Les ragots
du cirque

UN CLIENT Naïa? C'est une âme noire! Une tentatrice! Elle veut notre argent... Et lorsque nous serons dépouillés, elle voudra notre mal! Je le sais... Elle se dit magicienne, mais c'est une sorcière! Un amoureuse de Satan! Et toutes les sorcières sont impures! Ne vous laissez pas séduire par ses yeux de braise, et méfiez-vous de son emprise! Il n'y a qu'une démente qui peut jouer avec l'eau ainsi!
UN DOMPTEUR On dit qu'elle est une sauvageonne! Abandonnée depuis la naissance qui se serait fait élevé par un meute de loup. Pas étonnant qu'elle semble autant dérangée...
THERESA DITE FLEISH Zhuang est très anormal. Il pense très différemment des humains si nous établissons une moyenne. Ce qui fait en sorte qu'il y a des chances qu'il ne soit pas humain. C'est logique. Mais il sait faire de la violence alors il est peut-être humain.
LE LIVREUR DE VIANDE Larry, mon collègue, a disparu récemment... Après avoir vu chacun des artistes en scène, je soupçonne celle qu'on appel la Dummy Puppet. Mais oui! Jouer à la stupide et stoïque est le meilleur moyen de ''prouver'' l'innocence! Mais ses yeux inspirent la mort... Je le vois!
UN CLIENT Non mais c'est quoi ces deux tarées?! Espèces de folles!! Je les ai vu, moi, s'évader de l'asile psychiatrique!! Avec du sang sur leurs vêtements... Comment elles ont pu?! Et avec un air de s'en foutre à la con! Je les reconnais!! Oui, une clown avec un parapluie et une autre avec une perruque rose! Si vous voulez mon avis, elles devraient retourner en psychiatrie! C'est là qu'elles appartiennent, pas au cirque!
UN FORAIN MAL INTENTIONNÉ Oui, oui! Un frère, et sa soeur, dans la même caravane! Puis sa soeur a disparue... Tu parles, ouais! C'est clair qu'il s'en ai débarrassée dès qu'il s'est aperçu que Maître Todd laissait sa soeur plus longtemps sur scène que lui, le salaud! Il se fait appeler Prométhéus! Tenez-vous loin de lui, surtout...
UN CUISINIER Cette petite garce aime bien se faire enculer, haha! En tout cas, apparemment qu'elle peut pas dire le contraire... Bin non, elle est muette! Elle traîne beaucoup avec une petite fille... Une vrai salope, je te dis!
CHARLOTTE WEISS Je ne lui fais pas du tout confiance à cette... Ravenna. Je l'ai vue, l'autre jour, et elle... Elle avait un poignard dissimulé sous sa jupe, à sa cuisse! Pourquoi traîner une telle arme en sachant que l'air du cirque est sécuritaire pour tous ses employés? Et aussi... Je l'ai vu, la nuit, rôder en présence d'une amuseur publique... Elle ne me dit rien qui vaille.
∎ Notre chouchou du mois !!
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 LADIES AND GENTLEMEN! | nikolas ~

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MessageSujet: LADIES AND GENTLEMEN! | nikolas ~   2015-02-21, 12:52


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Le prestataire magicien qui donnait les frissons à l'audience avait prit parole à la fin de son numéro en accueillant dans ses foutaises les demoiselles et les messieurs.

Je savais que j'étais prochaine à passer sur scène, et le tract ne me saisissait pas l'estomac pour autant. Avoir le tract, c'est craindre. Et je ne vois pas ce qu'il y a à craindre à faire la plus simple des banalités devant une foule qu'on ne peux même pas voir depuis les gradins couvert d'ombres. La mort, le danger et la suppression de la sécurité n'y sont pas.

L'homme à la moustache qui venait de terminé son numéro papotait sur scène. Je l'entendais au loin, et je tentais de prêter attention à ses paroles par dessus le brouhahas des coulisses creuses. Les clowns se maquillaient, se démaquillaient enfilaient des costumes et courtisaient les présentatrices qui ne portaient pas assez de vêtement pour ce temps-ci de l'année. Beaucoup d'acrobates s'échauffaient, des animaux traînaient un peu partout, surveillés par leur maître ou non, et des forains semaient la panique sur leur passage à parler de décors, personnel, numéros et horloge. C'était une scène qui m'aurait autrefois donné le tournis et l'angoisse. Trop de stimulus, trop de détails et de données à numériser. Avec le temps, j'avais appris à m'y faire.

- Tu fous quoi là au juste?!

Je me retournai. Il y avait le forain qui s'occupait de la mise en scène qui me regardait avec je ne sais pas trop quelle expression au visage. J'avais bien du mal à le déchiffrer. Peut-être de la colère. Peut-être de la tristesse. Peut-être du dégoût. Peut-être des mélanges de ces équations de cervelle. Je ne savais pas. Je ne lui répondis pas. Je le regardai de mes yeux énormes et morts, à avaler son regard sans battre une seule fois de la paupière. Mais je suis là immobile à écouter ce que le magicien sur scène dit. Ça semble purement évident. Quel crétin.

- Tu entres en scène dans trois minutes. Il est où ton chapeau?! Et il est où Clyde?!

Je portais un habit de bouffon, des souliers de bouffons, un perruque rose bonbon à rendre jalouse n'importe quelle barbe à papa... Et il fallait que je porte un chapeau en plus? Quelle encombrante corvée. Enfin... Je n'y voyai pas l'importance. Je répondis simplement, comme un robot:

- Mon chapeau est aux loges et Clyde il est blessé il ne fait pas la représentation ce soir.

Sans émotions. Sans intonation. Juste des mots placés un après l'autre munis d'un accent d'Allemagne rude. Un instant, je cru que les globes du forain en question que je n'avais cessé de fixer allait s'éjecter de leurs orbites. Je ne savais pas trop pourquoi il faisait ce visage idiot.

- Tu as besoin de Clyde pour ton numéro! Tu peux pas le faire tout seul!!

C'était très fort et insolent. Je ne bougeai pas. Je ne réagis pas. Je n'ai pas tendance à réagir aux débilités. Je restai simplement impassible, à demi morte et à demi consciente, le dos droit bien à ma place. J'étais parfaitement capable de faire le numéros seule. Je n'avais qu'à jongler avec des poignards. Je ne voyais pas en quoi ce fait était un problème. Quelle sottise. Derrière nous, j'entendis la foule applaudir. Et le magicien fit son entrée dans les coulisses. On le félicita et je sentis le bras du forain me pousser.

- Va chercher ton chapeau! Tu entres en scène dans deux minutes! Je vais t'envoyer quelqu'un.

Une musique complètement ridicule fut interprétée par les musiciens et les clowns sautèrent sur scène pour l'inter-mission. Je fis ce qu'on m'avait ordonné, pour ma part: j'allais chercher mon chapeau. Un immense chapeau à trois pointes de bouffon, avec de grelots vraiment énervants à ses extrémités. Il était là, devant le miroir des divas, avec les poignards et du maquillage que j'avais déjà étampé sur mon visage. Je ne pris que le chapeau et les poignards, évidemment. Puis, je trottai jusqu'au rideau qui était aussi l'entrée de scène. Des applaudissements, encore, et les clowns regagnèrent les coulisses. L'un d'un trébucha sur mon pied et jura contre moi. Il n'avait qu'à regarder où il mettait les pieds.

Ma cornée s'ajusta à l'éclairage soudainement plus sombre, et les violons se mirent à jouer quelque chose de plus sombre et inquiétant. Une diva me précéda et tira une immense roue sur roulettes vers la scène. Il y eut des acclamations du public, je ne les compris pas. Étaient-ils surpris? Je ne savais trop. J'avais bien trop de mal à comprendre les réactions des autres. Puis, c'est là que le forain chef de la mise en scène arrive près de moi, tenant un jeune homme fermement par le bras, et lui ordonnant physiquement de se mettre à côté de moi. Il prenait les humains pour de la marchandise ou quoi? C'était un con, parce que la marchandise ce n'est pas vivant alors que les humains, ceux qu'on utilise habituellement pour les numéros de cirque, si. Le forain était en sueur, il ne fit que me dire en me regardant d'un air étrange:

- Voici Sheïtan. Il va remplacer Clyde pour ne numéro. Sheïtan, voici Fleish. Bon. C'est à vous. Bonne chance.

Je ne sus jamais pourquoi, mais le forain n'avait pas l'air convaincu de quelque chose. De toute façon, ça ne m'intéressait pas. Il nous tapa les épaules et s'en alla. Quel inconfort, j'en étais dégoûtée. De l'autre côté du rideau, sur la scène à moins de deux mètres de nous, il y avait la diva qui faisait notre introduction. Moi, je regardais Sheïtan. C'était un mâle qui devait avoir environ vingt-deux ans, yeux brun, cheveux châtain, de race blanche. Plus grand et plus robuste que moi, avec ce quelque chose de complètement inusité et bizarre au visage. Je ne savais trop quoi. Je ne l'avais jamais vu au cirque auparavant. Quelque chose que je ne parvenais pas à expliquer et qui m'effrayait légèrement. De ma main qui tenait deux trois des six poignards affutés, je le saluai. C'est ainsi qu'on m'avait appris à faire quand on voulais saluer quelqu'un sans parler. Et puisqu'il était désormais mon nouveau collègue de travail, je devais le saluer. C'était ainsi que ça fonctionnait, naturellement. Je le regardais sans bouger les yeux d'un cil, seulement à le fixer lourdement et intensément dans l'ombre des coulisses.

Et c'était à nous dans très peu de temps.




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MessageSujet: Re: LADIES AND GENTLEMEN! | nikolas ~   2015-02-22, 11:30

La journée avait été brève. Elle s'était écoulée aussi rapidement qu'une volée de papillons. Et pourtant, malgré la rapidité des événements, Nikolas était considérablement épuisé. A faire le tour du cirque afin de découvrir la propriété et à porter les enfants qui se remplissaient la panse de cochonneries, le jeune homme sentait à peine ses bras. Ou du moins, si une sensation envahissait encore ses muscles, elle n'était que faite d'une douleur accablante. Au soir, lorsque le garçon pensait enfin avoir terminé sa journée, il regagna le chapiteau, afin d'examiner les tours qui allaient être exécutés. Il avait rejoint le cirque récemment, ses collègues restaient des inconnus tapis dans l'ombre pour lui. Quant aux numéros qui figuraient sur l'affiche promouvant le cirque, ils n'étaient encore que légendes urbaines aux yeux du monstre. Ainsi, camouflé dans les coulisses, il observait les artistes. Il jaugeait leurs capacités, les aidait à se préparer. Exténué mais pris d'une volonté de fer, c'était tout lui. Un grabuge résonna entre les quatre murs qui entouraient les coulisses, La voix grave fit frissonner les âmes présentes. Et notre héros restait dans l'incompréhension la plus totale. Qu'avait ce forain de si effrayant ? D'humeur criarde, il ne cessait de baragouiner des paroles inaudibles à qui voulait bien les entendre. Et pourtant, de sa petite stature émanait apparemment une force surnaturelle qui clouait les plus costauds sur place. Le regard sanguinaire du forain parcourut la pièce et buta sur celui de Nikolas. Après tout, le jeune homme était le seul à avoir assez d'insolence pour soutenir son regard. Et à vrai dire, il ne le faisait pas pour marquer un quelconque attrait rebelle, s'il soutenait son regard, c'était juste parce-qu'il ne comprenait absolument rien à tout ce manège, à cette panique transmissible.

« Toi, le nouveau ! S'égosilla l'homme en le pointant durement du doigt. Ramène ta tronche de déluré ici !

-Déluré ? »

Ce fut le seul mot qui parvînt au jeune homme. Lui, une tête de déluré ? Lui qui était pourtant le plus respectueux de tous ? La bonne blague. Le pauvre garçon était presque aussi prude qu'une bonne sœur et ne voyait que par des yeux d'enfant. Cependant, il s'exécuta rapidement quand l'homme commença à taper du pied. Arrivé vers lui, il se présenta piteusement, baissant la tête de temps à autre pour marquer son respect envers son aîné. On l'examina rigoureusement du regard avant de l'empoigner pour l'entraîner au plus près du rideau qui délimitait la frontière entre le réel et l'imaginaire. Car de l'autre côté de ce rideau, sur la scène, tout n'était que spectacle et illusion. On le présenta finalement à une jeune femme. Il lui adressa un regard qui transcrivait toute son incompréhension de la situation. Cette dernière lui adressa un signe de main. Décidément, il ne comprenait plus rien. Ladite Fleish agissait avec un naturel et un détachement tout deux incroyable. Quel duo invraisemblable. Un garçon soucieux d'absolument tout, affreusement mal à l'aise et perdu assorti avec une beauté glaciale, absolument neutre. Il la fixa longuement et son regard finit par s'abattre à nouveau sur le sol tandis qu'il tentait de comprendre ce qu'il devrait faire une fois sur scène, livré dans la gueule d'un public hystérique. Poussé par le forain, il se retrouva subitement sur scène. Sa tête se leva lentement, il ne voyait absolument rien, les projecteurs l'empêchant de distinguer ne serait-ce qu'une silhouette. Mais les voix, elles, lui parvenaient parfaitement. Bizarrement, ses épaules se redressèrent. Un léger haut le cœur mais rien de bien atterrant. Il déglutit rapidement. Ça y est, tout allait pour le mieux dans le meilleur des monde. Soudainement, tout allait incroyablement bien. Il se sentait bien, il se sentait libre. Un sourire se dessina peu à peu sur ses fines lèvres tandis qu'il fit une courbette maladroite pour saluer son nouveau public. Un tonner d'applaudissement recueillit l'arrivée du duo, des cris perçants traversant le chapiteau. Nikolas tourna son regard vers Fleish et d'une voix interrogatrice, s'enquit joyeusement :

« Je suppose que je serai celui attaché à la roue ce soir ? Tâche de ne pas te rater ! »

Il s'éloigna vers la roue avec un sourire assuré, ne cessant de saluer le public qui l'acclamait un peu plus à chaque fois. L’acrobate peu vêtue qui avait amené la roue sur scène l'aida à prendre place, l'attachant fermement tout en lui lançant un clin d’œil complice. Elle le rassura sur les compétences de Fleish en matière de lancers de couteaux et disparut de la scène. Un magicien présenta le duo avec fierté et disparut à son tour dans un nuage de fumée. Le parterre rempli semblait en exaltation, suspendu aux gestes des deux artistes de scène.
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MessageSujet: Re: LADIES AND GENTLEMEN! | nikolas ~   2015-03-01, 17:18


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Et c'était à nous dans très peu de temps.

J'élucidai mon compagnon de fortune. D'où venait-il? Il semblait américain pour des raisons qui m'échappent. Peut-être à cause de ses traits coupés et de ses cheveux qui sont ceux d'un prince de compte de fées. Mais je ne connaissais pas vraiment les américains, donc je ne pouvais en faire un jugement critique. Plutôt, je commençai à analyser son physique neuronique; poitrine qui se soulevait de deux centimètres au dessus de la normal lors de sa respiration, sueur épongée très subtil sur son cou et son front, pupilles dilatées par les ombres des coulisses, tremblement assez grimaçant et très subtil du muscle de sa joue gauche... Je ne le connais pas assez pour affirmer beaucoup de chose de son cas, mais je crois qu'il est un peu anxieux ou excitée et content ou quelque chose du genre. J'avais beaucoup trop de mal à déchiffrer les émotions des autres.

D'ailleurs, il me regarda et déduit qu'il allait être attaché à la place de Clyde sur la roue cette soirée là. Et il m'ordonna que je ne me rate pas. Je lui rendis un simple regard vide. Mais j'étais étonné, grandement. Il semblait purement joyeux, ou peut-être je ne le comprenais pas. À dire vrai, je ne le comprenais pas, non. Et ne pas comprendre était l'une de mes plus grande angoisse. Quel était la logique et l'explication à sa joie? Je n'en savais rien. Je redressai mes couteaux, prêts à être lancés, pour me parer à les présenter au public. Des roulements de tambours me parvinrent à l'ouïe et il disparut sur scène. Alla sur la roue. Je ne le quittai pas des yeux. Quel homme impressionnant et étrange à la fois. Je n'eus même pas le temps de lui dire que je ne me ratais jamais.

Une fois qu'il fut sur scène attachée à la roue, je fis mon entrée avec la musique des accordéons, violons et trompette toujours aussi agressante. On ne pouvait voir les estrade dans la noirceur des contre-jours de phares et de projecteurs. Mais je devinais une foule muette et concise à recevoir le frisson du spectacle. Je ne voyais qu'une femme presque point habillée, de paillettes et froufrous, retourner en coulisse. Ainsi que la scène au sol terreux et la grande roue sur lequel était solidement attaché Sheïtan. Autour de nous, le noir et le néant. Bon.

La musique devint plus tranquille et douteuse dans ses notes: je savais que c'était le signe que je devais commencer à jongler. Toujours le dos bien droit, je fis des pas de souris jusqu'à arriver à côté de mon collègue de travaille. Et je tournai de toutes mes piètres forces la roue contenant celui-ci. Elle se mis à tourner. Je dus lui donner un élan de plus pour être certaine que la vitesse concordait bien avec le temps alloué à lancer mes lames. Je commençai alors à jongler avec mes lames. C'était un exercice plutôt aisé et simple. Une structure de calculs de rapport de poids. Lancer, toutefois, ne serait pas aussi évident. Je n'avais que pratiqué deux fois, pour tout dire, avec Clyde. Sheïtan faisait sa carrure, mais l'expérience manquait peut-être à la donne d'un numéro parfait.

On applaudit autour de nous et je rattrapai mes poignards. D'un coup, je lança le premier. Et je levai le bras en focalisant mon œil sur l'angle de la trajectoire. Je prenais élan sur le lancé et ne quittait pas Sheïtan des yeux, donnant le tournis à mes globes qui ne vacillaient pas. Un moment, je pensai qu'il pouvait faire n'importe quoi. Qu'il pouvait paniquer, crier, rester impassible. Après tout, je n'en savais rien. C'était la première fois que je travaillais avec lui. J'eus un tressaillement. C'était un changement de plan, d'horaire et d'exactitude. Pourquoi n'avais-je pas pensé plus tôt qu'il s'agirait d'un risque considérable?! Mon pouls augmenta de 13 pour-cent et je pris contrôle sur mes nerfs. Je ne pouvais pas commencer à trembler; j'allais rater mes lancer. Et je ne rate jamais. Habituellement. Et puis quand on commence à trembler des mains, c'est qu'on a perdu contrôle sur les nerfs. Et là, y'a plus rien à faire.

Je lançai la première lame: elle alla se planter lourdement dans la roue juste à côté de l'oreille de Sheïtan. À trois pouces, je calculai de ma position à trois mètres de lui. Ce n'était pas là que je visais. Il n'y avait pas de sang, alors c'était encore correct, mais ce n'était pas du tout là que j'avais prévu lancer mon couteau. Je serrai des dents, et empoignai une autre arme. La foule tout autour s'était exclamé. Ça commençait en force, mais personne assise avec leur maïs soufflé ne pouvait savoir qu'il s'agissait d'une erreur. Une erreur. Dans mon numéros. Qu'allait-il arriver par la suite?! Je clignai des yeux en sentant mes muscles se tendre. J'allais peut-être me faire renvoyer pour cela?

Je reculai d'un pas. Et je pris élan sur l'autre lancer. Yeux qui fixait le visage de Sheïtan... La roue tournait encore un peu trop vite pour que je discerne ses émotions, mais je les cherchais. Pourquoi? Je ne faisais jamais cela, habituellement. Et je ne ratais pas. Tout allais vraiment de travers. Aucunement comme j'avais prévu. L'horreur. Autre lame: je la dressai, pris mon souffle, toujours la pupille contractée en force rivé sur le mouvement circulaire infini et decrescendo... Puis je lança. J'avais oublié de calculer l'angle de ma trajectoire. Habituellement je n'oublie jamais rien. Et là j'avais oublié ça. Je m'en étais rendu compte parce que je voyais du sang.

Le poignard avait été se planter non loin de ses côtes, plus précisément aux abords de son biceps droit, lui éraflant le muscle. Le dard n'était pas planter dans son bras, il l'avait coupé sur son côté, simplement. Mais c'était quand même une erreur. Deuxième fois de ma vie que ça m'arrivait. J'ouvris la bouche et râlai; chose qu'on entendit pas parce que la foule avait crié. Je m'immobilisai. J'avais l'impression que je pouvais oublier n'importe quoi, maintenant. Comme respirer, par exemple. Mais je respirais encore, pour le moment. Je me posai un moment à examiner Sheïtan. Je ne me souciais pas pour son cas; sa chaire, son muscle, sa viande avait été atteinte et c'est tout. Ce n'était pas mortel de toute façon alors le spectacle pouvait débuter. Je me demandais plutôt comment il réagirait.

Et mes mains commencèrent à trembler: c'était trop tard.




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MessageSujet: Re: LADIES AND GENTLEMEN! | nikolas ~   2015-04-16, 13:25

Une fois soigneusement attaché à la roue, Sheitan avait été aussi inexpressif qu'un jouet inanimé. On du moins, on avait rien pu percevoir de lui. Sa physionomie ne dégageait rien de particulier, pas de peur, pas de confiance excessive non plus. Et pourtant, son cerveau était en ébullition. L'excitation était à son comble. Tout comme un enfant, tout comme ce public avide de sensations fortes, il attendait impatiemment. Le premier lancé fut soudain, il n'avait même pas eu le temps de voir que son acolyte s'apprêtait à lancer. Impressionné, mais surtout encore plus excité, il attendait la suite. La prochaine lame allait-elle effleurer sa joue ? Voilà qui serait bien impressionnant. Voilà qui calmerait cette tension palpable. Une cage thoracique prête à exploser et le souffle coupé, il tentait de percevoir ce qui l'entourait. Mais la roue tournait, encore et encore, encore et toujours. Sa vision aussi troublée que celle d'une personne alcoolisée, il ne distinguait que très peu de choses. Il parvenait tout juste à entrevoir la silhouette de Fleish.

Ce fut au tour de la seconde lame de se planter solidement dans la roue. Cette dernière coupa le bras du garçon qui lâcha un faible grognement. Beaucoup trop faible pour être audible. La mâchoire serré, pas un râle de plus ne lui avait succédé. La réaction du jeune homme était telle que le public restait suspendu à ses mimiques, guettant la moindre expression de douleur mais Sheitan n'était pas décidé à montrer ce qu'il ressentait. Et puis, ce n'était pas vraiment douloureux.Le seul problème était le suivant : Fleish avait fait une erreur et elle risquait probablement d'avoir des ennuis à cause de ça. Il fallait qu'il trouve une solution, que le public finisse par croire que tout était parfaitement calculé. Que cette blessure permettait la continuité du show.

Hum ça allait être bizarre, très bizarre mais bon. Une fois détaché, il reprit pieds sur terre, perdant l'équilibre pendant quelques secondes. Face au public, il offrit un généreux sourire aux spectateurs, le genre de sourire qui vous marque tant il est grand et gracieux. Les mains levées pour encourager la foule, il les incita à applaudir. Tout était programmé, il fallait qu'ils le croient. Portant son bras jusqu'à sa bouche, il lécha le sang à la vue de tous. Haussement de tons traduisant l'incompréhension générale. Et finalement, dans un léger souffle, il parvint à faire surgir une flamme vacillante, aussi petite que son pouce. Et on l'acclama avec joie. Ça marchait, ils y croyaient, ils étaient réellement convaincus que son sang lui permettait de faire du feu. Parfait. Mais bon, une flemme d'une dimension telle que celle-ci n'avait rien de bien épatant non plus. Alors, il fit quelques pas en arrière, une grâce se dégageant de ses gestes. Posant ses mains sur le sol, il parvint à trouver ce qu'il cherchait : deux grandes torches. Il fit de rapides mouvements avec, suggérant une sorte de croisement entre la danse et l'art martial. Des mouvements raffinés et emplis de grâce. Il se stoppa un instant et surgit une nouvelle fois une flamme de sa bouche.

Les deux torches enflammées, il continua ses mouvements tandis que le public se laissait transporter par cette scène spectaculaire. Lorsqu'il crachait du feu, de nouvelles acclamations retentissaient. Il jongla même brièvement avec les torches, les faisant virevolter dans tous les sens, accompagnant ses mouvements de pas rythmés par une danse avoisinant les danses que l'on retrouvait parfois dans les cultures étrangères tel que dans les tribus des indiens d'Amérique du Nord par exemple.

« Voyez messieurs, dames, comme la flamme est l'amie du Diable ! » s'écria-t-il d'un air rieur tandis que l'on ne cessait de l'applaudir.

Il lança alors un regard en direction de Fleish. Elle avait des compétences pour le jonglage, il pourrait donc lui lancer une torche sans qu'elle n'ait de mal à la rattraper. Il n'avait plus qu'à espérer qu'elle ne soit pas effrayée par le feu. D'une nature absolument insouciante, il entreprit de lui en lancer une, accompagnant son geste d'une apostrophe « Hey, Fleish ! ». Et la torche fut lancée.
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MessageSujet: Re: LADIES AND GENTLEMEN! | nikolas ~   2015-05-22, 19:13


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Et mes mains commencèrent à trembler: c'était trop tard.

Je me retins de ne pas hurler. Je regardai la roue: son cycle circulaire m'apaisais, mais point suffisamment. Ma respiration devint haletante et rauque. Je courbais le dos et claquais des dents. Qu'est-ce qu'il se passait avec moi? Je ne pouvais plus lancer correctement. Je ne pouvais plus calculer. J'étais détruite. Ce n'était rien de prévu. Qu'est-ce qu'il fallait faire? Qu'est-ce qu'il fallait faire? La roue commençait à ralentir son tournis, et moi je regardai mes pieds.

Mes chaussures. Je n'avais pas les mêmes chaussures qu'à l'habitude. Pas les mêmes qu'aux pratiques. Je n'étais donc pas de la même hauteur. C'était donc pour cela que j'avais raté mon coup. Pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt? Pourquoi avait-on changé mes souliers, aussi? Peut-être était-ce un complot pour tuer Sheïtan? Quelle absurde manière de tuer quelqu'un. Ce n'était sans doute pas cela, puisque les probabilités que j'estimais étaient à moins de trente pour-cent. Je gémissais, et grattait le fond de ma tête rageusement. Et pourquoi? Comment?

Applaudissement qui me firent stopper très net. On applaudissait pourquoi? On applaudissait beaucoup, en tout cas. Ébahie, je levai la tête. Il y avait Sheïtan qui saluait la foule et l'encourageait. Hein? Pourquoi? Impossible à savoir. Quelle drôle de mise en scène! À moins que... Que ce ne soit de l'improvisation? De l'improvisation... Je ne savais pas en faire. Je ne savais que prévoir et planifier les choses, sinon, ça ne marchaient pas. J'étudiai ce qu'il faisait, les yeux grands ouverts et la bouches qui ne savait pas quoi dire et qui aurait très bien pu avaler une mouche. Je regardai dans les coulisses et il y avait le forain de tout à l'heure qui me faisait un signe d'enchaîner. Enchaîner à quoi? Je ne sais pas ce que son visage avait comme émotion, mais selon ce que j'avais appris, il semblait peut-être en colère.

Je ne savais pas quoi faire. Vraiment pas. Il fallait que ce soit prévu, et si ça dérogeait de ce qui avait été prévu, je ne savais pas du tout quoi faire. Alors je regardai mon compagnon de scène, et l'étudiai. Il manipulait le feu, crachait la flamme et maniait des torches. Je n'avais jamais ô grand jamais manipuler le feu sur scène. Et pour tout dire, la chose m'angoissait terriblement. Je ne savais pas faire le feu, je savais jongler, c'était tout.

Et il le faisait avec tant d'aise... Comme si je ne l'avais pas blessé. Je reculai, quelque peu d'effroi, en regardant, terrorisée, les flammes montantes. À chaque fois, j'estimais qu'il allait mettre le feu à la tente du chapiteau, mais non. Et les clients semblaient adorer. Je me retournai vivement: on m'interpellait.

Je vis une torche se faire lancer en ma direction. Elle virevoltait lentement dans les air, et j'eus le temps de calculer son ascension pour saisir le bout sans brûlure d'un sec coup. La chose était brûlante, mais tant que je pouvais la maîtriser, je saurais contrôler ma peur. Je cessai de trembler. Oui, je savais quoi faire, maintenant. Jongler jusqu'au signal de la fin, voilà.

Les couteaux restant et la torche en main, je me mis à jongler rapidement. Je ne me brûlais, ni me coupais aucunement. C'était fastoche, une fois les rapports de poids faits. J'avalais difficilement, puis pris mon aise après quelques secondes. Le public applaudit en voyant le nouveau numéro débuter de la sorte. Alors, je commençai à les lancer encore plus haut, plus rapidement. Je me mis sur un pied, me déplaçai de quelques pas de danse que j'avais chorégraphiés l'année dernière, je tournais sur moi-même et ne ratais jamais mes prises.

C'était bon signe, alors je regardai la position de Sheïtan une fraction de seconde – le temps de dévier mon regard de mes objets volatiles. Je lui criai:

- Sheïtan encore!

À l'intention qu'il me lance encore une torche. En espérant que la foule ne pense plus à mon erreur. Je me rapprochai de lui et de son numéro à flamme, sans quitter ma jonglerie du regard... mais peut-être un peu trop. Une flamme me rasa de prêt. Je dû me pousser d'une acrobatie vers la droite et rattraper chacun des projectiles à tour de rôle. La foule hurla à ce qui venait de passer, et sûrement en bien parce qu'ils applaudirent à l'unisson. Je plaçai alors les couteau entre mes dents, très fortement, et continuai à jongler simplement avec la torche et celle que je voulais qu'il me lance. Je me mis en face de lui, attendant le moment propice, et commençai à jongler d'une main. De l'autre, je saisis un couteau de ma bouche. Il fallait que je réussisse à tous les lancer. Pour me prouver que j'en étais capable, et pour compléter correctement ce qui avait été débuté.

J'avais Sheïtan dans ma mire de mon œil.




IT IS LOGIC TO BECOME A BEAST


just a beast can kill another beast. you statically might have the chance to kill it before it kills you. — made by boogylou


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