leur droit. Raison pour laquelle leur cage a tendance à me déranger. Mais, si je ne les y enferme pas, ces imbéciles qui tentent de les approcher sans apprendre à gagner leur confiance avant passeront leur temps à se plaindre, sous prétexte qu'ils ont manqué se faire croquer un bras. Un petit sourire en coin s'installe sur mes lèvres. Peut-être qu'au moins, ils finiront par comprendre, lorsqu'ils auront perdu quelques membres dans l'affaire...

Soudain, la voix de la jeune femme s'élève, et je sursaute. Je pose mon regard sur elle, surprise. Non seulement qu'elle ai parlé, mais, qu'en plus, sa phrase soit pratiquement comme la mienne. Comme si elle l'avait analysée sous toutes ses coutures pour me la ressortir. « Tu parles. » Simple constatation, accompagnée d'un léger sourire. Elle a beau posséder un regard qui semble hanté par la mort en personne, elle ne m'effraie pas. Ne m'inspire pas mauvaise sensation. Loin de là.

J'hésite, un instant, puis laisse aller le louveteau qui commence à se débattre. Aussitôt, il crapahute jusqu'à la demoiselle, et s'amuse à manger ses cheveux blonds, ce qui manque me faire éclater de rire. « Je crois qu'il t'aime bien. Il s'appelle Zhenya. » Sans savoir vraiment pourquoi, je lui fais toute confiance. Si mes loups l'apprécient, c'est qu'il n'y a pas de danger.« Tu dois être spéciale, pour qu'ils semblent de considérer comme l'une des leurs, milyy. » trad : mignonne

Je baille, quelques peu fatiguée, et Anya profite de l'instant pour se lever et se dresser sur ses postérieurs et poser ses pattes antérieures sur mes épaules, manquant me faire tomber. « Glupyy ! » trad : idiote ! Je ne peux pas m'empêcher de rire, et de la serrer contre moi en enfouissant mon visage dans leur pelage. Comment imaginer ma vie sans mes trésors ? Cela me paraît tout simplement inenvisageable. Ils sont éternels.

Du coin de l’œil, je vois que Yesfir s'est approchée de la demoiselle dont le petit mange les cheveux. Elle ne semble pas hostile, simplement désireuse de veiller sur sa progéniture. J'en éprouve d'autant plus de sympathie pour l'inconnue, qui a l'air d'être une bonne personne. A première vue, du moins.


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Dernière édition par Nastya Tsvetkov le 2015-02-03, 05:42, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: holwing like the human being | nastya   2015-02-02, 15:24


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Je voulais qu'elle m'aime, comme elle aime les loups.

Et la première chose qu'elle me dit, qu'elle prononça à mes oreilles et bien à moi, fut «tu parles». Pourquoi disait-elle cela? Elle semblait, pour le moins, intriguée. Ou surprise. Je n'aurais trop sut dire, j'avais bien de mal à comprendre les émotions des autres et à les interpréter sur leur visage. Bien sûre que je parlais. J'étais humaine et, à moins de n'avoir une mal-fonction ou maladie de naissance, je pouvais très bien parler comme les autres. Et, pour un moment, je jubilai. Peut-être était-elle surprise parce qu'elle m'avait pris pour un loup et que les loups ne parlent pas. Peut-être étais-je déjà docile compagnon à ses yeux. Peut-être n'étais-je pas qu'une humaine banale, enfin, pour elle.
Je frissonnai comme on frissonne à l'écoute de Jean-Sébastien Bach.

Puis le louveteau dans ses bras sauta de son emprise et vint à moi. Il commença à grignoter mes cheveux, le tissu le plus porteur de mon odeur que mon corps possède. Je fus... je ne sais pas comment dire. Les gens appelleraient peut-être le sentiment «touchée» mais je n'avais jamais été «touchée» auparavant pour bien savoir. Du moins, c'était un sentiment heureux et positif. Agréable, en sommes. Déjà j'avais apprivoisé ces petits blancs et déjà ils apprivoisaient mon odeur et ma présence. Je souris, avec mes yeux. Pas avec ma bouche.

Zhenya, qu'il s'appelait. Pratique que je trouvais assez étrange, à l'habitude, que de donner des noms aux animaux. Mais là, il s'agissait de loups. Des loups domestiques, même. Ce n'était pas pareil. Je passai ma main ultra-sensorielle sur le pelage encore doux et bébé de la bête. C'est comme s'il n'avait pas conscience de mes caresse; mes cheveux étaient bien trop amusants pour qu'il ne pense à autre chose. Mais moi, je pouvais sentir ses poils par millier caresser ma paume et le tout me détendit aussitôt. C'était si bon.

Et apparemment qu'ils me considéraient vraiment comme l'un des leurs. Quand la maîtresse dit de telle, je levai le menton sur elle et clignai des yeux quelques fois. J'étais aux anges. Je n'avais donc pas pensé faux en m'imaginant faisant parti des leurs. J'étais sur la bonne voix, et je me serai pliée aux quatre volontés de la Russe. Je l'eus devinée russe à cause de son accent et de son terme. C'était une ennemie communiste, sans les bêtes. Mais avec elles, je pouvais sans mal dire qu'elle était ma maîtresse. Je la laisserais faire. Les loups ne font pas la différence, de toute façon, entre les caresses russes et les caresses allemandes.

- Je crois que je l'aime bien aussi. Je m'appelle Theresa Curtis Roderich.

Voilà. Je ne savais trop si il était nécessaire que je dise mon nom en entier, mais je préférais ne pas prendre de chance. Peut-être savait-elle que ses loups étaient sibériens, elle me savait maintenant allemande. C'était donc plus facile pour tout le monde ainsi. Je remarquai que l'un des loups était en présence de la Russe. Et qu'un autre s'approchait de moi doucement. Sa queue n'était pas redressée, ses babines non plus. Et il ne me portait pas un regard particulier. Il semblait plutôt préoccupé par le petit qui jouait avec mes cheveux. Je devinai alors que c'était une femelle, la mère du louveteau.

Du morceau de viande qui était toujours sur le sol, j'arrachai une bouchée et la donnai à celle-ci pour qu'elle puisse le tendre à son bébé. Jamais je n'aurais donné la nourriture directement à l'enfant, il en aurait été complètement stupide et dangereux. Puis je lui tendis. Elle renifla, plus ma main que la viande, je dirais, et tourna le menton pour poser son museau sur son enfant qui jouait toujours. Bien sûre, elle n'avait rien à faire de mon don. Elle voulait se rapprocher de son enfant qui était contre une nouvelle odeur et rien de plus.

Alors je pris le morceau de viande crue et le mangeai moi-même. Il n'était même pas ranci. Peut-être simplement un peu durci. Il n'en coula une goutte de sang, goûté qui me différenciait que de ce détail de l'animal, et je savourai à m'en lécher les lèvres jusqu'à la dernière miette. Puis je caressai le dessus du crâne de la mère louve. Elle me fixait, mais ne semblait hostile. Alors je continuai. Son poil à elle était plus dru et épais, mais tout de même sensationnel au touché. Je me dis que je devais commencé à boire du lait aussi pour avoir cette texture aux cheveux. Puis, je m'arrêtai. Je devais vraiment savoir quelque chose d'important. Je repris attention sur la Russe et prononçai de ma voix toujours aussi robotique:

- Est-ce que ce sont tes loups ou tu es leur humaine?

Parce que j'étais consciente que l'humain pouvait posséder l'animal, tout comme l'animal pouvait posséder l'humain; c'était un jeu de sauvagerie fine.




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MessageSujet: Re: holwing like the human being | nastya   2015-04-25, 09:35



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Une allemande. Son nom me le confirme. Sans doute que notre sang serait une bonne raison de nous diviser, mais je n'en tiens pas compte. Elle-même a sans doute deviné mes origines, elle n'en est pas plus hostile. Nous ne sommes pas sur nos terres, alors, cette guerre politique qui fait rage n'a pas lieu d'être ici. De toute façon, je me suis toujours sentie plus louve qu'humaine, parce qu'ils savent ce que les Hommes ignorent. Je souris, Anya repose les quatre pattes au sol, non sans m'avoir préalablement léché la joue. Beaucoup en seraient dégoûtés. Moi, pas.

Du coin de l’œil, je la vois qui tente de donner un morceau de viande à Yesfir. Evidemment, celle-ci n'y prête aucune attention. En un sens, je suis surprise du savoir-faire que semble posséder la jeune femme. S'est-elle déjà occupée de loups ? Je m'approche, m'assieds en face d'elle. « Ravie de faire ta connaissance, Theresa. » Elle mange le morceau de viande dont la louve n'a pas voulu, et j'avoue ne pas savoir qu'en penser. Elle ne devient pas pour autant repoussante à mes yeux. C'est un peu comme manger des lardons crus, n'est-ce pas ?

Elle me pose une question, et je cligne des yeux. Arkhip, le mâle, est assis à quelques pas de là, et observe l'allemande avec un intérêt presque amusant à mes yeux. Je réfléchi. Non pas à ma réponse, qui est on ne peut plus évidente, mais à la façon dont je peux la formuler sans passer pour une... illuminée ? Je caresse le poil soyeux d'Anya, mon regard posé sur elle, et puis j'adresse un sourire à la demoiselle. « J'aime à dire que ce sont mes loups, parce que c'est plus simple pour le commun des mortels. » Je marque une pause, prends une inspiration. Elle n'est pas comme le commun des mortels. Elle saura comprendre. « Mais en vérité, ce ne sont pas mes loups. Je ne suis pas non plus leur humaine. Nous sommes des compagnons de route. Il n'existe entre nous rien d'autre que la hiérarchie qui existe chez les loups. » Sans doute me considèrent-ils comme l'alpha. Mais tout a toujours fonctionné sur un respect mutuel.

Je m'allonge, à même le sol, contre Anya. Elle pose sa tête sur ma poitrine, et me regarde de ses grands yeux emplis de vie, d'une vie sauvage que moi aussi, j'aimerais tant connaître. Un soupir s'échappe d'entre mes lèvres. « Theresa. Tu sais t'y prendre, avec les loups. Tu les as déjà côtoyés ? » Certains les craignent, les fuient, les détestent, sont fascinés. Elle... Elle les traite comme... s'ils étaient au même niveau qu'elle. Comme s'ils étaient ses compagnons. Est-elle comme moi ? Se sent-elle plus louve qu'humaine, au plus profond d'elle-même ?


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Pardon pour le retard, vraiment. Mais, problèmes IRL, panne d'inspiration... J'espère que ce post sera à la hauteur, quand même o/


Dernière édition par Nastya Tsvetkov le 2015-06-11, 02:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: holwing like the human being | nastya   2015-05-22, 19:05


holwing like the human being


Parce que j'étais consciente que l'humain pouvait posséder l'animal, tout comme l'animal pouvait posséder l'humain; c'était un jeu de sauvagerie fine.

Elle, ravie de faire ma connaissance. Je savais que c'est une figure de style que les gens emploient par politesse. On ne sait jamais si elle est véritable, et même moi on m'avait appris à toujours le dire, même quand je n'en ressentais pas la chose. Comme un mensonge, ou plutôt, un ordre de société qu'il faut suivre à la lettre. Je la regardai longtemps sans sourciller. Elle ne semblait démontrer rien d'autre que... que je ne sais trop. Un sourire, sur son visage qui ne portait aucune tension ou autre signe émotionnel quelconque. Un sourire signifiait le bonheur, et la gentillesse. C'est ce qu'on m'avait appris, du moins; décoder les sentiments des gens par de simples mesures de corrélations du genre. Ce n'était pas toujours aussi facile, mais je me dis que s'il y avait confusion ou agressivité chez la dompteuse, il y aurait répercussion de comportement chez les loups. Et ils semblent tous très calmes.

Et à ma question, elle prit un temps considérable à répondre. C'est ce que je trouvai, puisque c'était facile à répondre. S'il avait s'agit d'une résolution mathématique complexe, j'aurais compris la lenteur de l'arrivée de ses mots. Mais là... À quoi pensait-elle? Ne pas le savoir était autant inquiétant qu'enrageant. Mais on s'habitue aux actions et gestes de ceux qui ne sont pas comme nous quand on en est entouré en tout temps. Alors je pris patience. Et, enfin, elle me donna réponse.

Que je ne compris pas sur coup. Plus facile pour le commun des mortels? Le commun des mortels... S'agirait-il de tout le monde sur terre? Probablement une autre manière de le dire qui vient de son pays, ou une autre expression farfelue que les personnes tout autour de moi utilisent. Car, oui, les Hommes avaient tendance à dire que d'autres êtres vivants leur appartenaient. Les animaux de compagnie sont leur propriété, les plantes, les enfants et même, parfois, les plus grands. Alors je hochai de la tête, maladroitement. D'accord, je comprenais qu'est-ce qu'elle voulait dire. Elle voulait faire simple et, souvent, c'était beaucoup mieux ainsi. Et elle continua en disant «mais en vérité» et je clignai des paupières frénétiquement. Venait-elle de mentir? Étrangement, je comprenais que non. Je l'écoutai attentivement. Si les loups faisaient de la sorte, j'étais toute en mesure d'en faire pareil, non?

En fait, elle expliqua simplement, de ce que je compris, qu'elle était le chef de meute. Un chef de meute ne possède pas les loups de son clan, il les dirige, plutôt. Étrange que ce soit une femelle qui tienne ce rôle. Comme si les bêtes avaient confier le rôle du mâle alpha à une humaine femelle. C'était sans doute possible, car la domination passait avant tout par la manière d'ordonner aux inférieurs d'être à son pouvoir. Et si, alors, les loups sont dominants de la race, et que cette jeune blonde les domine, je crois bien ne pas avoir autre choix que de jouer le rôle et de me laisser diriger parmi eux. C'était la chose logique et purement sensé à faire. J'avais bien fait de l'écouter, depuis son apparition.

La dompteuse se coucha sur le sol. Elle ne m'avait pas dit son nom, peut-être y avait-il une raison. Mais je ne pouvais la réfuter ou lui demander d'en faire de la sorte puisque, ici, c'était elle qui donnait les ordres. Je me demandai si elle faisait cela pour dormir, parce que les gens se couchent généralement pour dormir, mais je vis bien que non quand elle me posa une question. Avais-je côtoyé des loups? Oui. Mais pas des vrais. Ceux dans les livres et ceux qui sont dans les humains. Alors je lui répondis cela, exactement:

- Oui j'ai lu l'encyclopédie du comportement de la faune et de la flore de Martyn et cinq chapitre du journal de voyage de Charles Darwin.

Alors, visiblement, je connaissais très bien les loups. Mais cela ne répondait pas à sa question, j'en étais consciente. Je continuai:

- Aussi Aurora Valente dite Ravenna est une louve et moi aussi je suis une louve parce que on sait agir équitablement et logiquement pour la meute et nous sommes dominantes de manière hiérarchique pas comme les humains.

Voilà, c'était clair, de ma voix cassé d'accent et morte d'émotion. Comme un robot. Ou une déficiente. Comme l'autiste que j'étais, tout simplement.

- Et en ce moment j'en côtoie.

Évidemment. Mais il fallait que je le dise pour répondre à sa question. L'un des loups s'approcha me donna un coup de museau sous la paume. Pour sentir mon odeur, sans doute. Je le lui tendis, et il me lécha. J'étais admise dans leur groupe, facilement.

- Je suis plus une louve qu'une humaine dans mon comportement sociétale je croyais que les gens le voyaient.

Ce n'était pas un reproche, ni une tristesse. Juste un fait énuméré comme si j'avais dit que le ciel est bleu. Je n'avais pas d'émotion pour cette place de la vision des autres.

- De toute façon les loups sont plus facile à comprendre que les Hommes.

Ce fus ma dernière phrase car je ne parlais pas beaucoup habituellement aux personnes et, bizarre, peut-être parce qu'elle n'était pas vraiment humaine, je dialoguais vraiment avec la blonde.

Et je ne voulais pas sortir de mes habitudes aussi drastiquement, ça pourrait me chambouler et je ne voudrais pas ça, c'est trop inquiétant.




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MessageSujet: Re: holwing like the human being | nastya   2015-06-21, 18:38



holwing like the human being.

Elle répond à ma question, avec une franchise amusante, mais surtout déconcertante ; comme si elle était obligée de se justifier, de justifier son comportement. Elle n’y est pourtant pas forcée. Quelque part, ce comportement déroutant me plaît. Elle confirme ce que j’affirmais en pensant qu’elle n’était point comme le commun des mortels. Mais ses paroles me surprennent. et moi aussi je suis une louve Aucun être humain censé ne prononcerait de telles paroles, en temps normal. Mis à part si l’humain en question n’a pas froid aux yeux, et ne craint pas d’être enfermé dans un hôpital psychiatrique. Je pourrais rire ; je ne le fais pas. Je me suis toujours sentie plus louve que humaine, à vrai dire, moi aussi. Je suis plus en communion, en harmonie avec ces somptueuses créatures qu’avec les vils bipèdes qui n’ont que faire de leurs pairs sinon pour leurs intérêts personnels. Les Hommes sont mauvais par nature, corrompus jusqu’à la moelle. Certains sortent du lot. Comme toujours. Mais ils ne sont que les exceptions qui confirment la règle, finalement.

Cette révélation expliquerait le comportement, quelque peu étrange, de l’allemande en face de moi. Ainsi que la confiance aveugle que les loups lui accorde. Si elle se sent comme eux, agit comme eux, ils peuvent la sentir comme l’un des leurs. Sans doute est-ce pour cela qu’aucun d’eux ne s’est jamais retourné contre moi. Ils n’ont jamais contesté ma place d’Alpha, parce que j’ai toujours agi tel quel, avec justesse et subtilité. Puisque je suis une louve, sans doute, moi aussi.

Cependant, un mystère reste encore entier. Theresa parle, mais sa voix semble éteinte, morte, vide d’intonation et de ponctuation. Tant que c'en devient véritablement perturbant. Mais je n’ose pas relever. Il est des choses que l’on évite de soulever, en présence de quelqu’un que l’on ne connaît pas.

L’un des loups s’approche, et renifle la main que l’allemande lui tend. Je regarde la scène, sans faire un seul commentaire. A nouveau, elle affirme qu’elle est une louve. Finalement, je ne peux que sourire. Un sourire fin, à peine visible, mais sincère. « Oui. Les loups sont moins complexes que les hommes. Et, aussi, surtout, ils sont moins destructeurs. » Je me redresse, sans chercher à débarrasser mon dos ou mes cheveux des saletés qui auraient pu s’y accrocher, pendant que j’étais allongée dans l’allée. Le louveteau délaisse les mèches blondes de l’étrangère, vient tâtonner mon pantalon, de ses petites pattes. La tête fièrement dressée, il me lèche le menton alors que je le caresse en riant. « Je m’appelle Nastya Tsvetkov. Et je suis sans doute plus une louve qu’une humaine, moi aussi. »

Certains nous feraient enfermer, en nous entendant parler de la sorte. Dissociation de personnalité, soucis d’ordre comportemental, schizophrénie, je ne sais pas ce qu’ils nous trouveraient pour nous faire interner. Mais aucun doute qu’ils y parviendraient. Il est facile d’accuser quelqu’un de folie quand les symptômes restent libres à l’interprétation personnelle. On a déjà coffré des innocents dans les prisons, on a déjà brûlé des soi-disant sorcière qui ne faisaient qu’user des vertus médicinales des plantes, on a déjà interné des personne qui disaient voir les morts. Je crois à ces choses là. On a à nouveau cloîtré des êtres qui n’avaient besoin de rien d’autre qu’un peu d’aide et d’attention. Alors, pourquoi pas nous, qui nous confondions avec des prédateurs à quatre pattes ?

Mais, au fond, peut-on reprocher à quiconque de se sentir différent de ce que la génétique a décidé ?
Sans doute pas. Nous ne choisissons pas d’être hors-normes.

Puisqu’elle est une louve, je lui tend la main, sans vraiment y réfléchir. Je le fais, instinctivement. Comme elle l’a fait il y a quelques instants. Un simple gage de confiance. « Il est rare de rencontrer quelqu’un comme toi. Ce n’est pas déplaisant, je dois dire. » Un léger silence, une question qui me traverse l’esprit. « Quelle place occupes-tu, dans ce cirque ? » Me concernant, il est sans doute inutile de donner une quelconque information : la présence des loups parle à ma place.


Volchista, tous connaissent, sans saisir la portée de ce nom.
Dompteuse de loups, la plupart disent. Soeur des loups, certains comprennent. Louve, les rares savent.


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MessageSujet: Re: holwing like the human being | nastya   2015-07-23, 20:44


holwing like the human being


Et je ne voulais pas sortir de mes habitudes aussi drastiquement, ça pourrait me chambouler et je ne voudrais pas ça, c'est trop inquiétant.

Sur coup, elle ne rétorqua rien. Je la fixai un moment, à bien me demander si la conversation s'était terminée sur cette note. Je n'y comprenais rien en conversation humaine. Peut-être, simplement, avait-elle compris mes propos. Que j'étais une louve. L'analogie est sans doute assez évidente pour n'importe qui comprenant ces bêtes et leur comportement. La dompteuse devant moi aussi était une louve. Ceux qui font parti de la même race, même rang et même caste que moi. Que je ne mangerais donc jamais. Une truffe froide et humide vint assaillir de frissons de sensation ma main tendue. Un loup me renifla la paume et je caressai sa poitrine pour en sentir les battements mécaniques et énergétiques. Comme une machine, mais tellement plus complexe.

Elle dit alors que les loups étaient moins complexe que les hommes. Moins destructeurs, aussi. Faisait-elle référence à des objets brisés? Ou peut-être à quelque chose de plus gros, comme des bombes. C'est vrai que les guerres de canin ne prenaient jamais l'ampleur d'une guerre d'Homme. Et que l'homme portait bien plu que l'instinct de survie en soi: il avait la conviction et la foi de quelque chose qu'il s'était lui-même créé pour se donner l'élan de faire sa vie. Comme Dieu, par exemple. Les loups n'avaient pas de Dieu. Ils avaient un chef, et c'était différent. Si c'est ce que la jeune fille voulait dire, alors j'étais d'accord avec elle.

Puis, elle se présenta. Elle donna son nom et sa race, aussi. Celle de louve et celle de pays. Je reconnu la connotation russe dans les syllabes de son patronyme. C'était une saleté de Russe. Une louve qui était une saleté de Russe. Il n'y avait pourtant aucun sens péjoratif à cela. Je n'avais jamais connu de saleté de Russe, on ne m'en avait que vaguement parlé dans mon enfance. Dans mon pays natal, on employait une expression complexe qui se traduisait simplement par «saleté de Russe» en anglais. C'est comme ça qu'on m'avait appris à les nommer: des institutrices, de mon père, des officiers... C'est donc comme ça que je les nommais. Et bien que ma société était en harassante contrepartie avec la sienne, elle était une louve. Alors nous n'étions forcément pas ennemies.

Nastya me tendit la main, et je la reniflai du regard. Comme un loup l'aurais fait avec son museau, juste avant de léguer sa confiance à un être inconnu. Quoi que cette dompteuse qui me comprenait et me supportais m'avait déjà apprivoisée. J'étais louve errante, elle était chef de meute. Je lui serrai la main comme les hommes font entre eux. Parce que c'était une norme de société alors on devait le faire. Parce que c'est comme ça les normes de société. Moi, on me les avait toutes fait apprendre par cœur parce que je n'arrivais jamais à les comprendre. Ce que j'arrivai à comprendre fut que ce n'était pas déplaisant de me rencontrer. Ah! Quelqu'un qui exprimait ses émotions que je ne pouvais pas déchiffrer. Je fus contente, pas parce qu'elle m,appréciait, mais simplement parce qu'elle me le faisait comprendre d'une facilité suffocante. Mon regard s'illumina et je battis des paupières, comme si mon visage s'était épris d'une dose d'excitation soudaine.

Ensuite, elle me demanda ma place dans ce cirque. Sur quoi je répondis, sans hésiter:

- Je suis à la tente H9.

Parce que c'était ma place. Où je dormais et que j'habitais. L'endroit qu'on m'avait attitré quand j'étais arrivée ici. Je ne savais trop pourquoi elle voulait savoir de tel, ou peut-être que je ne comprenais pas sa façon de parler parce que c'était une saleté de Russe. Alors, un peu stressée de ne savoir que répondre, je continuai en donnant plus d'information sur ma place:

- J'ai une tente parce que je suis seulement une amuseur du public je suis simplement jongleuse et même parfois je ne participe pas aux spectacles et toi où est ta place?

Je dictai de ma voix de robot sans faille ni émotion.




HJ : UN GROS DÉSOLÉE DU RETARD x_x j'avais pas internet et j'ai oublié de poster une absence :3 voilà <3


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